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La France et la Côte d’Ivoire

Brève

Côte d’ivoire - Transfèrement de Charles Blé Goude à la Cour pénale internationale (20 mars 2014)

La France salue la décision des autorités ivoiriennes de procéder à la remise de M. Charles Blé Goudé à la cour pénale internationale.

Présentation

Relations politiques

L’héritage laissé après la décolonisation avait justifié une relation politique riche suscitant des échanges à de multiples niveaux (43ème BIMA à Abidjan -dissout en juin 2009-, accords de défense, coopération civile dense).

La France est intervenue en Côte d’Ivoire au lendemain de la tentative de coup d’Etat du 19 septembre 2002 afin de protéger ses ressortissants. Très vite, le rôle de la France a évolué vers une interposition entre les forces armées du gouvernement ivoirien et la rébellion. Cette action a évité au pays de plonger dans le chaos avec son cortège de massacres et de destructions. Mais, ce faisant, les deux parties ont reproché à la France son rôle en estimant, l’une et l’autre, avoir été privées, du fait de sa présence, d’une victoire militaire.

La communauté internationale, notamment les Nations Unies, a, au contraire, avalisé le processus de sortie de crise défini par l’Accord de Marcoussis (janvier 2003) sous l’impulsion de la France tandis que le Conseil de sécurité donnait mandat à la force Licorne de soutenir l’opération des Nations unies en Côte d’Ivoire (ONUCI).

La France a constamment évité de se laisser enfermer dans un tête-à-tête durable avec les Ivoiriens en favorisant le rôle de la communauté internationale et des Africains. Cependant, le bombardement d’une position de Licorne par l’armée loyaliste ivoirienne le 6 novembre 2004, les exactions dont ont été victimes les membres de la communauté française, ainsi que la nécessaire réaction de la force Licorne pour assurer leur protection, ont alors tendu la relation franco-ivoirienne.

Si les relations franco-ivoiriennes se sont nettement améliorées depuis 2004, leur pleine normalisation passait par la bonne mise en œuvre des accords de sortie de crise et en premier lieu par l’organisation d’élections transparentes et crédibles.

La France s’est pleinement mobilisée pour accompagner la réussite de ce processus. A l’issue du scrutin, en conformité avec la position des Nations Unies, des organisations africaines et de la communauté internationale, la France a reconnu M. Ouattara comme Président légitime de Côte d‘Ivoire et appelé Laurent Gbagbo à céder pacifiquement le pouvoir. Elle a soutenu les efforts diplomatiques de la communauté internationale et de médiation de l’UA et de la CEDEAO. Conformément à la résolution 1975, elle est intervenue, sur demande du SGNU au Président de la République, en soutien des forces de l’ONUCI pour la neutralisation des armes lourdes utilisées par les forces de Laurent Gbagbo contre les populations civiles et les forces de l’ONU.

La France, au travers de la Force Licorne, est intervenue pour protéger de très nombreux ressortissants français, européens et extra européens à Abidjan, accueillant plus de 5 000 personnes sur sa base de Port Bouët.

En réponse à la crise humanitaire, la France a apporté une aide de 2,5 millions d’euros (affectée au PAM, CICR , HCR et à des ONG) et a acheminé 25 tonnes de médicaments et de matériel médical. Par ailleurs, l’Union Européenne a alloué à 60M € à l’agence humanitaire ECHO pour la crise ivoirienne.

Le Président de la République, accompagné du Ministre des Affaires et Etrangères et européennes et du Ministre chargé de la coopération, s’est rendu à la cérémonie d’investiture du Président Ouattara le 21 mai à Yamoussoukro. Après la visite du ministre de la défense fin juin, le Premier ministre s’est rendu en Côte d’Ivoire les 14 et 15 juillet derniers. Le Président Ouattara a effectué une visite d’Etat en France du 25 au 28 janvier 2012, symbole de la réconciliation entre les deux pays.

Après la visite d’Etat de janvier 2012, le président Ouattara a été reçu à plusieures reprises à l’Elysée. Les ministres Moscovici et Canfin se sont rendu à Abidjan, le 1er décembre, pour signer le premier CD2 (contrat désendettement développement).

Les contacts sont très fréquents sur la crise malienne entre le Président Ouattara, président en exercice de la CEDEAO et le Président de la République française et son Ministre des Affaires étrangères.

Le Ministre Laurent Fabius s’est notamment rendu à Abidjan le 19 janvier 2013 à l’occasion du Sommet extraordinaire de la CEDEAO (pour la 1ère fois la France a été invitée à participer à un sommet des chefs d’Etat de cette organisation).


Relations économiques

La Côte d’Ivoire est notre 1er partenaire commercial au sein de la zone Franc, et le 3e en Afrique subsaharienne.

Les grands groupes français traditionnellement présents en Afrique sont pour la plupart actifs en Côte d’Ivoire au travers de filiales. On dénombre environ 140 filiales françaises qui emploient près de 40 000 personnes et quelque 500 PME françaises de droit local, soit la plus forte implantation française en Afrique sub-saharienne. Les acteurs économiques français, tout comme l’ensemble des opérateurs en Côte d’Ivoire, ont pâti fortement de la crise politique post électorale.

Dans la perspective de la sortie de crise, la Côte d’Ivoire avait bénéficié d’un fort soutien de la France dans les instances financières internationales. Suite à l’accord de restructuration de la dette signée par la Côte d‘Ivoire avec le Club de Paris le 15 mai 2009, la France avait signé un accord de restructuration bilatéral avec le pays le 9 décembre 2009, se traduisant par une annulation de dette de 455M$, un rééchelonnement de 697M$, et un différé de 2,2 Mds $.

Depuis la fin de la crise postélectorale, la France a octroyé un appui de 350 millions d’euros (prêt de l’AFD) principalement pour le paiement des salaires et pensions des fonctionnaires et pour le financement de dépenses sociales urgentes et la relance économique (dettes de l’Etat, fonds de relance…).

De plus, l’AFD a accordé une garantie totale au prêt de 32,8 milliards de FCFA (soit 50 millions d’euros) octroyé à l’Etat de Côte d’Ivoire par deux banques commerciales locales : la BICICI (groupe BNP PARIBAS) et la BOA-Côte d’Ivoire.


Coopération

Depuis septembre 2002, et surtout depuis les évènements de novembre 2004, la coopération française avec la Côte d’Ivoire était en sommeil et se concentrait quasi-exclusivement sur l’accompagnement du processus de sortie de crise, aux côtés de la Banque mondiale et de l’Union européenne, ainsi que le soutien direct à la population et au secteur privé.

Ainsi, un projet du fonds de solidarité prioritaire (FSP) pluriannuel de 7,5 M€ avait été conclu en 2006 en faveur de l’insertion des jeunes. Un Fonds social de développement (FSD) de 400 000€ apportait un appui à des micro projets présentés par la société civile et visait à venir en aide aux populations vulnérables.

Par ailleurs, des mesures conservatoires avaient été prises pour maintenir la coopération institutionnelle à un niveau qui rende aisément et rapidement exécutable le programme de redéploiement de l’administration et la restauration de l’Etat de droit (sécurité publique, restructuration des forces armées, appui aux services sociaux de base).

Après avoir arrêté depuis décembre 2002 toute action dans le pays en raison de la suspension du paiement des arriérés qui lui étaient dus par la Côte d’Ivoire (soit 40% des arriérés dus par la Côte d’Ivoire à l’ensemble des bailleurs de fonds), l’Agence française de Développement (AFD) avait progressivement repris son activité à destination du secteur privé depuis juin 2008.

La fin de la crise postélectorale a permis une reprise et une montée en puissance de notre coopération civile et militaire. L’appui en matière DDR et de RSS apparait comme une tâche prioritaire. Celui-ci prend la double forme d’actions immédiates et d’actions plus structurantes soutenant des réformes de fond du système de sécurité (y compris la mise à disposition de conseillers militaires).

Par ailleurs, après l’atteinte par la Côte d’Ivoire du point d’achèvement de l’initiative pays pauvres très endettés (PPTE), obtenue fin juin 2012, un contrat de désendettement et développement, (C2D)de près de 2,8 milliards d’euros va être mis en œuvre. Il constituera notre principal outil de coopération avec la Côte d’Ivoire pour les vingt prochaines années.

Le premier C2D, signé à l’occasion du déplacement du Ministre Canfin le 1er décembre 2012, porte sur un montant de 630 M€ d’ici 2015. Les six secteurs prioritaires d’affectation définis en partenariat avec les autorités ivoiriennes sont l’éducation, la formation et l’emploi, la santé, l’agriculture, le développement rural et biodiversité, le développement urbain et l’eau, les infrastructures de transport et la justice.

La destruction des écoles françaises (novembre 2004) avait porté un coup dur à la tradition des élites ivoiriennes de recourir au système scolaire français. Réhabilité sur financements ivoiriens, le Lycée Blaise Pascal avait finalement pu rouvrir à la rentrée scolaire 2008. L’école française Jacques Prévert, également rénovée sur financements ivoiriens, a rouvert en septembre 2010. Le Centre culturel français est actuellement en cours de réhabilitation.


Mise à jour : 30.10.13

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