Données générales

Présentation du pays

Nom officiel : Etat du Koweït
Nature du régime : monarchie parlementaire
Constitution : 1962
Chef de l’Etat et/ou du gouvernement :
Emir : Cheikh Sabah Al Ahmad Al Jaber Al Sabah (depuis 2006)
Prince héritier : Cheikh Nawaf Al Ahmad Al Jaber Al Sabah
Premier ministre : Cheikh Jaber Al Moubarak Al Hamad Al Sabah (depuis décembre 2011)
Le pays est doté d’un parlement composé de 50 députés élus au suffrage universel.
Le Koweït est un des six membres du conseil de coopération des Etats arabes du Golfe (CCEAG, Arabie saoudite, Emirats arabes unis, Qatar, Oman, Bahreïn), de la ligue des Etats arabes et de l’organisation de la coopération islamique.

Données géographiques

Superficie : 17.818 km²
Capitale : Koweït (Kuwait-City)
Villes principales : Kuwait-City (2,68 millions habitants), Jahra, Ahmadi
Langue(s) officielle(s) : arabe
Monnaie : dinar koweitien (1KD = 3, 00 €, avril 2017)
Fête nationale : 25 février (indépendance acquise en 1961)

Données démographiques

Population : 4,2 millions d’habitants
Nationaux : 1,4 million
Non-nationaux : 2,8 millions
Densité : 115/hab/km²
Taux de croissance de la population : 1.5%
Indice de fécondité : 2,4
Espérance de vie à la naissance : 78 ans
Taux d’alphabétisation : 96.3 %
Religions : musulmans (76% : chiites duodécimains un tiers, sunnites de rite malékite, deux tiers ; Islam : religion officielle), chrétiens (17%), hindous (3,5 %), autres (2.5%).
Indice de développement humain : 0,8 53ème rang mondial

Données économiques
(DGT, FMI)

PIB (2016) : 111,3 milliards de dollars
PIB par habitant (2016) : 26123USD/hab
Croissance (2016) : 3.5% (estimation)
Chômage (au sens du BIT) (2015) : 4.7%
Inflation (2016) : 3.4%
Solde budgétaire (2016) : -13,6% du PIB
Balance commerciale (2015) :15.52 milliards de dollars
Principaux clients : Corée du Sud, Chine, Inde, Japon, Etats-Unis, Pakistan, Singapour
Principaux fournisseurs : Chine, Etats-Unis, Arabie saoudite, Japon, Allemagne, France, Inde.
Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB (date) :

  • agriculture : 0.4 %
  • industrie : 59.6 %
  • services : 40 %

Exportations de la France vers le Koweït (2016) : 323 millions d’euros
Importations françaises depuis le Koweït (2016) : 381 millions d’euros

Un lien doit être proposé vers http://www.tresor.economie.gouv.fr/se/nom_du_pays

Sources : FMI, Banque mondiale, PNUD, Unicef, ministère de l’économie et des finances
Le site du ministère de l’économie et des finances (http://www.tresor.economie.gouv.fr/pays/koweit) propose de plus amples données statistiques.

Composition du gouvernement
(10 décembre 2016)

Cheikh Jaber Al Moubarak Al Hamad Al Sabah, Premier ministre.
• Cheikh Sabah Khaled Al Hamad Al Sabah, Premier vice-Premier ministre, ministre des affaires étrangères.
• Cheikh Mohammed Al Khaled Al Hamad Al Sabah, vice-Premier ministre et ministre de la défense (ancien ministre de l’intérieur).
• Cheikh Khaled Al Jarrah Al Sabah, vice-Premier ministre et ministre de l’intérieur (ancien ministre de la défense).
• M. Anas Nasser Al Saleh, vice-Premier ministre, ministre des finances.
• Cheikh Mohamad Abdallah Al Moubarak Al Sabah, ministre d’Etat pour les affaires du gouvernement.
• Cheikh Salman Sabah Al Salem Al Humud Al Sabah, ministre de l’information, ministre d’Etat pour la jeunesse.
• Mme Hind Sabih Barrak Al Sabih, ministre des affaires sociales et du travail, ministre d’Etat pour les affaires économiques.
• M. Yasser Hassan Abul, ministre d’Etat au logement, ministre d’Etat aux services.
• Dr. Jamal Mansour Al Harbi, ministre de la santé (nouveau).
• M. Khaled Nasser Abdullah Al Rawdan, ministre du commerce et de l’industrie (nouveau).
• M. Abdulrahman Abdulkareem Al Mutawa, ministre des travaux publics (nouveau).
• M. Issam Abdulmohsen Al Marzouq, ministre de l’électricité, de l’éau et du pétrole (nouveau).
• Dr. Falah Abdullah Al Azeb, ministre de la justice, ministre d’Etat pour les affaires de l’assemblée nationale (nouveau).
• Dr. Mohammed Abdulatif Al Fares, ministre de l’éducation et de l’enseignement supérieur (nouveau).
• M. Mohammed Nasser Al Jabri, ministre des Awqaf et des affaires islamiques, ministre d’Etat à la municipalité (nouveau).

Éléments d’actualité

Politique intérieure

Le système politique koweitien, à la fois monarchique et parlementaire, est l’un des plus libéraux du monde arabe. Le parlement est élu au suffrage universel (cinquante membres renouvelés tous les quatre ans). La vie politique est marquée par une véritable culture du débat (presse libre, rôle des salons politiques ou diwaniya). Le système est, en outre, un des plus inclusifs de la zone : le parlement comprend des sunnites, des chiites, des islamistes, des représentants tribaux et des libéraux.

La forme participative du pouvoir au Koweït, incluant les femmes qui ont le droit de vote depuis 2005, a permis de pacifier sunnites et chiites du pays. Ces derniers apparaissent comme un soutien important à l’émir et à la famille régnante Al Sabah.

Le parlement est l’enceinte légitime des débats et a traditionnellement permis à l’opposition, notamment aux islamistes, de contrer le gouvernement et indirectement l’émir. A la tête de ce parlement, a été hissé un président jeune, M. Marzouq Al Ghanim, qui a été reconduit dans ses fonctions après les dernières législatives.

L’émir du Koweït a décidé de convoquer des législatives anticipées, qui se sont tenues le 26 novembre 2016 et ont fortement mobilisé la population, notamment les jeunes et les femmes. Ce scrutin a conduit à large renouvellement de l’assemblée et au retour de l’opposition, notamment des courants conservateurs.

Après deux ans de stabilité, inédite dans un pays qui pourrait apparaître comme clivé (70% de sunnites, 30% de chiites, 65% de familles d’origine bédouine, 35% de citadins, des bidouns – environ 120 000 apatrides sans papiers –, une population composée d’1/3 de Koweïtiens et 2/3 d’étrangers), un nouveau gouvernement, intégrant de nouvelles personnalités, a été nommé après les législatives anticipées fin novembre 2016. Le pays est aujourd’hui gouverné par 15 ministres, quasiment tous technocrates et représentant les différents courants (islamistes, modernistes), segments (bédouins, familles marchandes) et membres de la famille régnante.

La presse koweïtienne est la plus libérale de la région avec des médias écrits et audiovisuels inquisiteurs, polémistes, abordant toutes les questions y compris les plus taboues et s’emparant de tous les sujets à l’exception de la personne de l’émir, dont le rôle et la personne sont protégés par la constitution. A cette presse s’ajoutent les réseaux sociaux qui font du Koweït le pays le plus « branché » dans le monde (record mondial de tweets et de publications instagram par habitant).

Le ciment national demeure l’émir et la famille Al Sabah en général, intimement mêlée à la population du pays. Les familles marchandes détiennent une fortune supérieure à celle des dirigeants, perpétuant ainsi le pacte qui lie les Koweïtiens entre eux et qui a été reconfirmé au lendemain de la libération du pays.

Le 26 juin 2015, un attentat à la bombe visant des fidèles réunis dans la mosquée chiite Imam Al Sadeq à l’heure de la prière, a entraîné la mort de 27 personnes. Il s’agit là du premier attentat commis sur le sol koweïtien depuis 1985. Immédiatement, l’émir et les personnalités politiques et les médias du pays ont insisté sur la nécessité de préserver l’unité nationale. Le 10 octobre 2016, une attaque menée à la voiture bélier contre un véhicule des forces armées américaines, dont les autorités sécuritaires koweïtiennes ont attribué la responsabilité à Daech, ont n’a fait aucune victime.

Situation économique

Le Koweït est un pays rentier  : les revenus tirés de la production pétrolière (2,97Mb/j), et des investissements réalisés à l’étranger ont permis à la population koweitienne de bénéficier d’un niveau de vie élevé (avec un PIB par habitant dépassant les 26 000 USD) grâce à un État providence particulièrement généreux. Le secteur des hydrocarbures (5ème réserves mondiales) entrant pour plus de 60% dans la composition du PIB, l’évolution de la croissance économique est étroitement corrélée à celle du prix du baril de brut. Elle est également tirée par les services et le secteur immobilier.

Au cours des dernières années, le Koweït a ainsi accumulé plus de 230 milliards de dollars d’excédents courants, investis largement à l’étranger. Les comptes publics ont depuis 16 années consécutives affichés de très larges excédents (35 milliards d’euros pour l’année fiscale 2013/2014 soit 26,5% du PIB). Cependant, la baisse des prix du baril de brut (un peu plus de 40 USD en 2016) est en train de ralentir cette dynamique voire même de l’inverser. Sur l’année fiscale 2014/2015, l’excèdent budgétaire a été ramené à 12,5 milliards d’euros soit 8,7% du PIB, mais il était déficitaire durant l’année 2015/2016 (-13,6%) et les prévisions 2016-2017 suivent la même évolution (-13,2%). Le montant des actifs gérés par le fonds souverain Kuwait Investment Authority (KIA) serait compris entre 400 et 700 milliards de dollars.

La performance économique et financière de l’année 2016 a subi le contrecoup de l’évolution intervenue depuis l’automne 2014 sur le marché international des hydrocarbures. La croissance en volume du PIB a été supérieure à celle de l’année 2015 et plus élevée que prévue. D’une part, parce que la production de pétrole a augmenté un peu plus que prévu. D’autre part, parce que la croissance en volume du PIB « hors hydrocarbures » a été du même ordre qu’en 2015 (comprise entre 3 et 3.5% en dépit de l’atonie sur le marché immobilier et dans le secteur du tourisme).

Après une mise en œuvre laborieuse du plan quinquennal de développement de 127 milliards de dollars adopté en 2009, l’élection d’un Parlement plus coopératif en décembre 2012 a permis de relancer et de finaliser certains grands dossiers bloqués de longue date. Certains dossiers tels que la privatisation et le renouvellement de la flotte de Kuwait Airways, l’appel d’offres du pont Cheikh Jaber, la réforme de l’autorité pour les investissements étrangers, la construction d’un nouveau terminal à l’aéroport international ainsi que les projets du plan quadriennal de développement 2010-2014 ont pu être lancés. Le nouveau Parlement élu en juillet 2013 (le précédent ayant été invalidé) a poursuivi dans cette voie avec une accélération assez nette dans le lancement des grands projets à venir. Finalement, près de 110 milliards de dollars d’investissement auront été réalisés sur cette période avec une priorité qui a été donnée aux secteurs de la santé (neuf nouveaux hôpitaux publics), aux travaux publics (construction d’une nouvelle cité universitaire, projet de métro) et de l’énergie (centrales électriques, usines de dessalement). Un nouveau plan de développement quinquennal a débuté en avril 2015 et prévoit des investissements annuels qui devraient être d’un montant de 11,8 milliards KWD (35 milliards d’euros).

Politique étrangère

Le Koweït, en dépit de son ancrage marqué au sein du CCEAG, revendique une place singulière dans le paysage régional. Sa richesse et la structure de son économie de rente le rapprochent fortement du Qatar, dont il a le même PIB. Pour autant, le Koweït a fait le choix depuis le traumatisme de l’invasion irakienne (1990), d’une politique mettant en avant des considérations de bon voisinage, de modération et de médiation dans un contexte régional extrêmement troublé.

Cette politique se traduit d’abord au niveau régional. Avec l’Arabie saoudite, les relations sont denses et proches (le gouvernement koweïtien en exil a trouvé refuge à Taëf en 1990). Sur les grands enjeux régionaux, les deux pays se concertent régulièrement et convergent, même si le Koweït doit tenir compte de ses équilibres externes et internes (70% sunnites – 30% chiites), différents de ceux de son grand voisin
.
Depuis l’intervention au Yémen de la coalition internationale emmenée par l’Arabie saoudite (mars 2015), à laquelle Koweït participe formellement, l’émirat mène une politique de médiation et de bons offices. Il a ainsi accueilli, entre avril et août 2016, les négociations inter-yéménites, autour du représentant spécial du secrétaire général des Nations unies pour le Yémen, Ismael Ould Cheikh Ahmad.

L’émirat entretient des liens historiques avec l’Iran et accueille une importante population chiite (30% environ de la population), intégrée politiquement et économiquement. Dans le contexte des tensions régionales croissantes, le Koweït s’efforce d’apaiser les relations entre les deux rives du golfe Arabo-persique. A partir de septembre 2016, l’émir du Koweït a assuré une médiation entre le CCEAG et l’Iran, qui a permis la reprise de discussions au plus haut niveau entre les deux rives du Golfe.

L’Irak et le Koweït entretiennent de bonnes relations depuis l’invasion de 1990.
Les Koweïtiens sont reconnaissants à la logistique onusienne de superviser la réconciliation. Les frontières ont ainsi été délimitées, les relations de gouvernement à gouvernement sont, depuis la chute de Saddam Hussein, confiantes et constructives et les conflits et différends latents (accès au Chatt Al Arab) sont traités au travers de mécanismes régulateurs. Le Premier ministre irakien s’est rendu au Koweït à la fin de l’année 2014 pour clore la commission mixte bilatérale mais aussi remercier le Koweït d’avoir accepté de différer les derniers remboursements (4,6 milliards de dollars) dus au titre des dommages de guerre.

Le CCEAG constitue le premier cercle de la politique extérieure koweïtienne. Au sein de l’organisation, sous présidence du Koweït en 2014, le pays est apparu soucieux de veiller à la bonne entente au sein de l’organisation. La médiation personnelle de l’Emir a ainsi été décisive dans le processus de résolution de la crise ouverte née en mars 2014, entre l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et Bahreïn, d’une part, le Qatar, d’autre part. Le Koweït a également lancé une nouvelle médiation à la suite des tensions qui sont apparues lorsque l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et Bahreïn ont rompu leurs relations avec le Qatar le 5 juin.

Sur les grands sujets régionaux (Syrie, Daech, Egypte), le Koweït fait le choix de l’action humanitaire : le Koweït a ainsi accueilli en 2013, 2014 et 2015 les conférences internationales des donateurs pour le peuple syrien et co-organisé la conférence des donateurs de Londres, le 4 février 2016. A l’automne 2014, il a manifesté son appartenance à la coalition anti-Daech, sans s’impliquer dans des opérations militaires. Le report d’un an du remboursement de la dette irakienne au Koweït a ainsi été présenté comme la contribution de l’émirat au renforcement de Bagdad dans la lutte contre Daech. Le Koweït fait partie par ailleurs des principaux donateurs pour le Yémen et a promis, le 25 avril 2017, une aide d’un montant de 100 millions de dollars.

La politique d’aide de l’émirat, notamment dans l’action humanitaire, a permis au Koweït ces dernières années de se forger une respectabilité internationale et a valu à l’émir de recevoir du secrétaire général des Nations unies le titre honorifique de « leader humanitaire mondial » : aide à la Syrie, aide à l’Afrique (don à l’organisation mondiale de la saanté pour la lutte contre Ebola, aide humanitaire au Soudan du Sud), etc.

Les Etats-Unis demeurent la clé de voûte du système de sécurité du Koweït, plus de 20 000 soldats américains sont présents sur son sol. Pour autant, le Koweït est preneur de relations diversifiées, notamment avec les autres membres permanents du conseil de sécurité des Nations unies et avec les puissances émergentes.

Mise à jour : 02.05.17

Informations complémentaires

PLAN DU SITE