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Géographie et histoire

Géographie

L’Irlande occupe la majeure partie de l’île homonyme située au nord-ouest du continent européen dans l’Atlantique Nord, et s’étend sur 70 273 km. Le pays comprend vingt-six comtés depuis la partition du pays en 1921. La capitale de l’Irlande est Dublin, mais d’autres villes possèdent une certaine notoriété : Galway, Cork, Waterford et Limerick. La morphologie de l’île comprend une plaine centrale entourée de montagnes et de collines, mais les sommets les plus hauts se trouvent au sud-ouest. Le climat est de type tempéré océanique. Les étés sont généralement doux, la température ne dépassant que très rarement les 25°C. Les hivers sont frais et pluvieux. Les températures minimales ne descendent qu’exceptionnellement en dessous de 0°.

Histoire

Les traces les plus anciennes du peuplement de l’île remontent au 9e millénaire av. J. C. C’est vers -500 que les Celtes font leur apparition en Irlande. Les romains, qui occupent la Bretagne (Grande-Bretagne actuelle), n’occuperont jamais l’Irlande. La christianisation de l’Irlande marque la fin de la religion celtique.

A la fin du XIIe siècle, l’Angleterre entreprend sa conquête, et en 1541, Henri VIII prend le titre de roi d’Irlande. Les politiques pro-catholiques conduites par le roi d’Angleterre et d’Irlande Jacques II – marié en secondes noces à la princesse italienne catholique Marie de Modène et converti à la fin des années 1660 au catholicisme découvert lors d’un séjour en France – et la naissance d’un fils (en plus de ses deux filles protestantes) suscitèrent la crainte que cette politique ne soit pérenne. Le 30 juin 1688, sept nobles protestants invitèrent le prince d’Orange à venir en Angleterre avec une armée. Après une première tentative avortée de fuite en France, Jacques II y parvint et fut accueilli par son cousin Louis XIV. En mars 1689, et avec le soutien de troupes françaises, Jacques II débarqua en Irlande. Malgré le soutien des Irlandais, Jacques II fut défait le 1er juillet 1690 à l’occasion de la bataille de la Boyne (vallée située à 45 km au nord-ouest de Dublin). S’ensuivit alors une première vague d’émigration massive avec le départ en France, notamment, de plusieurs dizaines de milliers d’Irlandais (les « Wild Geese » ou « oies sauvages ») qui constituèrent, notamment dans l’Ouest français, des dynasties très actives de militaires, marchands et hommes politiques. Cinq régiments irlandais ont ainsi servi la France de 1690 à 1792, s’illustrant notamment lors de la bataille de Fontenoy (1745) ou dans le corps expéditionnaire français en Amérique.

La révolution française inspire une nouvelle génération de patriotes irlandais. Autour de la figure de Wolfe Tone, protestant de Belfast, l’idéal d’une république irlandaise, qui garantisse l’égalité des droits à tous ses citoyens fait son apparition. Les United Irishmen sollicitent le soutien de la France du Directoire pour se soulever. Par deux fois, en 1796 (expédition du Général Hoche) puis en 1798 surtout (débarquement dans le comté de Mayo du Général Humbert) la France apporte un soutien aux Irlandais, sans succès. Le XIXe siècle est marqué par une émigration massive des Irlandais (plusieurs millions) en direction de l’Amérique, émigration accrue par les conséquences de la terrible famine qui sévit en Irlande entre 1846 et 1848 (entraînant la mort et l’émigration de plus de deux millions d’Irlandais soit presque d’un quart de la population de l’époque). Cette famine est d’ailleurs l’objet de controverses, les nationalistes irlandais considérant que c’est délibérément que la couronne britannique laissa les Irlandais mourir de faim. D’une population de 8,1 millions en 1841, l’Irlande passe à 6,5 en 1851, chiffre jamais atteint depuis.

Le lien privilégié ressenti avec la France reste fort. Plusieurs milliers d’Irlandais chercheront à s’enrôler dans l’armée française lors de la guerre franco-prussienne (1870-1871) malgré la position officielle de neutralité du Royaume-Uni. A la fin du XIXe siècle, le mouvement pour l’indépendance reprend de la force. En 1905, le Sinn Féin indépendantiste est fondé. En 1914, le « Home Rule » est voté, donnant une autonomie relative à l’île. Néanmoins le pouvoir suspensif de la Chambre des Lords puis le déclenchement de la Première Guerre mondiale l’empêcheront d’être mis en œuvre. Durant la guerre, en 1916, sous la direction de l’Irish Republican Brotherhood du Sinn Féin et de l’Irish Citizen Army de James Connolly, éclate l’insurrection de Pâques 1916 à Dublin, qui proclame la République au nom de Dieu et des générations disparues. Elle est écrasée au bout d’une semaine. Mais le Sinn Féin en retire une popularité accrue : il remporte triomphalement les élections de décembre 1918, constitue un parlement irlandais (le Dáil Éireann) et proclame l’indépendance le 10 April 1919 lors de sa première réunion.

La déclaration d’indépendance a d’abord été lue en irlandais puis en français et enfin en anglais. Le pouvoir britannique dissout cependant le parlement. Le 6 décembre 1921, des négociations entre le Gouvernement britannique et les dirigeants nationalistes irlandais aboutissent au traité de Londres, qui fait de l’Irlande, amputée des deux tiers de l’Ulster, un dominion au sein de l’empire britannique, l’Irish free state, qui se dota d’une constitution en octobre 1922. En fait, la partition de l’île s’est faite sur des critères économiques. L’Est de l’Ulster était la région la plus développée à l’époque. C’est pourquoi six des neuf comtés de l’Ulster restèrent britanniques même si deux avec une majorité catholique. Ce traité fut ratifié de peu par le Dáil Éireann en décembre 1921, mais fut rejeté par une partie importante de la population. Cela entraîna la guerre civile d’Irlande qui dura jusqu’en 1923. En 1937, une nouvelle constitution renomme l’État Éire ou, en anglais, Ireland. En février 1948, c’est le parti Fine Gael qui remporte les élections.
Le Gouvernement est une coalition constituée avec le parti travailliste. En 1948, l’Oireachtas proclame le Republic of Ireland Act qui prend effet le 18 avril 1949 et qui déclare que l’Irlande est officiellement une république. Le pays quitte alors le Commonwealth.

Mise à jour : 11.07.16


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