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Présentation

Données générales

Nom officiel : République d’Erythrée
Nature du régime : République
Chef de l’Etat et/ou du Gouvernement : M. Issayas Afeworki

Données géographiques

Superficie : 117 600 km² (CIA)
Capitale : Asmara
Villes principales : Asmara, Massaoua, Assab, Keren
Langue (s) officielle (s) : tigrinya, arabe, anglais
Langue (s) courante (s) : tigrinya, arabe, anglais, tigre, kunama, afar, autres langues couchitiques
Monnaie : Nakfa ; 1€ = 20,-3 ERN (décembre 2013)
Fête nationale : 24 mai (Jour de l’Indépendance)

Données démographiques

Population : 6,2 millions (2013)
Densité : 52,7 habitants/km² (2013)
Croissance démographique : 2,36% (2013)
Espérance de vie : 61 ans pour les hommes ; 65,4 ans pour les femmes (2013)
Taux d’alphabétisation : 67% (2009)
Indice de développement humain : 0,351 – 181ème sur 187 (2013)

Religions : Musulmans sunnites 50% ; Chrétiens orthodoxes 30% ; Catholiques 13% ; Autres (Protestants, Adventistes du Septième Jour, Témoins de Jéhovah, Bouddhistes, Hindous, Bahaïs) 7%

Données économiques

PIB : 3,09 Mds USD (2012)
PIB par habitant : 498,7 USD/habitant (2012)

Taux de croissance : 7% (2012)
Taux d’inflation : 17% (2012)
Taux de chômage (au sens du BIT) : n.d.

Déficit public : 12,4% du PIB (2012)
Dette publique : 125% du PIB (2012)

Balance commerciale : -0,635 Mds USD soit 20,6% du PIB (2012)

Principaux clients : Italie 30,5% ; Soudan 24% ; Arabie Saoudite 8,8% ; Chine 8,5% ; Royaume-Uni 5,7% ; Egypte 4,8% (2011)
Principaux fournisseurs : Arabie Saoudite 15,7% ; Egypte 11,9% ; Chine 11,1% ; Inde 8,9% ; Allemagne 7,2% ; Italie 7,2% ; Afrique du Sud 6,5% ; Brésil 5,9% ; Corée du Sud 4,3% (2011)

Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB (2012) :

  • Agriculture : 12,2%
  • Industrie : 26,9%
  • Services : 60,8%

Lien : http://www.tresor.economie.gouv.fr/pays/erythree

Autres

Ambassade de France : Asmara
Consulat de France : Pas de services consulaires à l’Ambassade. Notre représentation est assurée par l’Ambassade d’Italie à Asmara

Communauté française Erythrée :
Communauté érythréenne en France : environ 500

Politique intérieure

A la tête du pays depuis l’indépendance en 1993, le Président Issayas Afeworki du Front Populaire pour la Démocratie et la Justice (parti unique issu en 1994 du Front populaire de Libération de l’Erythrée qui mena la lutte pour l’indépendance) concentre tous les pouvoirs. Le processus de démocratisation engagé en 1997 avec l’adoption d’une constitution est au point mort. Le régime érythréen a supprimé la plupart des libertés et la situation des droits de l’homme y est très préoccupante : interdiction des partis politiques ; absence d’indépendance de la justice et des prisonniers politiques toujours plus nombreux ; liberté de la presse et liberté syndicale inexistantes ; liberté de religion fortement encadrée ; arrestations et détentions arbitraires.

La citoyenneté érythréenne se confond également avec un service national à durée illimitée. depuis la guerre contre l’Ethiopie entre mai 1998 et juin 2000.
L’opposition n’a pas de rôle actif et se trouve pour l’essentiel en Ethiopie, aux Etats-Unis ou en Europe.

Situation économique

L’Erythrée est un des pays les plus pauvres du monde. Sa population compte notamment sur les transferts de la diaspora (dont l’Etat érythréen prélève 2%) pour subvenir à ses besoins.

L’agriculture (70% des emplois) est très peu productive ; l’intégration économique régionale est minimale ; la main d’œuvre est peu qualifiée.

Les autorités maintiennent un contrôle des changes très strict. Ces dispositions ont rendu les opérations de commerce international difficiles. Elles sont principalement constituées de bétail, de produits textiles et de minerais.

Les tensions avec les pays frontaliers (Ethiopie, Djibouti) et avec la communauté internationale (baisse de l’aide publique au développement) entravent le développement économique du pays. L’économie érythréenne connaît un déficit commercial élevé et une dette publique particulièrement importante (125 % du PIB en 2012).

Le niveau d’aide publique au développement reçue par l’Erythrée est relativement faible pour un PMA. Les deux principaux donateurs sont le Fonds mondial et la Commission européenne.

En décembre 2011, l’Erythrée a mis fin à l’aide de l’Union européenne et à la présence des dernières ONG étrangères ainsi que des agences de l’ONU. Le gouvernement érythréen est finalement revenu sur ses deux décisions en juillet 2012 et demandé la reprise de la coopération européenne et des Nations unies.

Politique extérieure

Ethiopie

Le Front de Libération du Peuple Erythréen et le Front de Libération du peuple du Tigré éthiopien ont collaboré dans leur lutte contre le régime du Derg. Les Ethiopiens ont accepté l’indépendance de l’Erythrée après la chute de Mengistu. Néanmoins, ls frictions frontalières, notamment autour de la ville de Badme, suivies de l’introduction de la monnaie érythréenne en 1997 ont mené à une rapide détérioration des relations.

Ces tensions ont débouché sur un conflit meurtrier (ayant fait de 54 000 à 137 000 victimes selon les estimations) de mai 1998 à juin 2000. La médiation de l’Organisation de l’Union africaine, soutenue par le Conseil de sécurité des Nations Unies et l’Union européenne, a abouti à la signature des accords d’Alger à un accord de paix le 12 décembre 2000 : mise en place d’une opération de maintien de la paix ; délimitation de la frontière par une commission arbitrale, dont les décisions ont attribué la ville de Badme à l’Erythrée. Addis-Abeba n’a pas accepté les conclusions de la commission.

Le processus de paix entre les deux pays est dans l’impasse et les relations inexistantes.

Djibouti

Après des conflits frontaliers mineurs dans les années 1990, les relations entre l’Erythrée et Djibouti se sont dégradées en 2008, lorsque l’Erythrée a déployé ses troupes dans la zone contestée du Doumeira. (mort d’une cinquantaine de soldats djiboutiens et d’une centaine de soldats érythréens).

Ce différend a été porté, à la demande djiboutienne, devant le Conseil de sécurité des Nations unies et a abouti au vote, à l’unanimité, de la résolution 1862 le 14 janvier 2009. Cette résolution condamne l’action militaire conduite par l’Erythrée contre Djibouti et exige le retrait érythréen.

Face aux réticences érythréennes, le Qatar a entrepris des efforts de médiation entre les deux pays depuis le 11 avril 2010. La médiation a connu une première avancée le 28 mai 2010 lorsque les érythréens ont accepté de retirer leurs troupes du Ras Doumeira et permis l’envoi d’observateurs militaires qatariens à la frontière. Néanmoins, la médiation n’a pas progressé depuis. L’obtention d’un accord sur le fond – la démarcation de la frontière entre les deux pays – se heurte principalement à la question des prisonniers de guerre que Djibouti voudrait voir évoquée en amont de toute discussion (lors des combats de juin 2008, 19 militaires djiboutiens et 21 soldats érythréens ont en effet été faits prisonniers).

Soudan

Les relations entre l’Erythrée et le Soudan ont longtemps été difficiles, Khartoum accusant épisodiquement Asmara d’appuyer des rebelles soudanais au Sud, à l’Est et au Darfour. Les relations diplomatiques entre les deux pays ont été rompues en 2002. Elles se sont décrispées en 2006 et le Soudan est aujourd’hui un partenaire privilégié de l’Erythrée.

Yémen

Les relations entre l’Erythrée et le Yémen se sont dégradées en 1995 suite à un différend relatif à la souveraineté sur l’archipel des îles Hanish (9 morts et 190 prisonniers yéménites dont 115 soldats).

Le différend a été réglé par arbitrage international après une mission de bons offices confié à M. Francis Gutmann, Ambassadeur de France, entre janvier et octobre 1996. La sentence arbitrale, rendue le 9 octobre 1998, reconnaît la souveraineté yéménite sur les principales îles de l’archipel. Une seconde sentence, rendue en décembre 1999, effectue le partage des eaux territoriales.

Intégration régionale

L’Erythrée est membre de l’Union africaine. Elle a suspendu sa participation en 2009 suite à la demande de sanctions effectuées par l’UA. Elle a rouvert un bureau permanent et nommé un représentant permanent en décembre 2010.

L’Erythrée est membre de l’IGAD (Intergovernmental Authority on Development). Elle a suspendu sa participation en 2006. Elle a officiellement demandé sa réintégration en juillet 2011. L’IGAD n’a pas rendu sa décision.

L’Erythrée est membre du COMESA (Marché commun d’Afrique orientale et australe).

Sanctions au CSNU

Accusée de jouer un rôle déstabilisateur dans la Corne de l’Afrique, l’Erythrée fait l’objet de sanctions au Conseil de sécurité des Nations Unies :

- La résolution 1907, adoptée le 23 décembre 2009, à l’initiative de l’Ouganda avec le soutien des Etats-Unis : elle condamne l’Erythrée pour le non-respect de la résolution 1862 concernant le différend frontalier avec Djibouti et pour son soutien aux islamistes en Somalie ; elle impose un embargo complet sur les armes ;.

- La résolution 2023, adoptée le 6 décembre 2011, à l’initiative du Gabon et du Nigéria avec le soutien de l’Ethiopie : elle condamne les actions de l’Erythrée nuisant à la paix et à la sécurité dans la Corne de l’Afrique ; elle condamne la tentative d’attentat contre le Sommet de l’Union africaine à Addis Abeba en janvier 2011. Cette résolution a été négociée sur la base du rapport du panel d’experts du Comité des sanctions pour la Somalie et l’Erythrée, remis en juillet 2011, qui est venu confirmer les nouvelles accusations portées contre Asmara.

Mise à jour : 15.09.15


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