Déclaration sur le processus de paix en Libye – Réunion de Berlin (10 juin 2015)

1) Les hauts fonctionnaires des gouvernements de l’Allemagne, de la Chine, de l’Espagne, des États-Unis d’Amérique, de la France, de l’Italie, du Royaume-Uni et de la Fédération de Russie, ainsi que de l’Union européenne, se sont réunis aujourd’hui à Berlin avec les délégués libyens au Dialogue politique sous l’égide de l’ONU et en présence du représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies, M. Bernardino León. Le Ministre fédéral allemand des Affaires étrangères, M. Frank Walter Steinmeier s’est exprimé lors de la réunion.

2) Le peuple libyen mérite la paix, la stabilité et la prospérité. Pourtant, la Libye fait face à de nouvelles menaces pour sa souveraineté et son intégrité :

a) Des conflits armés sanglants provoquent de graves souffrances de la population civile, aggravent la situation humanitaire, causent un grand nombre de violations des droits de l’homme et du droit humanitaire, entraînent le déplacement d’un grand nombre de personnes, épuisent les ressources de l’État et placent la Libye face au risque imminent d’effondrement économique et financier.

b) Des groupes terroristes, ainsi que qualifiés par le Conseil de sécurité des Nations Unies, cherchent à s’installer dans une Libye divisée et menacent la sécurité de la région tout entière.

c) La guerre et l’instabilité en Libye et dans d’autres régions contribuent à l’accroissement constant du nombre des réfugiés, qui sont la proie des réseaux criminels, notamment des trafiquants d’êtres humains et des passeurs de migrants qui prospèrent à la faveur des divisions libyennes et aux dépens de la paix et de la sécurité du pays, ainsi que de son potentiel économique, et sont à l’origine d’une suite ininterrompue de décès de migrants en mer.

Face à ces menaces, tous les participants à la réunion ont réaffirmé leur ferme attachement à la souveraineté, à l’indépendance, à l’intégrité territoriale et à l’union nationale de la Libye, tout en rappelant la déclaration du Conseil de sécurité des Nations Unies du 23 juillet 2014 et les résolutions 2174 (2014), 2213 (2015), 2214 (2015) du Conseil de sécurité.

3) Les gouvernements et l’UE ont exprimé leur soutien sans équivoque au dialogue politique libyen mené par M. León, Représentant spécial du Secrétaire général, et à sa proposition de trouver un compromis. Ils ont rendu hommage aux négociateurs libyens pour leur engagement constant dans le processus de dialogue de la Mission d’appui des Nations Unies en Libye (MANUL) et ils ont exprimé clairement leur conviction qu’un règlement politique inclusif est la seule solution durable à la crise politique en Libye. Ils ont réaffirmé qu’une Libye unifiée, en partenariat avec la communauté internationale, sera mieux à même de relever durablement les défis.

4) Les gouvernements et l’Union européenne ont salué le dévouement et les efforts de tous les participants au Dialogue politique et aux autres volets du processus de paix. Ils se sont félicités du large soutien dont bénéficie le processus politique au sein de la population libyenne et des nombreuses contributions de la société civile libyenne au processus. En particulier, ils ont salué les importantes initiatives entreprises par plusieurs municipalités pour instaurer un cessez-le-feu, échanger des prisonniers, libérer des prisonniers et permettre le retour des personnes déplacées dans leur propre pays.

5) Les gouvernements et l’Union européenne ont appelé les dirigeants libyens à saisir l’occasion de se réunir à nouveau de toute urgence sous l’égide des Nations Unies, en toute bonne foi, afin d’arrêter dès à présent un accord politique prévoyant un cessez-le-feu général, des institutions politiques inclusives, y compris un Gouvernement d’entente nationale, des arrangements de sécurité provisoires. Ils ont exhorté toutes les parties libyennes à surmonter les obstacles restants à la conclusion d’un accord, à créer un environnement favorable à une solution durable et inclusive aux conflits actuels, à cesser immédiatement toutes les hostilités et à prévenir toutes les actions susceptibles de perturber le processus politique. Parallèlement, ils ont souligné leur détermination à arrêter des mesures adéquates à l’encontre de tous ceux qui menacent la paix, la stabilité ou la sécurité de la Libye, ou qui s’ooposent ou nuisent à la réussite de la transition politique.

6) Les gouvernements et l’Union européenne ont réaffirmé leur ferme engagement de travailler avec une Libye unie et pacifiée, dans un esprit de partenariat. Ils ont réaffirmé qu’un Gouvernement d’entente nationale inclusif libyen créerait les conditions pour la mise en œuvre de partenariats dans de nombreux domaines, et que la communauté internationale est prête à apporter un appui significatif à ce Gouvernement dans des domaines de coopération agréés, notamment, à sa demande et sous sa responsabilité première, en contribuant à des arrangements de sécurité provisoires, à le soutenir dans la lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée et à travailler ensemble pour lutter contre la migration irrégulière dans le respect de la souveraineté libyenne et des droits des personnes concernées, tout en déployant des efforts résolus pour consolider les institutions libyennes et permettre le redressement économique et social de la Libye.

7) Les hauts fonctionnaires ont également rencontré des représentants de l’Algérie, de l’Égypte, du Maroc, du Niger, du Soudan, du Tchad et de la Tunisie et ils se sont félicités de leurs efforts et du soutien qu’ils apportent au processus mené par Bernardino León. Ils se sont également félicités des efforts similaires déployés par l’Union africaine et par d’autres partenaires.

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