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La France et la Norvège

Brève

Terrorisme - Exécution de deux otages par Daech - Déclaration de Laurent Fabius (18 novembre 2015)

C’est avec horreur que nous avons appris l’exécution par le groupe terroriste Daech d’un otage chinois et d’un otage norvégien.

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Relations politiques

Les relations politiques franco-norvégiennes ont connu, dans les années 90, un net regain, dû au souci des autorités d’Oslo de maintenir l’ancrage de la Norvège à l’Europe.

L’énergie et le climat sont au cœur de nos relations bilatérales. En effet, la Norvège est le premier fournisseur de gaz de la France (38,4% de nos approvisionnements en 2012) et l’un de nos principaux fournisseurs de pétrole (après la Russie). Les entreprises françaises sont fortement implantées dans le secteur des hydrocarbures en Norvège : Total est, avec 103 licences, le deuxième producteur d’hydrocarbures en Norvège après la compagnie publique nationale Statoil ; GDF Suez est le deuxième acheteur de gaz norvégien et dispose pour sa part de 38 licences d’exploration et de production. Un dialogue annuel en matière d’énergie et de climat a été mis en place à l’initiative des deux ministres des Affaires étrangères ; les 7e consultations sur l’énergie ont eu lieu à Paris le 8 mars 2013 ; les 3e consultations sur le climat ont eu lieu à Paris le 4 mars 2015. Par ailleurs, un partenariat a été lancé en 2010 entre nos deux pays sur la lutte contre la déforestation (conférence de Paris le 11 mars et d’Oslo le 27 mai), qui a abouti à l’adoption de l’accord sur le mécanisme REDD+ (Reducing emissions from deforestation and forest degradation) lors de la COP16 de Cancun en décembre 2010.

Les positions de la Norvège sont proches des nôtres sur de nombreux dossiers internationaux : processus de paix au Proche-Orient, aide au développement, attention portée aux opérations de maintien de la paix et au renforcement de l’efficacité de l’ONU, Ukraine, etc. La Norvège soutient les efforts français en matière de financements innovants (membre du Groupe pilote, elle applique la taxe de solidarité sur les billets d’avion et affecte par ailleurs une partie de sa taxe sur le CO2/kérosène à UNITAID). Elle est, avec nous, l’un des six membres fondateurs de l’initiative « diplomatie et santé mondiale ».

Sur la question de nouveaux objectifs climatiques et énergétiques, la position norvégienne est très proche de celle de la France. Les deux pays soulignent l’importance de parvenir à un accord international, avec des cibles différentes pour les pays selon leur niveau d’engagement. La coopération bilatérale sur ce sujet s’est intensifiée dans la perspective de la COP21 en décembre 2015 : visite de L. Fabius avec son homologue B. Brende au Svalbard en juillet 2014, organisation conjointe d’une conférence sur l’Arctique et le climat à Paris en mars 2015. La Norvège était donc un allié important pour la préparation de la COP21 à Paris. Très active sur les programmes environnementaux et de développement durable (SE4ALL, REDD+ pour les forêts, elle a promis une contribution de 200 M€ au fonds vert), ses engagements nationaux sont ambitieux : réduction de ses émissions de GES de 40% à l’horizon 2030 ; neutralité carbone en 2050. Le Fonds souverain norvégien a annoncé qu’il allait désinvestir des industries polluantes.

Un dialogue bilatéral plus intensif sur le Grand Nord et les enjeux géopolitiques de cette région constituera une partie importante de notre relation bilatérale dans les années à venir.

Visites

Les contacts bilatéraux sont réguliers. Pendant la COP 21 la Norvège était représentée par la PM Solberg, la ministre du climat et de l’environnement Mme. Tine Sundtoft et le ministre des Affaires étrangères, M. Børge Brende.

Le Ministre de la Défense, M. Le Drian, a effectué une visite de travail en Norvège le 19-20 août 2015 où il s’est entretenu avec la PM Solberg et le ministre de la défense. A l’occasion de la réunion ministérielle de la coalition contre Daech, le ministre des Affaires étrangères norvégien, M. Børge Brende s’est rendu à Paris et s’est entretenu avec M. Fabius le 3 juin 2015. M. Brende s’est rendu à Paris le 17 mars 2015 à l’occasion de la conférence franco-norvégienne sur l’Arctique et le climat et s’est entretenu avec M. Fabius. Mme Siv Jensen, ministre des Finances norvégienne, s’est entretenue avec son homologue M. Michel Sapin le 25 février 2015. Suite aux attentats de Paris, la Première ministre norvégienne, Mme Erna Solberg, et le ministre des Affaires étrangères norvégien, M. Børge Brende, se sont rendus à la marche républicaine de Paris le 11 janvier 2015. Le Ministre Laurent Fabius s’est rendu avec son homologue norvégien au Svalbard pour constater les effets du dérèglement climatique en Arctique en juillet 2014. Le secrétaire d’État aux Affaires étrangères, M. Harlem Désir, a rencontré son homologue norvégien, M. Vidar Helgesen, à Paris le 30 avril 2014. M. Børge Brende, s’est rendu à Paris le 26 février 2014 et a rencontré le Ministre Laurent Fabius. Le 3 février 2014, la alors nouvelle Première ministre norvégienne, Mme Erna Solberg, a été reçue à Paris par le Président de la République, François Hollande, ainsi que par le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault.

Dans le domaine multilatéral, Son Altesse Royale le Prince Héritier Haakon a visité Paris du 2 au 3 novembre 2015 lors de la session d’ouverture de la 38e Conférence générale de l’UNESCO. Il était accompagné par la Secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, Mme. Tone Skogen.

Relations économiques

En dépit de la baisse des cours du pétrole au cours de l’année 2014, les échanges franco-norvégiens restent dominés par les hydrocarbures, (54% de nos importations) et sont ainsi structurellement déficitaires pour la France. L’effet conjugué de la diminution des cours du pétrole et de la poursuite de la réduction de la consommation française a eu un impact bénéfique sur le déficit commercial, La contraction du déficit bilatéral se poursuit dans le premier semestre 2015. Après 2,1 Mrds € au premier semestre 2013, il est passé à 890 millions en 2014 et 728 millions au premier semestre 2015. Ceci est dû à la baisse de 10,5% de nos importations, nos exportations reculant de 1,9%.

La baisse du déficit est due avant tout à la baisse de nos importations d’hydrocarbures et produits raffinés (54% de nos importations). Elles ont en effet baissé de 16% avec une tendance particulièrement marquée pour les produits raffinés (-52%) qui passent de 13 à 6% de nos importations. Il s’agit avant tout d’un effet quantité tandis que la baisse des importations de brut est liée à un effet prix. D’autres secteurs comme les produits de la mer (12% de nos importations à - 7,7%) sont également en recul. En revanche, nos importations de produits métallurgiques et métalliques ont fortement augmenté (+26%) et représentent désormais 16% de nos importations. Pour mémoire, SAPA (leader mondial de l’extrusion d’aluminium, issu de la fusion de l’activité aluminium de norsk Hydro et Orkla en 2013) possède 4 usines en France.

Le paysage des exportations françaises est contrasté. Après un recul en 2014, les filières agricole, aquacole et industries agroalimentaires augmentent de 10% et représentent 13,7% de nos livraisons. Sur le premier trimestre 2015, si elles restent en retrait au regard de l’excellente année 2013, elles retrouvent progressivement leur niveau de long terme. De manière plus surprenante, compte tenu du tassement de l’investissement dans l’industrie pétrolière, nos livraisons de « Machines » sont en hausse de 18%. Il peut s’agir de livraisons de biens au titre de contrats antérieurs à la chute des cours du Brent et aux décisions de reports de certains investissements pétroliers. En revanche, les secteurs des transports (20% de nos exportations, en recul de 20%) et les « autres produits industriels » (31% et -1,8%) sont en recul. Le premier poste est sujet à de fortes variations, la livraison d’hélicoptères pouvant faire fortement varier les chiffres ; les seconds en raison d’un tassement global de la demande en Norvège lié à une conjoncture moins favorable.

L’année 2015 s’annonce favorable en termes d’évolution du solde commercial, le déficit devant continuer à se contracter en raison de la baisse du prix des hydrocarbures. En revanche, elle s’annonce difficile en termes de flux d’exportations. La baisse de la NOK qui se confirme depuis l’été 2015 et le ralentissement de la croissance Norvégienne n’annoncent en effet rien de bien pour nos exportations sur douze mois. La bonne tenue actuelle des livraisons agricoles et agroalimentaires ne pouvant à elles seules compenser les tensions sur les biens industriels (80% des livraisons françaises vers la Norvège).

Près de 130 filiales de sociétés françaises sont établies en Norvège. On compte environ 90 entreprises norvégiennes en France, présentes dans les grands secteurs de l’économie norvégienne (produits de la mer, produits métallurgiques). Le producteur d’aluminium Hydro est le 1er employeur norvégien en France, avec environ 1000 employés. S’agissant des investissements, la Norvège est le 24e pays d’accueil des IDE français. Un partenariat est en train d’être mis en place entre deux pôles de compétitivité, Subsea de Toulouse et l’Aerospace Valley d’Oslo.

Avec 36,5 Mds€, soit 6% de son portefeuille total, la France constitue la 4e destination du fonds souverain norvégien. Le fonds détient des participations significatives dans les grandes sociétés françaises et représente le 2e investisseur sur la place de Paris.

Le nombre de touristes norvégiens visitant la France est en augmentation depuis 2013. Selon les autorités norvégiennes, il y aurait eu 21% de touristes en plus en 2014.

Coopération culturelle, scientifique et technique

Nos relations de coopération s’inscrivent dans un cadre institutionnel composé de trois accords : deux de type classique, signés en 1953 et en 1983, et un troisième signé en 1986 dans le cadre des accords gaziers de Troll. Notre dispositif de coopération se situe au premier rang des implantations étrangères en Norvège, avec quatre établissements : l’Institut français de Norvège à Oslo, son antenne à Stavanger, le lycée français René Cassin d’Oslo et le lycée français de Stavanger.

La Norvège étant traditionnellement tournée vers le Royaume-Uni et les États-Unis, la coopération éducative et linguistique a pour vocation de soutenir l’enseignement du français en Norvège et de favoriser la connaissance de la langue et de la culture françaises dans une démarche de coopération avec les professionnels de l’éducation norvégiens. Le français est à la 3e place en langue vivante 2 (hors anglais), après l’espagnol et juste derrière l’allemand, avec 50.000 élèves qui étudient le français.

Le barrage de la langue limite les échanges scolaires et universitaires. Néanmoins, il existe des sections norvégiennes dans trois lycées français, instrument exceptionnel au service de notre coopération. Un accord a été signé lors de la visite du Premier ministre en juin 2010, impliquant l’enseignement dispensé aux élèves norvégiens et le fonctionnement des sections norvégiennes établies dans les académies de Bayeux, Caen et Lyon, la présence chaque année de plusieurs dizaines d’élèves norvégiens dans des établissements scolaires français. Par ailleurs, la France est le 8e pays d’accueil des étudiants norvégiens (523 en 2013-2014).

Le programme de formation d’ingénieurs norvégiens à l’Institut national des sciences appliquées de Toulouse (« NORGINSA »), en place depuis 1990, a été renouvelé jusqu’en 2020. Norginsa fonctionne à la satisfaction de toutes les parties et constitue une bonne interface avec les besoins du monde industriel. Parmi les 320 étudiants bénéficiaires, plus de 130 ont obtenu le diplôme de cette grande école jusqu’à la fin de 2015.

Sur le plan artistique, l’Institut français de Norvège (IFN) coopère avec de nombreux opérateurs locaux, notamment les festivals qui occupent une place centrale dans la vie culturelle norvégienne : festival international de Bergen, festival Ibsen d’Oslo etc. Le cinéma tient également une place significative dans l’action du poste. L’IFN travaille en concertation régulière avec les instituts français des autres pays nordiques. Ils prévoient des opérations communes dans leurs programmations respectives, ainsi que des opérations conjointes, notamment dans le domaine culturel (tournées d’artistes, plate-forme scandinave sur les musiques actuelles) ou universitaire (Journée nordique Campus France, préparation du programme Horizon 2020).

Les autorités norvégiennes sont désireuses, depuis quelques années, de renforcer leurs partenariats scientifiques et technologiques avec la France. Nous sommes ainsi le seul pays européen à avoir signé avec la Norvège, en juillet 2008, un accord de coopération dans le domaine de la recherche scientifique et technique et de l’innovation, et l’un des rares à disposer d’un attaché scientifique. L’Ambassade à Oslo se mobilise pour renforcer le rapprochement entre les secteurs scientifiques et industriels des deux pays. L’action « Oil & Space », organisée en 2013, a permis de réunir les grandes entreprises et institutions de recherche des domaines du pétrole en Norvège et de l’aérospatiale en France.

Notre coopération repose, entre autres, sur deux piliers que sont le programme d’actions intégrées (PAI) "Aurora" et la Fondation franco-norvégienne pour la recherche scientifique et technique, créée en 1983 pour soutenir des recherches conjointes à court terme. Au Svalbard, la France et l’Allemagne partagent deux bases scientifiques, destinées à la recherche en glaciologie, géologie et climatologie. Sur le plan européen, nous collaborons dans le cadre du programme-cadre de recherche et développement (PCRD) de l’UE. La France est au 5e rang des partenaires européens de la Norvège en nombre de projets déposés mais au 3e rang pour les projets retenus.

Mise à jour : 05.01.16

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