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Présentation

Relations politiques

La France accompagne la RCA dans ses efforts de stabilisation et de développement. Elle maintient un dialogue suivi avec les autorités.

L’engagement de la France en faveur du redressement de la RCA et de la stabilité régionale s’est manifesté, sur le plan militaire, par l’appui qu’a apporté l’opération Sangaris, déployée à partir de 6 décembre 2013, d’abord à la MISCA puis à la MINUSCA (cf. ci-dessus).

A titre bilatéral, la France a annoncé plus de 70 M€ d’aide civile à la RCA depuis 2014, qui s’ajoutent aux dépenses d’ordre militaire (Sangaris et appuis bilatéraux aux opérations de l’UE, EUFOR et EUMAM, ainsi que de l’UA – MISCA – puis de l’ONU – MINUSCA). Depuis janvier 2015, cette aide civile a notamment consisté en : 9,1 M€ d’aide alimentaire et humanitaire d’urgence, 3,1 M€ d’appui à l’organisation des élections, plus de 9,3 M€ d’appui aux autres chantiers de la transition, à travers notamment de l’aide budgétaire. En matière d’aide au développement, l’AFD a actuellement un portefeuille de projets en cours de 35 M€ concernant pour l’essentiel la santé, l’éducation, le développement urbain et local, via notamment le recours à des ONG, du renforcement des capacités, et des travaux à haute intensité de main d’œuvre. La France a aussi contribué à hauteur de 10 M€ au fonds multibailleurs pour l’urgence et le développement en RCA « Bêkou », géré par la Commission européenne. Un accent particulier est enfin mis sur les aspects de gouvernance démocratique à travers le renforcement des capacités de l’Etat centrafricain dans des secteurs-clés (sécurité, coordination interministérielle, administration territoriale, économie, finances, justice, administration du territoire, notamment).

Sur un plan multilatéral, la France apporte son plein appui à l’action de la CEEAC et de l’UA et agit dans le cadre du Conseil de sécurité des Nations Unies, qui a adopté six résolutions concernant la République centrafricaine (2121, 2127, 2134, 2149, 2181 et 2217). Au sein de l’UE, la France a été à l’origine, avec l’Allemagne, les Pays-Bas et la Commission européenne de la création du fonds multi-bailleurs « Bêkou » (alimenté, à ce jour, à hauteur de 113 M€) et de l’adoption de premiers projets dans les secteurs de la santé, de la sécurité alimentaire, des infrastructures urbaines et de la relance économique et sociale.

Enfin, la France soutient la RCA auprès des institutions financières internationales (obtention du point d’achèvement de l’initiative PPTE en 2009 et d’une facilité élargie de crédit du FMI, Commission de consolidation de la paix etc.).

Visites

Le Président de la République s’est rendu à Bangui le 10 décembre 2013, au lendemain du lancement de l’opération Sangaris, puis le 28 février 2014. Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères y était allé le 13 octobre avec Mme Kristalina Georgieva, Commissaire européenne à l’aide humanitaire ; il y est revenu le 23 janvier 2014, à l’occasion de la cérémonie d’investiture de Mme Samba Panza. Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense, a effectué cinq déplacements en RCA en 2014 (13 décembre, 2 janvier, 12 février, 18 mai, 7 juillet). Mme Annick Girardin, Secrétaire d’Etat au développement et à la Francophonie s’est rendue à Bangui les 30 et 31 octobre 2015.

En 2016, le ministre des affaires étrangères et du développement international, Jean-Marc Ayrault, a représenté le Président de la République à la cérémonie de prestation de serment de Faustin Archange Touadéra en qualité de président de la République centrafricaine, le 30 mars. Il était accompagné du ministre de la défense, Jean-Yves Le Drian. Le président Touadéra, qui était venu en visite privée en France du 8 au 15 mars, avant son investiture, a effectué une visite de travail dans notre pays les 19 et 20 avril.

Relations économiques

Les relations commerciales entre la France et la RCA ont souffert, elles aussi, de la crise.

Les échanges commerciaux (50 MUSD) sont peu importants et les entreprises françaises peu nombreuses, mais la France reste le premier investisseur en RCA et a su, dans un contexte difficile, nouer des partenariats notamment dans les secteurs des services aux entreprises, des industries manufacturières, du commerce et des services bancaires. En dépit de l’instabilité politique et des risques sécuritaires, Air France, Bolloré (logistique et transport fluvial), Castel (boissons et sucre), Total (stockage et distribution des produits pétroliers) ont maintenu leurs implantations en RCA. L’arrivée en 2007 de France Télécom dans la téléphonie mobile marque un certain intérêt des investisseurs français. Les pillages consécutifs à la prise de Bangui par les rebelles le 24 mars 2013 ont fortement perturbé l’activité des entreprises françaises, qui essaient depuis lors de retrouver un fonctionnement normal.

Alors qu’Areva avait signé un accord avec le gouvernement centrafricain le 1er août 2008 pour l’exploitation du gisement d’uranium de Bakouma (Est), les nombreuses difficultés (éloignement du gisement, mise au point du procédé de traitement du minerai, fourniture d’énergie, insécurité) et la baisse des cours mondiaux d’uranium à la suite de la catastrophe de Fukushima ont conduit l’entreprise française à suspendre ce projet.

- Site de la Direction générale du Trésor

Coopération culturelle, scientifique et technique

Au-delà de l’aide humanitaire, alimentaire et budgétaire allouée par la France au profit de la sortie de crise en Centrafrique, l’essentiel de l’aide française transite à travers des projets de l’AFD (35 M€ sur trois ans de nouveaux projets ou de projets réajustés). Ces projets, dont les composantes à impact rapide sont mises en œuvre en priorité, sont menés dans les secteurs des travaux à haute intensité de main d’œuvre, de la santé (2,5 M€), des infrastructures (énergie, aéroport : 2x5 M€), de l’éducation (5 M€) et du développement régional intégré de la RCA (6,5 M€). L’AFD prévoit également un appui renforcé aux ONG (3,3 M€) pour des actions dans le domaine de l’agro-développement, de la santé, de la cohésion sociale.

De façon complémentaire, des actions de développement local à caractère humanitaire et social sont menées en partenariat avec des ONG locales sur la dotation du Fonds social de développement (FSD) mis en place auprès de l’ambassade (0,85 M€).

Le Plan d’urgence d’appui au système des finances publiques centrafricain a fait l’objet d’un accord de partenariat entre la France et la RCA, signé le 13 mars 2014. Il est axé sur la sécurisation des circuits du Trésor et la mobilisation des recettes douanières, à travers le renforcement des capacités humaines (retour/recrutement d’assistants techniques, missions d’expertise) et matérielles (réhabilitation et rééquipement). Un temps suspendue à la suite de la prise du pouvoir par la Séléka, la coopération institutionnelle française a été rétablie : le dispositif d’assistance technique monte en puissance dans les domaines les plus stratégiques (sécurité, coordination de l’aide, justice, administration du territoire, éducation, coordination du travail gouvernemental…).

La France a accepté de copiloter, avec l’UE, le processus de « New Deal » (nouvelle donne pour l’engagement dans les Etats fragiles) en 2012, afin que l’aide internationale soit orientée pour mieux répondre aux situations de fragilité diagnostiquées par le bénéficiaire. Ce processus, lancé avant l’aggravation brutale de la situation en 2013, est à l’heure actuelle éclipsé par les actions concrètes engagées par les partenaires internationaux de la RCA en faveur de la sortie de crise.

Coopération de sécurité et de défense

La France et la RCA ont signé un accord de partenariat de défense en avril 2010, qui encadre notre coopération militaire et le soutien opérationnel apporté par la France. D’abord prodigué par le détachement « Boali » au profit de la MICOPAX, ce soutien opérationnel s’est poursuivi à travers l’opération Sangaris et avec le mandat du Conseil de sécurité des Nations Unies, au bénéfice de la MISCA puis de la MINUSCA.

La coopération militaire structurelle française, de facto suspendue depuis le 24 mars 2013, visait à soutenir les forces armées centrafricaines (FACA) de façon à les aider à mieux contrôler leur territoire. Les principaux axes de notre coopération portaient sur la formation, le conseil de haut niveau et la réorganisation des forces armées et de la gendarmerie. Une reprise progressive de cet appui multidimensionnel est envisagée.

Mise à jour : 09.05.16

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