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Réactions de Laurent Fabius à l’élection de Barack Obama (7 novembre 2012)

Entretien de Laurent Fabius avec "France 2" (7 novembre 2012)

Q - Quelle est votre réaction à l’élection de Barack Obama ?

R - C’est une bonne nouvelle. Parce que je pense que le président Obama est le plus capable de faire face aux défis qui attendent les Américains : problèmes budgétaires, problèmes de l’emploi, problèmes de l’immigration.

Et puis c’est une bonne nouvelle pour la France aussi parce que l’on a d’excellentes relations avec l’administration Obama, parce que l’on va essayer ensemble d’affronter les crises qui existent : la Syrie, l’Iran, Israël-Palestine, le terrorisme. Donc, c’est un jour positif.

Q - Barack Obama ne s’est semble-t-il pas toujours intéressé à l’Europe parce que, tout simplement, pour lui l’Europe ne semble être ni une solution, ni un problème. Qu’attendez-vous de lui en ce qui concerne l’Europe et en ce qui concerne la France ?

R - En ce qui concerne l’Europe, M. Obama est sur la même ligne que nous pour ce qui est de la croissance et c’est absolument capital. Il met l’accent sur le fait que les États-Unis d’une part et l’Europe d’autre part doivent pousser les feux de la croissance sinon on ne résoudra pas le problème de l’emploi. Il l’a déjà fait dans le passé et on compte sur lui et sur son administration pour nous aider à plaider pour la croissance. C’est un point important.

Et il y a un autre point qui est ce que l’on nomme en anglais « global government » c’est-à-dire qu’il y a des problèmes qu’on ne peut régler que s’il y a une gouvernance globale, je pense en particulier à la question du climat.

Donc, nous attendons du président Obama qu’il continue d’avancer avec nous sur ce chemin-là.

Q - Et sur les grands dossiers internationaux, par exemple, il n’a semble-t-il pas avancé sur la question du Proche-Orient et d’Israël dans son conflit avec la Palestine. Qu’attendez-vous de lui ?

R - Je pense qu’il y aura un contact très rapide et nécessaire entre le président Obama et le président français. Moi-même j’aurai cet après-midi au téléphone Hillary Clinton parce que, sur ces questions, nous avons besoin que les États-Unis s’engagent. C’est vrai pour la Syrie où, dans les derniers temps, les Américains ont été un peu en retrait. C’est vrai pour l’Iran, où nous avons absolument besoin de faire pression sur les Iraniens pour qu’ils n’aillent pas vers l’arme nucléaire, et sur la question israélo-palestinienne où il faut que les Américains nous aident à faire reconnaître les droits des Palestiniens.

Q - Qu’avez-vous envie de dire à M. Obama ?

R - Good luck Mister President.

Propos de Laurent Fabius à la sortie du Conseil des ministres (7 novembre 2012)

C’est d’abord une excellente nouvelle pour les États-Unis puisque le président Obama a toute capacité pour affronter les défis qui sont ceux des États-Unis, l’emploi, la croissance, la réduction du déficit budgétaire, les problèmes d’immigration et les problèmes d’éducation.

C’est une très bonne nouvelle pour l’Europe et pour la France. En effet, la France a de très bonnes relations avec l’administration américaine et, sur les thèmes comme la croissance ou le climat, nous comptons continuer de travailler ensemble.

Par ailleurs, nous avons besoin de l’appui des Etats-Unis sur des questions comme l’Iran, la Syrie et le conflit israélo-palestinien. C’est donc une bonne nouvelle, c’est un jour excellent. Mais la tâche ne sera pas facile pour l’administration américaine parce que, comme vous le savez, la Chambre des représentants est restée républicaine, mais je veux souhaiter très bonne chance au président Obama et au peuple américain.

Je verrai cet après-midi Hillary Clinton pour une conférence téléphonique, c’est en tout cas un jour positif.

Q - Redoutiez-vous l’élection de M. Romney ?

R - Je fais confiance au peuple américain, l’élection a eu lieu.


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