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Présentation de l’Estonie

Présentation

Données générales

Données géographiques

Nom officiel : République d’Estonie
Superficie : 45.227 km2
Capitale : Tallinn (430 277 habitants)
Villes principales : Tartu, Narva, Kohtla-Järve, Pärnu
Langue officielle : estonien
Monnaie : euro depuis 1er janvier 2011
Fête nationale : 24 février

Données démographiques (2015)

Population : 1,311 million d’habitants
Croissance démographique : - 0,1 %
Espérance de vie : hommes : 72,3 / femmes : 81,5
Indice de développement humain : (classement ONU) : 30ème rang

Données économiques (2015)

PIB : 19,9 Mds €
PIB/hab : 15 171 € (23ème rang de l’UE)
Salaire mensuel brut moyen : 1 045 € (France : 2870 €)
Salaire minimum : 390 € (France 1 457 €)
PIB/hab en parité de pouvoir d’achat : 76 % de la moyenne européenne
Taux de croissance : 1,1 % (2,9 % en 2014, 0,8 % en 2013)
Taux de chômage : 6,2 % (2014 : 7,3 %, 2013 : 8,6 %)
Taux d’inflation : 0,1 % (2014 : 0,5 %, 2013 : 2,8 %)
Déficit public/PIB : +0,4 % (2014 : -0,4 %)
Dette publique : 9,7 %

Dépenses R&D : 1,4 % du PIB (moyenne UE28 : 2,03 %)

Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB (2014) :

  • agriculture : 3,9 %
  • industrie et construction : 26,1 %
  • services : 71 % Exportations de la France vers l’Estonie (2015) : 244 M€ , 15ème fournisseur, -5 % Importations françaises d’Estonie (2015) : 279 M€ , 13ème client, +16% Solde commercial (2015) : 35 M € en faveur de l’Estonie (16 M € en 2014 en faveur de la France) IDE français fin 2015 : 199,2 M € , 16ème investisseur direct en Estonie. Part de marché de la France : 1,2 % L’Estonie est le 90ème client et 90ème fournisseur de la France

Principaux clients : Suède (19 %), Finlande (15 %), Lettonie (11 %)
Principaux fournisseurs : Finlande (14 %), Allemagne (11,5 %), Suède (8 %)

Consulat général de France : Tallinn
Communauté française en Estonie : 145 français immatriculés
Communauté estonienne en France : environ 200 personnes

L’Estonie et l’UE

Contribution nationale au budget de l’UE en 2014 : 178 millions €
[1 402 millions € pour 2014-2020]
Fonds européens perçus en 2014 : 667 millions €

[5 893 millions € pour la période pour 2014-2020], dont :

  • 683 millions € au titre de la politique de cohésion [3 790 pour 2014-2020]
  • 235 millions € au titre de la PAC [1 007 pour 2014-2020] Bénéficiaire net en 2014 : 448 millions €, [4 491 pour 2014-2020],

Nombre de députés au Parlement européen : 6 sur 736
Nombre de voix au Conseil de l’UE depuis 2014 (en fonction de la population) : 0,27 %

Politique intérieure

Prochaines échéances électorales : présidentielle en août-septembre 2016, municipales en 2017.

L’Estonie a recouvré son indépendance en 1991 et s’est donné en 1992 une constitution instaurant une démocratie parlementaire. Le parlement monocaméral, le Riigikogu (101 membres), élu pour 4 ans à la représentation proportionnelle, adopte les lois, décide de l’organisation des référendums, investit le gouvernement et élit le président de la République. Élu pour cinq ans à la majorité des deux tiers du parlement, ce dernier représente le pays à l’étranger, promulgue les lois, propose la nomination du Premier ministre au Parlement (qui vote la confiance) et exerce le commandement en chef des armées. Le Premier ministre détient l’essentiel du pouvoir. Son gouvernement met en oeuvre la politique intérieure et extérieure et partage le pouvoir d’initiative des lois avec le Riigikogu ainsi qu’avec le Président.

M. Toomas Hendrik Ilves a été élu à la présidence en 2006, puis reconduit pour un second mandat en septembre 2011. Ancien ministre des Affaires étrangères et ancien député européen, il a personnifié durant ses deux mandats l’ancrage européen du pays. Les 29 et 30 août 2016, les députés ont tenté au cours de trois tours d’élire le futur président mais on échoué à donner à l’un des candidats la majorité requise des deux tiers. En conséquence, c’est un collège élargi, composé des 101 députés et de quelque 230 représentants des communes, qui se réunira fin septembre 2016 pour élire le chef de l’État.

M. Andrus Ansip, du Parti de la réforme (centre droit libéral), qui était à la tête du gouvernement depuis avril 2005, a quitté le pouvoir le 4 mars 2014, afin de préparer son passage à la Commission européenne (qu’il a intégrée en novembre 2014 en tant que vice-président en charge du marché unique numérique). Son ministre des Affaires sociales, M.Taavi Rõivas, a été désigné le 24 mars 2014 à la tête de la grande coalition gouvernementale entre libéraux du Parti de la réforme et sociaux-démocrates, devenant au passage le plus jeune Premier ministre de l’Union européenne (35 ans).

Les dernières élections législatives se sont déroulées le 1er mars 2015 (taux de participation de 64 %, dont 30 % de votants ayant exprimé leurs suffrages par vote électronique). Le Parti de la réforme a confirmé sa première place sur la scène politique estonienne, sans pour autant atteindre la majorité absolue (27 % des voix), devant le parti du Centre, mené par le russophone Edgar Savisaar, isolé par sa proximité avec le parti Russie Unie de M. Poutine. M. Taavi Rõivas a été reconduit dans ses fonctions, à la tête d’un gouvernement composé du Parti de la réforme, des sociaux-démocrates et du parti conservateur Union pro Patria et Res Publica (IRL).

Les russophones représentent 25 % de la population (environ 350 000 personnes). Approximativement 70 000 d’entre eux ont opté, depuis l’indépendance, pour la nationalité estonienne, tandis que 100 000 autres, souvent âgés, ont choisi la nationalité russe. Le reste de ce groupe, les « non-citoyens », représentait 6 % de la population en janvier 2016(contre 32 % en 1992). Ils disposent de passeports spéciaux, de la liberté de circulation au sein de l’espace Schengen, de droits sociaux et du droit de vote aux élections locales. La décision, prise par les autorités russes en juin 2008, de dispenser les non-citoyens d’Estonie de visas pour entrer en Russie est cependant de nature à ralentir le processus de naturalisation : libres de circuler dans l’espace Schengen et en Russie, disposant sensiblement des mêmes droits que les citoyens estoniens, les non-citoyensrussophones ont peu de motivations pour demander la citoyenneté estonienne. Les relations entre Estoniens de souche et russophones restent une question sensible : le ministre des Finances, M. Jürgen Ligi, a ainsi dû démissionner en novembre 2014 pour avoir traité le ministre de l’Éducation, M. Jevgeni Ossinovski, de « fils d’immigrant russe ».

Situation économique

Admise à l’OCDE en mai 2010, l’Estonie a réussi son passage d’une économie administrée et centralisée à une économie de marché dynamique, libéralisée par des gouvernements successifs qui ont observé une stricte orthodoxie budgétaire, tout en menant à bien la modernisation du pays.

Après deux années d’une récession très profonde, l’Estonie a retrouvé en 2010 le chemin d’une croissance robuste et assainie. Cette tendance s’est poursuivie et intensifiée en 2011 (7,6 %) et 2012 (3,9 %), mais reste tout de même tributaire des évolutions d’un environnement extérieur incertain, qui amènent à une révision à la baisse des perspectives actuelles de croissance : de 3,5 à 2,5 puis 1,1 % en 2015. Elle devrait se situer à 2 % en 2016. Le commerce extérieur n’a toutefois pas souffert autant que son exposition à la Russie (de l’ordre de 10 %) pouvait le laisser craindre, même si les sanctions et contre-sanctions adoptées par l’Union européenne et par la Russie en 2014 ont eu un impact certain sur les exportations agricoles estoniennes.

Les finances publiques sont toujours aussi exemplaires, et le gouvernement n’entend pas déroger à sa traditionnelle orthodoxie en la matière, qui a permis au pays de rejoindre la zone euro le 1er janvier 2011. En 2015, l’Estonie affichait un taux d’endettement public de 9,7 % et dégageait un excédent budgétaire de 0,4 %. Le taux de chômage a continué à décroître, en s’établissant à 6,2 % en 2015, alors qu’il était encore de 10,2 % en 2012.

Il convient par ailleurs de souligner quelques singularités qui font de l’Estonie un pays propice aux investissements. Le numérique est devenu un réel levier de croissance depuis l’indépendance, facilitant les procédures administratives (signature électronique, possibilité de création d’entreprise en quelques heures) et attractif pour des investisseurs étrangers : en 2014, l’Estonie a été le premier pays au monde à créer une « e-résidence », qui donne à des ressortissants de pays tiers accès à certains des services en ligne proposés par l’État estonien à ses citoyens (création d’entreprises, opérations bancaires, signature numérique sécurisée, etc.). Un nombre de 10 millions d’« e-Estoniens » (soit près de 8 fois la population locale actuelle) est attendu d’ici 2025 et, en septembre 2016, on en comptait déjà près de 12 000. Enfin, le système fiscal est réputé pour sa simplicité, l’Estonie ayant opté pour la « flat tax », impôt proportionnel à taux unique, fixé à 20 % depuis le 1er janvier 2015 ; l’impôt sur les sociétés ne taxe que les dividendes et non les bénéfices.

La sécurité énergétique est au cœur des préoccupations des autorités estoniennes :

Riche en schistes bitumineux, l’Estonie tire de cette ressource une très grande partie de sa production énergétique (80 %, et jusqu’à 90 % dans le cas de l’électricité). Ces ressources naturelles lui permettent de réduire à 12 % son taux de dépendance énergétique, et d’être même auto-suffisante en matière de production électrique. L’Estonie est ainsi exportatrice nette d’électricité, notamment vers la Finlande, la Lettonie et la Lituanie.

Toutefois, cette filière est menacée par l’obsolescence des chaudières et turbines utilisées, mises en service pour l’essentiel dans les années 1960 (rendements décroissants, incompatibilité de plus en plus marquée avec les exigences communautaires en termes climatiques). L’Estonie a entrepris de moderniser ses installations par des investissements dans des équipements plus performants en matière d’émissions de dioxyde de soufre et d’oxydes d’azote (fournis par Alstom début 2009).

Parallèlement, l’Estonie a engagé une diversification de ses approvisionnements énergétiques en développant la biomasse (bois) et l’éolien. La part des énergies renouvelables dans la production totale d’énergie est aujourd’hui de 14 %. En 2013, le pays avait réduit ses émissions de gaz à effet de serre de 46 % par rapport à leur niveau de 1990, s’inscrivant pleinement dans les engagements pris par l’Union européenne en la matière.

S’il ne représente que 9 % du total, le gaz occupe une place à part, dans la mesure où il est à 100 % importé de Russie et qu’il couvre encore 40 % des besoins en chauffage urbain (70 % à Tallinn), secteur sensible pour la population compte tenu de la rigueur des hivers estoniens. Les efforts déployés en vue du développement du chauffage à partir de la cogénération et de l’incinération des déchets permettent une baisse constante de ce chiffre. Toutefois, cette réalité fait de la diversification des approvisionnements en gaz un enjeu majeur pour le pays : un gazoduc, « Balticconnector », devrait relier d’ici fin 2019 deux terminaux de GNL finlandais et estonien en construction.

Tallinn soutient le projet de construction d’une centrale nucléaire balte (en territoire lituanien, à Visaginas). Ce dossier a cependant subi un coup d’arrêt, suite au référendum consultatif lituanien d’octobre 2012, qui a vu les deux tiers des électeurs consultés se prononcer contre ce projet. L’Estonie, tout comme la Lettonie et la Lituanie, est une partisane convaincue du nucléaire civil.

Enfin si, jusqu’en 2006, l’Estonie constituait avec ses voisins baltes un îlot énergétique au sein de l’Union européenne, puisque son réseau électrique n’était relié qu’à celui de l’ex-URSS, la situation a nettement évolué au cours des 5 dernières années : un premier câble électrique entre l’Estonie et la Finlande (Estlink-I, 350 Mw) a été posé en 2006, et un second, Estlink-II (650 Mw), financé en partie par l’UE, a commencé à fonctionner début 2014. Le contrat de fourniture et de pose de ce second câble a été remporté en décembre 2010 par le groupe français Nexans.

Politique extérieure

Relations avec la Russie

La Russie ne reconnaît pas la continuité de l’État estonien depuis sa première indépendance en 1918 : ainsi, l’accord frontalier russo-estonien signé en 2005 n’a jamais été ratifié par la Douma au motif que le Parlement estonien, lorsqu’il avait lui-même ratifié ce texte, avait rajouté un préambule faisant référence au traité de paix de Tartu de 1920 (ce qui établit implicitement le principe d’une continuité étatique estonienne depuis 1918, et donc d’une occupation de l’Estonie par l’Union soviétique entre 1940 et 1991). De nouveaux traités de délimitation de la frontière d’État et des espaces maritimes communset ont été signés par les parties le 18 février 2014. Ils prévoient notamment l’échange de territoires d’une extension presque identique (entre 125 et 130 hectares).

La crise ukrainienne a de nouveau tendu les relations entre l’Estonie et la Russie. Le rattachement de facto de la Crimée à la Russie a ravivé les craintes des autorités estoniennes, au sujet de la sécurité de leur propre frontière avec la Russie. Et le sort d’Eston Kohver, agent du service de sécurité intérieure estonien enlevé en septembre 2014 par le FSB, à proximité de la frontière russe, et libéré le 26 septembre 2015 dans le cadre d’un échange de prisonniers avec un haut fonctionnaire estonien ayant transmis des informations classifiées à la Russie, est venu encore conforter Tallinn dans ses préventions à l’égard de son grand voisin. Dans ce contexte, les mesures de réassurance décidées par la France (4 Rafale et 1 Awacs) ont été appréciées, et ont partiellement compensé la méfiance suscitée un moment par le projet de livraison de deux navires Mistral à la Russie.

Relations avec les États-Unis

Depuis la restauration de son indépendance, l’Estonie entretient des relations très étroites avec Washington. Né en exil, le Président sortant Toomas Hendrik Ilves a vécu une grande partie de sa vie aux États-Unis (il a renoncé à la nationalité américaine en 1993).

L’administration américaine soigne son allié estonien. Son soutien lors de l’accession de l’Estonie à l’OTAN, en 2004, a été décisif et les Estoniens manifestent à l’égard des États-Unis une profonde gratitude. Les rencontres bilatérales sont fréquentes. La visite du président américain à Tallinn (Estonie), le 3 septembre 2014, a permis de réaffirmer la garantie de sécurité des États-Unis et de l’OTAN aux pays baltes.

Relations avec les pays nordiques

L’Estonie attache une importance particulière au développement de ses relations avec les pays nordiques, notamment la Finlande, dont elle est proche du point de vue géographique, énergétique, linguistique et culturel (la distance de Tallinn à Helsinki n’est que de 85 km alors que Riga est à 307 km). Jouant un rôle actif dans les enceintes de concertation régionale telles que le Conseil des États riverains de la mer baltique (CEMB), elle entretient des relations étroites avec ses voisins baltes, la Lettonie et la Lituanie.

L’Estonie et l’OTAN

Depuis leur accession à l’Alliance en avril 2004, les trois États baltes bénéficient d’une mission permanente de « police du ciel » fournie, sur une base volontaire, par les Alliés. Initialement prévue pour la période 2004-2011, cette solution intérimaire a été reconduite. Une réévaluation aura lieu en 2018. La France, qui a participé à ces missions en 2007, 2010, 2011 et 2013 avec 4 Mirage, prendra à nouveau son tour en 2016 avec 4 Mirage 2000-5 sur la base de Šiauliai (Lituanie). Décidé lors du sommet de l’OTAN de juillet 2016 (Varsovie), l’envoi de 4 bataillons dans les trois pays baltes et en Pologne viendra compléter ce dispositif à partir de 2018. De manière générale, les Estoniens se montrent très favorables à un renforcement de la coopération et de la coordination entre l’UE et l’OTAN.

Depuis 2008, Tallinn accueille un centre de cyber-défense de l’OTAN. 11 pays alliés y sont représentés.

Mise à jour : 05.09.16

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