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Présentation de l’Italie

Présentation

Données générales

Nom officiel : République italienne
Nature du régime : démocratie parlementaire
Président de la République : M. Giorgio Napolitano (22 avril 2013), ancien membre du PCI, parti communiste italien
Président du conseil (chef du gouvernement) : M. Matteo Renzi (22 février 2014)

Données géographiques

Superficie : 310 226 km2
Capitale : Rome (2 644 000 habitants, aire urbaine : 4 103 250 habitants)
Villes principales : Milan (1 301 000 ; aire urbaine : 7 123 563 d’habitants),Turin (1 012 000), Naples (1 003 000), Palerme (700 000).
Langue (s) officielle (s) : italien
Monnaie : euro
Fête nationale : 2 juin (fête de la République, 1946)

Données démographiques

Population : 60,8 millions (au 1er janvier 2012)
Croissance démographique : 0,3 %
Espérance de vie : 82 ,7 (Eurostat 2011) hommes 80,1, femmes 85,3
Taux d’alphabétisation : 98,5%
Religion (s) : catholiques (87,8%), musulmans (1,4 %), juifs (1,2%)
Indice de développement humain : 23ème rang mondial

Données économiques

PIB (2012) : 1 565 milliards €

Taux de croissance (2012) : -2,4 %
Taux de chômage (au sens du BIT) (2012) : 10,7%
Taux d’inflation (2012) : +3,3 %

Solde budgétaire (2012) : -2,9 %
Balance commerciale (2012) : 11,1 milliards d’euros

Principaux clients (2012) : 1° Allemagne (12 %) - 2° France (11%) - 3° Etats-Unis (7 %) ; 4° Suisse (6 %) ; 5° Royaume-Uni (5 %) Espagne (5 %)
Principaux fournisseurs : (2012) : 1° Allemagne (15 %) - 2° France (8 %) - 3° Chine (7 %). 4° Pays-Bas (5 %), 5° Russie (5 %), Espagne (4 %)

Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB :

  • agriculture : 2 %
  • industrie : 25 %
  • services : 73 %

Exportations de la France vers l’Italie (2012) : 31,9 milliards d’euros
Importations françaises depuis l’Italie (2012) : 36,5 milliards d’euros

http://www.tresor.economie.gouv.fr/…

Consulats de France : Milan, Turin, Naples
Communauté française en Italie : 50.000 inscrits
Communauté italienne en France : 380.000 personnes


Politique intérieure

Les dernières élections législatives (chambre des députés et sénat) se sont tenues les 24 et 25 février 2013. Les résultats de ces élections ont été profondément influencés par un triple contexte de crise : socio-économique (récession de 2,3% en 2012 et taux de chômage de 36% chez les 18-35 ans), politique (perte de confiance et scandales financiers à répétition) et européenne (rejet des politiques de rigueur). Ces élections ont abouti à une absence de majorité au sénat alors que les deux chambres du parlement disposent strictement des mêmes pouvoirs, en matière de contrôle du gouvernement et de vote de la loi.

Comme le prévoit la constitution, le président de la République italienne, Giorgio Napolitano, a procédé, à compter du 20 mars, à la consultation des partis en vue de la désignation d’un président du conseil, susceptible de constituer un gouvernement qui pourrait obtenir la confiance dans les deux chambres. Cette tâche s’est avérée particulièrement ardue.

Le 2 mars, Giorgio Napolitano a finalement chargé Pierluigi Bersani d’apporter la preuve qu’il disposerait d’une « majorité certaine » pour la formation d’un gouvernement autour du parti démocrate. Après deux journées de consultations et de discussions avec les partis, Pierluigi Bersani a dû se résoudre à un constat d’échec, faisant état d’« entraves » de la part du mouvement « 5 étoiles » et de « conditions inacceptables » de la part du parti berlusconien « Peuple de la Liberté ».

Face à ce blocage, le président Giorgio Napolitano, a chargé deux groupes de travail politico-techniques d’élaborer une « plateforme programmatique » dans les domaines institutionnel et socio-économique. Il leur a donné 8 à 10 jours pour remettre leur rapport. Cette solution inédite a eu pour conséquence de renvoyer la désignation du président du Conseil après l’élection du président de la République, qui a débuté le 18 avril.

Cette élection présidentielle a abouti, après 6 tours de scrutin, à la réélection de Giorgio Napolitano, à une large majorité. Cette réélection, inédite dans l’histoire de la République italienne, s’est révélée l’ultime solution après l’échec de Franco Marini, candidat de compromis entre le PD et le PDL et le rejet de Romano Prodi par une partie de son propre camp. Elle a ouvert la voie à la formation d’un gouvernement de grande coalition entre le parti démocrate, la droite de Silvio Berlusconi et les centristes. C’est Enrico Letta, numéro deux du parti démocrate, qui a alors été investi en tant que président du Conseil, constituant une coalition de « large entente » à la tête du gouvernement (alliant des hommes politiques de gauche, de droite, du centre et des techniciens).

Le 20 février 2014, après 10 mois à la présidence du Conseil, Enrico Letta a présenté sa démission. Sa décision est intervenue après avoir été mis en minorité par la direction du Parti démocrate, qui a voté à une écrasante majorité la motion présentée par Matteo Renzi, secrétaire national du PD nouvellement élu en décembre 2013 (136 voix pour, 16 voix contre), appelant à un changement urgent de gouvernement, afin d’ouvrir une nouvelle phase de réformes en Italie. L’aile « bersalo-dalemienne » du PD, qui avait jusqu’à présent soutenu Enrico Letta, a voté en faveur de cette motion.

Quelques jours plus tard, Matteo Renzi, jeune maire de Florence, est officiellement chargé de former le nouveau gouvernement par le Président de la République, au terme de consultations avec les différents chefs de partis représentés au Parlement. Après une courte semaine de discussions avec ces mêmes chefs de partis, Matteo Renzi dévoile la composition de son gouvernement : une équipe largement dominée par le PD, relativement jeune et respectant la parité, avec plusieurs femmes à des portefeuilles stratégiques (F. Mogherini au Affaires étrangères, ou R. Pinotti à la Défense).

En nommant par ailleurs Pier Carlo Padoan, ancien haut responsable du FMI et de l’OCDE, proche du PD (il a été directeur du think tank de M. D’Alema ItalianiEuropei), il parvient aussi à rassurer les marchés et les partenaires extérieurs de l’Italie. La composition de ce gouvernement (16 ministres de plein exercice, 44 secrétaires d’Etat -nombre limite imposé par la constitution italienne- et 9 vice-ministres) reflète le sens politique de Matteo Renzi, par le respect des équilibres.

Matteo Renzi obtient ensuite la confiance du Parlement italien auquel il présente son programme, très politique, esquissant les grandes réformes qu’il entend mener dans les mois à venir (structurelles –loi électorale, marché du travail, justice, fiscalité, lutte contre la bureaucratie-, économiques via une politique de relance et un soutien aux secteurs innovants, et sociales –priorité donnée à l’éducation).

Ce discours lui permet de confirmer son engagement pro-européen (« la tradition européenne et européiste représente la meilleure partie de l’Italie ainsi que sa certitude d’avoir un avenir »), et d’évoquer la prochaine présidence italienne de l’UE (essentiellement sous l’angle du volet institutionnel). Tranchant avec la tradition instaurée par ses prédécesseurs, il n’aborde, en revanche, aucun thème de politique étrangère.

Le principal message du nouveau Président du Conseil porte donc sur l’urgence, la radicalité des réformes et la nécessité de bousculer les traditions. Mais les Italiens vont avant tout attendre de leur nouveau président du Conseil des résultats économiques rapides, alors qu’il arrive au pouvoir dans le contexte d’une crise économique et sociale dont l’Italie peine à se sortir, restant entravée par la récession et affichant un taux de chômage proche des 13%.


Situation économique

Troisième économie européenne, l’Italie dispose d’atouts importants : taux d’endettement privé faible, inexistence de bulle immobilière, gestion rigoureuse du déficit avec le seul excédent primaire de la zone euro. Son tissu industriel, dense et dynamique, composé d’un réseau de 4 millions de PME, peine, néanmoins, à s’adapter à l’intensification de la mondialisation (absence de gains de productivité, perte de compétitivité, rigidité du marché du travail, insuffisance de l’innovation et des dépenses de R&D). L’Italie connaît ainsi une croissance faible depuis une décennie.

L’Italie reste aujourd’hui vulnérable du fait de sa situation économique dégradée et d’un endettement public dont la dynamique peine à s’inverser. Après s’être contracté de 2,5% en 2012 et probablement de 1,8% en 2013, le PIB de l’Italie devrait renouer avec la croissance en 2014. Si le gouvernement italien table sur une croissance de 1,1%, en 2014, les observateurs restent cependant plus prudents et prévoient une croissance de l’ordre de 0,5%, voire 0,7%.

La capacité réformatrice du gouvernement mené par Enrico Letta a été affaiblie par la fragilité de la coalition gouvernementale, à un moment où l’Italie fait face à une conjoncture encore défavorable, qui grève sa croissance à long terme (taux de chômage qui atteint 40% chez les jeunes, niveau de vie en baisse et investissements d’avenir négligés).

L’Italie maîtrise cependant la trajectoire de ses finances publiques et mène une politique de consolidation budgétaire qui lui a permis de sortir de sa procédure de déficit excessif, en ramenant son déficit public à 3,0% du PIB à la fin 2013. Le pays, à l’exception de sa dette publique (le gouvernement prévoit qu’elle atteindra son maximum en 2013, à 132,6 % du PIB, avant de se réduire les années suivantes), ne présente pas de déséquilibre macroéconomique majeur.

Sur le plan du commerce extérieur, avec un solde commercial bilatéral de -4,6 milliards d’euros en 2012, l’Italie représente notre 6ème plus fort déficit commercial. Ce déficit a augmenté de 2 milliards d’euros depuis 2007. Hors énergie, le solde bilatéral est même déficitaire de 5,7 milliards d’euros, la France réexportant une part d’hydrocarbures vers l’Italie.

Notre balance commerciale bilatérale souffre d’un déséquilibre des échanges dans certains secteurs-clés comme les machines industrielles et le textile. Les relations commerciales franco-italiennes s’accompagnent de flux d’investissements structurellement déséquilibrés en faveur de la France (la France est le 1er investisseur en Italie, hors Luxembourg et Pays-Bas qui constituent des plateformes d’investissements étrangers).


Politique extérieure

Les priorités de politique étrangère italienne sont l’Union européenne, outil indispensable à sa modernisation et à son rayonnement international, l’alliance atlantique et le lien particulier avec Washington, garant de sa sécurité, les Balkans et, la Méditerranée, zones privilégiées pour ses échanges économiques et culturels. L’Italie concentre ses moyens diplomatiques et militaires sur cet environnement régional.

Membre du Quint et du groupe de contact, l’Italie est un partenaire fondamental de la France dans les Balkans qui constituent pour Rome une zone de coopération économique intense. L’Italie est ainsi le plus fervent promoteur de la perspective européenne des Balkans occidentaux. Cela vaut en particulier pour la Serbie. Partageant une frontière avec la Slovénie, elle a accueilli avec satisfaction le règlement en 2009 du différend maritime croato-slovène ouvrant la voie à la poursuite du processus d’adhésion de la Croatie. L’Italie a fortement promu les mesures de libéralisation du régime de visas de l’UE en faveur de ces pays. Rome a reconnu le Kosovo le 21 février 2008.

Ayant fait de la Méditerranée sa zone privilégiée d’action, l’Italie assume le poste de secrétaire général adjoint « primus inter pares » de l’UpM, responsable du financement des projets et des PME. Souhaitant accompagner les transitions démocratiques dans les pays du Sud de la Méditerranée, Rome cherche à rebâtir une relation solide avec la Libye, la Tunisie et l’Egypte, en multipliant les contacts de haut niveau et en négociant de nouveaux accords de partenariat (sécurité, immigration, énergie, économie). Rome est également très proche d’Israël tout en restant attentive aux intérêts des Palestiniens et aux développements du Processus de paix. Elle défend avec la France la liberté religieuse et le respect des droits des chrétiens d’orient.


Mise à jour : 04.03.14

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