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La France et le Mali

Brève

"Les Européens doivent s’engager davantage pour renforcer la paix au Mali" - Tribune de Bert Koenders, ministre des Affaires étrangères des Pays-Bas et de Laurent Fabius parue dans "LeMonde.fr" (22 juin 2015)

Le processus de paix au Mali entre cette semaine dans une phase déterminante. Dans cette perspective, nous appelons toutes les parties concernées à assumer leurs responsabilités dans la mise en œuvre de l’accord de paix.

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Présentation

Relations politiques

Le Mali et la France entretiennent des relations étroites et confiantes tant pour des raisons historiques et culturelles que du fait de la présence en France d’une importante diaspora malienne.

Les relations politiques comptent depuis 2013 de nombreuses visites bilatérales.

Le 2 février 2013, le Président François Hollande ainsi que le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius ont effectué un déplacement au Mali (Sévaré, Bamako, Tombouctou). Tous deux se sont rendus également à la cérémonie d’investiture du président Keïta le 19 septembre 2013 à Bamako.

Le président de la République malienne, Ibrahim Boubacar Keïta, s’est rendu en France à cinq reprises depuis son investiture : du 29 septembre au 1er octobre 2013 puis du 2 au 8 décembre 2013 à l’occasion du sommet de l’Élysée pour la paix et la sécurité. Il a participé aux cérémonies du 70e anniversaire du débarquement en Provence (13-16 août 2014) Il a également participé à la marche républicaine du 11 janvier 2015 à Paris. Enfin, il était en Guadeloupe le 10 mai 2015 pour l’inauguration du Mémorial ACTe.

Le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a effectué une visite à Bamako les 4 et 5 avril, ainsi que le 28 mai 2013. Il a également reçu le Premier ministre Oumar Tatam Ly à Paris le 7 février 2014 ainsi que son homologue Abdoulaye Diop le 31 juillet 2014 puis le 9 mars 2015. Le Premier ministre Moussa Mara a été reçu par le Premier ministre Manuel Valls le 30 septembre 2014.

Relations économiques

Commerce bilatéral

Le solde commercial 2014 (340 millions d’euros) fait du Mali le troisième excédent commercial de la France dans la Zone franc. Nos exportations vers le Mali représentent 349,5 millions d’euros et consistent principalement en biens d’équipements (27%), produits pharmaceutiques (22 %), produits agricoles et agroalimentaires (21 %) et matériels de transport (15%). Le Mali confirme sa place de quatrième marché sous-régional pour la France, derrière trois pays du littoral (Sénégal, Côte d’Ivoire et Bénin), malgré son enclavement et son absence de ressources pétrolières. La France reste le principal fournisseur du Mali et les importations du pays vers la France, concentrées à 70% sur les produits agricoles et agroalimentaires, représentent 9,6 millions d’euros.

Nos exportations devraient continuer de profiter des retombées d’importantes perspectives de grands contrats, qui ont bondi d’un rythme 20 à 30 millions d’euros par an à 160 millions d’euros en 2014.

Investissements directs étrangers (IDE) et présence française

Le Mali a bénéficié d’un fort afflux d’IDE pendant les années 2000, où ils ont été multipliés par plus de 20, le plaçant comme 3e pays d’accueil de la sous-région avec un stock de 3,4 milliards de dollars (31% PIB) en 2013, derrière la Coté d’Ivoire (8,2 milliards de dollars) et le Niger (4,9 milliards de dollars) et devant le Sénégal (2,7 milliards de dollars).

Cet afflux s’explique notamment par la multiplication des projets d’investissement dans le secteur minier, fortement capitalistique, en provenance d’Afrique du Sud, d’Australie et du Canada. La privatisation de la SOTELMA dans les télécom avait également crée un afflux d’IDE en 2009. D’autres secteurs sont également prisés des investisseurs étrangers : les acteurs marocains représentent un tiers du secteur bancaire ; le secteur du BTP et le commerce attirent les Chinois. En revanche les secteurs clés pour la croissance et le développement de l’industrie manufacturière et de l’agriculture pâtissent d’une très faible attractivité.

La crise de 2012 a momentanément interrompu cette dynamique. Les flux d’IDE ont reculé de 28% en 2012, essentiellement dans les secteurs des télécoms et miniers, avant de repartir à la hausse courant 2013 (+3% à 410 millions de dollars) et retrouver des niveaux moyens d’avant crise (entre 3,5 et 4% du PIB).

L’environnement des affaires reste difficile. Bien que premier pays de l’UEMOA, le Mali bénéficie d’une place modeste dans le classement Doing Business de la Banque Mondiale (146e sur 189). Insécurité foncière et fiscale, faiblesse des infrastructures, notamment électriques constituent d’importants obstacles à l’investissement. La situation sécuritaire pèse sur les projets d’investissement, notamment dans le nord du pays.

En 2013, le stock d’investissements déclarés français s’élève à 73 millions d’euros et les flux sont repartis à la hausse à 3,7 millions d’euros, après leur repli en 2012. La France n’est plus le premier investisseur étranger au Mali, compte tenu de la montée des investissements des pays mentionnés plus haut. 125 filiales et sociétés à capitaux français ont été recensées, employant un effectif de l’ordre de 4 000 salariés. Elles sont essentiellement présentes dans la téléphonie mobile (Orange), la distribution des carburants (Total), les boissons (Castel), les équipements de BTP et électriques (groupe Delmas), le BTP (Razel), la banque (BNP Paribas et Banques Populaires).

Coopération franco-malienne

Premier bailleur bilatéral du Mali, la France envisage d’engager 472 millions d’euros de projets de développement dans le pays sur la période 2014-2018.

Notre coopération bilatérale a été partiellement suspendue entre mars 2012 et février 2013

En matière de coopération civile, la France était en 2009 le quatrième donateur bilatéral du Mali avec 53,7 M€, soit près de 9 % du total de son aide publique au développement. Après le coup d’Etat du 22 mars, la France a suspendu toutes ses coopérations régaliennes avec le pays, ainsi que son soutien à l’initiative consistant à faire du Mali l’un des pays pilotes de la programmation conjointe européenne. Elle a en revanche maintenu son aide en faveur de la population, en particulier l’aide alimentaire, ainsi que la coopération en matière de lutte contre le terrorisme.

Mais cette coopération a repris depuis le 18 février 2013

Le 20 octobre 2012, la France a annoncé aux autorités maliennes sa décision de reprendre sa coopération de sécurité et de défense, afin de soutenir l’Etat malien face aux défis sécuritaires sahéliens.

Le 18 février 2013, le ministre délégué chargé du Développement, Pascal Canfin, a annoncé la reprise de la coopération civile. Les autres partenaires du pays ont ensuite fait de même. La reprise de ce soutien s’est matérialisée par la conférence de Bruxelles du 15 mai 2013, « Ensemble pour le renouveau du Mali ». L’ensemble des promesses de financements formulées lors de cet événement, se chiffrent à 3,28 milliards d’euros pour 2013-2014.

La France a annoncé une contribution de 280 millions d’euros sur cette période, dont 60% en dons et 40% en prêts très concessionnels. Cet engagement fait de notre pays le premier bailleur bilatéral du Mali. Pour la période 2014-2016, les engagements prévisionnels de l’Agence française de développement s’élèvent à 260 millions d’euros. Parmi les nouveaux octrois, la France mettra en œuvre un mécanisme de conversion de dette monétaire pour la période 2014-2019, sous la forme d’une aide budgétaire globale en six tranches représentant 64,8 millions d’euros au total. Sont également prévus un prêt concessionnel de 40 millions d’euros et un don en aide budgétaire de 4 millions d’euros dédiés au financement partiel du programme économique et financier du Mali pour les années 2014 et 2015.

Autre volet de la reprise de la coopération, la coopération décentralisée avec le Mali a fait l’objet d’une conférence de mobilisation de ses acteurs le 19 mars 2013 à Lyon. 170 collectivités françaises sont engagées au Mali, pour 300 projets de coopération, dont 150 actions en cours. La coopération concerne 15% des collectivités maliennes. Depuis 2006, ce sont plus de 35 M d’euros qui ont été alloués au Mali par les collectivités françaises au titre de l’aide publique au développement.

En complément de cette aide bilatérale, la France apporte une forte contribution via son aide multilatérale, notamment au Fonds européen de développement, à la Banque mondiale et au Fonds mondial de lutte contre le sida. Au titre du XIème Fonds européen de développement, l’Union européenne prévoit de consacrer 615 millions d’euros au Mali sur la période 2014-2020. La France contribue pour 17,5% au financement de ce fonds. L’Union européenne et ses États membres coordonnent leur programmation au sein du document de programmation conjointe européenne, dans lequel la France prévoit de consacrer 472 millions d’euros au Mali sur la période 2014-2018.

En matière de coopération militaire, la France participe à la mission de formation et de conseil de l’armée, EUTM Mali, ainsi qu’à la mission européenne de conseil et de formation au profit des forces de sécurité intérieure, EUCAP Sahel Mali. Outre la mise à disposition de coopérants militaires, la France a également initié et conduit la réalisation de l’Ecole du maintien de la paix de Bamako, et soutient parallèlement l’Ecole militaire d’administration de Koulikoro.

Mise à jour : 24.06.15

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