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La France et la Chine

Brève

Chine – Diplomatie économique - Déplacement de Matthias Fekl (Pékin et Canton, 07-10 septembre 2015)

Matthias Fekl, secrétaire d’État chargé du commerce extérieur, de la promotion du tourisme et des Français de l’étranger, s’est rendu à Pékin et Canton du 7 au 10 septembre pour promouvoir l’offre touristique de notre pays ainsi que les savoir-faire français dans les domaines agricole et agroalimentaire.

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Présentation

Relations politiques

La France et la Chine ont commémoré en 2014 le 50ème anniversaire de l’établissement de leurs relations diplomatiques. La relation franco-chinoise, qualifiée de « partenariat global » dans le cadre de la déclaration conjointe du 16 mai 1997, a été élevée au niveau de « partenariat stratégique global » en 2004. Le partenariat franco-chinois, confirmé à chaque rencontre bilatérale de haut niveau, repose sur la conviction qu’un dialogue confiant avec la Chine est de nature à favoriser l’évolution du pays vers un modèle de développement plus durable fondé sur l’Etat de droit, contribuant à la promotion de la paix et de la prospérité à l’échelle internationale.

Un plan de coopération adopté à l’occasion de la visite du Président chinois en France en mars 2014 a fixé les grandes orientations opérationnelles au partenariat franco-chinois. La relation franco-chinoise se développe selon trois axes prioritaires : renforcer le dialogue politique, travailler au rééquilibrage des relations économiques dans un esprit de réciprocité et favoriser l’accroissement des échanges entre les sociétés civiles, notamment entre jeunes français et chinois.

Le partenariat global stratégique franco-chinois est nourri par un flux intense de visites bilatérales de haut niveau. Les Chefs d’Etat se rencontrent régulièrement, lors de visites d’Etat, de visites officielles ou en marge de grands sommets internationaux.

Du côté français, le Président de la République a effectué deux visites d’Etat en Chine, en avril 2013 et en novembre 2015. A cette occasion, l’adoption d’une déclaration présidentielle conjointe sur le climat le 2 novembre 2015 a donné une impulsion décisive aux négociations d’un accord ambitieux et juridiquement contraignant lors de la Conférence de Paris sur le Climat (COP21). Le Président de la République s’est rendu en Chine à l’occasion du sommet du G20 à Hangzhou et s’est entretenu en marge, dans le cadre d’un dîner de travail, avec le Président XI Jinping (septembre 2016). Le Premier ministre s’y est rendu en janvier 2015. M. Laurent FABIUS a, dans le cadre de ses fonctions de Ministre des Affaires étrangères, effectué douze visites en Chine. M. Jean-Marc AYRAULT a effectué deux visites en Chine en tant que Ministre des Affaires étrangères et du Développement international, le 16 mai et du 29 octobre au 1er novembre 2016.

Du côté chinois, le Président chinois, XI Jinping, a effectué une visite d’Etat en France, en mars 2014 et une visite officielle en novembre 2015, en marge de la Conférence de Paris sur le Climat. Le Premier ministre chinois s’est rendu en France du 29 juin au 2 juillet 2015. Une déclaration conjointe sur la coopération nucléaire civile et une déclaration conjointe sur les partenariats en marchés tiers ont été adoptés à cette occasion. Le président de l’Assemblée nationale populaire, M. ZHANG Dejiang, s’est rendu en France du 24 au 27 septembre 2016 à l’occasion de la Grande commission interparlementaire franco-chinoise. Il s’est entretenu les présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat et a été reçu par le Président de la République et le Premier ministre. La 24e Commission mixte franco-chinoise en matière économique et commerciale, co-présidée par M. AYRAULT et M. SAPIN côté français, et par le ministre du Commerce M. GAO Hucheng côté chinois, a eu lieu le 3 octobre 2016 à Paris.

Le Président de la République s’est entretenu avec le Premier ministre LI Keqiang en marge de l’AGNU fin septembre 2016. Pour sa part, le Ministre des Affaires étrangères et du Développement international, a rencontré son homologue chinois à cette occasion.

Plusieurs mécanismes de dialogue structurent le partenariat franco-chinois. La dernière session du dialogue stratégique (créé en 2001) a eu lieu à Paris en mars 2016. La quatrième session du dialogue économique et financier de haut niveau (créé en 2013) s’est tenue le 14 novembre 2016 à Paris, à l’occasion de la visite en France du Vice-premier ministre chinois, M. MA Kai. Le dialogue de haut niveau sur les échanges humains, acté lors de la visite d’Etat du Président XI Jinping, a été lancé le 18 septembre 2014 à l’occasion de la visite en France de la vice-Première ministre chargée de l’éducation, de la santé, du sport et de la culture, Mme LIU Yandong. La deuxième session de ce dialogue s’est tenue à Pékin en mai 2015 et la troisième session à Paris le 30 juin 2016.

L’intensité du dialogue politique se traduit par une concertation sur les grands sujets internationaux et globaux (changement climatique, gouvernance économique, financière et monétaire mondiale, crises régionales). Cette coordination permet de mettre à profit nos convergences dans les grandes enceintes internationales et d’approfondir nos discussions sur nos points de divergence.

Site internet de l’Ambassade de France en Chine

Relations économiques

Le partenariat économique entre la France et la Chine se traduit par le développement des investissements croisés et par l’approfondissement de coopérations industrielles structurantes, notamment dans les secteurs de l’aéronautique et du nucléaire civil, dans lesquels de véritables partenariats ont été développés. Ces coopérations sont conduites sur la base des principes de réciprocité et de bénéfices mutuels. Pour l’aéronautique, le renouvellement en 2014 de l’accord sur la chaîne d’assemblage d’Airbus à Tianjin et la signature de l’accord en 2015 sur l’ouverture d’un centre de finition des A330 ont constitué des avancées importantes. La relation franco-chinoise se développe également dans d’autres domaines prometteurs, comme l’environnement et le développement durable, l’agro-alimentaire, la santé et les services financiers.

Les échanges économiques et commerciaux continuent de progresser, mais restent marqués par un fort déséquilibre. Le déficit commercial atteint, en 2015, 29 milliards d’euros. La Chine est, devant l’Allemagne, notre premier déficit commercial bilatéral. Notre part de marché en Chine (données chinoises) était de 1,6% en 2016 contre environ 5,5% pour l’Allemagne, 1,2% pour le Royaume-Uni et 1% pour l’Italie. La Chine est notre 2e fournisseur (devant les Etats-Unis et le Royaume-Uni) et détient une part de marché en France de 9%. Nos importations en provenance de Chine se composent principalement de produits informatiques, électroniques et optiques (30%) et de produits textiles et cuir (23%).

Cette situation ne doit pas faire oublier les nombreux succès enregistrés par les entreprises françaises en Chine et les perspectives de développement dans les nouveaux secteurs de coopération économique (environnement et développement durable, secteur financier, agro-alimentaire notamment). Notre présence économique et commerciale dans le pays s’appuie sur près de 1600 entreprises françaises. Ces bonnes performances participent au rééquilibrage des relations économiques et commerciales bilatérales et pourraient être dynamisées par une plus grande ouverture de la Chine, notamment s’agissant de l’accès au marché (y compris les marchés publics) et en matière de protection de la propriété intellectuelle, sujets sur lesquels nous attendons davantage de réciprocité.

Les « grands contrats » continuent d’occuper une place importante dans nos relations économiques bilatérales, à l’image des succès remportés par Airbus, Airbus Helicopters ou, dans le domaine du nucléaire civil, par Areva et EDF. La coopération franco-chinoise dans le domaine nucléaire est l’illustration d’un partenariat industriel de long terme que la France et la Chine ont su bâtir. Ce partenariat a été renforcé en 2010 par la décision des chefs d’Etat d’établir un partenariat global couvrant l’ensemble des étapes du cycle du combustible nucléaire, en 2015 par l’adoption d’une déclaration conjointe sur la coopération nucléaire civile et en 2016 par la concrétisation du projet d’Hinkley Point C. Depuis plus de vingt ans, l’industrie française (Areva, Alstom, EDF) a pris une part prépondérante dans la réalisation d’un parc de centrales nucléaires civiles chinoises (centrales de Daya Bay, Ling Ao). La construction de deux centrales EPR à Taishan a permis de renforcer ce partenariat dans la durée. Notre coopération historique avec la Chine dans ce domaine s’appuie sur l’excellence de l’offre française, tant en terme de performances que de sécurité des installations. La sûreté est l’un des piliers de cette coopération.

Les investissements des entreprises françaises en Chine passent notamment par la réalisation de sociétés conjointes. De nombreuses entreprises françaises se sont lancées dans de tels partenariats, à l’image d’Alstom, de Michelin, Veolia, Citroën ou Lafarge. Les investissements des entreprises françaises en Chine constituent ainsi une composante de plus en plus importante de notre relation économique.

La présence des investissements chinois en France est en progression. Ils représentent aujourd’hui un stock d’environ 3,4 milliards d’euros et emploient près de 45 000 personnes. La France souhaite promouvoir et accompagner le développement des investissements chinois dans notre pays dès lors qu’ils sont créateurs d’emplois et de croissance.

Coopération culturelle, scientifique et technique

Coopération scientifique et technologique

La coopération scientifique et technologique, encadrée par l’accord intergouvernemental du 21 octobre 1978, est aujourd’hui centrée sur plusieurs domaines prioritaires que la XIIIème Commission mixte franco-chinoise sur la coopération scientifique et technologique a définis en mai 2011 (développement durable, biodiversité et gestion de l’eau, énergie, sciences de la vie, etc.).

Elle est également caractérisée par un accord de coopération en matière de prévention et de lutte contre les maladies infectieuses émergentes signé entre les gouvernements français et chinois en 2004. L’Institut Pasteur de Shanghai, lancé en collaboration avec l’Académie des Sciences de Chine, a été inauguré à cette occasion. Il constitue, avec le Laboratoire franco-chinois d’Informatique, d’Automatique et de Mathématiques Appliquées (LIAMA) situé à Pékin et fruit d’un partenariat entre l’Académie des Sciences de Chine et l’INRIA, des modèles d’excellence pour la recherche. Plus de 3000 chercheurs des deux pays issus de 600 unités de recherche coopèrent actuellement au sein d’une soixantaine de structures franco-chinoises de recherche.

Coopération culturelle et artistique

Dans le domaine des échanges artistiques et culturels, l’organisation de grands rendez-vous culturels annuels pluridisciplinaires à forte visibilité permet de développer la compréhension mutuelle et d’offrir d’une image renouvelée de la France, faite non seulement de culture et d’arts mais également de modernité et de technologie. Le festival « Croisements » est devenu le plus grand festival étranger en Chine. La 11e édition du festival en 2016 a proposé près de 50 programmes dans 30 grandes villes de Chine et permis d’aller à la rencontre de 24,13 millions de spectateurs.

La visite d’Etat en Chine du Président de la République en novembre 2015 a été l’occasion d’annoncer l’ouverture prochaine d’un Centre Pompidou provisoire à Shanghai.

Coopération universitaire et linguistique

Dans le domaine universitaire, un programme conséquent de bourses du gouvernement français, comme le programme « France Excellence », l’ouverture de filières de formation d’excellence en partenariat, par exemple dans le cadre de l’École centrale de Pékin ou du collège aéronautique sino-européen de Tianjin, et la conclusion de nouveaux partenariats universitaires devraient être les moteurs de croissance des échanges éducatifs franco-chinois dans les prochaines années. En l’espace de dix ans, le nombre d’étudiants chinois en France a été multiplié par dix. 35 000 étudiants chinois sont aujourd’hui inscrits dans un établissement supérieur français. Ils constituent le deuxième contingent d’étudiants étrangers en France. Le réseau « Club France » rassemble les anciens étudiants chinois en France.

La coopération linguistique est marquée par une croissance du nombre d’élèves de français et de chinois qui reflète le désir partagé par nos deux pays d’apprendre la langue et la culture de l’autre. En 2015, près de 100 000 écoliers, collégiens et lycéens français apprennent le mandarin. Le chinois est la 5ème langue la plus enseignée en France. Réciproquement, on constate une forte croissance du nombre d’apprenants de français en Chine, en particulier dans les universités.

Coopération en matière d’environnement et de développement durable

Notre coopération en Chine est fondée sur trois priorités : changement climatique, développement urbain durable et questions de l’eau.

L’Agence française de développement (AFD) intervient en Chine depuis 2004, dans le cadre d’un partenariat avec le ministère chinois des Finances et la Commission nationale du développement et des réformes. Son action vise à accompagner la transition du pays vers une économie sobre en carbone et respectueuse de l’environnement et à valoriser l’expertise et le savoir-faire des acteurs français dans le cadre de partenariats. Depuis 2004, 24 projets ont été menés pour un montant brut d’engagements cumulés de près de 1,2 milliard d’euros (prêts souverains aux conditions du marché depuis 2011). De nouveaux projets sont actuellement mis en œuvre dans les provinces du Guangxi, du Heilongjiang et du Fujian.

Coopération décentralisée

La France et la Chine ont fait le choix, depuis les 1ères Rencontres de la coopération décentralisée franco-chinoise à Wuhan en 2005, d’approfondir les liens tissés entre leurs collectivités, notamment en ce qui concerne la mise en place de politiques urbaines propres et durables adaptées à de nouveaux modes de vies.

Aujourd’hui, 70 collectivités territoriales françaises sont engagées en Chine, recouvrant plus de 150 projets menés avec 90 collectivités chinoises partenaires dans des secteurs clef du développement territorial (culture, université, recherche, économie…). 16 collectivités territoriales françaises ont ouvert un bureau de représentation en Chine. La coopération décentralisée avec la Chine monte progressivement en puissance, et contribue au développement économique de nos collectivités territoriales, mais également à la coopération culturelle et universitaire entre la France et la Chine. Les 5e Assises de la coopération décentralisée franco-chinoise, qui se sont tenues à Chengdu du 28 au 30 octobre 2016, ont été ouvertes par le Ministre des Affaires étrangères et du Développement international, Jean-Marc AYRAULT.

Mise à jour : 18.11.16

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