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Présentation

Données générales

Nom officiel : République hellénique
Nature du régime : République parlementaire
Président de la République : M. Prokopis PAVLOPOULOS
Chef du gouvernement : M. Alexis TSIPRAS

Données géographiques

Superficie : 131.957 km2
Capitale : Athènes
Villes principales : Athènes (4 millions d’habitants), Thessalonique (1 million d’habitants)
Langue officielle : grec
Monnaie : euro
Fête nationale : 25 mars (déclenchement de l’insurrection de 1821 contre la Sublime Porte) ; le 28 octobre est également « fête nationale », en souvenir du jour du "non" (ohi), en 1940, où le général Metaxás s’est opposé au passage des troupes italiennes, ce qui a précipité l’entrée en guerre de la Grèce.

Données démographiques

Population : 11.309.885 habitants (2013)
Densité : 85,9 habitants/km2 (2013)
Espérance de vie : 82,7 ans pour les femmes, 77,8 ans pour les hommes
Religion : Orthodoxe (98 %)

Données économiques

PIB : 182,43 Mds€ (2013)
PIB/hab : 16491 € (2013)
Taux de croissance : -4% (2013)
Taux de chômage : 27,5 % (2013)
Taux d’inflation : -0,9% (2013)

Dette publique : 174,9 % du PIB (2013)
Déficit public : -12,2% du PIB (2013)

Balance commerciale : -19,2Mds€ (2013)
Principaux clients : (2013) : Turquie (11,6%), Italie (8,9%), Allemagne (6,5%).
Principaux fournisseurs : (2013) : Russie (14,3%), Allemagne (9,7%), Italie (8,0%), Irak (7,7%), France (4,7%)

Exportations de la France vers la Grèce (2013) : 2,22 Mds€
Importations françaises depuis la Grèce (2013) : 0,6 Mds€
Solde commercial bilatéral (2013) : 1,62 Md€

http://www.tresor.economie.gouv.fr/se/grece

Consulats de France : Athènes, Thessalonique (Consulat général)
Communauté française en Grèce : 9.275 immatriculés à Athènes (+ environ 7.000 non inscrits) et 1.472 à Thessalonique en 2013 (+ environ 500 non inscrits)
Communauté grecque en France : 35.000 (9ème rang dans le monde)

Politique intérieure

Confronté à une situation économique délicate, la Grèce a bénéficié de deux plans d’assistance financière, en 2010 et 2012

  • Le premier plan d’aide, négocié en mai 2010 par le gouvernement de M. Papandréou, reposait sur une enveloppe de prêts de 110Mds€ accordée sur trois ans par le FMI et les Etats membres de la zone euro. En contrepartie, les autorités grecques s’engageaient à consolider les finances publiques et à mettre en place un programme de réformes.
  • Le second plan d’assistance, négocié par le Premier ministre de transition Lukas Papademos, est validé le 12 mars 2012. D’un montant de 130Mds€ provenant du Fonds européen de stabilité financière (FESF) et du FMI, il devait s’étaler jusqu’à fin 2014. Il entraîne la restructuration de près de 105Mds€ de dette détenue par des créanciers privés.
  • Antonis Samaras, leader de la ND et Premier ministre depuis juin 2012, n’est finalement pas parvenu à boucler ce deuxième plan d’aide. A l’issue de l’Eurogroupe du 8 décembre 2014, qui s’est accordé sur une prolongation technique de deux mois du plan programme, M. Samaras convoque la tenue anticipée de l’élection du président de la République par le Parlement. L’échec du Premier ministre grec à réunir une majorité suffisante pour faire élire son candidat provoque la tenue de législatives anticipées, le 25 janvier 2015.

La victoire de Syriza ouvre une nouvelle phase de négocation entre la Grèce et ses créanciers et partenaires européens

Le parti de M. Tsipras remporte les élections législatives grecques du 25 janvier et forme une coalition avec le parti de droite souverainiste ANEL/Grecs indépendants, qui partage avec lui une ligne très ferme sur la question de la dette.

Alors qu’un premier accord trouvé lors de l’Eurogroupe du 20 février 2015 avait permis l’extension du plan d’aide jusqu’au mois de juin, la Grèce et ses partenaires ne parviennent pas à s’accorder sur un programme de réformes. Après des semaines de discussion, le 27 juin, M. Tsipras convoque un référendum pour le 5 juillet, sur la dernière proposition transmise par ses partenaires, le 25 juin, et appelle les Grecs à voter « non ». Parallèlement, les autorités grecques annoncent la fermeture provisoire des banques et l’instauration d’un contrôle des capitaux, afin d’éviter un retrait massif des dépôts. Le 5 juillet, le « non » l’emporte largement au référendum avec 61,31 % des suffrages exprimés contre 38,69 % pour le « oui », avec une participation qui s’est établie à 62,5 % (similaire aux législatives de janvier 2015).

- Une nouvelle séquence de négociation reprend le 7 juillet et aboutit, le 13 juillet, à un accord des chefs d’Etats et de gouvernement de la zone euro, prévoyant un nouveau plan d’aide, à hauteur de 86 mds€. Les modalités techniques du 3ème programme sont finalisées le 11 août et entérinées par le Parlement grec et l’Eurogroupe le 14 août.

Sur le fond, l’accord prévoit quatre axes de réformes : i) restaurer la stabilité financière (avec une nouvelle trajectoire d’ajustement budgétaire tenant compte de la détérioration économique du pays : déficit primaire de -0,25% du PIB en 2015, puis excédent de 0,5% du PIB en 2016, 1,75% du PIB en 2017 et 3,5% du PIB en 2018) ; ii) la stabilité financière (avec traitement des créances douteuses) ; iii) la croissance, la compétitivité et l’investissement (avec la déréglementation des secteurs protégés, la libéralisation du secteur de l’énergie et la mise en place d’un fonds de privatisation des actifs grecs à hauteur de 50Mds€) ; et iv) la modernisation de l’Etat (réforme de l’administration fiscale, amélioration du système judiciaire, lutte contre la corruption, indépendance des autorités statistiques).

Confronté à la défection (vote contre ou abstention) de près de 50 députés du groupe Syriza lors des votes sur le 3ème plan d’aide, adopté grâce aux voix de l’opposition, M. Tsipras remet sa démission le 20 août, entrainant de nouvelles élections, le 20 septembre.

Conforté par sa victoire aux législatives anticipées, M. Tsipras doit désormais mettre en œuvre le programme d’aide

M. Tsipras remporte les élections législatives anticipées du 20 septembre, avec 35,47% des voix et 145 sièges. Alors que les sondages donnaient un résultat serré, Syriza obtient finalement un score quasi identique à celui obtenu en janvier dernier et devance largement la Nouvelle démocratie, qui obtient 28,09%. Le scrutin a été marqué par une forte abstention (43,5% contre 36,4% en janvier) et par l’échec de l’ancienne aile gauche de Syriza, réunie dans une formation dissidente (« Unité populaire »), à franchir le seuil des 3% nécessaires pour être représenté au Parlement. Par ailleurs, le parti néo-nazi Aube dorée termine troisième, avec 6,99%.

Renforcé, M. Tsipras a reconduit le tandem formé avec le parti de droite
souverainiste ANEL-Grecs indépendants (3,69% et 10 députés) qui s’est avéré un allié indéfectible depuis janvier, notamment lors des votes cruciaux de cet été sur les accords sur le troisième programme d’aide. Au total, M. Tsipras peut s’appuyer sur une majorité de 155 sièges sur 300, certes moins importante que celle dont il disposait jusqu’à présent (et qui comptait 162 sièges) mais plus homogène, puisque l’aile gauche du parti a été écartée.

Le Premier ministre grec doit désormais s’atteler aux mesures qu’il s’est engagé à appliquer dans le cadre du troisième plan d’aide. Une première évaluation des réformes doit avoir lieu à l’automne.

Situation économique

Sur la période 2010-2012, la Grèce a connu une récession cumulée représentant 15 points de PIB : -8,9 % en 2011, -6,6% en 2012 et-3,9% en 2013. En 2014, le PIB a progressé légèrement, de 0,8%, cette performance marquant la première année de croissance depuis 2007. Cette reprise modérée a été tirée par les excellents résultats du tourisme (+10,7% pour les recettes soit 13,4 Mrds € et + 22,7% pour les visiteurs), qui se sont diffusés à l’ensemble de l’économie.

Alors que les prévisions ont fait état d’une légère croissance du PIB grec lors des deux premiers trimestres 2015 (respectivement de 0,1% et 0,9%), la Commission européenne prévoit une récession de 2,7% en 2015 et 1,3% en 2016. Le retour de la croissance ne devrait intervenir qu’à partir de 2017.

Par ailleurs, les indicateurs économiques restent très préoccupants :

- Malgré une légère inflexion en 2014, le taux chômage demeure au niveau très élevé de 26,5% en 2013, le chômage touchant fin 2014, 1 233 000 personnes et 51,2% des jeunes.

- Les finances publiques continuent de se dégrader : alors que fin novembre 2014, les autorités grecques projetaient un surplus primaire de 1,7% du PIB pour 2014, ce surplus a en définitive été ramené à 0,3% du PIB. La dette continue de croître, atteignant 177,1% du PIB en 2013 contre 157,2% du PIB fin 2012.

- Le secteur bancaire est très affaibli, notamment par les fuites de capitaux et les retraits opéré avant et après la mise en place d’un contrôle des capitaux. Le taux de créances douteuses est également particulièrement élevé.

Politique extérieure

Avec l’amplification de la crise économique et sociale en Grèce, la politique étrangère se fixe comme principal objectif de rétablir l’image et la crédibilité de la Grèce et de consolider les liens économiques et stratégiques avec les partenaires hors UE. Elle reste également marquée, depuis des années, par la volonté d’Athènes de stabiliser ses relations avec ses plus proches voisins (Turquie, Chypre, ARYM, Balkans).

Le premier objectif de la politique étrangère grecque est de contribuer à la lutte contre la crise économique qui frappe le pays

- Accent mis sur le développement de la coopération avec les Etats-Unis, la Russie, la Chine, Israël et les pays du Golfe dans le but d’attirer des investissements, trouver des financements et développer les échanges économiques

Dans les relations avec les Etats-Unis, Athènes espère attirer les investissements de la diaspora grecque. La coopération avec la Russie est motivée non seulement par la communauté d’héritage culturel et religieux mais surtout par le désir d’intensifier les relations bilatérales dans les domaines économique et énergétique. Des relations avec la Chine, la Grèce attend l’arrivée de nouveaux IDE, comme ceux dans le port du Pirée, ainsi que le développement du commerce et l’afflux de touristes.

La coopération avec Israël est notamment vue comme un moyen de bénéficier des retombées économiques de la coopération énergétique dans le cadre du triangle "Israël-Chypre-Athènes", suite aux découvertes de champs gaziers au large des côtes israéliennes et chypriotes. Enfin, la Grèce élargit ses partenariats traditionnels avec les Etats du monde arabe, en profitant de ses relations historiquement proches avec les pays de la région, pour trouver de nouvelles sources d’approvisionnement en matières premières et pour favoriser de nouveaux investissements. Les contacts s’intensifient en particulier avec les Emirats arabes unis, le Qatar et la Jordanie.

Une volonté de stabiliser son environnement régional

- Turquie

Les deux tremblements de terre qui ont touché la Turquie et la Grèce en 1999 ont été l’occasion d’un rapprochement important entre les deux pays (avec la mise en place de ce qu’il a été convenu de nommer "la diplomatie des tremblements de terre"). Plusieurs accords bilatéraux ont ensuite été conclus dans des domaines variés (énergie, immigration, tourisme, environnement…) et Athènes a soutenu le processus d’adhésion de la Turquie à l’Union européenne tout en demandant à Ankara d’en respecter pleinement les conditions (dont la normalisation avec Chypre et des relations de bon voisinage avec la Grèce). Les échanges et les investissements commerciaux grecs en Turquie (qui sont passés de 200 M$ en 1999 à 6 Mds$ en 2009) se sont multipliés et ont également contribué à l’amélioration de ces relations. La Turquie est même, depuis 2012, le premier client de la Grèce (11,7% des exportations grecques en 2013, après 10,8% en 2012), devant l’Italie (8,9%), l’Allemagne (6,5%), la Bulgarie (5,1%) et Chypre (4,2%).

Depuis 1999 les visites bilatérales se sont multipliées,. Les deux pays affichent désormais leur volonté de se concentrer sur les sujets consensuels (développement du commerce, du tourisme, etc.) pour renouer les liens et normaliser les relations bilatérales. En 2012, les deux pays ont annoncé la mise en place d’un Haut conseil intergouvernemental de coopération gréco-turc, sous la présidence des deux Premiers ministres. Il s’est depuis réuni en janvier 2013 et novembre 2014. Les deux parties ont fixé l’objectif de porter le volume global des échanges commerciaux bilatéraux à 10 Mds$, contre 5 Mds$ actuellement.

Les autorités grecques voient, dans ce rapprochement, un stimulant potentiel important pour les échanges bilatéraux. La Turquie réjouie est d’ores et déjà devenu le premier pays de destination des exportations grecques. Cette tendance encourageante concerne également les investissements. Les IDE grecs en Turquie se montent à 7 Mds$.

La relation gréco-turque reste, toutefois, complexe car les questions de fond, qui constituent les irritants de la relation bilatérale depuis de nombreuses années, sont loin d’être surmontées (différends territoriaux en mer Egée, minorités grecque en Turquie et turque en Grèce, immigration illégale en Méditerranée…).

- Chypre

Les positions de la Grèce sur la question de la réunification sont restées inchangées : soutien à une réunification autour d’une fédération bizonale et bicommunautaire, solution ’’véritablement chypriote’’ c’est-à-dire agréée par les deux parties sans pression extérieure, nécessité de respecter l’acquis communautaire, Chypre étant et devant rester pleinement membre de l’Union européenne.

La Grèce dénonce, par ailleurs, le manque de bonne volonté des Chypriotes-turcs ainsi que l’ingérence d’Ankara dans le dossier, y compris sa contestation des explorations gazières lancées par Nicosie au large de Chypre. La coopération gréco-chypriote s’est encore intensifiée lors de la présidence chypriote de l’UE : mise à disposition d’experts grecs, coordination dans le cadre des négociations sur le cadre financier pluriannuel.

- Ancienne République Yougoslave de Macédoine (ARYM)

La Grèce s’oppose à la reconnaissance internationale de l’ARYM sous le nom de Macédoine depuis 1991 (date à laquelle le pays a proclamé son indépendance) considérant que cette dénomination appartient exclusivement à son patrimoine historique national. Ce nouvel Etat a donc été admis à l’ONU, en 1993, sous le nom provisoire d’"Ancienne république yougoslave de Macédoine" (ARYM en français, FYROM en anglais). Depuis 1995, un accord intérimaire bilatéral définit les relations entre Athènes et Skopje, en attendant qu’une solution au différend puisse être trouvée. En avril 2008, en l’absence de tout progrès sur cette question du nom, la Grèce a opposé son veto à l’entrée du pays dans l’OTAN au sommet de Bucarest. Par ailleurs, pour cette même raison, Athènes continue aujourd’hui à s’opposer à toute décision du Conseil visant à l’ouverture des négociations d’adhésion à l’UE pour Skopje.

Un processus de négociations pour résoudre les différents ayant surgi en relation avec la dénomination constitutionnelle de l’Etat est en cours sous les auspices de l’ONU et de son médiateur, Matthew Nimetz. Les dernières rencontres n’ont cependant pas donné de résultats à ce stade.

La Cour Internationale de Justice a été saisie, le 17 novembre 2008, par l’ARYM pour violation par la Grèce de l’accord intérimaire signé par les deux Etats en 1995 (en raison de son veto à l’adhésion de l’ARYM à l’OTAN, en avril 2008). Elle a rendu sa décision le 5 décembre dernier : elle a estimé que la Grèce a manqué à l’obligation que lui impose l’article 11 de cet accord intérimaire (qui énonce que la Grèce ne s’opposera pas à l’admission de l’ARYM dans les organisations internationales ou régionales dont la Grèce est membre, dans la mesure où l’ARYM ne demande pas l’adhésion sous une appellation différente) et a débouté Skopje sur ses principales revendications.

Aujourd’hui, Athènes maintient ses positions sur ce litige (pour le choix d’un nom "utilisable et utilisé") tout en rappelant son souhait d’établir de bonnes relations entre les deux pays. D’autres éléments jouent les irritants : l’utilisation par Skopje de certains symboles (le "soleil de Vergina", par exemple, qui est un motif décoratif découvert dans la tombe de Philippe II, en territoire grec) ou de noms de figures historiques (notamment pour renommer un certain nombre d’ouvrages publics comme des stades ou des autoroutes) qu’Athènes considère appartenir au patrimoine grec.

- Balkans

Traditionnellement présente dans les Balkans, la Grèce soutient l’adhésion à l’Union Européenne de l’ensemble des pays de cette zone sur la base du principe de pleine adaptation aux valeurs européennes. Elle voit dans le processus d’élargissement la possibilité de stabiliser son environnement régional et de favoriser le règlement des différends bilatéraux avec ses voisins. Elle est donc très favorable à la libéralisation des visas avec les Etats des Balkans et a attaché une importance particulière à ce que la Serbie fasse partie de la première vague de cette libéralisation.

Mise à jour : 02.10.15


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