Relations bilatérales

Relations politiques et principales visites

La dernière visite d’un chef d’Etat français en Norvège date de la venue de M. François Mitterrand en 1984.

Les relations politiques franco-norvégiennes ont connu, dans les années 90, un net regain, dû au souci des autorités d’Oslo de maintenir l’ancrage de la Norvège à l’Europe.

L’énergie et le climat sont au cœur de nos relations bilatérales. En effet, la Norvège est le premier fournisseur de gaz de la France et l’un de nos principaux fournisseurs de pétrole (après la Russie). Les entreprises françaises sont fortement implantées dans le secteur des hydrocarbures en Norvège : Total est, avec 103 licences, le deuxième producteur d’hydrocarbures en Norvège après la compagnie publique nationale Statoil ; GDF Suez est le deuxième acheteur de gaz norvégien et dispose pour sa part de 38 licences d’exploration et de production. Un dialogue annuel en matière d’énergie et de climat a été mis en place à l’initiative des deux ministres des affaires étrangères ; les 7 e consultations sur l’énergie ont eu lieu à Paris le 8 mars 2013 ; les 3e consultations sur le climat ont eu lieu à Paris le 4 mars 2015. Par ailleurs, un partenariat a été lancé en 2010 entre nos deux pays sur la lutte contre la déforestation (conférence de Paris le 11 mars et d’Oslo le 27 mai), qui a abouti à l’adoption de l’accord sur le mécanisme REDD+ (Reducing emissions from deforestation and forest degradation) lors de la COP16 de Cancun en décembre 2010.

Les positions de la Norvège sont proches des nôtres sur de nombreux dossiers internationaux : processus de paix au Proche-Orient, aide au développement, attention portée aux opérations de maintien de la paix et au renforcement de l’efficacité de l’ONU, Ukraine, etc. La Norvège soutient les efforts français en matière de financements innovants (membre du Groupe pilote, elle applique la taxe de solidarité sur les billets d’avion et affecte par ailleurs une partie de sa taxe sur le CO2/kérosène à UNITAID). Elle est, avec nous, l’un des six membres fondateurs de l’initiative « diplomatie et santé mondiale ».

Sur la question de nouveaux objectifs climatiques et énergétiques, la position norvégienne est très proche de celle de la France. Les deux pays ont souligné l’importance de parvenir à un accord international, avec des cibles différentes pour les pays selon leur niveau d’engagement. La coopération bilatérale sur ce sujet s’est intensifiée dans la perspective de la COP21 en décembre 2015 : visite du ministre des affaires étrangères, M. Laurent Fabius avec son homologue B. Brende au Svalbard en juillet 2014, organisation conjointe d’une conférence sur l’Arctique et le climat à Paris en mars 2015. La Norvège était donc un allié important pour la préparation et le succès de la COP21 à Paris. Très active sur les programmes environnementaux et de développement durable (SE4ALL, REDD+ pour les forêts, elle a promis une contribution de 200 M€ au fonds vert), ses engagements nationaux sont ambitieux : réduction de ses émissions de GES de 40% à l’horizon 2030 ; neutralité carbone en 2050. Le Fonds souverain norvégien a annoncé qu’il allait désinvestir des industries polluantes.

Un dialogue bilatéral plus intensif sur le Grand Nord et les enjeux géopolitiques de cette région constituera une partie importante de notre relation bilatérale dans les années à venir.

Les contacts bilatéraux sont réguliers. Pendant la COP 21, la Norvège était représentée par la Première ministre Solberg, la ministre du climat et de l’environnement, Mme Tine Sundtoft et le ministre des affaires étrangères, M. Børge Brende.

Les dernières visites importantes sont les suivantes : Le 22 septembre 2016, M. Harlem Désir, secrétaire d’État chargé des affaires européennes a reçu à Paris Mme Elisabeth Aspaker, ministre chargée de l’Espace Economique européen et des relations avec l’Union européenne. Le 15 janvier 2017, M. Jean-Marc Ayrault, ministre des affaires étrangères et du développement international s’est entretenu à Paris avec son homologue M. Børge Brende en marge de la conférence sur le PPPO. Le Premier ministre M. Bernard Cazeneuve a reçu son homologue Mme Erna Solberg le 31 janvier à Paris. Le secrétaire d’Etat au développement et à la francophonie, M. Jean-Marie Le Guen, s’est rendu à Oslo les 23 et 24 février pour une conférence humanitaire internationale sur la région du lac Tchad, co-organisée par l’Allemagne et le Nigéria. Le 10 mars, sa Majesté la reine Sonja de Norvège s’est rendue à Tours pour l’inauguration du centre de création contemporaine Olivier Debré.. Le 5 avril, M. Jean-Marc Ayrault, s’est de nouveau entretenu à Bruxelles avec son homologue en marge de la conférence sur la Syrie.

Dans le domaine multilatéral, Son Altesse Royale le Prince héritier Haakon a visité Paris du 2 au 3 novembre 2015 lors de la session d’ouverture de la 38e Conférence générale de l’UNESCO. Il était accompagné par la secrétaire d’Etat aux affaires étrangères, Mme Tone Skogen.

Relations économiques

Les échanges franco-norvégiens restent dominés par les hydrocarbureset sont ainsi structurellement déficitaires pour la France ((-1,8 Mrd en 2016 contre -1.5 Mrd € en 2015)).

En 2016, les exportations françaises à destination de la Norvège, composées principalement dematériels de transport et de produits industriels, sont restées relativement stables par rapport à 2015 (+0.1%).En 2016, la France est le 9ème fournisseur de la Norvège et son 4ème client, classement inchangé par rapport à 2015. Les importations françaises en provenance de Norvège ont augmenté de presque 9% en 2016 par rapport à 2015. Cependant, la Norvège n’est que le 28ème fournisseur de la France, contre le 19ème deux ans auparavant. Cette baisse est dû à
la chute des cours du pétrole, même si la baisse de la couronne norvégienne permet au contraire de soutenir les autres acteurs à l’export.

En 2016, on recense la présence de 197 entreprises françaises en Norvège. Les sociétés françaises sont fortement implantées dans l’économie pétrolière (Total, Engie notamment) et dans les services pétroliers (Technip et Nexans). Total E&P Norge AS est la première société française en et la 2ème société pétrolière du pays après la compagnie norvégienne Statoil. Des entreprises françaises sont aussi présentes dans le commerce de gros d’autres machines et équipements (Schneider et Elektroscandia) ainsi que de bois et matériaux de construction (Optimera). 93 entreprises norvégiennes sont présentes en France en 2016, comme Yara (engrais industriels), Marine-Harvest (vente et transformation de produits de la mer) ou encore SAPA (Aluminium embouti), le 1er employeur norvégien en France. Au total, aujourd’hui les entreprises norvégiennes emploient plus de 4 000 personnes sur le territoire français.

Coopération culturelle, scientifique et technique
http://www.france.no/

Nos relations de coopération s’inscrivent dans un cadre institutionnel composé de trois accords : deux de type classique, signés en 1953 et en 1983, et un troisième signé en 1986 dans le cadre des accords gaziers de Troll. Notre dispositif de coopération se situe au premier rang des implantations étrangères en Norvège, avec quatre établissements : l’Institut français de Norvège à Oslo, son antenne à Stavanger, le lycée français René Cassin d’Oslo et le lycée français de Stavanger.

La Norvège étant traditionnellement tournée vers le Royaume-Uni et les États-Unis, la coopération éducative et linguistique a pour vocation de soutenir l’enseignement du français en Norvège et de favoriser la connaissance de la langue et de la culture françaises dans une démarche de coopération avec les professionnels de l’éducation norvégiens. Le français est à la 3e place en langue vivante 2 (hors anglais), après l’espagnol et juste derrière l’allemand, avec 50 000 élèves qui étudient le français.

Le barrage de la langue limite les échanges scolaires et universitaires. Néanmoins, il existe des sections norvégiennes dans trois lycées français, instrument exceptionnel au service de notre coopération. Un accord a été signé lors de la visite du Premier ministre en juin 2010, impliquant l’enseignement dispensé aux élèves norvégiens et le fonctionnement des sections norvégiennes établies dans les académies de Bayeux, Caen et Lyon, la présence chaque année de plusieurs dizaines d’élèves norvégiens dans des établissements scolaires français. Par ailleurs, la France est le 8e pays d’accueil des étudiants norvégiens (523 en 2013-2014).

Le programme de formation d’ingénieurs norvégiens à l’Institut national des sciences appliquées de Toulouse (« NORGINSA »), en place depuis 1990, a été renouvelé jusque 2020. Norginsa fonctionne à la satisfaction de toutes les parties et constitue une bonne interface avec les besoins du monde industriel.

Sur le plan artistique, l’Institut français de Norvège (IFN) coopère avec de nombreux opérateurs locaux, notamment les festivals qui occupent une place centrale dans la vie culturelle norvégienne : festival international de Bergen, festival Ibsen d’Oslo etc. Le cinéma tient également une place significative dans l’action du poste. L’IFN travaille en concertation régulière avec les instituts français des autres pays nordiques. Ils prévoient des opérations communes dans leurs programmations respectives, ainsi que des opérations conjointes, notamment dans le domaine culturel (tournées d’artistes, plate-forme scandinave sur les musiques actuelles) ou universitaire (Journée nordique Campus France, préparation du programme Horizon 2020).

Les autorités norvégiennes sont désireuses, depuis quelques années, de renforcer leurs partenariats scientifiques et technologiques avec la France. Nous sommes ainsi le seul pays européen à avoir signé avec la Norvège, en juillet 2008, un accord de coopération dans le domaine de la recherche scientifique et technique et de l’innovation. L’action « Oil & Space », organisée en 2013, a permis de réunir les grandes entreprises et institutions de recherche des domaines du pétrole en Norvège et de l’aérospatiale en France.

Notre coopération repose, entre autres, sur deux piliers que sont le programme d’actions intégrées (PAI) "Aurora" et la Fondation franco-norvégienne pour la recherche scientifique et technique, créée en 1983 pour soutenir des recherches conjointes à court terme. Au Svalbard, la France et l’Allemagne partagent deux bases scientifiques, destinées à la recherche en glaciologie, géologie et climatologie. Sur le plan européen, nous collaborons dans le cadre du programme-cadre de recherche et développement (PCRD) de l’UE. La France est au 5e rang des partenaires européens de la Norvège en nombre de projets déposés mais au 3e rang pour les projets retenus.

Mise à jour : 18.05.17

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