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La France et les Emirats Arabes Unis

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Brève

Déplacement de Laurent Fabius aux Émirats arabes unis (25 et 26 mai 2013)

Le ministre des affaires étrangères aura des entretiens avec Cheikh Mohamed Ben Zayed Al Nahyan, prince héritier d’Abou Dabi et vice-commandant suprême des forces armées, ainsi qu’avec son homologue, Cheikh Abdallah Ben Zayed Al Nahyan. À cette occasion, ils aborderont les grands projets bilatéraux et la situation régionale.

Relations politiques

Relations politiques

La relation bilatérale s’est développée de façon continue depuis la création de la Fédération pour devenir une relation dense et diversifiée. Les liens sont marqués par une forte convergence de vues sur les dossiers régionaux et par les liens personnels tissés entre les dirigeants des deux pays. Les consultations au plus haut niveau sont très régulières et le dialogue stratégique mis en place en 2012 dynamise le suivi de la relation bilatérale.

Relations économiques

Les Emirats arabes unis constituent depuis plusieurs années un partenaire commercial d’exception pour nos entreprises : premier débouché de la France dans le Golfe, ils absorbent en moyenne le tiers de nos exportations dans la région. La Fédération est également l’un de nos tous premiers excédents commerciaux dans le monde (le 4ème). Les exportations françaises y ont triplé en dix ans et se sont stabilisées malgré un contexte particulièrement concurrentiel.

Les Emirats sont le 24ème client de la France dans le monde et son 53ème fournisseur. Les entreprises françaises ont signé des contrats importants ces dernières années dans tous les domaines : aéronautique et spatial, hydrocarbures, énergies renouvelables, infrastructures…

En 2012, nos exportations ont baissé de 3,6% pour atteindre 3,53Mds $. Cette diminution sensible s’explique essentiellement par la chute de 44% de nos vente d’avions Airbus (415 M€ en 2012). Entre 2009 et 2012, la part de nos ventes d’aéronefs dans le total de nos exportations dans la Fédération a été ramenée de 26% à 12%. Cette réalité laisse présager un tassement durable du poids de l’aéronautique dans nos exportations à destination des Emirats arabes unis au cours des prochaines années, en attendant le début des livraisons d’A350.

La tendance à la hausse constatée en 2011 dans le secteur automobile se confirme en 2012 avec des ventes de véhicules qui ont atteint 55 M€, soit une progression de +20%. Les très bons résultats enregistrés sur le secteur des biens de consommation reflètent la vitalité du secteur du luxe qui a bénéficié à plein du dynamisme retrouvé de l’activité marchande de Dubaï et de l’augmentation du tourisme dans le pays.

Poste traditionnellement porteur, en 2012 nos exportations de produits pharmaceutiques se maintiennent à 107 M€ après une chute de 18% enregistrée entre 2010 et 2011. La part du secteur agroalimentaire dans nos exportations n’a cessé d’augmenter ces dix dernières années, passant de 3% à 8% en 2012 pour atteindre 297M€.

Nos importations ont diminué de 6,5% en 2012 à 1,16 Mds€. Les produits pétroliers raffinés composent près de 80% de nos achats en provenance des Emirats arabes unis (925M€ en 2012). La Fédération est le 9ème fournisseur de produits pétroliers de notre pays. La baisse de nos importations trouve son origine dans la quasi interruption de nos achats d’hydrocarbures naturels.

Investissements émiriens en France

En 2010 (dernières données disponibles de la Banque de France), les Emirats arabes unis étaient les premiers investisseurs du Golfe en France avec 2 Mds €.

Investissements français aux Emirats arabes unis

S’il reste concentré dans le secteur des hydrocarbures et dans le secteur bancaire, le stock d’IDE français aux Emirats, d’un montant de 800 M€ en 2010, tend à se diversifier au commerce de gros, à la fabrication de produits informatiques, à la construction aéronautique ou encore à la restauration. L’intérêt des entreprises françaises pour le pays est marqué par une augmentation régulière des implantations françaises de 10% par an (près de 600 entreprises aujourd’hui).

Coopération culturelle, scientifique et technique

L’action de coopération de la France aux Emirats arabes unis s’inscrit dans le cadre d’un accord de coopération culturelle et technique signé le 3 juillet 1975.

La France entretient une coopération élargie à de nombreux domaines : culturel, universitaire, linguistique, scientifique et technique, dans le cadre d’un partenariat étroit et innovant, qui vise à soutenir l’ambition que s’est fixée le pays de devenir à horizon 2030 une économie de la connaissance et un pôle culturel mondial.

La coopération éducative

Dans le cadre de cette politique de modernisation, les autorités des Emirats arabes unis accordent une toute première priorité au secteur éducatif, qu’il s’agisse de l’enseignement secondaire ou universitaire.

- Le développement de l’enseignement du français constitue une priorité, notamment dans le contexte de l’accession des Emirats arabes unis à l’Organisation internationale de la francophonie, avec statut d’observateur, en octobre 2010. Le nombre d’élèves émiriens apprenant le français est en nette progression depuis quelques années. On dénombre aujourd’hui 60 000 apprenants répartis au sein de 210 établissements privés, soit 12% de la population scolaire. Les trois Alliances françaises, à Abou Dabi, à Dubaï et à Al Aïn, complètent ce dispositif.

- Le réseau d’enseignement français aux Emirats arabes unis est composé de cinq établissements scolaires : deux à Abou Dabi, les lycées Louis Massignon et Théodore Monod,et trois à Dubaï, le Lycée Français International, le Lycée Français International Georges-Pompidou et le Lycée Libanais Francophone privé. Environ 5 500 élèves y sont scolarisés.

- Depuis la rentrée scolaire 2008-2009, le Lycée Louis le Grand apporte son expertise et son ingénierie à un programme d’excellence de l’enseignement scientifique secondaire : Advanced Math and Science Pilot Class. Ce programme consiste en un enseignement de mathématiques et de sciences physiques « à la française », dans deux lycées d’excellence d’Abou Dabi, à l’entrée desquels les élèves (filles pour l’un, garçons, pour l’autre) sont rigoureusement sélectionnés. Actuellement, cet enseignement est dispensé, en anglais, à une centaine d’élèves.

- Laïque et mixte tout en étant fondée sur le système législatif émirien, l’Université Paris Sorbonne Abou Dabi (UPSAD) constitue la seule université francophone du Golfe arabo-persique.

Créée en 2006 à la demande du Prince Héritier d’Abou Dabi, et officiellement inaugurée en 2011, l’UPSAD est un établissement de droit émirien géré par des universitaires français et financé en totalité par la puissance publique émirienne. L’Université Sorbonne Paris IV apporte son expertise et missionne ses professeurs pour diriger les différents départements et enseigner. Prévu pour 2 500 étudiants, le campus accueille actuellement 700 étudiants, dont 35% d’Emiriens.

Principalement axée sur les sciences humaines et sociales, l’UPSAD dispense également des formations en économie, droit et gestion, en coopération avec l’Université Paris V. L’université délivre aujourd’hui huit diplômes de licence et neuf masters. Les diplômes sont français, identiques à ceux délivrés à Paris.

L’offre de formation sera élargie aux matières scientifiques. L’ouverture du partenariat à l’université Pierre et Marie Curie pour dispenser des licences de mathématiques et de physique, offrira notamment des débouchés aux filières d’excellence du Lycée Louis le Grand.

- Plusieurs écoles réputées sont présentes aux Emirats arabes unis au travers de partenariats : HEC et l’INSEAD, pour le commerce, ESMOD, pour le stylisme. L’Ecole nationale des Ponts et Chaussées a signé un accord en juin 2007 avec l’Abu Dhabi University. La coopération en matière de recherche médicale a fait l’objet d’accords entre Paris VII, l’INSERM, l’institut Gustave Roussy et l’université de Charjah.

- Les formations en France connaissent un développement important. La France se situe au 6ème rang des pays d’accueil d’étudiants émiriens. Le nombre de nouveaux inscrits chaque année a quadruplé entre 2005-2006 (67) et 2010-2011 (240). La promotion des études en France est de plus en plus accentuée, mettant l’accent sur la variété des formations et la possibilité de suivre nombre d’entre elles (700) en anglais. Dans le domaine médical, un accord, en vigueur depuis 2011 prévoit la spécialisation en France d’un contingent de dix spécialistes émiriens par an, dans des conditions identiques à celles des internes français.

La coopération culturelle

La présence française est dominée par un projet phare : le Louvre Abou Dabi. Un accord signé le 6 mars 2007 prévoit l’ouverture à Abou Dabi d’un musée universel auquel le Louvre apportera, pour une durée de vingt ans, son nom et son expertise, et, avec d’autres grands musées français, le prêt de collections durant dix ans. Situé dans le district culturel de l’île de Saadiyat, le Louvre Abou Dabi devrait ouvrir ses portes en 2015.

Autres types de coopération

Deux importants accords de coopération ont été signés à la faveur de la visite officielle du Président de la République, le 15 janvier 2008 : un accord de coopération dans le domaine du nucléaire civil et un accord portant sur une présence militaire permanente aux Emirats arabes unis.

Ce dernier accord a favorisé l’installation d’une base militaire française à Abou Dabi. Le « camp de la paix » a été inauguré un an plus tard, en mai 2009, lors d’une nouvelle visite du Président de la République. Plus de sept cents militaires français sont aujourd’hui présents aux Emirats arabes unis.

Mise à jour : 29.04.13

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