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Relations politiques

Les relations politiques franco-norvégiennes ont connu, dans les années 90, un net regain, dû au souci des autorités d’Oslo de maintenir l’ancrage de la Norvège à l’Europe.

L’énergie et le climat sont au cœur de nos relations bilatérales. En effet, la Norvège est le premier fournisseur de gaz de la France (38,4% de nos approvisionnements en 2012) et l’un de nos principaux fournisseurs de pétrole (après la Russie). Les entreprises françaises sont fortement implantées dans le secteur des hydrocarbures en Norvège : Total est, avec 103 licences, le deuxième producteur d’hydrocarbures en Norvège après la compagnie publique nationale Statoil ; GDF Suez est le deuxième acheteur de gaz norvégien et dispose pour sa part de 38 licences d’exploration et de production. Un dialogue annuel en matière d’énergie et de climat a été mis en place à l’initiative des deux ministres des Affaires étrangères ; les 7e consultations sur l’énergie ont eu lieu à Paris le 8 mars 2013 ; les 3e consultations sur le climat ont eu lieu à Paris le 4 mars 2015. Par ailleurs, un partenariat a été lancé en 2010 entre nos deux pays sur la lutte contre la déforestation (conférence de Paris le 11 mars et d’Oslo le 27 mai), qui a abouti à l’adoption de l’accord sur le mécanisme REDD+ (Reducing emissions from deforestation and forest degradation) lors de la COP16 de Cancun en décembre 2010.

Les positions de la Norvège sont proches des nôtres sur de nombreux dossiers internationaux : processus de paix au Proche-Orient, aide au développement, attention portée aux opérations de maintien de la paix et au renforcement de l’efficacité de l’ONU, Ukraine, etc. La Norvège soutient les efforts français en matière de financements innovants (membre du Groupe pilote, elle applique la taxe de solidarité sur les billets d’avion et affecte par ailleurs une partie de sa taxe sur le CO2/kérosène à UNITAID). Elle est, avec nous, l’un des six membres fondateurs de l’initiative « diplomatie et santé mondiale ».

Sur la question de nouveaux objectifs climatiques et énergétiques, la position norvégienne est très proche de celle de la France. Les deux pays soulignent l’importance de parvenir à un accord international, avec des cibles différentes pour les pays selon leur niveau d’engagement. La coopération bilatérale sur ce sujet s’est intensifiée dans la perspective de la COP21 en décembre 2015 : visite de L. Fabius avec son homologue B. Brende au Svalbard en juillet 2014, organisation conjointe d’une conférence sur l’Arctique et le climat à Paris en mars 2015.

Un dialogue bilatéral plus intensif sur le Grand Nord et les enjeux géopolitiques de cette région constituera une partie importante de notre relation bilatérale dans les années à venir.

Visites

Les contacts bilatéraux sont réguliers. Le premier ministre norvégien, M. Jens Stoltenberg, s’est rendu à Paris le 28 novembre 2012 et a rencontré le Président de la République, François Hollande, ainsi que le Premier Ministre, Jean-Marc Ayrault. Le 5 février 2013, M. Espen Barth Eide, ministre des Affaires étrangères, a été reçu à Paris par Laurent Fabius. Le 11 septembre 2013, la Princesse héritière Mette-Marit et le Ministre Laurent Fabius se sont rencontrés au Grand Palais, lors de l’inauguration de la première biennale internationale des métiers d’art et de création contemporaine.

Le 3 février 2014, la nouvelle Première ministre norvégienne, Mme Erna Solberg, a été reçue à Paris par le Président de la République, François Hollande, ainsi que par le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault. Le ministre des Affaires étrangères norvégien, M. Børge Brende, s’est rendu à Paris le 26 février 2014 et a rencontré le Ministre Laurent Fabius. Le secrétaire d’État aux Affaires étrangères, M. Harlem Désir, a rencontré son homologue norvégien, M. Vidar Helgesen, à Paris le 30 avril 2014.

Le ministre s’est rendu avec son homologue norvégien au Svalbard pour constater les effets du dérèglement climatique en Arctique en juillet 2014. Suite aux attentats de Paris, la Première ministre norvégienne, Mme Erna Solberg, et le ministre des Affaires étrangères norvégien, M. Børge Brende, se sont rendus à la marche républicaine de Paris le 11 janvier 2015. Mme Siv Jensen, ministre des Finances norvégienne, s’est entretenue avec son homologue M. Michel Sapin le 25 février. M. Brende s’est à nouveau rendu à Paris le 17 mars à l’occasion de la conférence franco-norvégienne sur l’Arctique et le climat et s’est entretenu avec M. Fabius. A l’occasion de la réunion ministérielle de la coalition contre Daech, M. Brende s’est à nouveau rendu à Paris et s’est entretenu avec M. Fabius le 3 juin 2015.

Relations économiques

En dépit de la baisse des cours du pétrole au cours de l’année 2014, les échanges franco-norvégiens restent dominés par les hydrocarbures, (53% de nos importations) et sont ainsi structurellement déficitaires pour la France. L’effet conjugué de la diminution des cours du pétrole et de la poursuite de la réduction de la consommation française a eu un impact bénéfique sur le déficit commercial, en forte baisse (61,5%), passant de 3,8 à 1,5 Mrd €. La Norvège devient ainsi le 20ème déficit commercial de la France, contre le 10ème un an auparavant. En 2014, les exportations françaises à destination de la Norvège ont augmenté de 8,2%, après une baisse de 11,5% l’année précédente. Elles ont atteint un total de 1,6 Mrd €, soit la deuxième meilleure performance des années après-crise, et pas loin du niveau avant-crise. La Norvège devient ainsi le 42ème client de la France, contre le 45ème en 2013. Cependant, les exportations françaises progressent de 8,2%, portées par quelques secteurs, tandis que les importations baissent de 42,2%. Hors hydrocarbures, l’excédent commercial français progresse mais reste faible (69 M€). L’essentiel de la hausse de nos exportations provient des matériels de transport, qui progressent de 82,2% à 434 M€, en raison d’une belle reprise de nos exportations automobiles (181 M€, +28%) et d’un bond du poste « aéronef et engins spatiaux » (+272,7%, à 217 M€). Cette performance est à mettre au crédit d’Airbus Helicopters, qui a conclu plusieurs contrats à destination du secteur pétrolier et de l’Etat. Automobiles et aéronefs constituent les deux premiers postes des exportations françaises en Norvège. A l’opposé, les exportations de la plupart des autres secteurs sont en baisse. C’est le cas notamment de l’agriculture-pêche et de l’agroalimentaire (respectivement -18,0% et -5,4%, à 50 M€ et 161 M€).

Près de 130 filiales de sociétés françaises sont établies en Norvège. On compte environ 90 entreprises norvégiennes en France, présentes dans les grands secteurs de l’économie norvégienne (produits de la mer, produits métallurgiques). Le producteur d’aluminium Hydro est le 1er employeur norvégien en France, avec environ 1000 employés. S’agissant des investissements, la Norvège est le 24e pays d’accueil des IDE français. Un partenariat est en train d’être mis en place entre deux pôles de compétitivité, Subsea de Toulouse et l’Aerospace Valley d’Oslo.

Avec 36,5 Mds€, soit 6% de son portefeuille total, la France constitue la 4e destination du fonds souverain norvégien. Le fonds détient des participations significatives dans les grandes sociétés françaises et représente le 2e investisseur sur la place de Paris.

Le nombre de touristes norvégiens visitant la France est en augmentation depuis 2013. Selon les autorités norvégiennes, il y aurait eu 21% de touristes en plus en 2014.

Coopération culturelle, scientifique et technique

Nos relations de coopération s’inscrivent dans un cadre institutionnel composé de trois accords : deux de type classique, signés en 1953 et en 1983, et un troisième signé en 1986 dans le cadre des accords gaziers de Troll. Notre dispositif de coopération se situe au premier rang des implantations étrangères en Norvège, avec quatre établissements : l’Institut français de Norvège à Oslo, son antenne à Stavanger, le lycée français René Cassin d’Oslo et le lycée français de Stavanger (675 inscrits en 2012).

La Norvège étant traditionnellement tournée vers le Royaume-Uni et les États-Unis, la coopération éducative et linguistique a pour vocation de soutenir l’enseignement du français en Norvège et de favoriser la connaissance de la langue et de la culture françaises dans une démarche de coopération avec les professionnels de l’éducation norvégiens. Le français est à la 3e place en langue vivante 2 (hors anglais), après l’espagnol et juste derrière l’allemand, avec 50.000 élèves qui étudient le français.

Le barrage de la langue limite les échanges scolaires et universitaires. Néanmoins, il existe des sections norvégiennes dans trois lycées français, instrument exceptionnel au service de notre coopération. Un accord a été signé lors de la visite du Premier ministre en juin 2010, impliquant l’enseignement dispensé aux élèves norvégiens et le fonctionnement des sections norvégiennes établies dans les académies de Rouen, Caen et Lyon, la présence chaque année de plusieurs dizaines d’élèves norvégiens dans des établissements scolaires français. Par ailleurs, la France est le 8e pays d’accueil des étudiants norvégiens (550 en 2012-2013).

Sur le plan artistique, l’Institut français de Norvège (IFN) coopère avec de nombreux opérateurs locaux, notamment les festivals qui occupent une place centrale dans la vie culturelle norvégienne : festival international de Bergen, festival Ibsen d’Oslo etc. Le cinéma tient également une place significative dans l’action du poste. L’IFN travaille en concertation régulière avec les instituts français des autres pays nordiques. Ils prévoient des opérations communes dans leurs programmations respectives, ainsi que des opérations conjointes, notamment dans le domaine culturel (tournées d’artistes, plate-forme scandinave sur les musiques actuelles) ou universitaire (Journée nordique Campus France, préparation du programme Horizon 2020).

Les autorités norvégiennes sont désireuses, depuis quelques années, de renforcer leurs partenariats scientifiques et technologiques avec la France. Nous sommes ainsi le seul pays européen à avoir signé avec la Norvège, en juillet 2008, un accord de coopération dans le domaine de la recherche scientifique et technique et de l’innovation, et l’un des rares à disposer d’un attaché scientifique. L’Ambassade à Oslo se mobilise pour renforcer le rapprochement entre les secteurs scientifiques et industriels des deux pays. L’action « Oil & Space », organisée en 2013, a permis de réunir les grandes entreprises et institutions de recherche des domaines du pétrole en Norvège et de l’aérospatiale en France.

Notre coopération repose, entre autres, sur deux piliers que sont le programme d’actions intégrées (PAI) "Aurora" et la Fondation franco-norvégienne pour la recherche scientifique et technique, créée en 1983 pour soutenir des recherches conjointes à court terme. Au Svalbard, la France et l’Allemagne partagent deux bases scientifiques, destinées à la recherche en glaciologie, géologie et climatologie. Sur le plan européen, nous collaborons dans le cadre du programme-cadre de recherche et développement (PCRD) de l’UE. La France est au 5e rang des partenaires européens de la Norvège en nombre de projets déposés mais au 3e rang pour les projets retenus.

Mise à jour : 25.06.15

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