Accès rapide :

La région Océanie et les organisations de coopération régionale

Recouvrant 37% de la surface terrestre, s’étirant sur la moitié de la circonférence du globe, espace de communication entre les deux régions les plus dynamiques du globe, l’Amérique et l’Asie de l’Est, le monde océanien est traditionnellement présenté en trois grandes aires géographiques :

  • Mélanésie : Nouvelle-Guinée (Papouasie Nouvelle Guinée et partie indonésienne de la Nouvelle-Guinée), Fidji, Vanuatu, Iles Salomon, Territoire d’Outre-mer de Nouvelle-Calédonie.

La Nouvelle-Calédonie se rattache à ce groupe qui demeure attentif à l’évolution institutionnelle du territoire et à la mise en œuvre des accords de Nouméa.

  • Polynésie : Iles Cook, Niue, Samoa, Tokelau, Tonga, Tuvalu, Territoires d’Outre-mer de Polynésie française et de Wallis et Futuna

La Polynésie s’étend géographiquement de la Nouvelle-Zélande au sud-ouest à l’Ile de Pâques à l’est. Ce groupe culturellement très homogène est politiquement proche de la Nouvelle-Zélande. Il est composé de pays aux ressources naturelles moins riches (hormis les ressources halieutiques), et, a éprouvé des difficultés à se structurer politiquement après les indépendances. Ces pays se sont souvent prononcés en faveur de l’indépendance des territoires de la région, à l’exception notable du dernier scrutin d’autodétermination à Tokelau (mars 2006) dont les habitants ont décidé le maintien des liens avec la Nouvelle-Zélande. Ces pays se caractérisent par une relative stabilité politique et une bonne gestion. Plusieurs Etats ont décidé de garder des liens étroits avec la Nouvelle-Zélande (Niue, Iles Cook et Samoa…).

  • Micronésie : Palau, Kiribati, Etats Fédérés de Micronésie, Iles Mariannes, Iles Marshall, Nauru

Aux marges de l’Océanie, les Iles Kiribati, les Etats Fédérés de Micronésie, Palau et Nauru assument leur indépendance, les Iles Mariannes, Guam et Marshall restent liés à des degrés divers aux Etats-Unis auxquels ils ont notamment confié leur défense. Leurs rapports avec les Etats-Unis sont réglés dans le cadre de« Compact » qui leur assurent des revenus conséquents.

Les organisations régionales

Le Forum des Iles du Pacifique, fondé en 1971, qui jusqu’à son dernier sommet à Port Moresby en octobre 2005 fonctionnait de manière informelle, a éprouvé le besoin de se structurer pour répondre aux enjeux du futur.

Le Forum a adopté lors de ce sommet des statuts, qui donnent à chacun des Etats et territoires indépendants ou non de la région une place en son sein. La Nouvelle-Calédonie et la Polynésie ont adhéré au Forum des Iles du Pacifique en qualité de membres observateurs respectivement en 1999 et 2004.

Le Forum mène une réflexion sur une nouvelle architecture régionale, qui soit un compromis acceptable entre efficacité et autonomie pour les différentes organisations techniques qui se sont créées au fil du temps pour répondre aux besoins de développement.

Fondée en 1947, la Commission du Pacifique Sud (CPS), qui porte aujourd’hui le nom de Communauté du Pacifique, est la plus ancienne organisation régionale d’Océanie. Son siège est à Nouméa, avec une antenne installée à Suva. Elle accueille tous les pays et territoires sans distinction de statut politique (aujourd’hui 19 Etats et 8 territoires sous tutelle.) Le Royaume-Uni en est sorti en 2005. Organisme apolitique de coopération technique, la CPS a pour vocation de financer et gérer des programmes de développement au bénéfice du Pacifique insulaire (8 millions d’habitants hors Australie et Nouvelle-Zélande, dont 5 300 000 pour la seule PNG), en partenariat avec les membres du Forum ainsi qu’avec d’autres organisations et bailleurs de fonds.

D’autres organisations régionales ont vu le jour : Agence des Pêches du Forum (FAA), South Pacific Applied Geoscience Commission (SOPAC), Programme régional Océanien pour l’environnement (PROE), Fiji School of Medecine (FSCHM), Pacific Island Development Program (PIDP), South Pacific Bureau for Educationnal Assessment (SPBEA), South Pacific Tourism Organisation (SPTO), University of South Pacific (USP).

Enjeux actuels

Confrontée à la tyrannie des distances (les distances entre Etats sont de plusieurs milliers de kilomètres, le KIRIBATI s’étendant sur 3500 km), les Etats de la région doivent mutualiser leurs moyens et déterminer des priorités.

Ils ont veillé à créer les conditions nécessaires à leur mise en œuvre, notamment en :

- mettant en place le cadre d’une stabilité politique, exprimée par l’adoption du « Plan Pacifique » lors du Sommet de Port-Moresby :
- Les Petits Etats insulaires souffrent d’instabilité ; c’est d’ailleurs plus vrai dans l’aire d’influence mélanésienne. La quasi-guerre civile qu’ont connue les Iles Salomon a été à cet égard un révélateur pour la région, qui a été amenée à se saisir collectivement du problème. La déclaration de Bitekawa marque en l’espèce la vocation reconnue au Forum d’intervenir dans les affaires d’un de ses membres, dans le respect de sa souveraineté, pour y rétablir l’ordre. C’est dans ce cadre que l’opération RAMSI (Regional Assistance Mission to Salomon Islands) a pu être menée afin d’y rétablir la paix et d’assurer une transition vers le scrutin démocratique qui vient de s‘y dérouler. Cette nouvelle prérogative du Forum semble désormais bien intégrée.

- mettant en place le cadre d’une zone économique intégrée :
- C’est la mise en œuvre des accords PICTA (intégration économique des Petits Etats) et PACER (Pays du PICTA + Australie et Nouvelle-Zélande).
La Nouvelle-Calédonie et la Polynésie française mènent une discussion avec le Forum sur leur éventuelle adhésion au PICTA.

- adoptant le "Plan Pacifique" :
- Vision à court, moyen et long terme, d’un développement durable de la région, le plan vise à répondre à la fois aux préoccupations sécuritaires mises en avant notamment par les deux grands pays de la zone, l’Australie et la Nouvelle-Zélande, et aux préoccupations des Petits Etats de s’assurer un développement durable par la maîtrise de leurs ressources.

Les défis de la région sont en effet multiples :
- vulnérabilité aux catastrophes naturelles (cyclones, tsunamis…)
- viabilité des ressources halieutiques et maîtrise de leur exploitation
- problématique de l’énergie : à l’exception de l’Australie et la PNG, les Etats du Pacifique sont dépourvus de sources d’énergie (hormis alternatives, éolien et solaire)
- amélioration des réseaux de communication
- harmonisation et coordination des transports régionaux
- défis environnementaux : préservation des récifs coralliens, gestion des déchets
- conséquences du changement climatique
- santé publique (lutte contre le VIH-SIDA en particulier, maladies endémiques, diabète)
- formation des cadres, éducation des jeunes
- bonne gouvernance

Perspectives pour la France

La France ne manque pas d’atouts à faire valoir en faveur de la région,à deux titres :

  • elle y est présente par ses collectivités :

- L’adoption de nouveaux statuts pour nos collectivités d’Outre-mer, leur accordant une réelle autonomie dans le cadre de la République, a convaincu les Etats de la région de notre volonté d’ouverture, d’autant que nous ne ménageons pas nos efforts pour encourager nos collectivités à s’insérer dans la région et y mener une politique régionale active : convention de coopération Nouvelle-Calédonie/Etat
- Vanuatu ; intensification des liens entre la Nouvelle-Calédonie et l’Australie et la Nouvelle-Zélande, entre la Polynésie française et la Nouvelle-Zélande.

- Nos collectivités sont en mesure non seulement d’apporter à la région les compétences de leurs institutions notamment dans le domaine de l’éducation, de la recherche, mais elles développent dans le cadre de leurs institutions un dialogue politique qui pourrait inspirer des pays de la région dans leur propre évolution institutionnelle.

- En complément, les moyens de l’Etat dans les collectivités oeuvrent au bénéfice de l’ensemble de la région. Nos forces armées interviennent dans le cadre de l’accord FRANZ, de la surveillance des ZEE et la lutte contre la pêche illicite (cf. mise en œuvre de la déclaration tripartite France - Australie -Nouvelle-Zélande), et à la formation des forces de sécurité des Etats Insulaires.

  • elle est le seul Etat membre de l’UE présent dans la région.

Fortement impliquée dans le financement du FED, la France a pris l’initiative d’un dialogue constructif avec la Commission Européenne sur la région Pacifique pour se faire l’avocat de la région, et également de ses Collectivités du Pacifique, d’autant que se profile l’échéance importante de la mise en place du 10ième FED pour la période 2008-2013, dont les orientations et objectifs sont en train d’être décidés (réalisation des objectifs de développement du millénaire, énergie, préservation et exploitation durable des ressources naturelles).

Forte de ces atouts, la France aimerait développer avec le Forum des Iles du Pacifique un partenariat privilégié lui permettant de mettre en place un dialogue politique étroit et constructif avec le Forum, organisation politique régionale du Pacifique.

Les récents déplacements de M. Baroin, Ministre de l’Outre-mer en Australie (2-3mars 2006) et en Nouvelle-Zélande (4-5 avril 2006), où il a reçu avec le meilleur accueil, et au cours desquels la déclaration tripartite sur la coopération en matière de lutte contre la pêche illicite dans le Pacifique insulaire suscitée a été signée, tendant à confirmer que la demande française correspond à une attente de ces pays. Le Sommet France Océanie du 26juin 2006 contribuera certainement à renforcer notre partenariat avec l’Océanie.

Mise à jour : 14.06.06

Informations complémentaires

PLAN DU SITE