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Présentation

Données générales

Nom officiel : République d’Ouzbékistan
Président de la République : Islam KARIMOV

Données géographiques

Superficie : 447 400 km2
Capitale : Tachkent
Villes principales : Samarcande, Boukhara, Ourguentch, Andijan
Langue officielle : Ouzbek (langue appartenant au groupe des langues turques)
Langues courantes : russe, tadjik (Samarcande et Boukhara), karalkalpak (République autonome de Karakalpakstan)
Monnaie : Soum (1 euro = 2820 soums)
Fête nationale : 1er septembre (Fête de l’Indépendance)

Données démographiques

Population : 30,6 millions (2014), soit la moitié des habitants d’Asie centrale
Densité : 68 habitants/km²
Croissance démographique : 1,6%
Espérance de vie : 68 ans (2013, PNUD)
Taux d’alphabétisation : 99 % (estimation UNESCO)
Religions : Islam sunnite (88 %), orthodoxes (9 %)
Indice de développement humain : 116ème sur 187 (classement PNUD 2014)

Données économiques

PIB : 63 Md $ (estimation FMI pour 2014)
PIB par habitant : 2 060 $
Taux de croissance 2014 : 8 % Taux d’inflation (2014) : 6,1% officiellement, plus de 20% selon certains observateurs
Solde budgétaire (2014) : + 0,2% du PIB
Balance commerciale (2014) : +180 M USD
Principaux clients (2012) : Chine, Kazakhstan, Turquie, Russie
Principaux fournisseurs (2012) : Russie, Chine, Corée, UE

Exportations de la France vers l’Ouzbékistan (2014) : 103 M€Importations françaises depuis l’Ouzbékistan (2014) : 99 M€
(Source : DGTrésor, hors armement)

Ambassade de France : Tachkent (ambassadeur : M. Jacques-Henry Heuls).
Consulat de France : Tachkent (section consulaire d’ambassade).
Communauté française en Ouzbékistan : 88 inscrits.

Politique intérieure

Institutions et grandes lignes politiques

A son indépendance, l’Ouzbékistan s’est doté d’un régime présidentiel. Le Président Islam Karimov, ancien Premier secrétaire du Parti communiste de la RSS d’Ouzbékistan, puis fondateur du Parti Populaire Démocratique de l’Ouzbékistan, est au pouvoir depuis 1989. Agé de 77 ans, il a été réélu le 29 mars 2015 avec 90,39% des voix. La création au sein du Parlement (« Olij Majlis », Assemblée suprême) d’une seconde chambre (Sénat) en janvier 2005 n’a pas encore induit de réelle modification de la vie politique. Le Parlement se compose aujourd’hui d’une Chambre législative (chambre basse) constituée de 135 députés élus directement dans les circonscriptions et de 15 représentants choisis par le gouvernement ouzbek au sein du Mouvement écologique d’Ouzbékistan, et d’un sénat de 84 membres élus par les gouvernements locaux et 16 nommés directement par le président.

Le président Karimov a lancé en 2010 une série de réformes institutionnelles, déclarant notamment vouloir donner plus de poids au premier ministre : celui-ci est désormais désigné par la majorité parlementaire, le président gardant le pouvoir d’agréer ce candidat, ou de dissoudre le parlement si deux candidatures de suite étaient refusées. Le président du sénat (actuellement M. Nigmatilla Yuldachev) assurerait en outre l’intérim en cas de vacance du pouvoir présidentiel. L’objectif de la dernière réforme constitutionnelle de 2014 est de renforcer le rôle du parlement.

D’après la mission d’observation limitée de l’OSCE, les dernières élections législatives des 21 décembre 2014 et 4 janvier 2015 ont été organisées de manière compétente mais n’ont pas permis de compétition électorale et de débat réels. Les quatre partis soutenant le gouvernement et soutenus par lui n’étaient pas en compétition : ces partis (Parti libéral démocrate / Mouvement des entrepreneurs et des hommes d’affaires ; Parti démocrate de renaissance nationale ; Parti populaire démocrate ; Parti social-démocrate Adolat) sont des émanation du pouvoir et leur fonction est de représenter les diverses composantes de la société ouzbèke, non des projets politiques alternatifs. Les deux partis historiques d’opposition « Erk » et « Birlik », créés après l’indépendance en 1991, demeurent interdits et leurs anciens dirigeants emprisonnés ou en exil.

La société ouzbèke est fondée sur des valeurs familiales et traditionnelles, encouragées par le gouvernement. Le maintien de la laïcité héritée de l’ère soviétique est une priorité, le fondamentalisme religieux étant perçu comme une menace grave pour la sécurité : l’Ouzbékistan a subi des attentats suicides en 1999 et 2004 à Tachkent et en 2009 dans la vallée de Ferghana, et surveille les mouvements islamistes à travers le pays, particulièrement à la frontière afghane et dans la vallée de Ferghana.

Evènements d’Andijan (mai 2005)

Dans la nuit du 12 au 13 mai 2005, des troubles ont éclaté dans la ville d’Andijan (vallée de Ferghana) après l’assaut d’une prison et de la mairie suivi d’une manifestation de la population locale. Les autorités ont dénombré 173 morts et attribué la responsabilité des violences aux islamistes radicaux. Les ONG estimaient alors que la répression aveugle aurait fait plus de 500 victimes. Le 23 mai 2005, l’Union européenne a condamné le recours « excessif, disproportionné et aveugle » à la force par les organes de sécurité ouzbeks et demandé la mise en place d’une mission d’enquête internationale indépendante. Face au refus des autorités ouzbèkes, l’UE a adopté, le 3 octobre 2005, des sanctions contre l’Ouzbékistan (embargo sur les armes et équipements militaires, suspension partielle de l’accord de partenariat, interdictions de visas pour les responsables de la répression). A partir de novembre 2006, l’Ouzbékistan a renoué progressivement avec l’UE et tenu à Tachkent des réunions sur les événements d’Andijan avec des experts de l’UE (décembre 2006 et avril 2007). L’UE a rétabli progressivement un dialogue structuré avec l’Ouzbékistan dans le cadre de l’accord de partenariat et de coopération. Les sanctions ont été levé par étapes : suspension des interdictions de visas (octobre 2007) ; suppression des interdictions de séjour sous présidence française de l’UE (13 octobre 2008) et, un an plus tard, suppression de l’embargo sur les armes (27 octobre 2009).

Situation des droits de l’homme

La situation des droits de l’homme demeure préoccupante en Ouzbékistan et la France évoque régulièrement ces questions avec les autorités ouzbèkes, tant dans un cadre bilatéral que dans le cadre européen et celui des instances multilatérales. Des progrès ont été enregistrés à partir dedepuis 2008 dans certains domaines, notamment la suppression de la peine de mort, l’introduction dans la législation d’un habeas corpus, et en 2013 une amélioration notable concernant le travail des enfants pendant la récolte du coton. L’Ouzbékistan s’est engagé en 2013 à mettre en œuvre 145 des 183 recommandations qui lui ont été faites au titre de l’examen périodique universel mené dans le cadre du Ccomité des droits de l’homme à Genève. L’UE continue d’exprimer ses préoccupations et ses attentes, notamment la libération de tous les défenseurs des droits de l’homme et prisonniers d’opinion maintenus en détention, la libre activité des ONG, la coopération avec tous les rapporteurs spéciaux des Nations Unies, la garantie de la liberté d’expression et de religion et de la liberté des médias. L’Ouzbékistan occupe la 166e place sur 180 dans le classement international de la liberté de la presse de Reporter sans Frontières.

Facteurs de déstabilisation

Les djihadistes du Mouvement islamique d’Ouzbékistan (MIO) ont été chassés du pays au début des années 2000 et se sont installés dans les zones tribales pakistanaises. Des membres présumés de mouvements islamistes illégaux sont régulièrement arrêtés et condamnés.

Une forte communauté ouzbèke est présente dans les pays limitrophes ; au Kirghizstan de graves affrontements interethniques ont eu lieu en juin 2010 sur fond de lutte pour le pouvoir (470 morts, aux ¾ des Ouzbeks).

Les bonnes performances de l’Ouzbékistan en termes de croissance du PIB ne doivent pas masquer les faiblesses structurelles du pays : la part encore prédominante du secteur agricole, le sous-dimensionnement du système financier, le manque de diversification, la vétusté de l’appareil industriel et le manque d’ouverture de l’économie ouzbèke qui reste largement dépendante de ses relations avec la Russie et la Chine.

Situation économique

Dès l’indépendance, le Président Karimov a fait le choix de ne pas se lancer dans les privatisations (particulièrement dans l’agriculture) et préféré une stratégie de réforme graduelle et de substitutions aux importations visant à atteindre l’autosuffisance énergétique (grâce aux ressources gazières), industrielle et alimentaire.

L’agriculture reste un des principaux secteurs économiques du pays (18% PIB, 27% population active). Sa spécialisation dans le coton (6ème producteur, 5ème exportateur mondial) découle toutefois plus d’un héritage historique que d’un réel avantage comparatif. L’Ouzbékistan exploite d’importantes ressources extractives : or (10ème réserves mondiales), uranium (12ème réserves, 7ème producteur mondial) et gaz.

La part du secteur privé n’atteint que 45% (source : BERD). L’émigration de travailleurs vers la Russie et le Kazakhstan reste très importante : d’après les statistiques russes, 2,5 millions d’Ouzbeks travaillent en Russie, qui ont transféré en Ouzbékistan 7,8 Mds de dollars en 2013.

En dépit des réformes annoncées, le climat des affaires demeure difficile ; l’ONG Transparency International classe l’Ouzbékistan à la 166ee place sur 175 pour l’indice de perception de la corruption. Les difficultés rencontrées par de grandes entreprises étrangères dans le pays ces dernières années ont eu des conséquences sur les investissements directs étrangers (IDEs) et sur l’image du pays (ex : la filiale Uzdunrobita de la société de téléphonie russe MTS contrainte à la faillite, le contentieux entre l’Etat ouzbek sur l’éviction de la compagnie minière britannique Oxus Gold , la fermeture de plusieurs supermarchés turcs, la faillite orchestrée de l’entreprise Zeromax laissant des entreprises allemandes face à d’importants impayés…). Conscientes de ces effets très négatifs, les autorités renforcent la législation visant à protéger les entreprises, à mettre en place une fiscalité plus attractive pour les investisseurs et négocient le retour de certaines entreprises (MTS, Thetys…). Le pays a remonté de 8 places (141/180) dans le classement « Doing business » de la Banque Mondiale en 2015. Après la forte chute des IDEs en 2011 (-35%), Tachkent a décidé de réviser sa politique commerciale jusque là très restrictive (fermetures temporaires des frontières, augmentation des tarifs douaniers, procédures d’importation très lourdes) et a mis en place de nouvelles règles et structures (exemptions fiscales, réformes administratives avec institution d’un « guichet unique » pour les investisseurs, création de zones franches économiques). Malgré la convertibilité officielle du soum depuis octobre 2003, d’importantes restrictions demeurent dans l’accès aux devises, entraînant des difficultés en matière de rapatriement des bénéfices. Alors que le cours officiel est marqué par une dévaluation progressive par rapport au dollar, au rythme actuel de 12% / an, l’écart avec le marché parallèle se creuse (près du double du cours officiel).

La croissance du PIB ouzbek reste officiellement élevée à 8% en 2014, poussée par des politiques budgétaires et d’importants programmes publics (plan de 2011-2015 qui prévoit 47 Mds $ d’investissements, notamment dans les infrastructures). La bonne résilience de l’économie ouzbèke en période de crise internationale s’explique par un secteur financier peu développé et un isolement commercial. Officiellement, l’inflation est estimée à 6,8%, alors que certains experts l’évaluent à près de 20%.

Politique extérieure

L’Ouzbékistan poursuit une politique indépendante, dosant, selon des critères conjoncturels, rapprochement et éloignement vis-à-vis de Moscou et de l’Occident. L’indépendance vis-à-vis de la Russie se traduit par une implication de plus en plus limitée de Tachkent au sein des organisations régionales sous tutelle russe : sortie de l’EURASEC (organisation régionale de coopération économique réunissant la Russie et les pays d’Asie centrale à l’exception du Turkménistan) en 2008 et suspension en 2012 de sa participation à l’Organisation du Traité de Sécurité Collective (OTSC). L’Ouzbékistan voit d’un mauvais œil l’aide militaire massive apportée par Moscou à ses voisins kirghize et tadjik. En revanche, il s’implique dans l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), dont Tachkent accueille le centre de lutte anti- terroriste.

Le poids de la Russie dans les relations économiques reste prépondérant. La mise en exploitation en décembre 2009 du gazoduc baptisé par les Chinois « gazoduc de l’Asie centrale » a marqué un tournant dans la relation Russie-Asie centrale en donnant un accès direct à la Chine aux réserves gazières de la région : le gazoduc relie le Turkménistan à la Chine en passant par les territoires kazakhstanais et ouzbek (490 km). L’Ouzbékistan y est raccordé depuis 2011.

Après la fermeture exigée par Tachkent de la base américaine de Karchi–Khanabad en 2005 et le froid avec l’UE en raison des sanctions suivant les événements d’Andijan, l’Ouzbékistan se tourne de nouveau vers l’Occident.

Malgré un réchauffement récent avec le Kazakhstan et le Turkménistan, l’Ouzbékistan entretient des relations plus difficiles avec ses voisins kirghize et tadjik. La gestion des frontières dont la démarcation n’est pas achevée, ainsi que les difficultés posées aux habitants par l’existence d’enclaves sont source de tensions récurrentes, tout comme le partage des ressources en eau entre pays de l’amont (Kirghizstan et Tadjikistan) et pays de l’aval, dont l’Ouzbékistan. Craignant que les projets de constructions de grands barrages hydroélectriques par ses deux voisins diminuent l’approvisionnement en eau de son agriculture (notamment cotonnière), l’Ouzbékistan est opposé aux grands projets de Kambar-Ata au Kirghizstan et surtout Roghun au Tadjikistan, principal sujet de discorde entre les deux pays.

Mise à jour : 03.06.15


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