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La France et les Pays-Bas

Brève

Pays-Bas - Entretien de Laurent Fabius avec son homologue et séminaire franco-néerlandais sur la simplification de l’Union européenne (Paris, 17 juin 2015)

Ce séminaire permettra de travailler à des propositions concrètes, susceptibles d’être mises en œuvre rapidement et d’avoir des conséquences positives pour les citoyens et les entreprises.

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Présentation

Relations politiques et dernières visites

De nombreuses convergences existent entre les deux pays, notamment sur les dossiers européens. Ce rapprochement s’est traduite par la création du Conseil de coopération franco-néerlandais (CCFN) ou Initiative franco-néerlandaise en 2003, dont l’objectif est de renforcer les relations bilatérales en y impliquant des membres de la société civile. La huitième session du CCFN s’est tenue à La Haye le 21 mars 2013 sous la co-présidence de MM. Laurent Fabius et Frans Timmermans, ministres des Affaires étrangères. Les 20 et 21 novembre 2014 a été organisée à Paris, dans le cadre de l’Initiative franco-néerlandaise (ex-CCFN), une conférence sur « la ville du futur ». A la suite de l’impulsion donnée par cette huitième session, une réforme du CCFN a été entamée afin de permettre une plus grande mobilisation de la société civile et de nos entreprises au service du renforcement de notre relation bilatérale. M. Jean-Marc Janaillac, PDG de Transdev et futur PDG d’Air-France-KLM, a accepté en février 2015 de devenir vice-président de l’Initiative franco-néerlandaise. Du côté néerlandais, c’est Mme Pauline Meurs, une universitaire (Rotterdam) née en France et ancienne sénatrice (PvdA) qui a été désignée pour animer l’IFN. Les échanges bilatéraux entre les entreprises autour des nouvelles technologies, de l’innovation, ou encore de l’intégration font partie des premiers objectifs prioritaires identifiés par les deux vice-présidents.

La visite du président de la République aux Pays-Bas, le 20 janvier 2014, première visite présidentielle depuis quatorze ans, a permis d’entrevoir des perspectives de coopération accrue dans plusieurs domaines. Les contacts bilatéraux sont fréquents et de nombreuses consultations bilatérales existent, soit au sein de groupes de travail (drogue, innovation/PME), soit sous la forme de contacts interministériels (affaires stratégiques, PAC, etc.). Des réflexions communes sont engagées sur l’aide au développement, les dossiers africains, les droits de l’homme, la non-prolifération, le sport. Le premier ministre, Manuel Valls, s’est à son tour rendu en visite aux Pays-Bas le 30 octobre 2014. Le Secrétaire d’Etat au Commerce extérieur, au Tourisme et aux Français de l’étranger s’y est également rendu le 15 janvier 2015. Le Premier ministre néerlandais Mark Rutte s’est déplacé à Paris le 3 juin 2015 et sera reçu par le Président de la République lors d’un dîner le 12 février 2016.Les échanges sont particulièrement denses depuis le début de la Présidence néerlandaise de l’Union européenne. Ainsi, une rencontre entre le Ministre néerlandais des affaires étrangères néerlandais Bert Koenders et son homologue Laurent Fabius s’est tenue en janvier 2016, et le Secrétaire d’Etat aux affaires européennes s’est rendu à la Haye dans le cadre de la conférence internationale sur la lutte contre le phénomène des combattants terroristes étrangers, organisée à La Haye le 11 janvier 2016, et s’est également entretenu à cette occasion avec Bert Koenders. Une visite d’Etat du couple royal s’est déroulée les 10 et 11 mars 2016 et a été l’occasion de faire valoir les relations économiques fortes qui unissent nos deux pays, de procéder au lancement formel de l’Initiative franco-néerlandaise (IFN), et de renforcer encore notre coopération culturelle autour des deux tableaux de Rembrandt acquis conjointement en les dévoilant au musée du Louvre.

Relations économiques

Les relations économiques sont denses, comme en témoigne le volume global des échanges de l’ordre de 38,8 milliards d’euros en 2015, et la France et les Pays-Bas sont des partenaires économiques majeurs l’un pour l’autre : la France est en effet le 6ème fournisseur des Pays-Bas et son 4ème client. Les Pays-Bas sont quant à eux le 8ème client (soit 3,9% de nos exportations) et le 7ème fournisseur de la France (soit 4,2% de nos exportations) soit 4,2% de nos importations.

Les échanges économiques bilatéraux, en croissance continue depuis 2010 (la France est le 8ème partenaire commercial des Pays-Bas), demeurent largement déficitaires pour la France (-4,05 Md € en 2015 ; cinquième déficit commercial de la France). Il s’agit du deuxième plus fort excédent commercial des Pays-Bas qui jouent le rôle de plaque tournante du commerce européen (taux de réexportation de 44%), notamment à travers le port de Rotterdam. La dégradation de notre balance commerciale au cours des dix dernières années, particulièrement à partir de 2007, résulte de la baisse de nos exportations vers les Pays-Bas (en recul de 0,6% depuis 2014), en raison de l’absence de grands contrats et de la baisse de la demande intérieure aux Pays-Bas. La France, dont la part de marché s’est stabilisée à environ 4% semble souffrir d’un problème d’image tandis que les entreprises françaises doivent s’adapter à un marché intérieur plus sensible au prix qu’à la qualité. Malgré la quasi-stabilisation de nos importations depuis 2011, la performance néerlandaise dans le secteur des industries agro-alimentaires, qui constitue plus d’un quart de nos échanges et notre premier poste déficitaire, contribue au creusement du déficit.

Dans le domaine de l’investissement, la France et les Pays-Bas sont également des partenaires de premier ordre. La France se situe au 3e rang en termes de stock d’IDE aux Pays-Bas et les Pays-Bas sont le 2ème investisseur en France en stock. Les investissements réciproques se sont traduits par plusieurs opérations d’envergure, particulièrement visibles dans le domaine des transports et de l’énergie : fusion Air-France-KLM en 2004, et ses prolongements sur le partenariat entre Schiphol et Aéroport de Paris ; rachat de l’entreprise publique de transports Connexion par Transdev en 2007 ; achat par Total de Goal Petroleum et reprise des actifs de la NAM (société néerlandaise de production du gaz naturel) par GDF-Suez, notamment. Les entreprises françaises ont ainsi établi des synergies fructueuses avec leurs partenaires néerlandais pour donner parfois naissance à des leaders mondiaux dans leurs domaines d’activité (Air France-KLM, Danone-Numico).

Avec 1 344 entreprises qui emploient plus de 129 800 personnes, la présence française aux Pays-Bas est substantielle. Elles réalisent un chiffre d’affaires (CA) cumulé de 50,1 Mds€. Cette présence est particulièrement importante dans les transports, l’énergie, et l’agro-alimentaire. En sens inverse, avec plus de 1 690 implantations en France, pour plus de 106 500 emplois, réalisant un CA cumulé de plus de 51 Mds€, la présence néerlandaise en France est également importante.

L’année économique franco-néerlandaise a été lancée à l’occasion du Départ du Tour de France à Utrecht le 3 juillet 2015 en présence du couple royal néerlandais et du ministre français de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique, Emmanuel Macron. Celle-ci a été rythmée par de nombreux évènements, tels que notamment l’ouverture de l’Atelier néerlandais le 10 septembre à Paris, la 13ème conférence Erasme-Descartes sur la transition écologique et la croissance verte, les 29 et 30 octobre 2015 à Amsterdam, la visite d’une délégation du MEDEF et de l’AFEP, les 26 et 27 novembre 2015 à La Haye ou encore un « trade lunch » pour les filiales françaises implantées autour de Rotterdam en présence du maire de Rotterdam et de l’Ambassadeur de France aux Pays-Bas, le 16 décembre 2015. La seconde moitié de l’année économique est ponctuée, en 2016, par plusieurs temps forts, avec notamment une 3ème réunion du dialogue stratégique entre le MEDEF et le VNO-NCW lors de la visite d’État du couple royal à Paris, une table ronde sur la propriété intellectuelle comme facteur de croissance et de compétitivité le 15 mars 2016 à La Haye ainsi qu’une rencontre bilatérale sur l’innovation à Amsterdam afin de mettre en scène la French-Tech.

Coopération culturelle, scientifique et technique

Ces relations évoluent dans le cadre d’un accord bilatéral de 1946. Le réseau est structuré autour de l’Institut français des Pays-Bas, son antenne de Groningue et un réseau dense d’une trentaine d’Alliances françaises. La coopération scientifique bilatérale, dense et diversifiée, s’inscrit principalement dans le cadre de l’espace européen de la recherche et la France est le 4ème partenaire scientifique des Pays-Bas. La coopération universitaire est organisée autour du Réseau universitaire franco-néerlandais (RFN), installé pour la partie française à l’université de Lille III. La plupart des organismes de recherche français (CNRS, INRA, IFREMER, INSERM, ANVAR) ont signé des accords avec leurs homologues néerlandais. Nos actions, qui s’inscrivent dans une démarche communautaire, s’appuient sur le groupe de travail franco-néerlandais sur la science et la technologie, sur le RFN et sur le Programme Hubert Curien « Van Gogh » lancé en 1997 et qui a permis de soutenir plus de deux cent de projets en facilitant la mobilité des chercheurs. Le prix Descartes-Huygens récompense chaque année depuis 1995 un chercheur français et un chercheur néerlandais, et le programme de bourses d’excellence Descartes, créé en 2011, permet d’attribuer neuf à dix bourses d’un montant moyen de 9 000 euros chaque année afin de financer les études d’étudiants en niveaux Master et Doctorat.

Dans le cadre de la coopération éducative entre nos deux pays, malgré un recul perceptible, le français garde son rang de troisième langue et reste largement enseigné (18% des élèves de terminale et 43% des élèves de la filière scientifique pré-universitaire passent le français au baccalauréat). En outre, quatre universités ont des facultés de langue et de littérature françaises. Un programme d’assistants de langue a été créé. L’institut français d’Amsterdam et l’important réseau des 33 Alliances françaises dispensent des cours de français à plus de 8000 élèves par an.

La coopération culturelle s’appuie sur les opérateurs néerlandais (festivals, musées) afin de proposer au public les créations françaises notamment dans les domaines du cinéma, de l’architecture et de la sculpture. Les autorités néerlandaises ont décidé de fermer l’Institut néerlandais à Paris, vieux de 55 ans, à la fin de l’année 2013 afin de lui substituer une forme plus adaptée de représentation culturelle des Pays-Bas en France. Etant donné la proximité géographique et la puissance financière des grandes institutions du pays (Rijksmuseum, musée van Gogh, Concertgebouw, Opéra, …), l’intense coopération culturelle bilatérale s’effectue très souvent directement entre les grandes institutions des deux pays. En septembre 2015, les ministres de la culture Mme Bussemaker et Mme Pellerin ont annoncé l’acquisition conjointe, par le Louvre et le Rijksmuseum, de deux toiles de Rembrandt (Marten Soolmans et son épouse). L’accord de coopération culturelle entre nos deux pays a été signé le 1er février et permet de présenter en Europe les deux toiles dans les deux musées de manière alternée. La visite d’Etat du Roi Willem-Alexander en France en mars dernier a permis la présentation officielle de cette acquisition commune aux deux chefs d’Etat au Louvre

Autres types de coopération

La coopération opérationnelle franco-néerlandaise dans le domaine de la lutte anti-drogue est pilotée, depuis 1995, par un groupe bilatéral à haut niveau sur la drogue (GHN), qui se réunit en principe une fois par an, mais n’a pas été réuni depuis 2012. En outre, la réforme de la police néerlandaise pose la question de la poursuite de notre étroite et fructueuse coopération opérationnelle.

Il existe également une coopération transfrontalière sur l’île de Saint-Martin/Sint-Maarten, partagée entre la France et les Pays-Bas depuis le traité de Concordia de 1648 instaurant la libre-circulation entre les deux parties l’île. Cette situation en fait un cas unique de coopération territoriale européenne et rend indispensable la coopération entre les deux parties de l’île, notamment en matière de coopération policière et de lutte contre l’immigration irrégulière. Un accord sur la délimitation de la frontière maritime a pu être négocié les 26 et 27 mars 2015 et signé le 6 avril 2016.

Mise à jour : 19.05.16

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