Relations bilatérales

Présentation

Relations politiques

La dialogue franco-espagnole est exceptionnellement dense et marqué par une étroite confiance, comme l’ont confirmé la visite d’Etat du Roi d’Espagne à Paris, les 2, 3, et 4 juin 2015 et les trois derniers sommets bilatéraux - rencontres annuelles franco-espagnoles présidées par le Président de la République du côté français et par le chef du gouvernement du côté espagnol. Les dernières éditions du sommet franco-espagnol se sont tenues à Madrid (27 novembre 2013), Paris (1er décembre 2014) et Malaga (20 février 2017). La relation est notamment portée par une coopération policière et judiciaire très efficace, qui a contribué à l’affaiblissement durable de l’ETA, et par des projets concrets de coopération dans le domaine, crucial pour nos deux pays, des interconnexions (énergie et transports). Nos positions sont également très proches sur l’ensemble des dossiers européens et nous partageons les mêmes préoccupations et priorités sur les grands sujets internationaux.

Dans le cadre du XXVe sommet bilatéral, tenu à Malaga le 20 février 2017,le Président du gouvernement espagnol Mariano Rajoy a accueilli le président de la République qui était accompagné de 6 ministres et 3 secrétaires d’Etat. Rappelant l’ambition du projet européen et les défis auxquels l’Union européenne doit faire face, la déclaration finale de ce sommet est venue rappeler les priorités communes de la France et de l’Espagne pour l’Europe : relance de la croissance par l’investissement ; renforcement du socle européen des droits sociaux ; achèvement de l’Union bancaire ; lutte contre le terrorisme par un meilleur contrôle des frontières extérieures ; renforcement de la politique de défense européenne ; politique migratoire.

Visites

En décembre 2014, pour le sommet franco-espagnol qui s’était tenu à Paris, M. Hollande avait reçu M. Rajoy accompagné de 7 ministres et de 2 secrétaires d’Etat. Le 4 mars 2015, le président de la République, avec le Président du gouvernement espagnol, le Premier ministre portugais et le Président de la Commission européenne, s’est rendu à Madrid pour présider un sommet sur les interconnexions énergétiques. Du 2 au 4 juin 2015, le Roi Felipe VI et la Reine Letizia ont été accueillis à Paris pour leur première visite d’Etat). Le Sommet de Malaga du 20 février 2017 a permis de relancer la relation bilatérale après 10 mois de suspension due à l’absence de gouvernement espagnol de plein exercice.

Relations économiques

La France est le premier partenaire économique de l’Espagne, avec des échanges commerciaux se montant à plus de 60 milliards d’euros par an.

Sur les 10 premiers mois de l’année 2016, notre solde commercial est excédentaire (+ 0,6 Md €) comme il l’a été les deux années précédentes. Les exportations françaises ont été plus dynamiques que les importations. La part de marché de la France en Espagne se renforce à 11,3 %, notamment du fait du dynamisme soutenu des ventes de matériels de transport et retrouve son niveau de 2008. Les échanges de matériel entre les deux pays sont en effet croissants. Or, dans ce secteur, les exportations françaises (7,4 Mds) sont plus soutenues que les importations (6 Mds). Réciproquement, l’Espagne renforce sa part de marché en France (6,4 %), à son niveau le plus haut depuis 10 ans, notamment du fait de la reprise du marché automobile français.

Les positions de nos entreprises restent stables depuis 2010, aux alentours de 11% de parts de marché, après une érosion importante enregistrée au début des années 2000. Ainsi, la France est en 2016 le 2e fournisseur de l’Espagne derrière l’Allemagne et son premier client, tandis que l’Espagne est le deuxième client de la France derrière l’Allemagne et devant les Etats-Unis, l’Italie et le Royaume-Uni.

On note un volume important d’investissement dans les deux sens : la France reste le 3e investisseur en Espagne (derrière le Royaume Uni et les USA), avec plus de 2000 filiales installées en Espagne, lesquelles emploient plus de 300 000 salariés. Les entreprises françaises en Espagne se démarquent sur certains marchés, comme la grande distribution, l’automobile et les télécommunications par les places de choix qu’elles y occupent. Les entreprises espagnoles sont implantées sur plus de 1 300 sites en France et emploient plus de 55 000 personnes.

Enfin, en ce qui concerne le secteur financier, les banques françaises sont les premières détentrices de dette publique espagnole (5,4 % du total).

Coopération culturelle, scientifique et technique

Malgré la crise qui frappe l’Espagne, la coopération franco-espagnole affiche un dynamisme qui se concrétise quotidiennement par des échanges d’envergure dans les domaines éducatif, linguistique et culturel. Signe de cette coopération dynamique, une antenne du Musée Pompidou à Malaga a été inaugurée le 28 mars 2015.

Le réseau culturel français en Espagne permet une présence équilibrée sur tout le territoire, avec six Instituts français ou antennes (Barcelone, Bilbao, Madrid, Saragosse, Séville, Valence) et vingt Alliances françaises. Bien qu’elle soit la deuxième langue vivante enseignée, la position du français demeure fragile : l’apprentissage d’une deuxième langue vivante européenne à l’école n’est pas obligatoire.

Près de 2 millions de Français apprennent l’espagnol et 1,3 million d’Espagnols apprennent le français. Le réseau scolaire français en Espagne demeure le plus important réseau d’Europe et le 3e au monde, après le Liban et le Maroc. L’Espagne compte de plus 342 sections bilingues qui scolarisent 27 000 élèves. La France est, par ailleurs, le 2e pays d’accueil pour les étudiants espagnols en mobilité (plus de 6 000 en 2013-2014, au coude à coude avec le Royaume-Uni). En 2008, un accord sur la double délivrance de l’examen de fin d’études secondaires (dit accord bachibac) a été signé par les ministères d’éducation des deux pays. Il précise les modalités de la mise en place d’un cursus permettant aux candidats d’obtenir simultanément le baccalauréat et le bachillerato. L’accord-cadre intergouvernemental sur les dispositifs linguistiques, éducatifs et culturels dans les établissements scolaires, signé le 16 mai 2005 à Madrid, a consolidé les sections bilingues en langue française. Un accord relatif aux réseaux universitaires franco-espagnols a par ailleurs été signé le 20 février 2017.

La coopération scientifique et technique est fondée sur des accords de coopération qui lient les grands organismes de recherche et développement français comme le CNRS, l’INSERM, l’INRA et IFREMER à leurs homologues espagnols au sein de programmes internationaux de coopération scientifique, de laboratoires européens associés (LEA) et de participations conjointes à des groupements de recherche européens ou internationaux (GDRE-GDRI). Par ailleurs, le Centre national des études spatiales et son équivalent espagnol, le CDTI, ont signé un accord de coopération à l’occasion du Sommet bilatéral de février 2017.

Autres types de coopération

  • La coopération policière, et notamment la lutte contre le terrorisme, continue de donner de très bons résultats. L’état de faiblesse de l’ETA est le résultat des arrestations opérées tant en Espagne qu’en France : le 20 octobre 2011, l’ETA a annoncé, dans un communiqué, l’arrêt définitif de son activité armée après 43 ans de violence, sans pour autant que sa dissolution soit actée. Par ailleurs, dans un souci mémoriel et historiographique, à l’occasion du Sommet bilatéral du 20 février 2017, la France et l’Espagne ont signé un accord pour le transfert des scellés des procédures judiciaires liées à l’ETA à Madrid.. Le combat contre le danger islamiste constitue désormais un autre axe important de notre coopération en matière de sécurité intérieure.
  • En matière de coopération transfrontalière, les interconnexions sont pour l’Espagne un enjeu politique et économique majeur :

Infrastructures ferroviaires : côté Méditerranée, la liaison à grande vitesse Perpignan-Figueras, d’une longueur de 44 km, maillon clé de la liaison Madrid-Barcelone-Paris, a été inaugurée en janvier 2011. Perpignan et Figueras sont ainsi reliées en direct via un tunnel transfrontalier de 8 km au niveau du Perthus, ce qui a permis d’augmenter le trafic de 70 %. L’inauguration de la LGV Perpignan-Barcelone a eu lieu en décembre 2013. Côté Atlantique, le projet de LGV « Dax-Vitoria » est dans une phase avancée de chantier côté espagnol.

Interconnexions électriques : une ligne à très haute tension (THT) entre Baixas et Santa Llogaia doublant les capacités électriques a été inaugurée par le Premier ministre et le Président du gouvernement espagnol, le 20 février 2015. Une ligne très haute tension sous-marine est à l’étude dans le Golfe de Gascogne.

Interconnexions gazières : l’Espagne, en surcapacité gazière structurelle, a besoin de réexporter vers le Nord le gaz qu’elle importe par le Sud et par ses 6 terminaux GNL (sur les 16 que l’on compte en Europe). C’est pourquoi, côté Atlantique, des travaux de renforcement sont en cours sur les gazoducs de Larrau et de Biriatou (en Navarre et au Pays basque) pour atteindre une capacité de 7,5 Gm3/an, soit l’équivalent de 20 % de la consommation espagnole, ce qui représentera un triplement de la capacité d’échange par rapport à 2010.

Autoroutes de la mer : le financement du projet d’autoroute de la mer Nantes-Gijon (Asturies), suspendue en septembre 2014, n’est toujours pas assuré. Une seconde autoroute de la mer au départ de Vigo (Galice) a été mise en service début 2015 pour desservir Algesiras, Saint-Nazaire et Le Havre.

Relations avec les Nations unies

L’Espagne a été membre non-permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies pour le biennum 2015-2016. Le pays a siégé cinq fois au CSNU (1969-70, 1981-82, 1993-94 et 2003-2004, 2015-2016).

Mise à jour : 05.05.17

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