Présentation du Guyana

Données générales

Présentation du pays

Nom officiel : République Coopérative de Guyana
Nature du régime : République parlementaire
Chef de l’Etat : M. David Granger (26 mai 2015)

Données géographiques

Superficie : 214 969 km²
Capitale : Georgetown (140 000 habitants)
Villes principales : Linden, New Amsterdam
Langue officielle : anglais
Langues courantes : anglais, créole
Monnaie : Dollar guyanien
Fête nationale : 23 février (indépendance : 26 mai 1966).

Données démographiques

Population : 0,796M hab. (population urbaine : 28%)
Composition ethnique : hindoustanis ou indo-guyaniens : 43,5%, noirs ou afro-guyaniens : 30,2%, métis : 16,9%, amérindiens : 5 %. Autres : 0,5%
Croissance démographique : 0,20%
Espérance de vie (PNUD) : 66 ans
Taux d’alphabétisation (CEPAL 2013) : 91,8%
Religions : 57 % de chrétiens (anglicans, adventistes et catholiques), 33 % d’hindous, 9 % de musulmans
Indice de développement humain (PNUD 2012) : 0,638 (118ème rang)

Données économiques

PIB (2015) : 3,4 Mds US$
PIB par habitant (2015) : 4090 US$
Taux de croissance (2015) : 3,2% en 2015
Taux d’inflation (2016) : 1,3% (2% en 2017, prévision FMI)
Solde budgétaire (2014) : - 3,6 %
Dette (2016) : 46% (186% en 2003, annulation de dette par la BID + politique de désendettement)
Balance commerciale (2013) : - déficit de12,3% du PIB
Principaux clients : Etats-Unis 29% ; UE 23,7 % ; Venezuela 13,9% ; Canada 8,2% ; Trinité-et-Tobago 5,4%.
Principaux fournisseurs : Etats-Unis : 26% ; Trinité-et-Tobago : 14,9% ; Curaçao 10,5% ; Chine 10,4% ; UE 8,6%
Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB :

  • agriculture, bois et pêche : 30,1%
  • mines : 6,7%
  • industrie : 10,4%
  • services : 44,9%

Exportations françaises (2015) : 5,4 M€
Importations françaises (2014) : 9,5 M€

Composition du gouvernement

Président : M. David Arthur Granger

1. Premier ministre, Premier Vice-Président (également en charge de l’Information) : M. Moses Nagamootoo

2. Ministre d’Etat (bureau du Président) : M. Joseph Harmon
3. Ministre de l’Education : M. Rupert Roopnaraine
4. Attorney general et Ministre des Affaires légales : Basil Williams
5. Ministre de la Santé publique : Dr. George Norton
6. Ministre des Affaires étrangères : M. Carl Barrington Greenidge
7. Ministre de la Protection sociale : Mme Volda Lawrence
8. Ministre des Communautés : M. Ronald Azam Bulkan
9. Ministre des Peuples indigènes : M. Sydney Alicock
10. Ministre des Infrastructures publiques : M. David Patterson
11. Deuxième Vice-président et Ministre de la Sécurité nationale : M. Khemraj Ramjattant
12. Ministre du Tourisme : Mme Cathy Hughes
13. Ministre des Finances : Mr Winston Da Costa Jordan
14. Ministre du Commerce : M Dominic Gaskin
15. Ministre de l’Agriculture : M Noel Holder

Présence française

Consulat de France : section consulaire de l’Ambassade de France à Paramaribo, Suriname. La France dispose également d’un consul honoraire à Georgetown
Communauté française au Guyana : 33 immatriculés

Éléments d’actualité

Politique intérieure

Le Guyana est une république unitaire. Le Président de la République est le chef du parti ayant obtenu le plus de voix à l’Assemblée nationale. Chaque parti désigne donc un candidat et celui du parti ayant le plus de sièges au Parlement devient président de la République. Le Parlement est unicaméral (Assemblée nationale de 65 sièges dont 40 élus à la proportionnelle et 25 élus dans les 10 circonscriptions correspondant aux 10 régions du pays). Sa composition actuelle est la suivante : People’s Progressive Party/Civic (PPP/C, de base ethnique indo-guyanienne) : 32 sièges ; A Partnership for National Unity (APNU), coalition regroupée autour du People’s National Congress (de base ethnique afro-guyanienne) : 26 sièges ; Alliance for Change (AFC) : 7 sièges.

De l’indépendance à 1992, un gouvernement autoritaire dirige le pays, le laissant dans une situation économique catastrophique avec une population quasiment réduite de moitié en raison d’une émigration massive, principalement vers les Etats-Unis et le Canada. En 1992, le communiste Cheddi Jagan (PPP) est élu Président de la République après les premières élections internationalement reconnues comme libres et équitables. Le PPP a conservé le pouvoir depuis lors. En mars 2001 M. Jagdeo est élu à la présidence de la République. Il est réélu en 2006. Aux élections du 28 novembre 2011, Donald Ramotar est élu à la Présidence mais son parti, la coalition People’s Progressive Party/Civic, avec 32 sièges sur 65 à l’Assemblée nationale, n’a pas de majorité. L’opposition se réunit au sein du Partenariat pour l’unité nationale (APNU), dont le Congrès national du Peuple (CNP) est la principale composante, et à laquelle s’ajoute l’AFC.

En novembre 2014, confronté à un blocage parlementaire avec l’opposition lors de l’examen d’une loi sur la transparence financière, (le pays risquait alors de passer en liste grise du GAFI) le Président Ramotar décide le 10 novembre 2014 de suspendre les travaux du Parlement pour une durée de six mois, comme la constitution l’y autorise, le temps de trouver une issue à la crise. Confronté à l’échec des négociations entre les partis, il organise des élections législatives anticipées le 11 mai 2015, qu’il perd.

En devenant président de la République, David Granger, chef du CNP, met fin à 23 ans de règne du PPP.

Les élections locales n’ont pas eu lieu depuis vingt ans.

Situation économique

Le Guyana est l’un des pays les plus pauvres de la région (environ 30% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté). A ce titre, il a pu bénéficier de l’initiative PPTE et d’effacements de dettes conséquents. La dette publique est passée de plus de 600% dans les années 90 à 46% du PIB en 2016. L’économie informelle, représente de 20% (Banque centrale) à 50% (experts) du PIB, en y incluant les activités illégales. Les transferts des émigrés (près de 500.000 Guyaniens dont 85% de main d’œuvre qualifiée, signe de la fuite des cerveaux) représentent 11% du PIB. Le pays connait un taux élevé de chômage (supérieur à 20% et à plus de 30% pour les jeunes).
La base productive de l’économie reste peu diversifiée, L’économie légale repose sur cinq produits et trois secteurs : les mines (or, 10,6 % du PIB ; bauxite, 1,4 % du PIB), l’agriculture (riz, 4,9 % du PIB ; sucre, 2,2 %) et la sylviculture (3,8 % du PIB), soit environ 70% du PIB total. Les services représentent 65 % de l’activité. Le modeste secteur manufacturier (6,2 % du PIB) est dominé par la première transformation du riz et du sucre. Les coûts élevés de l’électricité compliquent le développement industriel.

Néanmoins, au cours des 10 dernières années, les produits non traditionnels ont largement pris le pas sur le traditionnel binôme sucre et bauxite. Cette évolution a été possible grâce aux investissements étrangers (11% du PIB en 2012, 8% en 2013). A ce titre, sauf pour le sucre où il existe une entreprise d’Etat, GuySuCo, et le secteur du riz, contrôlé par le secteur privé guyanien, les autres secteurs sont dominés par des multinationales (canadiennes, russes et chinoises). Le secteur public est hypertrophié et obsolète (120 entreprises de toutes tailles). De grandes insuffisances caractérisent les entreprises publiques (mauvaise gestion, manque de personnel qualifié) et le processus de restructuration apparaît sclérosé, ce qui pèse sur le bon fonctionnement de l’économie et grève les finances publiques. L’inflation est contenue (1,6 en 2016).
Cette dynamique coexiste avec une stratégie de Développement à Faible intensité de Carbone (LCDS) adoptée en 2009, marquée par le grand projet de barrage hydroélectrique d’Amaila Falls. Le gouvernement a engagé d’importants efforts pour accroître l’attractivité du pays par la construction de routes, de ponts et l’extension de l’aéroport de Georgetown.

Les hydrocarbures pourraient devenir une source majeure de croissance à long terme (début d’exploration de possibles gisements pétroliers offshores). Les récentes découvertes par Exxon Mobil de deux réserves de pétrole de 700 et 800 millions de barils chacune pourrait changer la face du pays à moyen et long terme.

Le gouvernement de David Granger a affiché d’emblée son volontarisme dans le domaine économique. Il a notamment a consenti des efforts substantiels en matière de transparence financière, qui ont conduit au retrait du Guyana de la liste grise du GAFIC en octobre 2016, dont le climat des affaires pourrait profiter. Le pays a notamment signé un accord FATCA (échange d’informations fiscales) avec les Etats-Unis en octobre 2016. Il n’est en revanche pas membre du Forum mondial pour la transparence fiscale de l’OCDE et n’a pris aucun autre engagement en vue d’échanger automatiquement des informations fiscales, que ce soit au plan multilatéral ou sur une base bilatérale.

Le Guyana est parmi les pays les plus vulnérables au changement climatique. Certaines zones du pays, en particulier les zones côtières sur lesquelles vit une partie importante de la population (90% environ) et où se situent des infrastructures sensibles ainsi que des zones agricoles apportant 23% du PIB, se situent en-dessous du niveau de la mer. L’élévation du niveau de l’eau va accélérer l’érosion côtière, accroître le risque d’inondation et entraîner la perte permanente de terres dans certaines zones. Ces évolutions pourraient être exacerbées par la hausse des fréquences et de l’intensité des tempêtes tropicales.

Politique étrangère

Le Guyana est notamment membre des Nations Unies, de l’OMC (depuis 1995), des ACP, de l’AEC, de la CARICOM – dont il abrite le siège -, de l’OEA, de l’OTCA, de la CELAC et l’un des deux seuls membres du continent américain, avec le Suriname, de l’Organisation de la Coopération Islamique (OCI). Il est membre du Commonwealth. Les relations avec le Brésil sont bonnes et des projets d’intérêt régional ont été développés ; ainsi du pont sur le fleuve Takutu, financé partiellement et construit par le génie militaire brésilien, inauguré le 15 septembre 2009. Les relations avec le Suriname, bien qu’affectées par des désaccords sur la délimitation de la frontière, ont connu une nette amélioration depuis l’arrivée au pouvoir dans ce pays du Président Bouterse en août 2010. Les visites bilatérales de part et d’autre se sont multipliées. Les relations avec le voisin vénézuélien sont plus contrastées du fait d’un différend frontalier qui conduit le Venezuela à revendiquer près des deux tiers du territoire du Guyana. Ce différend, qui date de la fin du XIXème siècle, a connu un regain d’actualité spectaculaire à l’été 2015 du fait de la découverte de pétrole au large des côtes guyaniennes. Le Guyana bénéficie cependant de l’initiative PetroCaribe, sans toutefois participer à l’ALBA. Les relations avec les Etats-Unis et le Canada sont marquées par l’existence de fortes communautés guyaniennes dans ces deux pays, évaluées respectivement à plus de 160 000 et 300 000 personnes.

L’Union européenne est de loin le principal donateur : au titre du 10ème FED, 51 M € sont attribués au Guyana. Au titre du protocole « sucre », 85 M € ont été alloués au Guyana pour la période 2007-2010. Une nouvelle enveloppe de 23 M € vient d’être approuvée. La Chine est également présente au Guyana et contribue au financement des infrastructures énergétiques et routières. Le Bosai Mineral Group y a réalisé un investissement de l’ordre du milliard de US$ avec l’ouverture d’une usine de bauxite. Le Guyana s’équipe d’avions de surveillance maritime Y12, fournis par l’entreprise chinoise CATIC.

Mise à jour : 28.04.17

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