La France et la Guinée

Présentation

Relations politiques

Indépendante en 1958 après avoir décliné la proposition d’intégrer la Communauté française, la Guinée a longtemps observé une certaine distance à l’égard de la France, et plus largement, de l’extérieur. Le débat sur l’Irak aux Nations Unies en 2003 (la Guinée préside alors le Conseil de sécurité) a contribué à un rapprochement des deux pays.

A la suite du massacre du 28 septembre 2009, la France a suspendu sa coopération militaire. Puis, le 30 octobre, elle a suspendu toute sa coopération institutionnelle déployée auprès des autorités gouvernementales (une dizaine d’assistants techniques placés auprès de l’administration guinéenne) ainsi que le financement du projet d’aménagement de l’autoroute urbaine Tombo/Gbessia à Conakry. Toutefois, afin de ne pas pénaliser la population guinéenne, les projets de coopération bénéficiant directement aux populations ont été maintenus. Le 16 février 2010, après l’annonce de la nomination du gouvernement d’union nationale, la France a décidé de reprendre sa coopération institutionnelle avec la Guinée.

La relation bilatérale est dense et rythmée par de nombreuses rencontres de haut niveau. Le Président Condé s’entretient régulièrement avec le président de la République. Le Président François Hollande s’est rendu à Conakry le 28 novembre 2014 pour marquer la solidarité de la France dans le cadre de l’épidémie d’Ebola.

Jean-Marc Ayrault a effectué un déplacement à Conakry en novembre 2016, lors duquel il a coprésidé, avec Alpha Condé, les cérémonies de pose de première pierre de l’Institut Pasteur et du centre de recherche de l’IRD.

Le Président Alpha Condé sera reçu en France les 11 et 12 avril 2017 dans le cadre d’une visite d’Etat.

Site de l’Ambassade de France en Guinée et en Sierra Leone

Relations économiques

Le volume des exportations françaises vers la Guinée a atteint 143 M€ en 2016. Nos premiers postes d’exportation sont des produits pharmaceutiques et des machines industrielles et agricoles. Nos importations depuis la Guinée se sont élevées à 132 M€ en 2016 La Guinée exporte vers la France des hydrocarbures et des produits métallurgiques et métalliques notamment.

Sous l’impulsion du MEDEF et de la confédération du patronat de Guinée (CPEG), plusieurs projets d’investissement français en Guinée se sont concrétisés (marché de traitement des déchets urbains de Conakry pour Ikos International, protocole d’accord sur des actions d’urgence pour la restructuration du réseau d’eau de Conakry pour la Saur) et de nombreuses perspectives sont offertes pour les entreprises françaises. Le Medef a conduit une délégation d’une vingtaine de chefs d’entreprises françaises à Conakry du 18 au 20 mai 2016.

A l’exception des brasseries du groupe Castel et de Sogea-Satom (groupe Vinci) dans le BTP, la présence française se concentre surtout dans les secteurs des services et de la logistique avec Africa Bolloré Logistics, Air France, France Telecom-Orange, Total dans la distribution des carburants, CFAO (distribution de véhicules), Laborex (distribution pharmaceutique), BNP Paribas et Société Générale dans la banque, Gras Savoye dans les assurances, ACCOR, Sodexho, Bureau Veritas.

De nombreuses petites entreprises de droit local appartiennent à des personnes physiques françaises, associées ou non à des partenaires guinéens. Ils participent activement à la présence économique de la France (restauration, vente et location de véhicules, construction et maintenance, informatique, transitaire…). La société Technip est membre (pour environ 400 M€) du consortium dirigé par Global Alumina signataire d’un contrat de 1,5 Md $ pour la production d’alumine.

http://www.tresor.economie.gouv.fr/Pays/guinee

Coopération culturelle, scientifique et technique

Aide au développement

Classée en 2015 par le PNUD, 182ème en indicateur de développement humain, la Guinée figure parmi les pays les moins avancés. Pour la France, la Guinée est un pays prioritaire qui, en 2015, a bénéficié de 30,18 MUSD d’APD française (sur le plan bilatéral). La France est le second donateur bilatéral (derrière les Etats-Unis et devant le Japon).

Les progrès de la démocratie ont entrainé un approfondissement de notre coopération. Elle se concentre sur les priorités décidées par la Guinée, dont la réforme du secteur de la sécurité (service national d’action au développement), la gouvernance financière (déploiement d’assistants techniques) et l’agriculture.

Un document cadre de partenariat 2014-2016, signé en septembre 2014, organisait notre coopération bilatérale autour de quatre secteurs de concentration (gouvernance démocratique, éducation, agriculture et développement rural, énergie), élargis à la santé suite au déclenchement de l’épidémie d’Ebola.

La France et la Guinée ont signé, le 24 juin 2013, dans le cadre de notre effort d’annulation complémentaire des dettes, un contrat de désendettement et de développement (C2D) de 171 M€, qui fournit l’essentiel des ressources de notre coopération bilatérale et s’ajoute à l’effort d’annulation de la France, premier pays créancier de la Guinée au sein du club de Paris (229,3 M€ hors intérêts).

Le premier C2D concernait la période 2013-2016 pour un montant de 75 M€ et se concentrait sur quatre secteurs (l’agriculture, le développement local, l’enseignement pré-universitaire et la formation professionnelle), auxquels s’ajoutait une aide budgétaire globale affectée au secteur de l’éducation. Ont également été dégagés de ce premier C2D 5 M€ qui ont été consacrés à la lutte contre Ebola.

Le second C2D, qui a été signé en juillet 2016 couvre la période 2016-2021, pour un montant de 92,5 M€. Il s’articule autour des secteurs de l’enseignement technique et la formation professionnelle, l’agriculture et le développement rural, l’enseignement pré-universitaire, et le développement local.

Par ailleurs, suite au règlement de la question des dettes d’Electricité de Guinée, des prêts souverains seront octroyés dans le secteur de l’énergie : le premier, adopté en conseil d’administration de l’AFD le 28 janvier 2016, concernait, pour 50M€ (dont 20 M€ en délégation de gestion de l’Union européenne), la réhabilitation et l’extension des réseaux électriques de Conakry.

Dispositif culturel et éducatif

Inauguré en juin 1999, le Centre culturel franco-guinéen (CCFG) comprend deux salles d’exposition, une salle de spectacle de 300 places et une médiathèque. L’essentiel des actions culturelles visent à soutenir les projets de groupes ou d’associations locaux et à offrir une ouverture sur l’extérieur, en particulier sur la culture francophone et française, en assurant la venue à Conakry d’artistes de France et de pays de la région.

Travaillant en étroite complémentarité avec le CCFG, l’Institut français de Guinée (IFG) concentre ses activités sur deux priorités :

  • l’enseignement du français, à travers l’Espace Langue Formation, qui propose une gamme étendue de services, en liaison avec le Centre international d’études pédagogiques (CIEP, basé à Sèvres) : centre d’examen et de certification (tests de connaissance du français, DELF et DALF, etc.), cours de français professionnel (FOS), aide à la formation d’intervenants en alphabétisation, renforcement des capacités du corps enseignant
  • l’accueil et le conseil des étudiants (Espace Campus France)

Lutte contre l’épidémie Ebola

La Guinée a été déclarée exempte d’Ebola par l’OMS le 1er juin 2016. La résurgence de l’épidémie en mars 2016 (quelques nouveaux cas après que le pays avait été déclaré une première fois exempt fin 2015) montre que la maladie présente un risque de chronicité et que les efforts doivent être maintenus.

La France a été un acteur majeur de la lutte contre Ebola. Sa contribution sur la période 2014/2015 s’est élevée à 158 M€ et a mobilisé plusieurs centaines de professionnels de la santé et de la sécurité. Les dispositifs d’urgence ont progressivement laissé place à des projets pérennes, qui sont portés par nos opérateurs (Expertise France et l’AFD) et ciblent tout particulièrement les secteurs de la détection, de la prévention et de la recherche (avec, notamment, le futur Institut Pasteur de Guinée).

La France a par ailleurs mobilisé 150 M€ lors de la Conférence organisée le 10 juillet dernier à New York par le SGNU, qui seront consacrés à la reconstruction post-Ebola.

Mise à jour : 01.03.17

Informations complémentaires

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