Présentation de la Guinée

Présentation

Données générales

Nom officiel : République de Guinée
Nature du régime : République
Chef de l’Etat : Président Alpha Condé

Données géographiques

Superficie : 245 857 km²
Capitale : Conakry
Villes principales : Kindia, Kankan, Nzérékoré
Langue officielle : Français
Langues courantes : peul, malinké, soussou
Monnaie : Franc guinéen (cours flottant)
Fête nationale : 2 octobre

Données démographiques

Population : 12,6 millions d’habitants (Banque mondiale, 2015)
Densité : 51,3 habitant/km² (Banque mondiale, 2015)
Croissance démographique : 2,7% par an (Banque mondiale, 2015)
Espérance de vie : 59,2 ans (Banque mondiale, 2015)
Religion : Islam (85%), christianisme (8%), animisme (7%)
Indice de développement humain : 182 sur 188 (PNUD, 2015)

Données économiques

PIB (2015) : 6,69 milliards $ (Banque mondiale)
PIB par habitant (2015) : 531 $ (Banque mondiale)
Taux de croissance (2015) : 0,1 % (Banque mondiale)
Taux d’inflation (2015 : 7,8% (FMI)
Balance commerciale (2015) : - 565 M$ (OMC)
Principaux clients (2015) : Ghana, Inde, Emirats Arabes Unis, Espagne, Allemagne
Principaux fournisseurs (2015) : Chine, Pays-Bas, Inde, Belgique, France
Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB (2015, Banque mondiale) :

  • agriculture : 20,2%
  • industrie : 37%
  • services : 42,9%

Exportations de la France vers la Guinée (2016) : 143 M€ (Douanes françaises)
Importations françaises depuis la Guinée (2016) : 131 M€ (Douanes françaises)

Communauté française en Guinée : 3026 Français inscrits au registre (octobre 2016)

Politique intérieure

2008 - 2015 :

Lansana Conté est décédé le 22 décembre 2008 après 24 années à la tête de la Guinée. Dès le lendemain, le capitaine Moussa Dadis Camara et le Conseil National pour la Démocratie et le Développement (CNDD) ont pris le pouvoir. Le chef de la junte s’est engagé alors à lancer une transition devant inclure la tenue d’élections législatives et présidentielle en 2009 auxquelles la junte ne devait pas participer.

Le 28 septembre 2009, l’armée a réprimé dans le sang une manifestation pacifique organisée par les Forces vives dans le stade de Conakry, faisant plus de 150 tués et plus de 1200 blessés. Ce massacre a été unanimement condamné par la communauté internationale. La France a immédiatement suspendu sa coopération militaire et déployé une assistance médicale aux victimes.

Après une tentative d’assassinat par son aide de camp le 3 décembre 2009, Dadis Camara a été évacué et hospitalisé à Rabat. Le 15 janvier 2010, à Ouagadougou, le capitaine Dadis Camara, le général Konaté et le Président Blaise Compaoré ont signé la « Déclaration conjointe de Ouagadougou », définissant les modalités de la transition guinéenne. La nomination d’un nouveau Premier ministre (20 janvier 2010) et la désignation d’un gouvernement d’union nationale (15 février 2010) ont engagé la Guinée sur la voie de la transition. La France a repris alors ses activités de coopération.

Le premier tour de l’élection présidentielle guinéenne a eu lieu le 27 juin 2010. Le dirigeant de l’UFDG, Cellou Dalein Diallo, avec 43,% des voix et celui du RPG, opposant historique, Alpha Condé, avec 18,% des voix, se sont qualifiés pour le second tour. Celui-ci n’a eu lieu que le 7 novembre 2010. Après deux jours de violences qui ont contraint le Président de la transition, Sékouba Konaté, à décréter l’Etat d’urgence, la Cour constitutionnelle a proclamé, le 3 décembre 2010, la victoire d’Alpha Condé, avec 52% des suffrages.

Dans la nuit du 19 juillet 2011, le Président Condé a fait l’objet d’un attentat manqué à sa résidence par un commando d’une soixantaine de militaires. La justice guinéenne a été saisie.

Le gouvernement a nommé en 2011 des délégations spéciales et chefs de quartiers dans chaque commune, dans l’attente de l’organisation des élections locales.

Après plusieurs reports, et grâce à l’accord politique du 3 juillet 2013 conclu dans le cadre du dialogue politique inter-guinéen, l’organisation des élections législatives, le 28 septembre 2013, ont permis à la Guinée d’achever sa transition démocratique. Les précédentes élections législatives remontaient à juin 2002, à l’époque du régime de Lansana Conté.

Le Rassemblement du peuple de Guinée (RPG) du président Alpha Condé et les partis qui lui sont alliés dans la coalition "Arc-en-ciel" ont obtenu 60 des 114 sièges à l’Assemblée nationale (dont 53 pour le RPG). Le principal parti d’opposition, l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), a obtenu 37 députés, suivi de l’Union des forces républicaines (UFR) avec 10 députés, les autres partis de la coalition de l’opposition se partageant 6 députés (soit 53 pour l’ensemble de l’opposition). Un parti centriste a recueilli un député.

La Commission électorale nationale indépendante (CENI) a fixé, début 2015, l’élection présidentielle au 11 octobre 2015 et les élections locales au printemps 2016. L’opposition a longtemps exigé la tenue des élections communales en amont de la présidentielle pour remplacer les exécutifs locaux nommés par Alpha Condé en 2011. Elle a organisé une série de manifestations violentes. Après des mois de négociations, le pouvoir et l’opposition sont parvenus à un accord politique, le 20 août 2015, qui fixait les conditions d’organisation du scrutin présidentiel. 8 candidats sont entrés en lice. Moussa Dadis Camara, ex président de la junte militaire (CNDD), inculpé pour le massacre du 28 septembre 2009, en exil au Burkina Faso, a été empêché de regagner la Guinée le 25 août et de faire acte de candidature comme il en avait manifesté l’intention.

L’élection présidentielle du 11 octobre 2015 a vu une large victoire au premier tour d’Alpha Condé (58% des voix), devant Cellou Dalein Diallo (31%) et Sidya Touré (6%). La participation s’est élevée à 68%, un record. Le scrutin a été marqué par de nombreuses difficultés techniques, mais les différentes missions d’observation (dont celle de l’union européenne) ont estimé qu’elles ne remettaient pas en cause la sincérité du scrutin.

Le nouveau gouvernement, formé le 4 janvier 2016, donne une place plus importante aux femmes (7 occupent des postes stratégiques, dont l’Economie et les Affaires étrangères, ou encore le Plan et la coopération internationale) et aux jeunes (des nouveaux venus qui, pour la plupart, ont fait leurs études supérieures en France). Il est dirigé par Mamady Youla, inconnu jusqu’ici sur la scène politique, qui a fait l’essentiel de sa carrière dans le secteur privé et inclus des membres du parti de Sidya Touré.

Le Président réélu a par ailleurs fait adopter une loi d’amnistie pour des opposants poursuivis suite à l’attaque du palais présidentiel en juillet 2011.

Parmi les priorités de son second mandat, Alpha Condé évoque le développement économique et social, la lutte contre l’impunité, l’emploi des jeunes et l’énergie.

Le climat politique, avivé par les tensions sociales, s’est apaisé suite à la rencontre entre Alpha Condé et le chef de file de l’opposition, Cellou Dalein Diallo, le 1er septembre 2016. Cet entretien a permis la reprise du dialogue politique, qui a abouti à la signature d’un accord le 12 octobre 2016. Cet accord prévoyait la tenue des élections communales en février 2017, la création de la Haute Cour de Justice, et l’indemnisation des victimes des manifestations ayant accompagné les élections législatives de 2013. Les élections communales ont été à nouveau reportées pour des raisons juridiques et techniques. Elles devraient se tenir avant la saison des pluies 2017, qui débute au mois de juin.

Une grève des enseignants, sur fond de revendications catégorielles, a conduit à la fermeture des établissements scolaires durant les trois premières semaines de février. Alors qu’un accord venait d’être conclu en vue d’une sortie de crise, des manifestations, demandant la réouverture des classes ont donné lieu à des actes de de violence et de vandalisme dans les rues de Conakry les 20 et 21 février, entraînant la mort de sept manifestants.

Situation économique et sociale

Parfois qualifiée de « scandale géologique », la Guinée dispose de richesses hydrographiques immenses (« château d’eau de l’Afrique »), d’un riche potentiel minier (un tiers des réserves mondiales de bauxite, or, diamant, fer, manganèse, zinc, cobalt, nickel, uranium) largement sous exploité.

L’instabilité politique entre 2009 et 2013 a fortement handicapé l’économie guinéenne : faible croissance, accélération de l’inflation, doublement du déficit budgétaire.
Alors que la Guinée avait atteint en décembre 2000 le point de décision de l’initiative pour les Pays Pauvres Très Endettés (PPTE), les institutions financières internationales (IFI) ont interrompu toute relation avec les autorités à la suite du coup d’Etat de Dadis Camara en décembre 2008. Avec l’ouverture de la période la transition, en janvier 2010, la France s’est mobilisée pour que les IFI reprennent ces relations, ce qui a été fait après l’élection d’Alpha Condé en décembre 2010.

Fin 2011, les bonnes performances de l’économie et des finances publiques guinéennes ont permis au Conseil d’administration du FMI d’approuver une facilité élargie de crédit (FEC) de trois ans (200 M$). Ce programme a ouvert la voie à la reprise des négociations au sein du Club de Paris qui ont abouti à un accord intérimaire traitant le flux de la dette guinéenne sur la période 2012-2014. La France est allée au-delà en annulant l’intégralité des créances commerciales dues sur 2012-2014 (pour un montant de 53,7 M€) et a rééchelonné 97,1 M€ de créances d’aide publique au développement.

La Guinée a ensuite bénéficié d’une annulation de la majorité de sa dette en Club de Paris début 2013 (2,1 Md$, soit 66% de la dette extérieure du pays). La France a été un acteur moteur du traitement de la dette guinéenne en Club de Paris. Elle y a apporté une contribution majeure avec une annulation sèche de près de 80M€ conjuguée à l’octroi d’un contrat de désendettement et de développement (C2D) de 171 M€, dont une première tranche de 75 M€ est décaissée sur la période 2013-2016 (une seconde tranche de 96 M€, pour 2017-2021, vient d’être négociée).

L’économie guinéenne a été frappée de plein fouet par l’épidémie Ebola, qui, depuis son apparition en Guinée forestière en décembre 2013, a causé 2.544 décès (sur 3.813 cas recensés). La croissance a été nulle en 2015, après une quasi-stagnation de l’activité en 2014 (0,4 % de croissance contre 4,5 % initialement anticipé). La baisse des cours miniers s’est traduite par un gel des investissements dans le secteur, accentuant le choc sur l’activité généré par la crise sanitaire. La croissance, qui est en phase de reprise, devrait se situer autour de 5 % en 2016 et 2017. Bien que l’épidémie d’Ebola ait causé des difficultés conjoncturelles de mise en œuvre du programme FMI, , la 8ème et dernière revue a été adoptée en octobre 2016.

Politique extérieure

La Guinée cherche à améliorer son intégration dans la sous-région. Elle est membre de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) mais pas de la zone franc. Les autorités guinéennes réfléchissent à un rapprochement progressif avec l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA). La Guinée est également membre de l’Autorité du bassin du Niger (avec le Nigéria, le Niger, le Cameroun, le Burkina Faso, le Mali, la Côte d’ivoire et le Tchad) et de l’Union du fleuve Mano (avec la Sierra Leone, le Libéria et la Côte d’Ivoire).

Au contact de la Côte d’Ivoire, du Libéria et de la Sierra Leone, la Guinée a subi le contrecoup des crises régionales, avec près de 100 000 réfugiés (libériens, ivoiriens, sierra-léonais) sur son territoire au début des années 2000.

La fin de la guerre civile au Libéria a permis de consolider durablement la paix dans la sous-région et d’ouvrir la voie à une réconciliation entre les pays membres de l’Union du fleuve Mano. Mme Saran Daraba KABA, candidate malheureuse à la présidentielle guinéenne de 2010, est la Secrétaire générale de cette organisation. Le Président Alpha Condé en a été désigné Président en exercice lors du 23ème sommet de l’organisation (Conakry, 4 mai 2014).

Lors de la crise guinéenne, la mobilisation de la communauté africaine a été importante. La CEDEAO a nommé le président burkinabè Compaoré facilitateur du processus de sortie de crise. La « Déclaration conjointe de Ouagadougou » du 15 janvier 2010 a scellé le lancement du processus de transition guinéen. La CEDEAO a aussi imposé un embargo sur les armes (sommet extraordinaire d’Abuja le 17 octobre 2009) qui a été levé, à la suite de l’organisation des élections présidentielles, le 27 novembre 2010.

L’Union africaine avait imposé un régime de sanctions aux membres de la junte qui consistait en des refus de délivrer des visas, des restrictions de voyages et des gels d’avoirs (décision du Conseil de paix et de sécurité de l’Union Africaine, Abuja, 29 octobre 2009). A la suite de l’élection du Président Condé, le Conseil de Paix et de Sécurité de l’UA, par une décision du 9 décembre 2010, a réintégré la Guinée et levé ses sanctions.

Au Mali, la Guinée déploie un bataillon de 871 hommes au sein de la MINUSMA. Elle a perdu 9 soldats depuis le début de l’intervention.

Le président Alpha Condé s’est montré très actif dans le règlement des crises en Guinée-Bissao et en Gambie, grâce aux médiations qu’il a conduites sous l’égide de la CEDEAO.

Le 30 janvier 2017, Alpha Condé a été désigné par ses pairs pour assurer la présidence tournante de l’Union africaine pour une année.

Mise à jour : 01.03.17

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