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La France et le Ghana

Brève

Entretien de Laurent Fabius avec Hanna Tetteh, ministre des affaires étrangères du Ghana (11 septembre 2014)

Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères et du développement international, s’est entretenu le 11 septembre avec son homologue ghanéenne, Hanna Tetteh. Depuis mars 2014, le Ghana assure la présidence de la communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest.

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Présentation

Relations politiques

Depuis la visite officielle à Paris du Président Mahama en mai 2013, la relation bilatérale entre la France et le Ghana se renforce. Un dialogue politique bilatéral annuel, au niveau des secrétaires généraux des deux ministères des Affaires étrangères a été mis en place. Il s’est tenu en octobre 2013 à Paris puis en octobre 2014 à Accra, précédé, à chaque fois, par un entretien entre les Ministres des affaires étrangères. Les deux administrations ont notamment un dialogue étroit sur les sujets régionaux et internationaux. La troisième session de ce dialogue devrait se tenir à Paris à l’automne 2015.

Principales visites récentes de personnalités françaises au Ghana :

  • Février 2008 : Déplacement au Ghana du Secrétaire d’Etat aux sports, M. Bernard Laporte, pour assister à la finale de la Coupe d’Afrique des Nations.
  • Septembre 2008 : Déplacement de M. Alain Joyandet, Secrétaire d’Etat à la coopération et à la francophonie, pour le 3ème forum de Haut niveau sur l’efficacité de l’aide.
  • Février 2009 : Déplacement de Mme Anne-Marie Idrac, Secrétaire d’Etat chargée du commerce extérieur.
  • Août 2012 : Déplacement de Mme Benguigui, ministre déléguée à la Francophonie, à l’occasion des funérailles du Président Atta Mills.
  • Janvier 2013 : Déplacement de Mme Benguigui, ministre déléguée à la Francophonie, à l’occasion de l’investiture du Président Mahama.
  • Novembre 2013 : Déplacement de Mme Nicole Bricq, ministre du Commerce extérieur, pour s’entretenir avec les ministres de l’Énergie et du Commerce et de l’Industrie.
  • Octobre 2014 : Déplacement à Accra du SGA du Ministère des Affaires étrangères, pour la tenue de la 2ème session du dialogue politique
  • Août 2015 : Déplacement de Mme Ségolène Royal, ministre de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie.

Principales visites récentes de personnalités ghanéennes en France :

  • Juin 2007 : Déplacement en France du Président John Kufuor et du Ministre des Affaires Etrangères Nana Akufo-Addo
  • Mars 2008 : Visite de travail en France de M. Samuel Owusu-Agyei, Ministre de la Réforme du Secteur public.
  • Décembre 2009 : Déplacement à Paris de Mme Hannah Tetteh, Ministre du Commerce et de l’Industrie
  • Mai 2010 : Participation du Vice-Président M. John Mahama et de la Ministre du Commerce et de l’Industrie Mme Hannah Tetteh au sommet Afrique-France de Nice.
  • Mai 2013 : Visite officielle du Président Mahama
  • Le 10 octobre 2013 : Déplacement à Paris de Mme Hannah Tetteh, Ministre des Affaires étrangères, pour s’entretenir avec son homologue Laurent Fabius
  • Le 24 octobre 2013 : Déplacement d’une délégation conduite par le secrétaire général ghanéen aux affaires étrangères, M. Leslie Kojo Christian pour la première session de dialogue politique
  • Décembre 2013 : Participation du Président Mahama au Sommet de l’Elysée.
  • Septembre 2014 : Déplacement à Paris de Mme Hannah Tetteh, Ministre des Affaires étrangères, pour s’entretenir avec son homologue Laurent Fabius
  • Mai 2015 : visite en France du Président du Parlement ghanéen, M. Edward Adjaho.
  • Octobre 2015 : Déplacement à Paris et à Bordeaux du Président Mahama ; entretiens avec le Président de la République et avec Alain Juppé, Maire de Bordeaux
  • Octobre 2015 : Déplacement à Paris de Mme Hannah Tetteh, ministre des Affaires étrangères, pour s’entretenir avec son homologue Laurent Fabius
  • Novembre 2015 : Déplacement d’une délégation conduite par le secrétaire général ghanéen aux affaires étrangères, M. Leslie Kojo Christian pour la troisième session de dialogue politique
  • Novembre 2015 : Participation du Président Mahama à Paris au déjeuner organisé à Paris par le Président de la République avec des chefs d’Etats africains en amont de la COP21
  • Décembre 2015 : Participation du Président Mahama à la session d’ouverture de la COP21.

Relations économiques

Commerce

Une forte contraction du commerce bilatéral franco ghanéen (959 M€ contre 1170 M€) a été observée en 2014. Elle est imputable à la baisse très marquée de nos exportations (198 M€, soit -36,2%) due à un ralentissement de la demande ghanéenne de biens importés et à l’absence de grands contrats en cours d’exécution. Le déficit bilatéral s’est creusé à -563,5 M€.
Les exportations françaises ont toutefois fortement rebondi au cours du premier semestre 2015 (144 M€ ; +89% en glissement annuel), marquant ainsi un début de rétablissement de notre position commerciale au Ghana.
Les succès français au Ghana sont essentiellement le fait de Technip qui depuis 2009 a signé 2,5 Mds€ de contrats pour les différents champs pétrolifères ghanéens. Peuvent également être rappelés les contrats signés ces cinq dernières années par Forclum (équipements électriques), Alcatel Lucent (réseau de fibres optiques et de téléphonie mobile 4G) ou encore Gemalto (systèmes d’information).
Les ventes françaises demeurent toutefois très concentrées autour de trois grands secteurs qui en représentent près de 70% (produits pétroliers raffinés, spécialités pharmaceutiques, agro-alimentaire). Des marges de développement non négligeables existent donc, notamment dans les secteurs liés à la gestion déléguée (distribution de l’eau, traitement des déchets, transport urbain, services de santé…), les biens de consommation de luxe intermédiaire, l’agroalimentaire et le tourisme.

En outre, il est à noter que la délimitation de la frontière maritime avec la Côte d’ivoire est un sujet sensible qui a été l’objet de discussions informelles jusqu’en 2013. A la fin de 2014, le différend a été porté devant une juridiction spéciale relevant de la convention de l’ONU sur le droit de la mer. En février 2015, Abidjan a déposé un recours devant le Tribunal international du droit de la mer afin que le Ghana cesse toute activité d’exploration et d’exploitation pétrolifère dans la zone offshore proche de la frontière maritime entre les pays. Cela pourrait impacter les investissements en cours sur le champ de TEN pour lequel Technip est un fournisseur important.

Investissements

Selon la CNUCED, les IDE reçus par le Ghana en 2014 se sont élevés à 3,36 Mds$, contre 3,23 Mds$ en 2013 soit une progression de 4%
D’après les données Banque de France, le Ghana était, en 2014, la 8ème destination pour nos investissements directs en Afrique subsaharienne, avec des flux de 107,2 Mds$ et un stock de 861 Mds$. A ce jour, ces investissements correspondent essentiellement à des opérations de modernisation de capacité parmi la quarantaine de filiales locales d’entreprises françaises présentes au Ghana (nouveau siège de la Société Générale, modernisation du réseau de distribution de Total, extension des installations portuaires par Bolloré, augmentation de capacité pour les outils de production existants en ce qui concerne Air Liquide, Grel et Golden Exotics) auxquelles peuvent être ajoutées une vingtaine d’investissements de Français indépendants.

A noter cependant l’exploitation de plus de 20 000 ha de plantations d’hévéa par GREL, filiale de la SIPH détenue à 24,4% par Michelin, le rachat par Danone, en partenariat avec le fonds d’investissement Abraaj, de Fan Milk fabricant et distributeur de produits laitiers et jus de fruits, Touton qui a investi dans une unité de transformation de cacao ainsi que le choix du Ghana comme plateforme régionale par des entreprises de biens de consommation (L’Oréal, Pernod Ricard) attirées par l’émergence d’une classe moyenne.

Deux très importants projets français méritent également d’être signalés. Dans le cadre de sa joint-venture avec Maersk, Bolloré Logistics va investir 750 M$ pour l’extension du port de containers de Tema. EDF a par ailleurs un projet de centrale thermique d’un montant d’environ 200 M$.

Coopération civile

La coopération française au Ghana a vu son volume global augmenter significativement ces dernières années avec en 2004 la signature du contrat de désendettement et de développement (C2D), suivie en 2005 par notre décision de rejoindre le MDBS (Multi Donor Budgetary Support), et la reprise des engagements de l’Agence Française de Développement (AFD).

La France et le Ghana ont signé le 28 mai 2013 un nouveau Cadre de Partenariat (DCP) pour la période 2013-2016. Cette signature a eu lieu au cours de la visite officielle du Président Mahama. Ce DCP illustre nos engagements en matière de concentration, de coordination et d’efficacité de l’aide. Le DCP France Ghana 2013 – 2016 est cohérent avec la programmation conjointe Union européenne. Il répond aux priorités du gouvernement ghanéen en matière de développement, de croissance et de réduction de la pauvreté, fixées par le GSGDA 2010-2013 (Ghana Shared Growth and Development Agenda).

Ce partenariat entre la France et le Ghana pour la période 2013 -2016 s’articule autour de 4 axes prioritaires et porte sur entre 300 et 440 millions d’euros d’engagements nouveaux (dont 90% de prêts) :

- développement durable (entre 371 et 431 M€) : intervention de l’AFD, essentiellement sur prêt, éventuellement complété par des subventions de l’UE, dans le secteur agricole (avec suivi des impacts sociaux et environnementaux), et dans le secteur énergétique (production d’énergie renouvelables, transport et distribution).

- soutien à la croissance (entre 323 et 396 M€) : intervention de l’AFD, essentiellement sur prêt, dans des projets globaux de développement urbain (transports, aménagement des quartiers, traitement des déchets, assainissement), et appui aux très petites et moyennes entreprises (garanties ARIE et facilités micro et méso finance, hors PROPARCO).

- gouvernance (entre 24 et 31M€) : soutien à la réforme du secteur public et décentralisation (projet FSP), soutien à la société civile (FSD), coopération de sécurité et de défense (officiers de liaison, soutien aux centres de formation du français en milieu militaire, projet FSP « sécurité maritime ») et aide budgétaire globale.

- culture, langue française, université et recherche (entre 3,7 et 5,1 M€) : activités de l’Institut français, appui à la préparation d’une réforme visant à rendre le français obligatoire au lycée, développement de l’offre des cinq alliances françaises, dialogue avec l’OIF, dialogue avec l’Université ghanéenne, soutien à la recherche pour le développement via les institutions françaises (CIRAD, IRD, IFRA), politique de bourses et d’invitations.

L’Agence Française de Développement (AFD) au Ghana

Depuis 30 ans d’existence au Ghana, l’AFD a octroyé 1,3 Mds€ de financements via une centaine de projets. En 2012, nous avons gelé nos prêts souverains, conformément à la Doctrine Lagarde (pays pauvre prioritaire, à risque de surendettement modéré, et n’ayant pas de programme FMI), ce qui a entraîné une forte contraction des activités de l’Agence. A partir de 2013, les difficultés macroéconomiques et budgétaires du Ghana, conjuguées à la volonté du gouvernement ghanéen de ne pas reconduire de programme avec le FMI, ont imposé la suspension des nouveaux engagements de l’AFD sous forme de prêts souverains. Malgré la conclusion d’un accord avec le FMI en avril 2015, la dégradation concomitante, par le FMI, du cadre de viabilité de la dette en risque élevé (pays rouge), a empêché une reprise des prêts à l’Etat.
Conformément aux DCP 2013-2016 signé en mai 2013, l’Agence est présente dans quatre secteurs prioritaires (énergie, agriculture, développement urbain, eau et assainissement) auxquels s’ajoute le secteur financier et privé, notamment au travers de sa filiale Proparco. Mais, seule une subvention de 1,5M€ pour le renforcement des capacités des acteurs de la microfinance aura pu être octroyée en 2015. Le total d’engagements depuis 2013 d’à peine 2,5 M€ est donc très loin des perspectives annoncées (250 à 400 M€ d’engagements).
Dans cet environnement économique fortement dégradé, les perspectives d’engagements sur 2016-2017 demeurent faibles. L’absence de visibilité quant à l’amélioration du cadre de viabilité de la dette ne permet pas de poursuivre les instructions démarrées sur prêts souverains, et en particulier de répondre à la requête faite par le Gouvernement ghanéen en août 2014 d’une nouvelle contribution au District Development Fund en faveur des municipalités ghanéennes, de soutenir l’électrification rurale au nord du pays via NEDCo, ou encore de poursuivre nos actions de longue date en faveur du développement des cultures pérennes.

En l’absence d’une nette amélioration de la situation macroéconomique, les perspectives de financements non souverains restent difficiles à concrétiser. Dans l’énergie en particulier, les opérateurs, qui sont les contreparties historiques de l’Agence, souffrent de la situation de crise du secteur et des arriérés de paiement de l’Etat qui, via ECG, rejaillissent sur l’ensemble de la chaîne des opérateurs.

Le pays s’oriente désormais vers des prêts non souverains.

Néanmoins, le projet Kumasi Extension, engagé en décembre 2012 via un prêt souverain de 37,5M€ puis suspendu de fait, comme les autres prêts souverains, a été relancé par le Président de la République, à la demande du Président Mahama, le 5 octobre 2015. Il vise à compléter deux autres projets de réalisation d’infrastructures routières et de drainage majeures à Kumasi et permettra ainsi la mise à niveau et la prolongation de deux routes. Il intègre des composantes d’assistance technique pour le suivi et renforcement des capacités en matière de sécurité des travaux, d’appui au processus de déplacement et de compensations des riverains, de maintenance des drains et sécurité routière.
La maîtrise d’ouvrage sera assurée par le Département des Routes Urbaines (DUR) du Ministère des Routes. Le projet a fait l’objet d’un montage institutionnel innovant lors de l’instruction, acté par un Protocole d’accord entre la municipalité de Kumasi et DUR, assurant un pilotage coordonné de la route et du drain. La signature de la convention doit être soumise à l’approbation du Parlement ghanéen.

Autres types de coopération

La coopération militaire et de défense

Notre coopération militaire avec le Ghana est principalement axée sur la formation. Elle passe par la participation française au Centre International de Formation au Maintien de la Paix « Kofi Annan » (KAIPTC), l’enseignement du français en milieu militaire, l’envoi d’officiers ghanéens en stage en France ou dans les Ecoles Nationales à Vocation Régionale (ENVR). Un officier de liaison occupe un poste de directeur de stage auprès du KAIPTC. Il est en charge de l’organisation de stages annuels au profit d’officiers supérieurs ouest-africains, et des relations avec les autres centres de formation au maintien de la paix de la CEDEAO. En liaison avec l’attaché de défense, non résident en poste à Lomé (Togo), il est l’interlocuteur des Forces Armées Ghanéennes et propose et coordonne les actions de coopération militaire et de défense.

La coopération policière

Notre coopération est complémentaire avec l’assistance britannique, notamment dans le domaine de la lutte contre les trafics internationaux. Plusieurs missions d’experts ont été déployées pour des formations (techniques d’enquête et de surveillance) et des audits.

La coopération de sécurité intérieure au Ghana est menée conjointement par les ministères des Affaires étrangères et de l’Intérieur.

La coopération européenne

Pour la période 2014-2020, la dotation au titre du 11ème FED, l’UE prévoit une enveloppe pays de 323 M€ (contre 373,6 M€ pour le 10ème FED) concentrée sur : la gouvernance, l’agriculture ainsi que la politique sociale et l’emploi. . Il s’agit d’une enveloppe de dons, qui peuvent être mixés à des prêts. L’AFD est autorisée à instruire des projets s’inscrivant dans le cadre des FED en lieu et place de l’UE (instruction déléguée).

Les principaux bailleurs au Ghana sont la Banque mondiale (1,5 milliards de dollars pour 2013-2016), la Banque africaine de développement (200 M$ en 2012), les Etats-Unis (166 M$ en 2012), le Royaume-Uni (150 M$ en 2012) et l’Union européenne (180 M$ en 2012).

Mis à jour : 20.01.16

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