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Présentation de la Pologne

Présentation

Données générales

Nom officiel : République de Pologne (Rzeczpospolita Polska)
Nature du régime : République (IIIè République depuis 1989)
Président de la République : M. Andrzej Duda
Premier ministre : Mme Beata Szydło

Données géographiques

Superficie : 312 679 km2 (soit 0,57 fois la France métropolitaine)
Capitale : Varsovie (1,7 million d’hab.)
Villes principales : Cracovie (762 000 hab.), Łódź (706 000 hab.), Wrocław (634 000 hab.)
Langue officielle : polonais
Monnaie : Zloty (1 € = 4,26 PLN)
Fêtes nationales : 3 mai (fête de la Constitution de 1791), 11 novembre (fête de l’indépendance)

Données démographiques (2015)

Population : 37 967 200 au 1er janvier 2016 (et 13 millions hors de Pologne)
Densité : 121,4 hab./km²
Taux de variation de la population (2016) : -2 (par 1 000 hab.) ; taux de natalité : 9,7 ‰ ; taux de mortalité : 9,8 ‰ ; taux de fécondité : 1,29.
Espérance de vie (2014) : 77,8 (73,7 ans pour les hommes ; 81,7 ans pour les femmes).
Taux d’alphabétisation : 99,8% (statistiques Unesco 2015)
Religions : catholique 87% (avec une observance religieuse élevée, 40%), orthodoxes, protestants

Données économiques (2015)

PIB : 426,8 Mds€
PIB/hab (en SPA) : 19 791 € (23e sur 28 dans l’UE)

Taux de croissance : 3,6% (prév. 3,7% en 2016)
Taux de chômage : 7,5 %
Taux d’inflation : - 0,7%
Solde public : - 2,6% du PIB
Dette publique : 52% du PIB

Principaux clients : Allemagne (27,1%), Royaume-Uni (6,8%), République tchèque (6,6%), France (5,5%), Italie (4,8%), Pays-Bas (4,4%).
Principaux fournisseurs : Allemagne (27,6%), Chine (7,5%), Russie (7,2%), Pays-Bas (5,8%), Italie (5,2%), France (4,1%).
Part des secteurs d’activités dans le PIB (2014) : secteur primaire : 3,4% ; secteur secondaire 32,6% ; secteur tertiaire : 64%
Répartition de la population active (17,4 millions) : secteur primaire : 11,5% ; secteur secondaire 30,2% ; secteur tertiaire : 58,3%

Exportations de la France vers la Pologne : 7,738 Mds€
Importations françaises depuis la Pologne : 8,983 Mds€

Participation de la Pologne à l’Union européenne

Nombre de députés au Parlement européen : 51/751
Poids démographique au Conseil de l’UE : 7,62%
[Nombre de voix au Conseil de l’UE selon la pondération du traité de Nice : 27/352 soit 7,67%]

Politique intérieure

L’année 2015 marque un tournant en Pologne avec le retour aux affaires du parti conservateur, social et eurosceptique « Droit et justice » (PiS), qui a remporté les élections présidentielles (mai), législatives et sénatoriales (octobre).

Élections présidentielles des 10 et 24 mai 2015
Le président sortant, M. Bronislaw Komorowski, a été devancé au premier tour et battu au second par le candidat du PiS, M. Andrzej Duda, qui a recueilli 51.55 % des suffrages. Âgé de 43 ans et député européen depuis 2014, M. Andrzej Duda avait été élu député de sa ville natale, Cracovie, en 2011. Il a mené une campagne axée sur des thèmes économique et sociaux (retour de la retraite à 65 ans, baisse des impôts, etc.). M. Andrzej Duda a bénéficié du report des voix qui s’étaient portée au premier tour sur le candidat antisystème, M. Pawel Kukiz (20,8 % des voix).

Élections législatives et sénatoriales du 28 octobre 2015
Après avoir été gouvernée pendant huit ans par un gouvernement de coalition associant les libéraux de la Plateforme civique (PO) aux agrariens du Parti populaire (PSL), la Pologne a donné, lors des élections législatives du 25 octobre 2015, au PiS la majorité absolue des sièges à la Diète (235 sièges sur 460), avec 37,58% des suffrages, et au Sénat (61 sièges sur 100). Il s’agit d’une victoire d’une ampleur sans précédent depuis 1989. La PO a obtenu 138 sièges à la Diète, avec 24,09% des voix, et 34 sièges au Sénat. Le PSL se maintient à la Diète (18 sièges, avec 5,13 % des voix) et au Sénat (1 siège). La gauche n’est plus représentée au Parlement polonais, ce qui constitue une autre première depuis la chute du communisme.

Formation du nouveau gouvernement
M. Jarosław Kaczyński, président-fondateur du PiS, a choisi Mme Beata Szydło pour occuper le poste de premier ministre. Elle succède à Mme Ewa Kopacz (PO), qui avait elle-même pris la suite de M. Donald Tusk, président du Conseil européen depuis le 1er décembre 2014. Le nouveau gouvernement est entré en fonctions le 16 novembre 2015. Mme Beata Szydło a mis l’accent sur les questions sociales dans son discours de politique générale devant la Diète, le 18 novembre (allocation familiale mensuelle dès le second enfant, retour de l’âge de départ à la retraite à 60 ans pour les femmes et 65 ans pour les hommes, relèvement du seuil d’imposition, augmentation du salaire horaire minimal et gratuité des frais médicaux pour les plus de 75 ans), économiques (réduction du taux d’imposition pour les PME, mesures fiscales pour favoriser l’investissement) culturelles (volonté de renforcer le sentiment patriotique des Polonais) et éducatives (réforme du système scolaire).

Les nouvelles autorités polonaises ont rapidement pris de premières mesures. Une crise institutionnelle s’est ouverte autour du renouvellement des membres du Tribunal constitutionnel (équivalent du Conseil constitutionnel français). Elle n’est, à ce stade, pas résolue. Cette situation a suscité de vives réactions de l’opposition et conduit la Commission européenne à initier un dialogue « structuré » avec la Pologne sur le respect de l’État de droit, le 13 janvier 2016, dans le cadre d’un mécanisme d’alerte interne. La Commission européenne s’appuie notamment sur l’avis que la Commission de Venise (commission européenne pour la démocratie par le droit, organe consultatif sur les questions constitutionnelles du Conseil de l’Europe) a rendu le 11 mars 2016, sur saisine du gouvernement polonais.

Les nouvelles autorités ont annoncé vouloir rouvrir l’enquête sur la catastrophe aérienne de Smolensk du 10 avril 2010, au cours de laquelle la Pologne a perdu des figures importantes de la vie politique et de la société civile, en particulier le président de la République, M. Lech Kaczyński, frère jumeau de Jarosław. M. Jarosław Kaczyński, élu à la Diète mais sans fonction gouvernementale, a une influence importante sur la vie politique polonaise.

Situation économique

Données macroéconomiques

La Pologne a été le seul État membre de l’UE à afficher une croissance positive de son PIB en 2009 (+1,7%). Après une croissance soutenue en 2010 et 2011 (3,8% et 4,5%), l’activité a nettement marqué le pas en 2012 et 2013 (1,9% et 1,7%). Un redémarrage de l’activité a été amorcé en 2014 (3,4%) et s’est confirmé en 2015, durant lequel l’économie polonaise a enregistré une croissance de 3,5%. Ce dynamisme s’explique par la bonne tenue de la demande interne (grâce notamment à un vaste chantier de relance de l’investissement pour la période 2013-2020) et par la contribution de la composante externe, avec la reprise de la demande européenne en Pologne. Dans ce contexte, le taux de chômage s’est infléchi en 2015 et s’établit à 7,5% de la population active et apparaît désormais proche de son niveau d’équilibre.

Essentiellement alimentée par les fonds structurels européens, la balance des capitaux est largement excédentaire (10,0 Mds €). La consommation des fonds européens, qui atteignait en février 2015 85,3% de l’enveloppe allouée pour la période 2007-2013, devrait maintenir une cadence élevée au cours des prochains trimestres : la Pologne, dont l’ensemble des programmes opérationnels a désormais été avalisé par la Commission, s’est en effet vue allouer au titre des perspectives 2014-2020 une dotation de 82,5 Mds €.

Le secteur bancaire, constitué pour l’essentiel d’une cinquantaine de banques commerciales, en majorité filiales de grands groupes étrangers, contrôle 79% du total agrégé des actifs bancaires (le solde est resté dans les mains de l’Etat qui contrôle la 1ère banque polonaise, PKO BP).

Finances publiques

Sujette à une procédure de déficit excessif depuis juillet 2009, la Pologne a réussi en 2015, grâce à la conjugaison d’une croissance supérieure aux attentes et d’un effort de consolidation structurel, à ramener le déficit de ses administrations publiques à 3% du PIB. Elle a obtenu de la Commission un avis favorable quant à la levée de la procédure de déficit excessif, le 19 juin 2015. La dette publique demeure en Pologne en-deçà du seuil de 60%.

L’introduction de nouvelles taxes a eu pour conséquence une dégradation du climat des affaires. La note souveraine polonaise a été abaissée par l’agence de notation Standard and Poor’s (BBB+), le 15 janvier 2016, et placée sous surveillance négative par l’agence Moody’s (A2), le 13 mai 2016.

Mix énergétique en Pologne

La question énergétique revêt en Pologne une importance politique forte en raison de sa dépendance vis-à-vis de la Russie pour l’approvisionnement (73% du total des importations de gaz) et le transport. La dépendance extérieure de la Pologne au pétrole est de près de 100% et au gaz de près de 70%. La production énergétique polonaise est ainsi largement dominée par le recours au charbon, dont la Pologne dispose en abondance, qui représente 83% de la production.

Les engagements de réduction de ses émissions pris dans le cadre européen (paquet énergie-climat) sont perçus par la Pologne comme particulièrement contraignants compte-tenu de la composition du bouquet électrique polonais très émetteur en CO2.

La possibilité d’exploiter des ressources domestiques en gaz de schiste constitue pour la Pologne une première opportunité majeure qui lui permettrait de concilier l’objectif de diversification énergétique (sans remettre en cause l’option nucléaire) et d’indépendance énergétique. Ces ressources, dont les estimations varient (entre 346 à 768 milliards de m3 en 2012), lui permettraient aussi de réduire ses émissions de gaz à effet de serre, puisque la combustion du gaz émet deux fois moins de CO2 que le charbon. Les gisements de gaz de schiste polonais comporteraient en outre l’avantage d’être situés beaucoup plus en profondeur que les gisements français, ce qui réduirait le risque de pollution de la nappe phréatique.

Si ses ressources en charbon lui procurent une certaine indépendance sur le plan électrique, leur impact carbone et la nécessité de diversifier le mix énergétique polonais ont amené la Pologne à envisager de se doter de l’énergie nucléaire à l’horizon 2025. Le programme nucléaire polonais, prévoyant deux centrales de 3000MW chacune (soit l’équivalent de 4 réacteurs EPR) à l’horizon 2025, a été adopté en Conseil des ministres le 28 janvier 2014. La catastrophe de Fukushima n’a pas altéré la volonté polonaise de se doter de centrales nucléaires.

Les priorités de la politique énergétique de la Pologne à horizon 2030 sont l’amélioration de l’efficacité énergétique, la diversification des sources d’énergies (gaz, renouvelables, nucléaire), et la réduction des émissions de CO2 grâce aux technologies de charbon propre, dont la capture et le stockage du carbone (CCS).

Le site internet du Trésor propose des analyses sur la situation économique en Pologne :
www.tresor.economie.gouv.fr/pays/pologne

Politique européenne

Entrée dans l’Union européenne le 1er mai 2004, avec une opinion publique largement acquise à la construction européenne (78% de « oui » lors du référendum d’adhésion en juin 2003), la Pologne demeure, douze ans après l’adhésion, l’un des pays les plus « euro-enthousiastes » (74%).

« 6 ème grand » de l’Union européenne, tentée par un rôle tribunicien à la tête des nouveaux Etats membres, la Pologne a exercé la présidence tournante du Conseil de l’Union européenne au second semestre 2011. La coordination interministérielle sur les questions européennes est intégrée au sein du ministère des Affaires étrangères.

Attachée au triangle de Weimar, la Pologne considère que l’Allemagne et la France sont des partenaires stratégiques, aux côtés desquels elle peut mieux défendre sa vision de l’Europe et ses intérêts. La Pologne a organisé un Sommet des chefs d’Etat et de gouvernement à Varsovie le 7 février 2011, à l’occasion du 20ème anniversaire du triangle de Weimar. Les ministres des Affaires étrangères se rencontrent régulièrement dans ce format (dernière rencontre les 28 et 29 août 2016, à Weimar et Berlin), ainsi que les secrétaires d’État aux affaires européennes (dernière rencontre les 13 et 14 juin 2016, à Varsovie).

La Pologne célèbre en 2016 le 25ème anniversaire du traité de bon voisinage et de coopération entre l’Allemagne et la Pologne.

Varsovie cherche aussi à renforcer le poids politique du Groupe de Visegrád, un format souple de coopération, qui lui permet de mobiliser régulièrement ses trois alliés (République tchèque, Slovaquie, Hongrie) sur les sujets d’importance. Principal instrument politique du groupe, un Fonds de Visegrád a été créé en 2001. Doté d’un montant de 8 millions d’euros par an, il est abondé tous les ans par les 4 pays à part égale (2 M€ chacun) et permet de financer des échanges, des bourses, des résidences d’artistes ou des projets transfrontaliers d’infrastructures.

Questions institutionnelles

Présence dans les institutions européennes

Selon la pondération du traité de Nice, la Pologne dispose au Conseil d’un nombre de voix équivalent à celui de l’Espagne (27 sur 352, 29 pour la France). Le passage au système de vote à la double majorité du traité de Lisbonne (55% des Etats membres, 65% de la population de l’UE) n’a que peu d’incidence sur son poids dans la répartition des voix. C’est à la demande de la Pologne que le système de vote du traité de Nice a été maintenu, au-delà de 2014, pendant une période transitoire jusqu’en 2017 au cours de laquelle un Etat peut encore demander lors d’un vote à recourir au système du traité de Nice.

Elle compte 51 députés au Parlement européen, qui a été présidé, du 14 juillet 2009 au 17 janvier 2012, par un ancien premier ministre polonais, M. Jerzy Buzek.

M. Donald Tusk, ancien premier ministre polonais de 2007 à 2014, est président du Conseil européen depuis 2014.

Mme Elżbieta Bieńkowska est la commissaire polonaise. Elle s’est vue confier le marché intérieur, l’industrie, l’entreprenariat et les PME.

Varsovie s’est par ailleurs fait le héraut des nouveaux Etats membres en matière de représentation au sein du Service européen d’action extérieure lors de sa création en 2009.

Outre le Collège d’Europe à Natolin, la Pologne accueille à Varsovie le siège de l’Agence de coopération aux frontières extérieures de l’Union, « Frontex ».

Charte des droits fondamentaux

La Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, proclamée lors du Conseil européen de Nice, le 7 décembre 2000 a la même valeur juridique que celle des traités depuis son entrée en vigueur le 1er décembre 2009. La Pologne dispose cependant avec le Royaume-Uni d’un régime dérogatoire à son application défini par un protocole annexé au traité de Lisbonne, selon lequel, toute disposition de la Charte faisant référence aux législations et pratiques nationales ne s’applique à ces deux pays que si les droits et principes qu’elle contient sont reconnus dans leurs législations et leurs pratiques respectives (art. 2 du protocole 30). L’objectif de cette dérogation pour la Pologne était d’éviter l’ouverture de réclamations contentieuses sur des biens confisqués aux Allemands expulsés de la Pologne après la Seconde Guerre mondiale.

Politiques internes

Cadres financiers pluriannuels

La Pologne reste le plus grand bénéficiaire en volume des fonds européens parmi les nouveaux États membres pour 2014-2020. Les deux plus gros postes d’affectation des fonds européens sont la politique de cohésion (72,8 Mds€ pour le cadre financier 2014-2020, soit une augmentation de 5 Mds€ par rapport à 2007-2013) et la politique agricole commune (28 Mds€ en 2014-2020, soit +1,5 Mds€). La Pologne avait en particulier inscrit, parmi ses priorités dans la négociation du cadre financier pluriannuel 2014-2020, la politique de cohésion et son niveau de financement. Si la politique agricole commune n’était pas pour elle une priorité de premier plan, elle soulignait cependant qu’elle devrait rester communautaire, conserver au moins le niveau de financement actuel et gagner à être plus lisible et donc simplifiée. La Pologne a particulièrement bien réussi sa négociation du nouveau cadre financier pluriannuel, puisqu’elle est le seul pays européen qui voit ses lignes de crédit – fonds de cohésion et politique agricole – augmenter par rapport au précédent budget.

Zone euro

La Pologne s’est engagée en adhérant à l’Union européenne à adopter la monnaie unique dès qu’elle remplirait les critères de convergence. Opposée au développement d’une « Europe à deux vitesses », la Pologne a obtenu lors de la négociation du traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG) que les Etats non membres de la zone euro participent aux sommets consacrés à l’architecture globale et à l’avenir de la zone euro. La désignation de M. Donald Tusk comme président du Conseil européen et des Sommets de la zone euro confirme, outre la vocation de la Pologne à rejoindre la zone euro, le choix de la convergence entre les 19 (membres de la zone euro) et les 28 (membres de l’Union européenne).

Plusieurs obstacles se dressent désormais sur le chemin de la monnaie unique pour la Pologne, malgré son statut de pré-in auquel elle est attachée. Tout d’abord, l’opinion publique polonaise reste majoritairement opposée à une adoption de l’euro. Ensuite, le président de la République a affirmé à plusieurs reprises au cours de sa campagne son refus de la monnaie unique « tant que la Pologne n’aurait pas convergé durablement avec les pays d’Europe occidentale ». Enfin, il sera nécessaire d’engager une modification de la Constitution pour adopter la monnaie unique, ce qui nécessite une majorité des 3/5ème à la Diète.

Questions migratoires

La Pologne s’est initialement opposée, avec ses partenaires du groupe de Visegrád (Hongrie, République tchèque et Slovaquie), à tout mécanisme obligatoire de répartition des migrants en besoin manifeste de protection souhaitant une politique d’accueil fondée sur le volontariat. Elle s’est ralliée à la proposition de la présidence luxembourgeoise lors du Conseil "Justice et affaires intérieures" extraordinaire du 22 septembre 2015 pour une relocalisation d’urgence au sein des États membres de 120 000 personnes ayant besoin d’une protection internationale. La Pologne soutient cependant les recours en annulation de cette décision, déposés par la Slovaquie et la Hongrie auprès de la Cour de justice de l’Union européenne.

Peu concernée par l’immigration qui reste assez marginale, la Pologne est davantage préoccupée depuis cinq ans par les vagues d’émigration massive qui, alliées à un faible taux de fécondité (1,32 en 2016), ont eu des incidences économiques négatives.

Relations extérieures de l’Union européenne

PSDC

Après la décision américaine, annoncée 2009 par le président Obama, de renoncer au déploiement du bouclier antimissiles en Pologne (accord signé le 14 août 2008 mais non ratifié), Varsovie a cherché à équilibrer son approche en matière de politique de sécurité en s’investissant plus sur la PSDC. Elle a notamment obtenu la création d’un centre d’opération et de planification, qui a été activé pour la Corne de l’Afrique le 23 janvier 2012 par le Conseil de l’Union européenne.

Elle s’est associée aux différentes initiatives en format Weimar. Elle a participé à la rencontre en format Weimar + Italie et Espagne rassemblant les ministres des affaires étrangères et de la Défense des cinq pays le 15 novembre 2012 à Paris. Enfin, elle a organisé un Sommet Visegrád (Pologne, République tchèque, Slovaquie, Hongrie) élargie à la France et l’Allemagne consacré à la PSDC et à l’avenir de l’Union européenne à Varsovie le 6 mars 2013, avec la participation du Président de la République. En avril 2015, les ministres des affaires étrangères et de la défense polonais, français et allemands ont envoyé une lettre conjointe à la Haute Représentante, Mme Federica Mogherini, sur les priorités de la politique de sécurité de l’UE pour les prochaines années.

La Pologne a été la nation-cadre du groupement tactique Weimar (force en alerte de 2000 à 2500 hommes qui peut être déployée rapidement par l’Union européenne) qui a assuré le tour d’alerte au premier semestre 2013. Elle fournissait la moitié des 2000 à 2500 hommes, l’Allemagne assurait le soutien logistique et la France le soutien médical.

La Pologne participe à Atalante en Somalie (2 militaires), à EUCAP Sahel Niger (1 personne) et à EUMAM RCA (2 officiers). La Pologne a participé aux missions EUFOR Tchad/RCA (400 soldats, 2e contingent) et EUTM Mali (20 formateurs). Elle a contribué à EUFOR RCA avec un contingent allant jusqu’à 50 hommes (dont 22 gendarmes et 6 officiers dans les états-majors).

Le groupement tactique du groupe de Visegrád (Pologne, République tchèque, Slovaquie et Hongrie) assure le tour d’alerte de l’Union européenne, jusqu’en juin 2016.

Élargissement

La Pologne tient une position de principe favorable à l’élargissement de l’Union, tout en souscrivant aux principes du consensus de 2006 (conditionnalité, mérites propres).

Balkans occidentaux : La Pologne soutient un engagement européen actif, ce qu’illustre une forte participation nationale aux opérations déployées dans le cadre de la PSDC. Elle y déploie son activité diplomatique également dans le cadre du Groupe de Visegrád. La Pologne a soutenu l’octroi du statut de candidat à la Serbie (1er mars 2012). Elle a reconnu le Kosovo.

Turquie : Les autorités polonaises soutiennent, sans ambiguïté, l’idée d’une d’adhésion de la Turquie à l’Union européenne, pour des raisons stratégiques mais aussi historiques (l’Empire ottoman n’a jamais reconnu les partages successifs de la Pologne). Cette position fait l’objet d’un consensus au sein de la classe politique polonaise.

Politique de voisinage

La Pologne plaide pour un rééquilibrage du centre de gravité de l’Union européenne vers l’Est (Ukraine, Moldavie, Biélorussie et les trois Etats du Caucase). Elle est à l’origine, avec la Suède, du Partenariat oriental, lancé à Prague le 7 mai 2009. Elle a organisé pendant sa présidence de l’Union européenne un sommet du Partenariat oriental les 29-30 septembre 2011 à Varsovie.

Ukraine : A l’avant-poste du soutien à la « révolution orange » en décembre 2004, la Pologne soutient le rapprochement de Kiev avec l’Union européenne et avec l’OTAN et s’est montrée très impliquée dans le règlement de la crise en Ukraine en février 2014. Les relations historiques et familiales (L’viv était la seconde ville de Pologne avant la guerre), la coopération transfrontalière et les considérations économiques (en dépit du risque de délocalisation et de concurrence) confirment cette importance stratégique. Les deux pays ont co-organisé l’euro 2012 de football.

Biélorussie : Pour Varsovie, la question biélorusse est sensible, notamment en raison de la présence d’une minorité polonaise forte de plus de 400 000 personnes (principalement dans le nord-ouest du pays, dans l’oblast de Hrodna, avec près du tiers des habitants du chef-lieu de cette région). Varsovie souhaite que l’Union européenne alourdisse les sanctions contre le régime Loukachenko et intensifie parallèlement son soutien à la société civile ainsi qu’à l’opposition biélorusse, qui utilise la Pologne comme une base arrière.

Moldavie : Depuis l’arrivée au pouvoir à Chisinau, à l’été 2009, de l’Alliance pour l’intégration européenne (AIE), Varsovie ne ménage pas ses efforts pour soutenir le camp pro-européen à Chisinau, accélérer les négociations UE-Moldavie et pousser en faveur de la reconnaissance par les 28 d’une perspective européenne pour la Moldavie.

Politique étrangère

La Pologne a formalisé une politique de sécurité reposant, au-delà de la défense territoriale, sur trois piliers : l’OTAN, qu’elle a rejoint en 1999, l’Union européenne, rejointe en 2004, et les partenariats, parmi lesquels domine le partenariat polono-américain. Dans ses engagements opérationnels et capacitaires, Varsovie a généralement accordé la primauté au pilier polono-américain et à l’OTAN, notamment en 2003 lors de l’intervention en Irak.

La Pologne s’est engagée à porter son effort de défense à 2% à partir de 2016. Le plan de modernisation des forces armées polonaises prévoit d’allouer 34 Mds € à l’acquisition de nouveaux équipements sur la période 2013-2022.

L’ancrage transatlantique

Les gages de sécurité apportés par l’OTAN et les Etats-Unis restent la priorité pour la Pologne, qui s’efforce de faire progresser sa coopération bilatérale avec les Etats-Unis sur la base de la déclaration de coopération stratégique polono-américaine du 20 août 2008.

Ainsi, après la forte déception suscitée par l’abandon, le 17 septembre 2009, du projet de « bouclier antimissile » voulu par le président Bush, dans lequel la Pologne devait jouer un rôle central, Varsovie a obtenu du président Obama de conserver un lien privilégié avec les Etats-Unis dans le domaine de la défense antimissile. L’accord de Cracovie signé en juillet 2010 a concrétisé le souhait de la Pologne d’accueillir sur son territoire une composante du nouveau projet de déploiement américain, la European Phased adpatative approach (EPAA), qui prévoyait la mise en place en 4 phases, de 2012 à 2020, d’une architecture de défense antimissile plus légère et plus souple, adaptée à la menace. La composante destinée à être implantée en Pologne (intercepteurs SM3-2II, efficaces contre des missiles de portée intermédiaire) s’inscrit dans la phase 3 de l’EPAA. Elle sera installée à Redzikowo, près de Slupsk, près de la mer baltique. Après l’annonce le 15 mars 2013 de l’abandon de la phase 4 du déploiement par l’administration américaine pour redéployer certaines capacités sur la côté ouest pour faire face à la menace nord-coréenne, l’ensemble du dispositif devrait être opérationnel dès 2018.

Une relation complexe avec la Russie

La Pologne avait entamé un important rapprochement avec Moscou à partir de 2007 avec l’arrivée de M. Donald Tusk à la tête du gouvernement polonais. Ce rapprochement s’était accéléré après la catastrophe aérienne de Smolensk et l’élection du président Komorowski, personnellement très engagé dans le processus de réconciliation. A partir de mai 2011, les ministres des affaires étrangères allemand, polonais et russe se sont rencontrés régulièrement dans le cadre d’un format dit triangle de Kaliningrad. La dernière rencontre a eu lieu le 10 juin 2014 à Saint-Pétersbourg. Sur le plan européen, des progrès avaient été enregistrés avec la signature d’un accord, dont la possibilité a d’abord été négociée entre les États membres, entre Moscou et Varsovie en décembre 2011, sur l’assouplissement du régime de mobilité des résidents de Kaliningrad (accord « Petit trafic frontalier »). La Pologne s’est, à plusieurs reprises, montrée favorable à l’initiative de Meseberg (projet de création d’un comité politique et de sécurité UE-Russie), sous réserve que la Russie coopère dans le règlement des conflits gelés.

La crise en Ukraine semble avoir mis en coup d’arrêt au rapprochement entre les deux pays. La Pologne fait partie, avec les États Baltes, des pays partisans d’une ligne ferme vis-à-vis de la Russie. Bien que les sanctions européennes et les contremesures russes affectent son économie, la Pologne est convaincue de leur nécessité. Enfin, 2015 devait être l’année polonaise en Russie et l’année russe en Pologne. Ce projet a été annulé par Varsovie.
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Mise à jour : 24.10.16

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