Présentation

Au sein du Conseil de l’Union européenne, Vilnius dispose de 0,27 % des voix. Les députés lituaniens au parlement européen sont au nombre de 11. Le commissaire européen lituanien, M. Vytenis Andriukaitis, est en charge de la santé et de la sécurité alimentaire. La Lituanie a assumé pour la première fois la présidence du Conseil de l’UE lors du second semestre 2013.

Les priorités de sa présidence de l’UE, outre les grands dossiers (consolidation des finances publiques, stabilité financière, mise en œuvre du Pacte européen pour la croissance et l’emploi, approfondissement du marché intérieur), ont porté sur l’énergie, le partenariat oriental, la stratégie européenne pour la mer Baltique et la sécurité des frontières extérieures. Le moment majeur de la présidence lituanienne a été le 3e sommet du partenariat oriental à Vilnius les 28-29 novembre 2013. Cette présidence reste marquée par les accords d’association proposés à la Moldavie et à la Géorgie, et paraphés par ces deux pays, mais aussi par le refus de l’Ukraine de signer son accord d’association avec l’Union.

Lors des élections européennes de mai 2014, la participation a fortement progressé (de 20,98 % à 47,28 %), par rapport au scrutin de 2009, en raison de la tenue simultanée de l’élection présidentielle lituanienne. Les quatre formations arrivées en tête ont eu un succès électoral semblable : les conservateurs de l’Union patriotique ont obtenu 17,39 % des suffrages, les sociaux-démocrates 17,27 %, les libéraux 16,52 % et le parti populiste de droite Ordre et Justice 14,27 %. Chacune de ces formations a obtenu deux sièges au parlement européen. Les trois sièges restant sont répartis entre le parti du Travail (12,83 %), l’Action électorale polonaise de Lituanie (8,06 %) et l’Union Paysans et des Verts (6,62 %).

La Lituanie a contribué en 2015 à hauteur de 315,8 M€ au budget de l’Union européenne. Recevant de l’UE 877,2 M, elle est bénéficiaire net : le solde positif est de 561 M€. Les deux plus gros postes d’affectation des fonds européens sont la politique de cohésion et la politique agricole commune.

En pourcentage du revenu national brut, le soutien de l’UE à la Lituanie est l’un des plus importants dans l’UE. Pour la période 2014-2020, il devrait représenter plus de 4 % du PIB (contre 3,77 % pour la période 2007-2013).

Grande bénéficiaire au titre de la politique de cohésion, la Lituanie fait de cette politique une priorité. Les autorités lituaniennes souhaitent que l’aide soit concentrée sur les régions les plus pauvres, et estiment que le critère du PIB par habitant devrait rester le principal élément d’attribution de l’aide.
S’agissant de la Politique agricole commune, la Lituanie soutient une révision des modalités de répartition des aides directes entre États membres, aujourd’hui évaluées en fonction de références historiques.
La Lituanie a obtenu de l’UE un effort financier pour l’aider à poursuivre le démantèlement de la centrale d’Ignalina, construite en 1980. Le démantèlement devrait s’achever en 2039. Dans ses perspectives financières 2014-2020, l’UE prévoit 700 M€ pour la fermeture de 3 anciennes centrales dans l’UE, dont 400 M€ pour Ignalina seule (la Commission ayant proposé initialement 210 M€).

La Lituanie s’attache à susciter chez ses partenaires une attention particulière à l’égard de l’Est de l’Europe : accroissement de l’effort de l’Union en faveur des pays d’Europe orientale (et notamment soutien au Partenariat oriental), discours toujours ferme à l’endroit de Moscou, promotion de l’espace régional, action en faveur d’un nouveau tour d’élargissements de l’Union à l’Est, notamment à travers le Partenariat oriental que la Lituanie conçoit comme devant offrir une perspective d’adhésion aux pays bénéficiaires, soutien accru à la Géorgie et à son intégrité territoriale, politique de libéralisation des visas avec l’Ukraine et la Géorgie.

La politique européenne de la Lituanie accorde une importance notable à la dimension nordico-baltique, considérée à la fois sous l’angle d’une sphère de coprospérité et comme un ensemble à même de constituer une minorité forte, capable de peser sur la gouvernance de l’Union. La volonté de promouvoir de nouveaux élargissements participe, mutatis mutandis, de la même volonté de relativiser le poids de l’Europe de l’Ouest dans le processus de décision politique au sein de l’Union. La Lituanie inclut le Royaume-Uni dans cette dynamique nordico-baltique. Vilnius déplore le Brexit, tout en respectant cette décision, et s’inquiète en outre de la situation de ses expatriés dans ce pays (estimés à 200 000 personnes par Vilnius, soit environ 7 % de la population).

S’agissant de la PSDC, la Lituanie considère que les efforts pour mettre en place un état-major européen pourraient conduire à des dépenses inutiles et aboutir à un doublon voire, à terme, à l’affaiblissement du lien transatlantique. La réflexion évolue cependant, à l’occasion de la réorientation hors d’Europe des priorités stratégiques des États-Unis et des incertitudes plus grandes encore liées à l’élection de D. Trump à la présidence américaine.

Mise à jour : 19.05.17

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