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Présentation

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Relations politiques

Proches par une langue et une histoire partagées, voisines par la présence des collectivités françaises d’Amérique, Haïti et la France entretiennent des liens étroits d’amitié et de solidarité. Si les relations commerciales avec Haïti sont traditionnellement modestes, les relations politiques se renforcent par de nombreuses visites. L’élan de solidarité observé en France après le séisme du 12 janvier 2010 a clairement donné un nouveau souffle à cette relation, même si les actions de la coopération française s’étaient déjà considérablement développées depuis la tenue d’élections libres en 2006.

Dates importantes

  • 12 février 1838 : Traité de paix et d’amitié
  • 24 septembre 1945 : Accord culturel
  • 6 juin 1973 : Accord de coopération culturelle, scientifique et technique
  • 26 mai 1983 : Renouvellement de l’accord de coopération du 6 juin 1973
  • 31 décembre 2007 : Document cadre de partenariat (DCP)
  • 17 février 2010 : visite du Président de la République à Port-au-Prince

Visites

Récentes visites françaises en Haïti

M. Nicolas SARKOZY a effectué, le 17 février 2010, la première visite d’un chef de l’Etat français à Haïti. Trois ministres accompagnaient le président : M. Bernard Kouchner (ministre des Affaires étrangères), Mme Marie-Luce Penchard ministre chargée de l’Outre-Mer) et M. Alain Joyandet (secrétaire d’Etat chargé de la Coopération et de la Francophonie).

M. Jean-Pierre BEL Président du Sénat, du 29 juillet au 2 août 2014, accompagné du sénateur Bernard PIRAS, Président du groupe d’amitié France-Caraïbe (entretiens avec le Président Martelly, le Premier ministre Lamothe et le Président du Sénat Desras).

Visites ministérielles

  • M. Victorin Lurel, ministre des Outre-mer, le 25 avril 2013, pour le sommet de l’Association des Etats de la Caraïbe ;
  • M. Pascal Canfin, ministre délégué chargé du Développement, 23-25 octobre 2012 (entretiens avec le Président Martelly et le Premier ministre).

Récentes visites haïtiennes en France

Le Président Michel MARTELLY a effectué une visite officielle en France (20 et 21 février 2014) accompagné du ministre des Affaires étrangères, M. Pierre-Richard CASIMIR, du ministre de l’Economie et des Finances, M. Wilson LALEAU et du Président de la Chambre des députés, M. Jacques Stevenson THIMOLEON. Il est revenu en France pour une visite de travail le 31 octobre,,accompagné du ministre des Affaires étrangères, Duly BRUTUS et du ministre du Commerce et de l’Industrie ; Wilson LALEAU. Le 1er novembre, conjointement avec la ministre de l’Outre-mer, Mme George PAU-LANGEVIN, il a rendu hommage à Toussaint Louverture au fort de Joux.

Visites ministérielles

  • M. Laurent Lamothe, Premier ministre, entretien avec le Premier ministre Jean-Marc AYRAULT, le ministre des Outre-mer Victorin LUREL et la ministre déléguée à l’Enseignement scolaire, Mme Marie-Georges PAU-LANGEVIN (13 septembre 2013) ;
  • Mme Stéphanie VILLEDROUIN, ministre du tourisme, entretien avec Mme Sylvia PINEL, ministre de l’Artisanat, du Commerce et du Tourisme (24 septembre 2013).

Relations économiques

Le commerce entre la France et Haïti est très réduit avec un volume d’échanges oscillant entre 35 et 50 M€ par an. Le solde a toujours été favorable à la France. En 2009, avec une augmentation de plus de 50 %, les exportations françaises retrouvaient le niveau de 2000. Après une forte augmentation en 2010, pour atteindre 44 M€, les exportations françaises s’élèvent en 2011 à 38 M€. Elles sont principalement constituées de produits agricoles et agroalimentaires (près de 40 %), de biens d’équipements (30 %) et de produits industriels (20 %, dont la moitié de produits chimiques).

Depuis dix ans, les exportations de produits haïtiens vers la France ont représenté, annuellement, entre 6 et 8 M€ (7,3 M€ en 2010 et 7,4 M€ en 2011) et sont composées aux trois quarts d’essence de vétiver.
Alors qu’avant le séisme, seuls deux groupes français disposaient d’une représentation active en Haïti (Total et Air France), aujourd’hui une dizaine d’entreprises françaises relancent le courant d’affaire entre nos deux pays.

Une vingtaine de sociétés à capitaux français, de taille plus réduite, sont actives dans le domaine des services (commerce, publicité, hôtellerie, restauration notamment) et du BTP (gros et second œuvres, constructions modulaires, fourniture de matériaux). Plusieurs PME ont également remporté, ces dernières années, des marchés lancés par les bailleurs de fonds internationaux, dont le fabriquant de ponts Matière, qui avait été retenu par l’Agence française de développement (AFD) en 2008, pour la réalisation du pont de Montrouis, détruit par les ouragans mais reconstruit en un temps record.

Enfin, la France avait plaidé avec succès pour le déblocage de l’aide communautaire qui atteignait avant le séisme plus de 304 M€ dans le cadre du 10ème Fonds Européen de Développement (FED 2008-2013) dont elle est le premier contributeur (à hauteur de 19,55 %). Le XI° FED (2014-2020) consacre 420 millions d’euros d’aide à Haïti.

Actions de la France dans le cadre de la reconstruction

Les actions de la coopération française bilatérale se sont considérablement développées depuis l’élection du Président Préval en 2006 : de 12 M€ en 2005, leur volume a atteint 26 M€ en 2008 et avoisinait les 30 M€ en 2009. Le séisme du 12 janvier a entraîné un approfondissement important de la coopération française dans le cadre de la reconstruction. Dès le lendemain du séisme du 12 janvier 2010, les premières équipes françaises de secouristes sont arrivées de Martinique et de Guadeloupe. Notre pays a déployé plus de 1170 personnes pour venir en aide aux sinistrés. Nos équipes ont dégagé des survivants, effectué 17.000 consultations médicales, 2550 hospitalisations, 1300 interventions chirurgicales et évacué environ 3000 personnes, dont 1200 Haïtiens soignés aux Antilles. Le montant des opérations dans cette phase d’urgence a dépassé les 25 M€.

Au cours de la visite qu’il avait effectuée à Port-au-Prince le 17 février 2010, le Président Sarkozy avait annoncé un effort d’une exceptionnelle ampleur puisque l’aide française à la reconstruction a atteint, pour 2010 et 2011, un volume de 326 M€ : annulation de la totalité de la dette haïtienne envers la France (57,5 M€), déblocage de 20 M€ d’aide budgétaire en 2010. Près de vingt autres millions d’euros d’aide budgétaire ont été versés début 2012. Deux ans après le séisme, les engagements en cours de l’AFD excèdent les 100 M€.

La France apporte son appui au rétablissement des capacités de l’Etat haïtien, à la formation des cadres administratifs, de policiers, de douaniers et de magistrats, à la fourniture d’équipements et de véhicules pour la police et la sécurité civile. Elle participe à la mise en place d’un projet foncier, préfigurant un cadastre.

Notre pays s’attache à la remise sur pied du système de santé en participant, notamment, à la réhabilitation-reconstruction de l’Hôpital-Université d’Etat de Port-au-Prince (partenariat avec les Etats-Unis) et apporte son soutien à des centres de santé maternelle et infantile (partenariat avec le Brésil). La France a conduit une étude de faisabilité pour la mise en place d’un système de couverture maladie minimum pour les populations les plus défavorisées.

Le réseau universitaire français, notamment dans les Antilles et en Guyane, s’est fortement mobilisé pour apporter son concours à la reconstruction de l’enseignement supérieur en Haïti grâce à des programmes de formation à distance, des stages et l’accueil d’au moins 700 étudiants et universitaires haïtiens supplémentaires en 2010 et 2011 ; en matière éducative, des Volontaires du Service Civique travaillent toujours à la scolarisation des enfants et des adolescents.

La France mène via l’AFD une opération de rénovation urbaine et de construction d’au moins 1000 logements dans deux quartiers populaires touchés par le séisme à Port-au-Prince. Une centaine de chantiers de réhabilitation, de déblaiement et l’installation de camps d’accueil ont été effectués par 150 jeunes des régiments du Service Militaire Adapté (SMA) de Martinique et de Guadeloupe et par des régiments du génie, dans les mois qui ont suivis le séisme.

L’action de la France s’inscrit également dans un cadre européen et multilatéral

L’Union européenne (Commission et Etats membres) a mobilisé près de 295 M€ d’aide humanitaire immédiate. Pour la poursuite de l’assistance humanitaire, la reconstruction et l’appui budgétaire au gouvernement haïtien, l’Union européenne mobilise plus de 1,2 Mds€. Dans le cadre de la force de gendarmerie européenne, la France avait mis, en 2010, deux escadrons de gendarmes mobiles à disposition de la MINUSTAH (146 gendarmes formant une unité de police constituée) en plus de la soixantaine de gendarmes et policiers déployés individuellement.

Sur le plan diplomatique et dans les enceintes impliquées dans la reconstruction, la France est un membre actif du groupe des partenaires-clé d’Haïti qui, outre les grandes organisations multilatérales (ONU, Banque mondiale, BID, UE, OEA), regroupe les Etats-Unis, le Canada, le Brésil et l’Espagne notamment. Le ministre des Affaires étrangères et européennes avait co-présidé la Conférence internationale des donateurs pour un nouvel avenir en Haïti, organisée le 31 mars 2010 au siège des Nations unies à New York. Les autorités haïtiennes y avaient présenté leur « Plan d’Action pour le Relèvement et le Développement National » (PARDN), soutenu par des annonces de financement de la communauté internationale de 9,9 MdsUS$ (7 Mds€) sur le long terme.

Les principes de l’action de la communauté internationale y ont été consacrés : reconstruction du pays (pas seulement de ses infrastructures) ; pilotée par les Haïtiens eux-mêmes ; avec l’implication d’acteurs non-étatiques (ONG, entreprises, diaspora, collectivités territoriales) ; et avec le soutien sur le long terme de la communauté internationale

L’action de la France mobilise de nombreux acteurs non-étatiques

Au-delà des 90 M€ de dons récoltés dans les semaines qui ont suivi le séisme du 12 janvier 2010 par les organismes caritatifs français, la solidarité avec Haïti mobilise depuis longtemps le milieu associatif, les grandes ONG et de nombreuses collectivités territoriales françaises.

Plus d’une centaine d’associations françaises ou franco-haïtiennes œuvrent dans les domaines de l’intégration et du droit de séjour en France, de l’aide au développement ou des échanges artistiques.
Les grandes ONG françaises sont, pour la plupart, présentes sur le terrain depuis plus de vingt ans et interviennent dans les domaines de l’éducation, de la santé ou de l’agriculture. Leur connaissance de la société leur permet d’agir sur l’ensemble du territoire, et d’amplifier leurs opérations dans l’urgence, comme ce fut le cas pour le choléra, en ciblant les populations les plus fragilisées ou les zones les plus enclavées.

La coopération décentralisée s’appuie sur une trentaine de collectivités territoriales françaises et met l’accent sur la formation des élus, la gestion municipale, l’aménagement du territoire et la relance des activités économiques. Ce travail est coordonné par Cités Unies France (CUF) qui œuvre à une meilleure prise en compte de la gouvernance locale dans le cadre de la reconstruction. Grâce à l’appui d’associations des collectivités territoriales telles que l’Association des Maires de France (AMF) et l’Assemblée des Départements de France (ADF), 1429 communes, 16 départements et une région ont contribué au Fonds de concours mis en place par le ministère des Affaires étrangères à hauteur de 2 M€, alloués essentiellement à des projets d’ONG présentes en Haïti et à la lutte contre le choléra)

Déjà avant le séisme, la coopération régionale avec les départements français d’Amérique avait été relancée par les financements ouverts sur les Fonds de coopération régionale (FCR) de la zone Antilles-Guyane. Ces coopérations concernent les secteurs suivants : l’éducation (coopération entre l’Université Antilles-Guyane et l’Ecole normale supérieure de Port-au Prince) ; la santé (formation des médecins haïtiens en Guadeloupe, appui à l’école d’infirmières sages-femmes de Port-au-Prince, etc.) ; la justice et la sécurité (lutte contre le trafic de stupéfiants, brigades financières et des mineurs) et la culture.

En matière de coopération culturelle et linguistique, la programmation française s’appuie sur les activités des 6 alliances françaises implantées dans le pays, de l’Institut français d’Haïti, dont les salles de cours ont été rapidement reconstruites après le séisme et du lycée Alexandre Dumas, premier établissement à avoir ré-ouvert ses portes après le séisme, qui accueille 700 élèves. La France mène seule, ou avec ses partenaires de la Francophonie, des opérations de restauration du patrimoine, des dons de livres, l’installation de bibliothèques dans les camps et la constitution d’une bibliothèque numérique haïtienne, ou apporte son soutien aux médias audiovisuels par des dons de programmes et des sessions de formation.

L’aide alimentaire française, dont une forte composante est consacrée aux achats locaux -qui permettent de soutenir les agriculteurs haïtiens- a atteint 3,4 M€ en 2010, 3,3 M€ en 2011 et 2,5 M€ en 2012.

Dans le domaine de la coopération policière et militaire, outre la participation française à la MINUSTAH, la professionnalisation de la Police Judiciaire haïtienne fait l’objet d’un appui de long terme de la France. L’objectif est de doter cette police d’équipements adaptés (création d’un institut médico-légal, d’un fichier central de la police judiciaire) ; de renforcer son réseau (création d’antennes de la direction centrale de la police judiciaire) ; de former ses agents, notamment dans les domaines de la surveillance financière et de la protection des mineurs (en partenariat avec l’UNICEF).

Enfin, en matière d’adoption internationale, la France était traditionnellement le premier pays d’accueil des enfants adoptés en Haïti : 403 en 2007, 731 en 2008 et 651 en 2009. A la suite du séisme du 12 janvier 2010, et afin d’éviter les dérives et les trafics dont les enfants abandonnés ou en difficulté sont les premières victimes en cas de catastrophe, la France a décidé, conformément aux recommandations internationales, le gel de toutes nouvelles adoptions.

En accord avec les autorités haïtiennes, seuls les enfants dont les procédures étaient en cours au moment du séisme, pour lesquels un jugement d’adoption a été prononcé en Haïti ou dont l’adoptabilité a été reconnue par les autorités locales, ont pu dans le cadre d’un dispositif spécifique être accueillis par leur famille en France. Un millier d’enfants ont bénéficié de ces mesures exceptionnelles. A la faveur de signaux positifs des autorités haïtiennes, notamment la ratification en juin 2012 de la Convention de la Haye sur la protection des enfants et la coopération en matière d’adoption internationale, la France a décidé de reprendre les adoptions en Haïti, de manière progressive pour un nombre limité de dossiers, encadrés par un opérateur agréé.

Mise à jour : 26.09.14

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