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Présentation du Japon

Présentation

Données générales

Nom officiel : Japon
Nature du régime : démocratie parlementaire
Chef de l’Etat : S.M. l’Empereur AKIHITO (Tenno Heika en japonais, « sa majesté l’Empereur ») depuis 1989
Chef du Gouvernement : M. Shinzo ABE, Premier ministre (depuis le 26/12/2012)

Données géographiques

Superficie : 377 000 km²
Capitale : Tokyo
Villes principales : Sapporo, Yokohama, Nagoya, Osaka, Kobe, Kyoto, Fukuoka
Langue officielle : Japonais
Langue courante : Japonais
Monnaie : Yen
Fête nationale : 23 décembre (jour anniversaire de l’Empereur régnant)

Données démographiques

Population : 126 876 000 (septembre 2015)
Densité : 338 habitants au km2 (la densité dépasse 5 000 personnes au km2 dans certaines zones urbaines)
Croissance démographique : -0,2% (2014). La population décroît depuis 2008 (Banque mondiale).
Espérance de vie : 83 ans (2013)
Taux d’alphabétisation : 99% (2012)
Religions : shintoïsme, bouddhisme
Indice de développement humain : 0,890 (2014). Le Japon est au 17e rang du classement mondial établi par le PNUD.

Données économiques

PIB : 4601 milliards USD (2015) – 3ème rang mondial
PIB par habitant (en valeur nominale) : 37 595 (2015)

Taux de croissance : 1,2 % (Ministry of Finance, estimation 2015)
Taux de chômage (au sens du BIT) : 3,2 % (Japan Statistics Bureau, 2015)
Taux d’inflation : 0,19 % (Worldwide Inflation Data, 2015)

Déficit structurel : -7,2 % PIB (FMI, estimation 2014)
Dette publique brute : 246% du PIB (FMI, estimation 2014)
Balance commerciale : - 23,635 Mds USD (Ministry of Finance, 2015)

Principaux clients (JETRO, 2015) : Etats-Unis (20,1%) ; Chine (17,4%) ; UE (10,6%).
Le Japon est le 11ème client de la France (douanes françaises, 2014).
Principaux fournisseurs (JETRO, 2015) : Chine (24,8%) ; UE (11%) ; Etats-Unis (10,3 %).
Le Japon est le 12ème fournisseur de la France (douanes françaises, 2014)

Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB :

  • agriculture : 1 %
  • industrie : 27 %
  • services : 72 % (2014)

Exportations de la France vers le Japon :
5,2 Mds USD (JETRO ; 2015)
Importations françaises depuis le Japon :
9,5 Mds USD (JETRO ; 2015)

http://www.tresor.economie.gouv.fr/se/japon/

Consulat général de France : Kyoto
Communauté française au Japon : environ 7300 Français inscrits au registre. La communauté totale est estimée à environ 9000 personnes.
Communauté japonaise en France : environ 30 000 Japonais vivent en France.

Politique intérieure

M. Shinzo ABE, Premier ministre de 2006 à 2007, occupe de nouveau ces fonctions depuis décembre 2012. La politique de son gouvernement met l’accent sur les questions économiques et de sécurité et de défense.
Sur le plan économique, la stratégie de relance de la croissance des autorités (« Abenomics ») lancée en décembre 2012 s’appuie sur trois grands axes (ou « flèches ») : politique monétaire expansionniste, politique budgétaire expansive à court terme mais visant à l’assainissement des finances publiques, réformes structurelles. Trois nouvelles « flèches » ont été annoncées en septembre 2015 qui visent à enrayer le déclin démographique en améliorant les services d’assistance pour l’éducation des enfants et en redynamisant le taux de natalité ; réformer le système de sécurité sociale pour l’adapter au vieillissement de la population ; accroître de 20% le PIB japonais d’ici 2020.

La politique de libéralisation menée par le gouvernement va de pair avec la négociation d’accords de libre-échange. Le Traité de partenariat transatlantique (TPP) conclu avec les Etats-Unis et dix autres Etats, a été signé le 4 février 2016. La négociation de l’Accord de partenariat économique UE-Japon (APE), en cours depuis près de trois ans, se poursuit. Le dernier sommet UE-Japon, en mai 2015, a confirmé l’objectif d’un accord ambitieux. Le Japon est également engagé dans la négociation d’un accord tripartite Chine-Corée-Japon et d’un accord ASEAN+6 dit Partenariat économique global régional (Regional Comprehensive Economic Partnership - RCEP).

Sur le plan énergétique, le gouvernement ABE souhaite rétablir une part conséquente d’énergie nucléaire dans le bouquet japonais. Tous les réacteurs du parc nucléaire japonais avaient été mis à l’arrêt en septembre 2013, à la suite de l’accident nucléaire de Fukushima (2011). Plusieurs réacteurs ont redémarré depuis août 2015. Le groupe de travail constitué par le METI (ministère de l’Economie, du Commerce et de l’Industrie) pour élaborer un bouquet énergétique à l’horizon 2030 a proposé en avril 2015 une part du nucléaire dans la production énergétique nationale à hauteur de 20 à 22%, objectif repris dans la contribution nationale remise par le Japon à la CCNUC, le 17 juillet 2015, dans le cadre de la COP21.

Sur le plan de la défense, le gouvernement japonais a adopté le 1er juillet 2014 une révision de l’interprétation de l’article 9 de la Constitution qui reconnaît le droit de légitime défense collective au Japon et facilite sa participation à des actions de sécurité collective, notamment sous mandat des Nations unies. Le 19 septembre 2015, la Diète japonaise a adopté une série de lois relatives à la sécurité et à la défense qui traduisent dans la législation cette révision. Leur mise en œuvre est prévue courant 2016.

La session ordinaire de la Diète s’est ouverte le 4 janvier 2016 et devrait durer au moins jusqu’au 1er juin. Les questions économiques occuperont une partie significative de l’agenda : vote du budget 2016, financement de nouvelles réformes à destination de la consommation des séniors, création d’une TVA sociale, mesures en faveur du monde agricole, et ratification du TPP.

Des élections sénatoriales sont prévues à l’été prochain.

Situation économique

Le Japon est la 3ème économie mondiale en dépit du rattrapage des grands émergents dont la Chine (qui lui a ravi en 2010 le rang de numéro 2). Il représente 20% du budget mondial de R&D et 31% du stock mondial de brevets internationaux. C’est aussi la 1ère ou 2nde puissance financière : le Japon détient la 2ème place au FMI après les Etats-Unis et dispose de réserves élevées de liquidités notamment grâce à l’épargne des ménages (1 654 000 Mds ¥, soit 12 187 Mds € en 2014), et le plus grand fonds de pension gouvernemental au monde, le GPIF (actuellement 965 Mds € d’actifs gérés).

Le pays doit en même temps faire face au déclin démographique le plus avancé au monde. Depuis l’inflexion de 2010, le Japon a perdu 1 million de personnes et devrait passer de 126,8 millions d’habitants en 2015 à 90 millions en 2060 du fait d’un bas taux de fécondité à 1,42 enfant par femme. La dette publique brute est la plus élevée de tous les pays de l’OCDE et se monte à plus de 246% de PIB en 2014, la part des dépenses de sécurité sociale constituant le tiers. Malgré le plein-emploi, avec un taux de chômage de 3,3%, le marché du travail souffre de déséquilibres structurels : précarisation, inégalités homme-femmes, pénuries sectorielles, non-recours à l’immigration, exode rural.

Concernant la conjoncture, après une reprise modérée en 2015 (estimée autour de 2,5% de croissance par la FMI), le consensus économique prévoit une croissance réelle de l’ordre de 1-1,7%.

Le déficit commercial du Japon se réduit fortement en 2015 après 4 années consécutives de dégradation, de 77,8% en yens à 21,1 Mds €, résultat de la baisse des prix énergétiques. Les exportations sont en hausse de 4,6% à 563 Mds €. La forte dépréciation du yen ne les a pas fait bondir du fait de la délocalisation d’une partie des chaînes de production. Les importations baissent de 8,6% à 584 Mds €.

Les exportations comprennent des biens à forte valeur ajoutée, de machines, de composants de véhicules et de véhicules finis, alors que les importations sont composées d’hydrocarbures et de matières premières minérales et agroalimentaires. Les partenaires évoluent, même si la Chine (1er fournisseur et 1er client d’ici 2020) et les Etats-Unis conservent leurs rangs, de nouveaux partenaires régionaux émergent, tels le Vietnam et l’Indonésie.

Politique extérieure

La politique extérieure japonaise est fondée sur trois piliers : le renforcement de son alliance avec les Etats-Unis, l’approfondissement de sa coopération avec les Etats voisins et le rehaussement du statut international du Japon qui doit devenir un « contributeur proactif à la paix ». Le Japon a annoncé la hausse de son budget de défense de 5% pour la période 2014-2018. Les « forces d’autodéfense » japonaises sont un corps militaire professionnel disposant de moyens techniques avancés.

La relation avec les Etats-Unis reste la pierre angulaire sur laquelle repose la politique étrangère japonaise. En vertu du traité de sécurité nippo-américain, environ 47 000 soldats américains sont présents sur le territoire japonais, dont près de la moitié sur l’île d’Okinawa. Le territoire du Japon est intégré au système de défense anti-missile, développé conjointement par les Etats-Unis et l’archipel.

L’accord international de Guam signé en 2009, qui prévoyait le déplacement de la base aérienne de Futenma (Okinawa) vers le nord de l’île, moins peuplé, et le transfert de 8000 marines vers Guam, a été amendé lors de la rencontre nippo-américaine en format 2+2 (ministres de la Défense et des Affaires étrangères) d’octobre 2013. En vertu du protocole de 2013, 9000 des 19 000 marines stationnés à Okinawa devraient quitter l’île, 4000 d’entre eux devant être transférés vers Guam (l’échéance de cette opération de relocalisation étant fixée entre 2020 et 2025).

Sur le plan régional, les relations entre le Japon et la Chine ont connu un réchauffement ces derniers mois qui a permis l’organisation d’un sommet trilatéral Chine-Corée-Japon à Séoul le 1er novembre 2015. Le Japon et la Chine ont annoncé à cette occasion la reprise de leur dialogue économique de haut-niveau suspendu depuis 2010. Le Japon accueillera le prochain sommet trilatéral en 2016. Sur le plan économique, l’interdépendance entre les deux pays reste élevée. Les questions mémorielles, le différend sur les îles Senkaku/Diaoyu et la situation en mer de Chine du Sud continuent toutefois de susciter des tensions.

Avec la Corée du Sud, les questions mémorielles et, dans une moindre mesure, de la souveraineté de l’île Takeshima/Dokdo ont jusqu’ici empêché le rapprochement entre le Japon et la Corée. La question des femmes de réconfort a fait l’objet d’un accord historique entre le Japon et la Corée le 28 décembre 2015 mettant fin à un contentieux vieux de plusieurs décennies. Par cet accord, le Japon reconnaît sa « responsabilité ». Le Premier ministre ABE a présenté des excuses et exprimé les remords de son pays. Les deux pays se sont engagés à ne plus évoquer cette affaire en public, ni dans les enceintes internationales. Le Japon doit financer un fonds d’indemnisation des victimes à hauteur de 1 Md de yens. Les propos tenus par M. ABE mi-janvier devant la Diète niant le caractère forcé de l’enrôlement des femmes de réconfort, de même que rapport remis par le Japon au Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes (CEDEF/CEDAW) début février, qui affirme qu’aucune preuve n’a été retrouvée qui étaye l’enrôlement forcé de femmes de réconfort par l’armée impériale, ne devraient pas faciliter la mise en œuvre de cet accord.

La Corée du Nord ayant a procédé le 6 janvier 2016 à son quatrième essai nucléaire et le 7 février au lancement d’un satellite au moyen d’un tir de fusée longue portée en violation des résolutions du Conseil de Sécurité des Nations unies. Le Japon a condamné cet essai et ce tir comme une menace grave à sa sécurité et souhaite une mise en œuvre stricte de la résolution 2270 du Conseil de sécurité des Nations unies. Il a adopté des sanctions autonomes à l’égard de la Corée du Nord.

Le Japon est actif sur la scène internationale. Deuxième contributeur au budget des Nations unies, membre non-permanant du Conseil de sécurité (2016-2017), il ambitionne d’y obtenir un siège permanent dans le cadre du "G4" (Japon, Allemagne, Brésil, Inde). Le Japon co-organise tous les cinq ans la Conférence internationale de Tokyo sur le développement en Afrique (TICAD), dont la 5ème édition s’est tenue à Yokohama en juin 2013, en présence de chefs d’Etat et de gouvernement africains. Elle a été l’occasion de souligner l’implication forte de l’archipel en tant que bailleur des pays en développement. La 6ème édition de la TICAD se tiendra les 27 et 28 août 2016 à Nairobi, au Kenya. Le Japon assure la présidence du G7 en 2016.

Mise à jour : 08.07.16

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