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Présentation

Données générales

Nom officiel : Etat de Libye (dans l’attente de l’adoption de la constitution)
Nature du régime : Parlementaire (Déclaration constitutionnelle transitoire d’août 2011)
Chef de l’Etat : Aguila Saleh, président de la Chambre des Représentants de Tobrouk
Chef du Gouvernement : Abdallah al-Thinni (Tobrouk)

Données géographiques

Superficie : 1 759 500 km²
Capitale : Tripoli
Villes principales : Tripoli, Benghazi, Misrata, al-Beïda, Zouara, Sebha
Langue (s) officielle (s) : Arabe
Langue (s) courante (s) : Arabe dialectal, langues berbères, langues toubou
Monnaie : Dinar libyen (LYD) 1€=1,56 LYD (21/10/2015)
Fête nationale : indéterminée (17 février : anniversaire de la Révolution ; 23 octobre : anniversaire de la proclamation de la libération).

Données démographiques

Population : 6.259.000 (2014, Banque Mondiale)
Densité : 4 hab./km2 (2014, Banque Mondiale)
Croissance démographique (2014, Banque Mondiale) : -0,1%
Espérance de vie : 75 années (2013, Banque Mondiale)
Taux d’alphabétisation : 89,5% (2013, PNUD)
Religion (s) : Islam sunnite (97 %) autres (3 %)
Indice de développement humain (2013) : 0,784 (55ème mondial) (PNUD)

Données économiques

PIB : 41,1 Mds USD en 2014 (65,5 Mds USD en 2013) (Banque Mondiale)
PIB par habitant : 6 575 USD/hab (2014, Banque Mondiale) (10 563 USD/hab en 2013)

Taux de croissance : -6, 1% (projection 2015, FMI) (104,5% en 2012, estimé à -13,6% en 2013 et -24% en 2014)
Taux de chômage (au sens du BIT) (2004) : 19,6 % (2013)
Taux d’inflation : 8 % (projection 2015, FMI) (estimé à 2,8% en 2014)

Solde budgétaire : en déficit estimé à 49,1% du PIB en 2014 (African Economic Outlook)
Solde extérieur (biens et services) : en déficit à hauteur de 30,9% du PIB en 2014 (Banque Mondiale)

Principaux clients : Italie, Allemagne, Chine, France
Principaux fournisseurs : Italie, Chine, Turquie, Egypte

Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB (2012, African Economic Outlook) :
Agriculture : 0,8%
Industrie : 74,4%
Services : 24,8 %

Exportations de la France vers la Libye (2014) : 261 M€ (-67,4%, soit une division par 3 par rapport à 2013)
Importations françaises depuis la Libye (2014) : 1,8 Md € (-42,1% par rapport à 2013)

Consulat (s) de France : en raison de la situation sécuritaire fragile en Libye, l’ensemble des services de l’Ambassade ont été déplacés à Tunis.
Communauté française en Libye : tous les ressortissants français ont été évacués à l’été 2014.
Communauté libyenne en France : 994 (au 31 décembre 2011)

Politique intérieure

La Libye traverse actuellement une crise politique et sécuritaire, après avoir franchi d’importantes étapes de sa transition. La victoire de la révolution du 17 Février, proclamée le 30 octobre 2011, dix jours après la mort de Kadhafi et à l’issue d’un conflit de huit mois, a ouvert une période de transition politique qui succède à quarante-deux ans de dictature.

Le processus de transition démocratique a connu un délitement progressif. Les étapes de la transition ont été définies par la déclaration constitutionnelle d’Août 2011 du Conseil national de transition (CNT), assemblée provisoire formée durant la révolution. Conformément à cette feuille de route, le Congrès général national, assemblée législative, a été élu démocratiquement le 7 Juillet 2012 et a remplacé le CNT. Toutefois, en mai 2013, sous la pression de groupes islamistes et révolutionnaires, la loi d’isolement politique était adoptée. Des figures clés du gouvernement ayant collaboré avec l’ancien régime sont poussées à la démission et la perspective d’une réconciliation nationale est compromise.

Alors que la transition a pris du retard, le CGN a prolongé son mandat en décembre 2013, provoquant la colère d’une majeure partie de la population. A la suite des protestations de groupes fédéralistes en Cyrénaïque, le CGN a délégué la rédaction de la Constitution libyenne à une assemblée constituante qui n’a été élue qu’en février 2014 (« Comité des Soixante »).

Alors que le pays se divisait progressivement, l’opération « Dignité » lancée le 16 mai 2014 par le général Hafter a aggravé la fracture entre les deux camps. Par ailleurs, la mission principale du CGN, organiser l’élection de la Chambre des représentants, n’a pas été accomplie dans les délais fixés par la Déclaration constitutionnelle.

Ces élections ont finalement eu lieu le 25 juin 2014, mais le taux de participation, en baisse de 65 % depuis 2012, témoignait d’une certaine lassitude des Libyens. Leurs résultats, annoncés le 22 juillet 2014, ont été plutôt défavorables aux islamistes qui les ont largement rejetés.

Le Parlement nouvellement élu s’est établi à Tobrouk, lors d’une cérémonie de passation de pouvoirs contestée, et son gouvernement à al-Beïda, dans l’Est du pays. Au mois de septembre le CGN s’est auto-réactivé à Tripoli, refusant de reconnaître les résultats des élections de juin. Le 6 novembre, la Cour suprême libyenne adoptait, dans des conditions douteuses, une décision invalidant l’amendement constitutionnel ayant permis l’organisation de ces élections, et donc leurs résultats. La Libye se retrouve alors de facto avec deux Parlements et deux gouvernements.

Le 1er septembre 2014, Bernardino Leon, diplomate espagnol, a succédé à Tareq Mitri au poste de représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies. Il a mené une médiation qui a permis des progrès grâce à un processus de dialogue lancé en janvier 2015 à Genève : le 11 juillet, un accord a été paraphé à Skhirat (Maroc) par toutes les parties à l’exception du CGN ; début septembre, le CGN est revenu à la table des négociations à Genève (3 septembre) puis à Skhirat (10 septembre). Un dialogue élargi entre les nombreux acteurs de la crise libyenne s’est déroulé parallèlement à la médiation onusienne : des réunions avec les partis politiques se sont tenues à Alger, avec les municipalités à Bruxelles, avec les organisations de femmes libyennes à Tunis, avec les tribus au Caire.

Les négociations sous l’égide de l’ONU ont abouti à un « texte final » le 21 septembre. Enfin, le RSSGNU a proposé le 8 octobre les personnalités composant le Conseil présidentiel, cœur du gouvernement d’unité nationale. Toutefois, les parties libyennes n’ont toujours pas approuvé les propositions onusiennes, malgré la pression de la communauté internationale qui a adressé un message univoque en faveur du dialogue lors d’une réunion consacrée à la Libye le 2 octobre en marge de l’AGNU.

Les autorités libyennes font face à de nombreux défis. L’Etat libyen est à reconstruire. Le régime de Kadhafi avait affaibli l’administration et les institutions. La justice ne fonctionne que très imparfaitement, ce qui permet une grande impunité. Les services et infrastructures sont faibles et inégalement répartis sur le territoire.

La situation sécuritaire ne cesse de se dégrader et fait le lit de groupes terroristes, dont Daech, notamment à Syrte et Derna.
A Benghazi, la situation sécuritaire et humanitaire est toujours très préoccupante. Le général Hafter, commandant en chef de l’armée nationale libyenne, y a lancé une offensive militaire contre les groupes terroristes présents dans la ville le 19 septembre 2015 jugée néfaste pour le dialogue politique.

La Tripolitaine est relativement stable grâce à des accords de cessez-le-feu locaux même si des affrontements sporadiques ont régulièrement lieu. Le Sud est agité de vives tensions divers groupes et communautés (Ouled Slimane, Toubous, Touaregs, Arabes Zwaï) qui sont en concurrence pour le contrôle des villes (Ubari, Sabha, Murzuq), des axes routiers et des ressources économiques.

Cette situation sécuritaire instable a fait de la Libye le principal point de départ des migrants à destination de l’Europe. Les passeurs profitent du délitement de l’Etat pour faire de la Libye la plaque tournante de leur trafic et jouissent de la complaisance des autorités et de certaines milices.

Situation économique

L’économie libyenne se caractérise par sa grande dépendance des ventes d’hydrocarbures (production : 1.6 Mb/j en temps normal) et par sa faible population (6,4 millions d’habitants) qui en fait le pays le plus riche d’Afrique du Nord en termes de revenu par habitant (6 575 USD/hab en 2014).

La crise actuelle affecte grandement le secteur des hydrocarbures sur lequel repose l’économie du pays : la production de pétrole est passée de 1,65 million de barils/jour (b/j) début 2011 à un peu plus de 300 000 b/j début 2015, avant de remonter à 440 000 b/j en octobre 2015. Des groupes armés ciblent les installations pétrolières. L’effondrement de l’économie libyenne qui en résulte entraîne un important déficit budgétaire qui met en péril à terme les finances publiques du pays.

Par ailleurs, la plupart des infrastructures libyennes (logement, transports, télécommunications, éducation, santé) datent des années 1970, favorisant le sentiment d’injustice qui fut l’un des ferments de la révolution.

Ce faible niveau de développement s’explique par une série de décisions économiques erratiques (abolition du secteur privé et socialisation de l’économie à partir de 1973, secteur public pléthorique et inefficace) ainsi que par des facteurs exogènes (baisse des prix du pétrole dans les années 1980-1990, sanctions des Nations Unies de 1986 à 2003). Le succès des réformes structurelles que devra mener le futur gouvernement (diversification économique, refonte administrative, développement du secteur privé, rationalisation de la gestion des finances publiques, modernisation du secteur financier) déterminera l’avenir du développement économique du pays.

Politique extérieure

Dans l’immédiat après-révolution, la posture libyenne a changé sur la scène internationale, sans toutefois bouleverser ses relations extérieures. Les pays ayant soutenu les premiers la révolution ont développé une relation privilégiée avec la Libye (France, Royaume-Uni, Etats-Unis, Qatar), sans que soit remise en cause la présence de partenaires traditionnels (Italie, Allemagne, Turquie). Les relations de la Libye avec la Russie et la Chine sont restées froides malgré des efforts de rapprochement. Tout en réaffirmant son engagement africain, la diplomatie libyenne a indiqué que la politique africaine serait désormais plus équilibrée. Elle s’est davantage tournée vers l’espace euro-méditerranéen..

La Libye s’est efforcée de développer des relations de bon voisinage, malgré le maintien de certaines querelles. Les officiels libyens ont multiplié les visites dans les pays de la région pour affirmer leur bonne volonté mais aussi aborder le sujet sensible des anciens dirigeants libyens réfugiés dans divers pays. Elle a obtenu l’extradition de Baghdadi Al-Mahmoudi (ancien Premier ministre de Kadhafi) par la Tunisie, celle d’Abdallah Senoussi, ancien chef des Renseignements, par la Mauritanie et celle de Saadi Kadhafi par le Niger.

Toutefois, la Libye étant aujourd’hui divisée entre deux Parlements et deux gouvernements, le pays n’a plus de politique extérieure unifiée. Les deux principaux camps (Tripoli et Tobrouk) sont chacun appuyés par des alliés régionaux différents : les Emirats arabes unis et l’Egypte soutiennent Tobrouk alors que le Qatar et la Turquie ont une influence sur le camp de Tripoli.

La Libye a besoin de l’aide de la communauté internationale pour sortir de l’impasse politique. La communauté internationale se réunit régulièrement pour soutenir le processus de dialogue et se coordonne pour préparer l’assistance qu’elle apportera aux futures autorités libyennes. Le 2 octobre 2015, elle s’est exprimée d’une seule voix en faveur de la conclusion rapide d’un accord lors d’une réunion en marge de l’AGNU présidée par Ban Ki-Moon.

Mise à jour : 17.11.15


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