Présentation

Données générales

Nom officiel : Niué
Nature du régime : monarchie constitutionnelle, Etat indépendant en libre association avec la Nouvelle-Zélande.
Chef de l’Etat : La reine Elizabeth II, Chef d’Etat du Royaume-Uni, représentée par le Gouverneur général de Nouvelle-Zélande, Dame Patricia Reddy.

Données géographiques

Superficie : 259 km² (64 km de ligne côtière ; Zone économique exclusive : 390 000 km2).
Capitale : Alofi.
Langue (s) officielle (s) : niuéen (langue polynésienne proche du tongien et du samoan), anglais, tongien, samoan.
Monnaie : dollar néo-zélandais (1 dollar néo-zélandais = 0,683 euro au 07/02/17).
Fête nationale : 6 février (« Waitangi day »).

Données démographiques

Population : 1 500 habitants dont 78% de Niuéens, 10% d’îliens du Pacifique et 4,5% d’Européens.
Densité (2012) : 6 habitants/km².
Croissance démographique (2011) : - 0,2 %.
Espérance de vie : 70,01 (hommes : 67 ans et femmes :76 ans).
Taux d’alphabétisation : 100 %.
Religion (s) : 67% de protestants Ekalesia Niué (Eglise de Niué proche de la Société des missionnaires de Londres), 10% de catholiques, Adventistes du 7ème jour, Témoins de Jéhovah.
Indice de développement humain : 0.774 (2004, données valables pour la capitale Alofi).

Données économiques

PIB (2014) : 23 M USD
PIB par habitant (2014) : 15 807 USD
Taux de croissance : 1% (2010).
Taux de chômage (2011) : 12%.
Taux d’inflation (2012) : -0,9 %.
Balance commerciale (2011) : 8,54 M€.
Importations(2011) : 8,76 M€.
Exportations (2011) : 0,22 M€.

Principaux clients : Nouvelle-Zélande, Iles Fidji, Iles Cook, Australie.
Principaux fournisseurs : Nouvelle-Zélande (95,5% des importations niuéennes en 2008), Japon (2,7%), Chine (1%), Australie (0,5%).

Géographie

Située dans le Pacifique oriental, entre le royaume des Tonga et les îles Cook, au cœur du triangle polynésien, Niué est l’une des plus grandes îles coralliennes du monde. Son unique île s’étend sur 259 km², mais ses récifs coralliens lui confèrent 390 000 km² de zone économique exclusive (ZEE). Le pays est constitué de falaises de calcaire le long des côtes avec un plateau central dont le point le plus élevé se situe à 68 mètres. Le pourtour de l’île fait 64 km de long.

Niué connait un climat tropical et subit le passage de typhons destructeurs dont l’un fit de nombreux dégâts en 2004.

Histoire

Les premiers habitants de Niué migrent des Samoa vers l’an 900. Une seconde vague migratoire provient des îles Tonga au XVIème siècle lorsque des combattants tongiens prennent le contrôle de l’île. Vers l’an 1700, Niué adopte le système monarchique inspiré des Samoa et des Tonga, et une succession de patu-iki (rois) gouvernent l’île jusqu’au XIXe siècle.

En 1774, le Capitaine James Cook baptise Niué « l’île Sauvage » en référence à l’apparence « guerrière » des Niuéens. Après l’échec du missionnaire John Williams en 1830, Peniamina, un missionnaire niuéen éduqué aux Samoa, parviendra, dans les années 1840, à convertir les Niuéens au protestantisme. Dans les années 1860, les habitants de l’île sont victimes de rapts successifs dont l’objectif était de fournir en esclaves les colonies britanniques (le système du « blackbirding »).

Après plusieurs demandes des autorités locales, Niué est placée sous protectorat britannique en 1900 et rattachée aux îles Cook, sous souveraineté néo-zélandaise. En 1903 et suite à des pétitions niuéennes auprès de la métropole néo-zélandaise, ceux-ci obtiennent d’être administrés séparément des îles Cook. L’isolement et les différences culturelles et linguistiques de Niué par rapport aux îles Cook imposent le besoin de créer une administration séparée pour l’île. Le 19 octobre 1974, Niué devient un Etat en libre-association avec la Nouvelle-Zélande. Le leader de l’assemblée législative (qui avait été établie en 1960), Robert Rex, devient alors le Premier ministre de Niué, poste qu’il occupe jusqu’à sa mort en 1992.

Suivant l’accord de libre-association qui lie Niué et la Nouvelle-Zélande, celle-ci exerce certaines prérogatives régaliennes, notamment en ce qui concerne la politique étrangère et la défense de Niué. Les habitants de Niué sont citoyens néo-zélandais et utilisent la monnaie néo-zélandaise (dollar NZ).

Le dépeuplement de l’île est une préoccupation majeure pour le gouvernement de Niué (après un pic de 5 200 habitants en 1966 contre 1500 estimés en 2014). Une part substantielle de la population émigre chaque année vers la Nouvelle-Zélande à 2400 km au sud-ouest, notamment vers la ville d’Auckland. Lors du recensement de 2013 en Nouvelle-Zélande, 23 982 personnes se sont identifiées comme Niuéennes.

Politique intérieure

En tant qu’ancienne colonie néo-zélandaise, le chef d’Etat est la reine Elizabeth II, représentée par le Gouverneur général de Nouvelle-Zélande, Dame Patsy Reddy, depuis le 28 septembre 2016.

L’Etat de Niué est une démocratie parlementaire, inspirée du modèle de Westminster. Le Parlement, monocaméral, comprend 20 membres dont 14 sont élus par chacun des 14 « villages » de l’île et 6 par l’ensemble du collège électoral, soit tout citoyen néo-zélandais résidant depuis au moins trois mois sur le territoire niuéen. Le Parlement est renouvelé tous les trois ans. Il élit le Premier ministre qui choisit trois ministres parmi les parlementaires et deux ministres délégués « hors cabinet ».

Les dernières élections, tenues le 23 avril 2014, ont reconduit M. Toke Tufukia Talagi au poste de Premier ministre pour trois ans. Celui-ci occupe ce poste depuis 2008. Les prochaines élections auront lieu le 4 mars 2017.

Situation économique

Niué est confrontée à des difficultés qui fragilisent son développement économique : l’isolement géographique, un accès limité aux transports, une population ténue et déclinante, un manque chronique de professionnels, une vulnérabilité aux catastrophes naturelles, des ressources naturelles limitées et la rareté des terres cultivables.

L’économie dépend essentiellement de l’aide de la Nouvelle-Zélande (14,5 millions de dollars néo-zélandais pour 2015-2016) et des transferts financiers des émigrés (plus de 23 000 en Nouvelle-Zélande, environ 500 en Australie). Le gouvernement de Niué cherche à réduire la dépendance économique de l’atoll, notamment par le développement du tourisme. La création en 2006 d’un Fonds international pour Niué (41 millions de dollars néo-zélandais), par les gouvernements d’Australie, de Nouvelle-Zélande et de Niué, s’inscrit dans cet objectif. Jusqu’en 2014, les bailleurs de fonds étaient appelés à poursuivre leurs donations afin de constituer un fonds suffisamment conséquent.

Le produit de la vente des licences de pêche, de la vente de timbres aux collectionneurs étrangers ainsi que la location des numéros téléphoniques niuéens (les seuls au monde à être constitués de quatre chiffres) sont des sources de revenus complémentaires.

L’économie niuéenne se heurte aux réalités démographiques et géographiques de l’île. Le réseau de transport de Niué illustre les limitations structurelles auxquelles l’économie doit faire face (constitué d’un réseau routier limité, d’un seul port dont le quai ne peut recevoir que de petites embarcations et d’un aéroport international avec une liaison hebdomadaire vers Auckland). Un accord signé en 2005 avec Air New Zealand prévoit la desserte hebdomadaire de l’île. Les cargos de la compagnie Reef Shipping l’approvisionnent depuis la Nouvelle-Zélande, en biens essentiels et en fuel, toutes les trois à quatre semaines.

Le développement du tourisme est encouragé par Alofi et soutenu par Wellington qui se sont fixés comme objectif d’atteindre et de pérenniser un volume de 6000 touristes par an.

Niué produit et exporte des racines de taro (notamment en direction des communautés Pasifikas d’Auckland), de la crème de coco, du jus de noni, des fruits de la passion, du miel et de la vanille. Le recours à la culture traditionnelle sur brûlis fait aujourd’hui l’objet d’une attention accrue. La perte de fertilité des sols qui en résulte remet en cause, à terme, le modèle économique de l’île.

Le gouvernement niuéen demeure le premier employeur de l’île avec près de 400 employés.

Politique étrangère

Compte-tenu des liens particuliers qui unissent Niué et la Nouvelle-Zélande, les deux pays entretiennent des relations bilatérales particulièrement denses. Le Haut-Commissaire néo-zélandais est à la fois le représentant du Gouverneur général en poste à Wellington et le représentant diplomatique de la Nouvelle-Zélande. Le Premier ministre, Toke Talagi, a effectué une visite officielle en Nouvelle-Zélande en 2014, où il a notamment discuté avec le ministre néo-zélandais de la Culture et du Patrimoine de la participation de Niué aux commémorations de la Première guerre mondiale. Le ministre néo-zélandais des Affaires étrangères, Murray McCully, s’est rendu à Alofi en juillet 2011 et juillet 2012 ; le Premier ministre néo-zélandais, John Key, s’est rendu à Niué en juin 2014.

Niué n’a de représentation diplomatique qu’en Nouvelle-Zélande.

Le pays est membre des principales organisations régionales, notamment le Forum des Iles du Pacifique (FIP), la Communauté du Pacifique (CPS), l’Agence des pêches du Forum (FFA), le Programme régional océanien de l’environnement (PROE) et le Forum pour le Développement des Iles du Pacifique (FDIP). Niué appartient également au Groupe des Leaders Polynésiens créé en novembre 2011 (qui comprend les îles Cook, Samoa, Tonga, Tuvalu, Tokelau, les Samoa américaines et la Polynésie française).

Niué a accueilli le 39ème Sommet du Forum des Iles du Pacifique du 19 au 21 août 2008 à Alofi et a exercé la Présidence tournante du FIP jusqu’en août 2009. Dans ce cadre, le Premier ministre de Niué a conduit la délégation du Forum des Iles du Pacifique lors de la première réunion de la Troïka UE-FIP qui s’est déroulée à Bruxelles le 16 septembre 2008.

Du 31 octobre au 5 novembre 2015, Niué a accueilli le 45e Comité des Représentants des gouvernements et administrations (CRGA) et la 9e Conférence ministérielle de la Communauté du Pacifique (CPS), sous la présidence du Premier ministre, M. Toke Talagi. Le gouvernement de Niué avait choisi pour thème de la Conférence : « Bâtir la résilience des peuples du Pacifique - Inversons la tendance ».

En septembre 2002, Niué est devenu le septième Etat océanien à ratifier le Pacific Agreement on Closer Economic Relations (PACER) permettant ainsi au traité d’entrer en vigueur. Niué a par ailleurs contribué à la Mission régionale d’assistance aux Iles Salomon (RAMSI) par la mise à disposition de personnels de police de 2006 à 2010.

Niué a, par ailleurs, ratifié, le 4 mars 2014, le Traité sur l’interdiction complète des essais nucléaires (TICE).

L’UE et Niué

Les relations avec l’Union Européenne se sont renforcées depuis l’admission en 2000 de Niué dans la catégorie des pays ACP. L’enveloppe de programmation, au titre du 11ème Fonds Européen de Développement (2014-2020), s’élève à 0,3 millions d’euros, consacrés essentiellement aux énergies renouvelables et au développement économique rural.

Les Nations unies et Niué

Niué n’est pas membre des Nations Unies mais siège au sein de plusieurs institutions spécialisées (à l’UNESCO depuis 1993, à l’OMS depuis 1994 et à la FAO depuis 1999). Niué est signataire d’un certain nombre d’accords internationaux dont la Convention sur les armes chimiques et la Convention de Montego Bay sur le droit de la mer.

Mise à jour : 07.02.17

Informations complémentaires

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