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Présentation

Données générales

Nom officiel : République de Namibie
Président de la République : M. Hage GEINGOB (depuis le 21.03.2015)

Données géographiques

Superficie : 824.270 km2
Capitale : Windhoek
Villes principales : Windhoek, Rundu, Walvis Bay, Swakopmund, Grootfontein, Katima Mulilo
Langue officielle : Anglais
Langues courantes : Anglais, Oshivambo (langue maternelle de 49 % de la population), Afrikaans (11 %), Nama - Damara , Herero, Rukavango, Allemand (2%), Tswana
Monnaie : Dollar namibien (NAD). 1 € : 14,74 NAD au 27/03/2014), parité fixe avec le rand sud-africain
Fête nationale : 21 mars (Fête de l’Indépendance).

Données démographiques

Population : 2 259 393 (est 2013) dont Ovambo 49,8 %, Kavango 9,3 %, Damara 7,5 %, Herero 7,5 %, Blancs 6,4 %, Nama 4,8 %, Métis 4,1 % (estimations en fonction de la langue principale du foyer).
Densité : 2,5 hab./km²
Croissance démographique : +0,75 % par an (2013)
Espérance de vie : 62,6 ans à la naissance (2014, PNUD)
Taux d’alphabétisation : 88,5% (PNUD)
Religions : Chrétiens (85 %, dont environ 50% de Luthériens), Animistes (15 %)
Indice de développement humain : 0,608 - 128ème pays sur 187 (PNUD 2012).

Données économiques

PIB : 13 Mds USD (2014, est. FMI)
PIB par habitant : 5666 USD (2013, est FMI)
Taux de croissance : 5,3 % en 2014 (4,3 % en 2013) (FMI)
Taux de chômage : 29.6 % de la population active en 2014
Taux d’inflation : 5,3 % en 2014 (FMI)
Solde budgétaire : - 4,6 % du PIB en 2013
Solde courant : - 6,6 % du PIB en 2014

Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB (2010 ; Central Bureau of Statistics of Namibia) :

  • agriculture : 9,7 % ;
  • industrie : 30,9 % ;
  • tertiaire : 59,4 %

Exportations de la France vers la Namibie (ventes aéronautiques comprises) : 20 318 072 € en 2014 (douanes françaises)
Importations françaises depuis la Namibie (ventes de minerais comprises) : 118 680 677 € en 2014 (douanes françaises)

Principaux fournisseurs : Afrique du Sud (69,7 %), Suisse (6 %), Chine (4%)
Principaux clients : Afrique du Sud (17,4 %)

Consulat de France : section consulaire de l’ambassade de France à Windhoek
Communauté française en Namibie : 259 immatriculés (31/03/2014).

Politique intérieure

La SWAPO, forte de sa légitimé historique, rassemble environ les ¾ des suffrages à tous les scrutins depuis 1999. Elle a encore renforcé sa domination lors des cinquième élections démocratiques du 28 novembre 2014, engrangeant 80% des voix (74% en 2009) aux législatives, contre 4,8 % pour la Democratic Turnhalle Alliance (3,1% en 2009), et 3,5% pour le Rassemblement pour la Démocratie et le Progrès (RDP, 11,1% en 2009), issu d’une scission de la SWAPO. Les élections présidentielles ont été marquées par une victoire encore plus nette du candidat de la SWAPO, le Premier Ministre Hage Geingob (86,7% des voix). Incarnant l’aile modérée du parti au pouvoir (attention prêtée aux investisseurs étrnagers, refus d’une réforme agraire sans indeminisation), M. Geingob deviendra, après son investiture le 21 mars 2015, le premier chef de l’Etat namibien non issu de l’ethnie majoritaire Ovambo, car appartenant à la communauté Damara.

La révision de la constitution fin 2014 a renforcé les pouvoirs du Président (nomination de huit députés sur 96), et créé un poste de Vice-Président.

Le procès de 65 accusés de tentatives de sécession de la bande de Caprivi (province du Zambèze), à ce jour toujours détenus depuis 1999, est suivi attentivement. 43 personnes ont été acquittées en 2013.

Situation économique

Sur la période 2010-13, la croissance moyenne s’est élevée à 5,4 %, l’activité étant soutenue -par exception et temporairement- par une politique budgétaire très accommodante. En 2014, la croissance se serait établie entre 5,3 % selon le FMI et la Banque centrale, portée par la hausse de la production de diamants et le dynamisme du secteur de la construction, lui-même soutenu par les dépenses publiques d’investissement en infrastructure (en particulier le programme de logements sociaux -Mass Housing Project- qui vise à créer plus de 10 000 logements par an d’ici à 2030) ainsi que plusieurs projets d’envergure dans les mines (dont l’achèvement prévu cette année de la mine d’uranium de Husab pour un montant équivalent à 20 % du PIB). Pour 2015, le FMI prévoit une croissance de 5,6 %, en ligne avec la Banque centrale, toutefois inférieure à la cible de long terme de 6 % par an fixée par les autorités dans le 4ème plan de développement national qui cible tout particulièrement le développement des secteurs manufacturier, agricole et du tourisme.

Tendanciellement, l’inflation en Namibie suit la trajectoire de variation des prix en Afrique du Sud, de loin le 1er fournisseur du pays avec 70 % des importations. La hausse des prix tend toutefois à être supérieure sur longue durée car intégrant le coût de transport depuis l’Afrique du Sud. Pour autant, le niveau élevé de l’inflation sur longue période traduit aussi le rôle de facteurs domestiques, tels que le manque de concurrence dans plusieurs industries -commerce, banques, vente de détails- ou la hausse des prix immobiliers, reflet du déséquilibre structurel entre l’offre et la demande de logements, favorisé dans la période récente par des comportements parfois spéculatifs entretenus par des acheteurs étrangers (Angolais et Sud-Africains notamment). L’inflation suit cependant une trajectoire baissière depuis deux ans, s’étant successivement établie à +5,6 % en 2013 et +5,3 % en 2014, dans la fourchette de moyen terme, implicitement suivie, de la Banque centrale sud-africaine (3 à 6 %). Contrairement à son voisin sud-africain, la Namibie ne souffre pas d’une spirale prix-salaires aussi marquée. Le ralentissement du rythme de croissance des prix devrait se poursuivre cette année, le FMI prévoyant une progression des prix de +5,1 %, compte tenu de la baisse des cours internationaux du pétrole (-41,1 % attendu en 2015 par rapport au cours moyen de 2014), qui compte pour 11 % de la valeur des importations totales.

Sur le plan externe, le solde commercial est structurellement déficitaire du fait de la faiblesse de l’industrie locale (13 % du PIB) qui contraint le pays à importer l’essentiel de ses biens. Le déficit commercial aurait atteint -17,7 % du PIB en 2014. Transferts douaniers de la SACU inclus, le solde courant est déficitaire depuis 2011 et se serait nettement creusé l’an passé selon le FMI, à -6,6 % du PIB (contre -4,1 % en 2013). Les flux d’IDE entrants, concentrés dans les seules industries extractives, ont ralenti dans la période récente, à un peu moins de 700 M USD. Les réserves de change, qui s’élevaient fin janvier 2015 à 1,4 Md USD, couvrent environ 2,3 mois d’importations. Si ce seuil est considéré comme trop faible par le FMI, la Namibie n’a toutefois pas de difficulté à répondre à la seule exigence réelle de l’accord monétaire qui la lie avec l’Afrique du Sud, à savoir l’engagement de couvrir la monnaie en circulation, ce qui est largement assuré (environ 6 fois).

Soucieuses de réorienter une part croissante des revenus miniers vers la population locale, les autorités ont entrepris de réformer le cadre juridique régissant les industries extractives, dans un contexte de baisse des transferts douaniers issus de la SACU.

L’environnement des affaires demeure relativement difficile, comme l’atteste le classement « Doing Business » 2013 (87eposition sur 185 pays) ; le cadre juridique se caractérise par des complexités en matière d’enregistrement de la propriété, d’imposition et de procédures douanières. Le secteur bancaire, sous développé et pour l’essentiel composé de filiales de grandes banques sud-africaines, compromet également la croissance de l’initiative privée et la diversification du tissu industriel. Le pays demeure vulnérable à la corruption, moins importante toutefois que dans le reste de l’Afrique (en 2013 au 57erang sur 177 pays).

Considérée comme la plus ancienne union douanière au monde (1910), la Southern African Customs Union (SACU) présente des handicaps (exceptions à la libre circulation des biens, absence de réel tarif extérieur commun, inexistence d’institutions régionales fonctionnelles et incapacité des pays membres à adopter une position commune). Elle est perçue comme un outil permettant à l’Afrique du Sud d’asseoir la domination de ses entreprises.

Le déséquilibre des échanges commerciaux des quatre « petits » pays que sont le Botswana, le Lesotho, la Namibie et le Swaziland (BLNS) vis-à-vis de l’Afrique du Sud s’accompagne réciproquement d’une dépendance des BLNS aux transferts douaniers de la SACU, qui représentent une part substantielle de leurs recettes budgétaires (entre 24 % et 52 % selon les pays). La clé de répartition de ces recettes apparaît comme trop pro-cyclique, et constitue un facteur de vulnérabilité qui exacerbe la dépendance budgétaire des BLNS. La formule devrait être prochainement révisée, pour favoriser une convergence d’intérêt entre l’Afrique du Sud, qui considère qu’elle paie désormais trop par rapport aux bénéfices qu’elle en retire, le Botswana et la Namibie qui disposent de quelques marges de manœuvre pour diversifier leurs revenus budgétaires, et le Lesotho et le Swaziland qui eux, restent totalement dépendants des recettes de la SACU.

La Namibie, peu favorable à la négociation des accords de partenariat économique (APE) avec l’Union Européenne, considérés comme un obstacle à l’intégration régionale, a toutefois signé l’APE entre l’Union Européenne et la SADC conclu le 15 juillet 2014.

Politique extérieure

La Namibie a normalisé ses relations de voisinage au sein de l’Afrique australe, même si des différends frontaliers avec l’Afrique du Sud (gestion du fleuve Orange) et le Botswana (gestion des ressources en eau du fleuve Okavango) demeurent. Windhoek a envoyé 3000 hommes aux cotés du régime Kabila lors de la seconde guerre du Congo (1998–2003), et a signé en avril 1999 un pacte de défense mutuel avec l’Angola, le Zimbabwe et la RDC. La Namibie tendrait à resserrer plus particulièrement ses liens avec l’Angola, pour contrebalancer la domination sud-africaine au sein de la SADC.La Namibie a rejoint en 2014 pour deux ans le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies et le Conseil de paix et de sécurité de l’Union Africaine. Elle a également présidé d’août 2013 à août 2014 l’organe politique, de défense et de sécurité de la SADC.

Longtemps sous tutelle des Nations Unies, la Namibie reste attachée à l’action de l’ONU dans la résolution des conflits. Elle tend à rejoindre la fronde contre la domination occidentale sur les dossiers internationaux. Elle plaide la cause du Sahara occidental, l’admission de la Palestine comme membre à part entière des Nations Unies, ou encore la levée du blocus américain à Cuba. Elle dénonce les ingérences étrangères en Afrique (critiques des sanctions occidentales à l’encontre du Président Mugabe, ancien frère d’armes de la SWAPO). Windhoek déplore également les sanctions internationales visant l’Iran. Dans le monde arabe, la Namibie a dénoncé l’intervention occidentale de 2011 en Libye, et se garde de critiquer le régime syrien.

Un partenariat a été noué à partir de 1992 entre la Namibie et l’Union Européenne. 68 millions d’euros lui ont été alloués dans le cadre du 11ème FED (2014 – 2020).

Parmi les partenaires occidentaux de la Namibie, l’Allemagne, dont sont originaires 30 000 Namibiens, est depuis l’indépendance le premier bailleur de fonds bilatéral du pays. Le souvenir de la répression de la révolte des Herero et des Nama (1904), souvent considéré comme le premier génocide du XXème siècle mais non reconnu comme tel par Berlin, demeure toutefois un irritant récurrent.

Si la Namibie bénéficie également d’une aide importante des Etats-Unis depuis 2008 au titre du MCA (Millenium Challenge Account), elle développe ses relations avec de nombreux Etats non occidentaux, en particulier avec les BRICS. Les pays émergents, notamment la Chine, recherchent un accès privilégié au riche sous-sol namibien. Des prêts chinois sont régulièrement accordés (1,14 milliard USD pour deux projets routiers en mars 2012) et plus de 40 000 Chinois résident en Namibie. Cette présence chinoise suscite des critiques dans la presse (caractère lié de l’aide chinoise, qui écarte les fournisseurs namibiens, corruption, relations entre salariés namibiens et leurs employeurs chinois). Le projet, démenti par les autorités, de création d’une base navale chinoise à Walvis Bay, seul port en eau profonde de la côte atlantique, a suscité une levée de bouclier. L’Inde développe également sa présence (prêt de 100 millions d’USD, négociation d’un accord de libre-échange que Windhoek doit mener à bien au nom de la SACU).

Mise à jour : 18.05.15


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