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Présentation

Données générales

Nom officiel : République d’Islande
Nature du régime : République parlementaire
Chef de l’Etat : Gudni Johannesson (1er août 2016)

Données géographiques (chiffres du Bureau des statistiques de l’Islande)

Superficie : 103 000 km²
Capitale : Reykjavik (l’agglomération de Reykjavík regroupe 207 174 habitants)
Villes principales : Akureyri, Keflavik, Egilsstadir, Hafnarfjördur, Kopavogur
Langue officielle : Islandais (langue la plus proche de l’ancien nordique)
Monnaie : Couronne islandaise (ISK) – taux de change : 1 EUR = 138,80 ISK (juin 2016)
Fête nationale : 17 juin (1944, fondation de la République)

Données démographiques

Population : 332 529 (2015)
Croissance démographique (2014) : +1%
Densité de la population (hab. par km²) : 3,2 (2014)
Espérance de vie (2014) : 83, 6 ans pour les femmes et 80, 6 ans pour les hommes
Taux d’alphabétisation : universel
Taux de fécondité (2014) : 1,93
Population active (2015) : 191.000personnes
Religions : protestants luthériens (76,2%), catholiques (3,4%)
Indice de développement humain (Classement PNUD 2014) : 0,895 (13è rang).

Données économiques
(Sources : DGT sauf autrement signalé)

PIB (€) :11,07 Mds (2012), 11,58 Mds (2013), 12,87 (2014), 15.75 (2015)
PIB par habitant (€) : 34.534 (2012), 35.777 (2013), 39.525 (2014), 48.030(2015)

Taux de croissance : +1,3% (2012), +3,6% (2013), +1,9% (2014), + 4% (2015), +5,5% (2016p)
Taux de chômage : 6,1% (2012), 5,4% (2013), 5% (2014), , 4% (2015), 3,3% (2016p)
Taux d’inflation : 5,2% (2012), 3,9% (2013), 2% (2014), 1,6% (2015), 1,7 (2016p)

Solde budgétaire (du PIB) : -3,7% (2012), -1,7% (2013), -0,2% (2014), 0,0% (2015), 0,1% (2016p)
Dette publique (% du PIB) : 92,8 (2012), 85,9 (2013), 81,2% (2014), 81,9% (2015), 79,3% (2016p)
Balance commerciale (% du PIB) : 6,1%(2012), 8,2% (2013), 6,4% (2014), 6,7% (2015), 6,4% (2016p)

Principaux clients (2014) : Pays-Bas (29,2%), Royaume-Uni (11,2%), Espagne (7,6%), Allemagne (6%), France (5%), Russie (4,9%)
Principaux fournisseurs (2016) : Norvège (10%), Allemagne (9%), Etats-Unis (8%), Chine (8%), Danemark (7%), Pays-Bas (6 %), Brésil (6%), Royaume-Uni (5%), Suède (4%), Italie (3%), France (3%)

Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB (2013, Banque Mondial) :

  • agriculture et pêche : 6,8%
  • industrie : 23,5%
  • services : 69,7%

Exportations de la France vers l’Islande (9 mois 2016) : 71,22 millions d’euros
(équipements mécaniques, matériels électriques, électroniques et informatiques ; matériels de transport et produits des industries agroalimentaires)
Importations françaises d’Islande (9 mois2016) : 206,17 millions d’euros
(produits des industries agroalimentaires, produits métallurgiques et métalliques)

http://www.tresor.economie.gouv.fr/Pays/islande

Consulats généraux de France : Section consulaire de l’ambassade à Reykjavik
Trois consulats honoraires : Akureyri, Isafjördur et Egilsstadir
Communauté française en Islande : 349 personnes
Communauté islandaise en France : 300 personnes

Politique intérieure

L’histoire islandaise a été marquée jusqu’en 1918 par la domination étrangère (Norvège et Danemark). Devenue indépendante le 17 juin 1944, l’Islande est aujourd’hui une République parlementaire dont le Parlement (Althing) unicaméral comprend 63 membres, élus tous les quatre ans.

La constitution islandaise confère au Président de la République des pouvoirs significatifs qui avaient été longtemps délaissés : conclure les traités internationaux ; nommer et démettre les ministres ; présider le Conseil des ministres (chaque ministre étant responsable des affaires de son ressort et le premier ministre n’étant alors qu’un primus inter pares) ; valider tout acte signé par un ministre ; dissoudre le Parlement ; lui soumettre des projets de loi ; édicter des lois dans des situations d’urgence ; refuser de promulguer toute loi et la soumettre à un référendum ; nommer les fonctionnaires, les muter ou les démettre.

En 2010, suite aux faillites bancaires dans le pays, M. Grímsson s’est opposé aux positions et décisions du gouvernement et du Parlement en soumettant à deux référendums successifs les accords sur la banque en ligne "Icesave" signés puis ratifiés. Il avait jugé en effet excessif le remboursement par Reykjavik des avances accordées aux déposants britanniques et néerlandais par leur gouvernement respectif. Son opposition a été confortée par l’arrêt de la Cour de l’AELE en janvier 2013, en faveur de l’Islande.

Un processus de révision de la constitution, héritée du Danemark, a été lancé en novembre 2010, avec l’objectif d’accroître la participation du public à la vie politique (possibilité de soumettre à référendum populaire tout sujet d’intérêt national, proposition de loi par initiative populaire). Lors d’un référendum consultatif le 20 octobre 2012, les deux tiers des Islandais s’étaient prononcés en faveur du projet mais avaient échoué à rassembler plus de 50% de l’électorat. La pression de la population a cependant contribué à la relance de ce processus.

Les élections parlementaires du 27 avril 2013 ont acté la défaite du premier gouvernement de gauche en Islande, élu après la crise de 2008. Le Parti de l’indépendance, qui domine traditionnellement la vie politique islandaise, et le Parti du progrès, le plus ancien parti du pays, eurosceptique et agrarien, ont été les grands vainqueurs des législatives, avec respectivement 26,7% et 24,4% des voix. L’Alliance-Parti social-démocrate et le Mouvement de gauche-Les verts, membres de la coalition au pouvoir depuis 2009, ont recueilli respectivement 12,9% et 10,9% des suffrages. Deux nouveaux partis, l’Avenir radieux et les Pirates sont entrés à l’Althing, après avoir reçu respectivement 8,3% et 5,1% des voix.

Du 22 mai 2013 au 07 avril 2016, le gouvernement de coalition était dirigé par Sigmundur David Gunnlaugsson (PP). Ce dernier a dû démissionner à cause de son implication dans le scandale des "Panama papers" et a été remplacé le 7 avril 2016 par Sigurdur Ingi Johannsson. L’affaire des "Panama Papers" a mis les Islandais dans la rue dans le cadre d’un mouvement populaire sans précédent et a donné lieu à la tenue d’élections législatives anticipées le 29 octobre 2016.

Trois partis sont sortis vainqueurs des élections législatives anticipées du 29 octobre 2016, du fait de la crise politique provoquée par la démission de M. Sigmundur David Gunnlaugsonn : le Parti de l’Indépendance qui a recueilli 29% des suffrages, la Gauche verte et le parti de la Réforme (nouveau parti de centre-droit), avec 15,9% et 10,5% des voix respectivement. Le parti des Pirates, qui avait suscité l’ attention des médias internationaux, a quant à lui obtenu 14,5% des voix. Enfin, le Parti du Progrès, Alliance sociale-démocrate et Avenir radieux ont recueilli 11%, 5,7% et 7,2% respectivement.

Près de deux mois et demi après les élections législatives anticipées, une coalition a été formée le 10 janvier 2017 et regroupe le Parti de l’Indépendance et les partis centristes Avenir Radieux et le Parti de la Réforme. Les trois partis disposent donc de la majorité absolue à l’Althing, de 32 sièges sur 63. Bjarni Benediktsson est devenu Premier ministre.

Sur le plan international, le programme du nouveau gouvernement s’inscrit dans la continuité des choix de politique étrangère islandais. En effet, la fidélité à l’OTAN a été réaffirmée, ainsi que l’attachement au traité bilatéral avec les Etats-Unis. De plus, le programme de gouvernement marque une constance dans l’importance accordée à la relation nordique. Enfin, l’euroscepticisme est également un trait fondamental de l’accord de gouvernement. La question de l’organisation d’un référendum relatif à l’adhésion à l’Union européenne a été laissée à la discrétion du Parlement. Il est à noter que si l’opinion publique s’avère favorable à la réouverture des négociations, la population demeure majoritairement contre une adhésion à l’UE en l’état (ce différentiel s’expliquant par la volonté d’une partie des Islandais de mener le processus de négociation à son terme pour voir ce qui pourrait leur est proposé).

Dans le domaine de l’environnement, le nouveau gouvernement s’engage à renforcer son action, notamment en mettant en œuvre l’accord de Paris.

Situation économique

La crise de 2008 a mis un terme à l’extension démesurée du système bancaire islandais (10 fois le PIB) et mené à l’effondrement de la couronne islandaise (de plus de 40%) et du PIB (de 15%), La reprise économique islandaise se confirme comme l’a indiqué le rapport de stabilité financière publié par la banque centrale en octobre 2015 : les indicateurs macro-économiques islandais sont maintenant favorablement orientés. Après une année 2014 un peu décevante (+1,9% du PIB), la croissance prévisionnelle pour 2015-2018 reste forte, aux alentours de 3% par an, et supérieure à celle des voisins nordiques. Le taux de chômage est en baisse continue, actuellement vers 4,5%, et devrait se stabiliser à 4% dans les années à venir selon le FMI. Elevée jusqu’en fin 2013, l’inflation a rapidement diminué avec une prévision de 1,5% pour 2015, bien en deçà de la cible de la banque centrale islandaise (2,5 %).La banque centrale a augmenté son taux directeur à 5,75 % lors de sa décision de politique monétaire de novembre 2015. La consolidation des finances publiques et la restructuration des dettes du secteur privé ont bien avancé mais restent inachevées. Malgré le retour sur les marchés internationaux dès mi-2011 (1ère émission de moyen terme suivie d’une 2ème, à plus long terme, 10 ans, en 2012), la dette publique reste importante, néanmoins avec une tendance décroissante : Le ratio de dette publique s’est contracté de 99% PIB en 2011 à 81,2% fin 2014 sous l’effet combiné de la hausse des recettes générée par la croissance et de la diminution des dépenses publiques. A l’été 2015 ces efforts ont été considérés soutenables par les agences internationales de rating. L’île dégage un surplus primaire depuis 2013, et le gouvernement a présenté une loi organique, rédigée avec l’assistance technique des services du FMI, fixant des règles de déficit (limité à -2,5% PIB, avec un excédent dégagé sur toute période de 5 ans) et de dette publique (limitée à 45% PIB), plus strictes que celles de l’UE.

Le 9 octobre 2015, l’Islande a remboursé la totalité de son prêt auprès du FMI, environ 294 millions d’euros, bien en avance sur le calendrier originel (août 2016), marquant ainsi la fin du monitoring post-programme du FMI.

La levée progressive des contrôles de capitaux, mis en place en 2008, constitue le principal défi économique à court et moyen termes : la stratégie annoncée en juin 2015 n’est pas dénuée de risques dans la mesure où certains paramètres ne sont pas stabilisés, notamment le cadre de supervision du système financier domestique et le fonctionnement du marché du travail qui a connu des hausses salariales importantes (entre +25% et +30% sur 3 ans pour le secteur privé, et encore d’avantage dans le secteur public). Le gouvernement islandais et la banque centrale ont approuvé fin octobre les « contributions à la stabilité » apportées par les représentants des trois anciennes banques Glitnir, Landsbanki et Kaupthing, ce qui constitue un pas important vers la levée des contrôles de capitaux. Les trois banques avaient jusqu’au 31 décembre 2015 pour obtenir ces accords, sans quoi elles auraient subi une « taxe de stabilité » de 39 % appliquée au total de leur actif. Désormais, les trois structures peuvent, en principe et sous réserve d’obtenir les autorisations nécessaires de la banque centrale, mener les transactions financières liées au remboursement de leurs créanciers non-résidents.

En 2016, l’économie islandaise a retrouvé la croissance et son principal moteur s’avère être la demande domestique, et en particulier la consommation des ménages. Elle dispose de certains atouts : la pêche représente encore 40% des exportations, l’énergie y est abondante et en quasi-totalité renouvelable (géothermie et hydroélectricité), le tourisme est en pleine expansion, la main-d’œuvre est bien formée et de nouvelles filières se développent (TIC, data centers, silicium).

Les perspectives substantielles de développement dans certains secteurs peuvent ouvrir la voie au renforcement des échanges commerciaux bilatéraux et des IDE avec la France dans le domaine de l’énergie, du transport et du tourisme, et dans une moindre mesure de la pêche pour les produits préparés/dérivés.

L’accord de libre-échange (ALE) entre l’Islande et la Chine, entré en vigueur le 1er juillet 2014, lèvera les barrières tarifaires progressivement au cours des prochaines années. C’est le premier accord de ce genre entre un pays européen et la Chine : il s’inscrit dans le cadre d’un rapprochement progressif entre les deux pays qui ont par ailleurs conclu des coopérations dans les domaines des sciences et technologies marines et polaires, de la géothermie et de l’énergie solaire. Le commerce avec la Chine est déficitaire pour l’Islande qui exporte surtout des poissons et importe des produits industrialisés. L’ALE offrira aux Islandais un avantage unique sur le marché chinois, en particulier dans le domaine de la pêche. Reykjavik a conclu des traités similaires avec 26 pays non-membres de l’UE et négocie avec la Malaisie, l’Indonésie et la Thaïlande. Ces accords, comme ceux entre l’AELE et l’Inde, sont accompagnés de compromis sur la propriété intellectuelle, les règles d’origine, les investissements, les services et la concurrence.

Politique européenne

L’Islande est membre de l’Espace économique (EEE) européen depuis 1994, où elle concentre près des trois quarts de ses exportations. Elle avait déposé sa candidature pour l’adhésion à l’UE le 16 juillet 2009 au terme d’un long débat interne.

Les négociations d’adhésion avec l’Islande avaient progressé rapidement : 27 chapitres sur 33 avaient déjà été ouverts en juillet 2010 et 11 refermés provisoirement. Procédure très rare, du fait du haut niveau d’alignement de l’Islande qui s’explique notamment par l’appartenance de cette dernière à l’EEE (qui a conduit l’Islande à reprendre, avant même le début des négociations, près de 80% de l’acquis communautaire).

Les négociations d’adhésion à l’UE, ouvertes en 2010, ont été gelées par le précédent gouvernement de M. Gunnlaugsonn , eurosceptique, dès son arrivée aux affaires. Cela avait suscité le mécontentement de la population, qui tout en rejetant l’entrée dans l’UE, souhaitait que les négociations soient poursuivies jusqu’à leur terme. La coalition au pouvoir avait présenté en février 2014 un projet de loi au Parlement prévoyant le retrait de la candidature d’adhésion sans débat public sur la question alors qu’un référendum avait été promis par le gouvernement. Cela avait conduit à une mobilisation forte de la population qui réclamait un vote sur le retrait de la candidature islandaise. La pétition dans ce sens avait atteint 70 000 signatures, menant à l’abandon du projet de loi.

Dans une lettre du 12 mars 2015 à la Présidence lettone et à la Commission, le gouvernement islandais indiquait qu’il n’avait « pas l’intention de reprendre les négociations d’adhésion ». Par conséquent, il demandait à ne plus être considéré comme candidat sans formellement retirer sa candidature. Le gouvernement espérait donc pouvoir maintenir cette ambiguïté à l’intérieur, pour ne pas avoir à consulter son Parlement, tout en obtenant de Bruxelles l’arrêt définitif des négociations. L’Islande s’est dite satisfaite de la réponse de la Commission annonçant la révision des procédures de travail en prenant en considération la nouvelle situation islandaise. Il est désormais fait référence à l’Islande comme simple membre de l’AELE et plus comme candidat.

L’actuel gouvernement, comme le précédent, affiche néanmoins son attachement à l’Espace Economique Européen, conscient du caractère essentiel de l’accès au marché intérieur pour le pays.

Cependant les relations de l’Islande avec l’EEE rencontrent aussi des difficultés : le contrôle des capitaux, mis en place lors de la crise, n’est pas conforme aux règles de l’EEE, bien que toléré. En janvier 2015, le pays a été condamné par l’autorité de surveillance de l’AELE pour la lenteur de la transposition des normes. De plus, l’Islande, avec les autres pays de l’EEE, s’oppose à la demande de la Commission européenne d’augmenter leur contribution financière au fonds de cohésion.

L’Islande est un partenaire important des relations qu’entretient l’UE en matière de pêche avec ses voisins de l’Atlantique nord-est. Toutefois, contrairement à la Norvège, aux Îles Féroé et au Groenland, aucun accord de pêche bilatéral n’a été signé entre l’Union européenne et l’Islande depuis 2009. Un accord tripartite entre l’UE, la Norvège et les Iles Féroé sur la gestion des stocks de maquereaux, de harengs atlanto-scandiens et de merlans bleus a été conclu en mars 2014. L’Islande n’a pas été autorisée à se joindre aux autres Etats côtiers en raison de sa participation à la pêcherie exploratoire de maquereaux menée par le Groenland dans ses eaux. En effet, cette pêcherie, qui suit une courbe exponentielle, est fermement condamnée par la Norvège et l’UE. Cette pratique pose problème dans la mesure où elle génère une ponction substantielle sur le stock en dehors du dispositif de gestion conclu entre les Etats côtiers.
La décision russe de mettre en place le 13 août 2015 des sanctions économiques et un embargo contre les produits de la mer islandais a créé une forte inquiétude chez les armateurs et les pêcheurs.

L’Islande contribue à la politique de cohésion de l’UE à travers le mécanisme financier de l’EEE en faveur de 16 Etats membres. Un accord sur le renouvellement des montants des mécanismes financiers a été trouvé en juillet dernier. Il marque une augmentation de 11% de la contribution financière de l’Islande pour la période 2014-2021 (sur la base d’environ 49,4M d’euros pour 2009-2014). En échange, cette dernière a obtenu une augmentation des volumes de produits de la pêche (saumon rouge et de homard congelé) qu’elle pourrait exporter sur le marché de l’Union européenne. L’accord trouvé fait néanmoins actuellement l’objet de discussions au sein du groupe AELE sur la question du contrôle des fonds alloués à la société civile.

Politique extérieure

Sur la scène internationale, l’Islande cherche à se positionner comme un acteur réactif sur des sujets ciblés. Malgré la pause sur le dossier européen, la politique étrangère du gouvernement est marquée par une continuité sur la plupart des autres sujets (Arctique, sécurité, aide publique au développement).

La coopération nordique se place au premier rang des priorités de la diplomatie islandaise. L’Islande est membre du Conseil nordique, forum de coopération régionale, qui réunit les cinq pays nordiques, ses territoires autonomes et, comme observateurs, les pays baltes. Le Conseil nordique en tant que tel ne dispose pas du pouvoir d’édicter des normes, mais chaque gouvernement a l’obligation de transposer ses décisions, sur le même modèle que les directives de l’UE. Au cours de sa présidence en 2009, l’Islande a promu l’ouverture du Conseil aux États baltes (elle a été le premier État à reconnaître leur indépendance). L’Islande sait néanmoins se désengager, le cas échéant, de la solidarité nordique (vote favorable, tout comme la Finlande et la Norvège, à l’admission de la Palestine à l’UNESCO). Pour sa présidence en 2014, l’Islande a choisi l’utilisation durable des ressources, le bien-être et l’exportation de la musique nordique comme sujets prioritaires.

L’Arctique constitue un axe principal de la politique étrangère islandaise. De fait, la fonte des glaces due au réchauffement climatique a un impact majeur sur les eaux territoriales islandaises (migration des stocks halieutiques vers le Nord, perspectives d’exploitation des hydrocarbures). Suite à l’adoption d’une stratégie arctique en février 2011, un comité interministériel présidé par le chef du gouvernement a été créé en 2013 soulignant l’importance de l’Arctique pour l’Islande.
L’ancien Président de la République, Olafur Ragnar Grímsson, avait déployé une large diplomatie arctique, et créé en 2013 la conférence « Arctic Circle » qu’il préside aujourd’hui. Ce « Davos » du nord attire désormais tous les ans à Reykjavik environ 2.000 spécialistes d’une quarantaine de pays sur des questions arctiques. En 2015 le Président de la République François Hollande y a délivré le discours principal en vue de la COP21 en y présentant les grandes lignes de la feuille de route nationale pour l’Arctique.
L’Islande est membre actif du Conseil de l’Arctique qu’elle présidera dans deux ans (2019-2020). Depuis février 2013, l’Islandais Magnus Johannesson dirige le secrétariat permanent du Conseil, installé à Tromsø (Norvège).
Reykjavik promeut avec la Russie une coopération exempte de tension militaire et cherche à renforcer sa position, face à ses puissants voisins, en se rapprochant de la Chine.

Membre fondateur de l’OTAN et pays sans armée, l’Islande poursuit ses intérêts de sécurité (en y consacrant un peu moins de 0,2% de son PIB) dans les cadres de l’Alliance atlantique et de la coopération nordique.

Les droits de l’Homme sont une priorité de longue date de la diplomatie islandaise, avec une attention particulière aux questions LGBT et à la défense des droits des enfants et des femmes.

L’aide publique au développement (APD) n’a pas l’importance que lui accordent les autres Etats nordiques. Plafonnant à 0,21% du PNB en 2014, l’APD, déléguée à une agence sous tutelle du Ministère des Affaires étrangères (ICEIDA), devrait toutefois atteindre 0,7% en 2019. Les pays prioritaires de L’APD islandaise sont le Malawi, la Mozambique et l’Ouganda. L’Islande s’engage en particulier dans un projet régional appuyant l’exploration géothermique en Afrique de l’Est. L’accent thématique est mis sur la pêche, la santé, l’énergie et l’éducation des adultes.

A la suite d’une résolution parlementaire, l’Islande est devenu le 15 décembre 2011 le premier pays d’Europe occidentale à reconnaître l’Etat de Palestine « comme Etat indépendant et souverain dans ses frontières d’avant la Guerre des Six Jours de 1967 » et à annoncer l’établissement de « relations diplomatiques pleines et entières ». L’Islande a aussi voté en faveur de l’admission de la Palestine à l’UNESCO en octobre 2011 et du rehaussement de la Palestine au statut d’Etat observateur non membre de l’ONU en novembre 2012.

L’Islande s’est donné pour objectif, à l’horizon 2050, de devenir le premier pays au monde totalement indépendant des ressources fossiles et polluantes. Aujourd’hui, c’est le seul pays où la production d’électricité est entièrement d’origine renouvelable. Elle a publié sa contribution nationale (INDC) en juillet 2015, alignée sur les engagements de l’Union européenne, mais pourrait avoir des difficultés à atteindre son objectif d’une réduction de 40% de ses émissions.

Mise à jour : 07.03.17

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