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La France et la Chine

Brève

Chine – Diplomatie économique - Déplacement de Matthias Fekl (Pékin et Canton, 07-10 septembre 2015)

Matthias Fekl, secrétaire d’État chargé du commerce extérieur, de la promotion du tourisme et des Français de l’étranger, s’est rendu à Pékin et Canton du 7 au 10 septembre pour promouvoir l’offre touristique de notre pays ainsi que les savoir-faire français dans les domaines agricole et agroalimentaire.

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Présentation

Relations politiques

La reconnaissance de la Chine populaire le 27 janvier 1964 a constitué le point de départ des relations officielles entre la République populaire de Chine et la République française. La France a ainsi été le premier grand pays occidental à nommer à Pékin un ambassadeur de plein exercice. La France et la Chine ont commémoré en 2014 le 50ème anniversaire de l’établissement de leurs relations diplomatiques.

La relation franco-chinoise, qualifiée de « partenariat global » dans le cadre de la déclaration conjointe du 16 mai 1997, a été élevée au niveau de « partenariat stratégique global » en 2004. Le partenariat franco-chinois, confirmé à chaque rencontre bilatérale de haut niveau, repose sur la conviction qu’un dialogue confiant avec la Chine est de nature à favoriser l’évolution du pays vers un modèle de développement plus durable fondé sur l’Etat de droit, contribuant à la promotion de la paix et de la prospérité à l’échelle internationale.

Le partenariat global stratégique franco-chinois est nourri par un flux intense de visites bilatérales de haut niveau. Les Chefs d’Etat se rencontrent régulièrement, lors de visites d’Etat, de visites officielles ou en marge de grands sommets internationaux.

Du côté français, le Président de la République a effectué deux visites d’Etat en Chine, en avril 2013 et en novembre 2015. A cette occasion, l’adoption d’une déclaration présidentielle conjointe sur le climat le 2 novembre 2015 a donné une impulsion décisive aux négociations d’un accord ambitieux et juridiquement contraignant lors de la Conférence de Paris sur le Climat (COP21). Le Premier ministre s’y est rendu en janvier 2015. M. Laurent FABIUS a, dans le cadre de ses fonctions de Ministre des Affaires étrangères, effectué douze visites en Chine : en juillet 2012 à Pékin, en avril 2013 à Pékin et Shanghai, en septembre 2013 à Pékin, en février 2014 à Pékin, Fuzhou et Tianjin, en mai 2014 à Pékin, Hangzhou et Shanghai et en octobre 2014 à Pékin et Shanghai, en mai 2015 à Pékin et Tianjin, en septembre 2015 à Pékin et en novembre 2015 à Pékin et Chongqing.

Du côté chinois, le Président chinois, XI Jinping, a effectué une visite d’Etat en France, en mars 2014 et une visite officielle en novembre 2015, en marge de la Conférence de Paris sur le Climat. Le Premier ministre chinois s’est rendu en France du 29 juin au 2 juillet 2015. L’adoption, à cette occasion, d’une déclaration conjointe sur la coopération nucléaire civile et d’une déclaration conjointe sur les partenariats en marchés tiers, traduit la volonté de nos deux pays de renforcer leur partenariat global.

Un plan de coopération adopté à l’occasion de la visite du Président chinois en France en mars 2014 a fixé les grandes orientations opérationnelles au partenariat franco-chinois. La relation franco-chinoise se développe selon trois axes prioritaires : renforcer le dialogue politique, travailler au rééquilibrage des relations économiques dans un esprit de réciprocité et favoriser l’accroissement des échanges entre les sociétés civiles, notamment entre jeunes français et chinois.

Plusieurs mécanismes de dialogue structurent le partenariat franco-chinois. La dernière session du dialogue stratégique (créé en 2001) a eu lieu à Pékin le 15 septembre 2015. La troisième session du dialogue économique et financier de haut niveau (créé en 2013) s’est tenue le 18 septembre 2015 à Pékin, à l’occasion de la visite en Chine du Ministre des Finances et des Comptes publics. Le dialogue de haut niveau sur les échanges humains, acté lors de la visite d’Etat du Président XI Jinping, a été lancé le 18 septembre 2014 à l’occasion de la visite en France de la Vice-Premier ministre chargée de l’éducation, de la santé, du sport et de la culture, Mme LIU Yandong. La deuxième session de ce dialogue s’est tenue à Pékin en mai 2015.

L’intensité du dialogue politique se traduit par une concertation sur les grands sujets internationaux et globaux (changement climatique, gouvernance économique, financière et monétaire mondiale, crises régionales). Cette coordination permet de mettre à profit nos convergences dans les grandes enceintes internationales et d’approfondir nos discussions sur nos points de divergence.

Site internet de l’Ambassade de France en Chine

Relations économiques

Le partenariat économique entre la France et la Chine se traduit par le développement des investissements croisés et par l’approfondissement de coopérations industrielles structurantes, notamment dans les secteurs de l’aéronautique et du nucléaire civil, dans lesquels de véritables partenariats ont été développés. Ces coopérations sont conduites sur la base des principes de réciprocité et de bénéfices mutuels. Pour l’aéronautique, le renouvellement en 2014 de l’accord sur la chaîne d’assemblage d’Airbus à Tianjin, la signature de l’accord en 2015 sur l’ouverture d’un centre de finition des A330 ont constitué des avancées importantes. La relation franco-chinoise se développe également dans d’autres domaines prometteurs, comme l’environnement et le développement durable, l’agro-alimentaire, la santé et les services financiers.

Les échanges économiques et commerciaux continuent de progresser, mais restent marqués par un fort déséquilibre. Le déficit commercial atteint, en 2015, 25,2 milliards d’euros. La Chine est, devant l’Allemagne, notre premier déficit commercial bilatéral. Notre part de marché en Chine (données chinoises) était de 1,4% en 2014 contre environ 5,3% pour l’Allemagne, 1,2% pour le Royaume-Uni et 1% pour l’Italie. La Chine est notre 2e fournisseur (devant les Etats-Unis et le Royaume-Uni) et détient une part de marché en France de 8 %. Nos importations en provenance de Chine se composent principalement de produits informatiques, électroniques et optiques (31 %) et de produits textiles et cuir (23 %).

Cette situation ne doit pas faire oublier les nombreux succès enregistrés par les entreprises françaises en Chine et les perspectives de développement dans les nouveaux secteurs de coopération économique (environnement et développement durable, secteur financier, agro-alimentaire…). Notre présence économique et commerciale dans le pays s’appuie sur près de 1600 entreprises françaises. Ces bonnes performances participent au rééquilibrage des relations économiques et commerciales bilatérales et pourraient être dynamisées par une plus grande ouverture de la Chine, notamment s’agissant de l’accès au marché (y compris les marchés publics) et en matière de protection de la propriété intellectuelle, sujets sur lesquels nous attendons davantage de réciprocité.

Les « grands contrats » continuent d’occuper une place importante dans nos relations économiques bilatérales, à l’image des succès remportés par Airbus, Airbus Helicopters ou, dans le domaine du nucléaire civil, par Areva et EDF. La coopération franco-chinoise dans le domaine nucléaire est l’illustration d’un partenariat industriel de long terme que la France et la Chine ont su bâtir. Ce partenariat a été à nouveau renforcé en 2010 par la décision des chefs d’Etat d’établir un partenariat global couvrant l’ensemble des étapes du cycle du combustible nucléaire et en 2015 par l’adoption d’une déclaration conjointe sur la coopération nucléaire civile. Depuis plus de vingt ans, l’industrie française (Areva, Alstom, EDF) a pris une part prépondérante dans la réalisation d’un parc de centrales nucléaires civiles chinoises (centrales de Daya Bay, Ling Ao). La construction de deux centrales EPR à Taishan a permis de renforcer ce partenariat dans la durée. Notre coopération historique avec la Chine dans ce domaine s’appuie sur l’excellence de l’offre française, tant en terme de performances que de sécurité des installations. La sûreté est l’un des piliers de cette coopération.

Les investissements des entreprises françaises en Chine passent notamment par la réalisation de sociétés conjointes. De nombreuses entreprises françaises se sont lancées dans de tels partenariats, à l’image d’Alstom, de Michelin, Veolia, Citroën ou Lafarge. Les investissements des entreprises françaises en Chine constituent ainsi une composante de plus en plus importante de notre relation économique.

La présence des investissements chinois en France est en progression. Ils représentent aujourd’hui un stock d’environ 3,4 milliards d’euros et emploient près de 20 000 personnes. La France souhaite promouvoir et accompagner le développement des investissements chinois dans notre pays dès lors qu’ils sont créateurs d’emplois et de croissance.

Coopération culturelle, scientifique et technique

Coopération scientifique et technologique

La coopération scientifique et technologique, encadrée par l’accord intergouvernemental du 21 octobre 1978, est aujourd’hui centrée sur plusieurs domaines prioritaires que la XIIIème Commission mixte franco-chinoise sur la coopération scientifique et technologique a définis en mai 2011 (développement durable, biodiversité et gestion de l’eau, énergie, sciences de la vie, etc.).

Elle est également caractérisée par un accord de coopération en matière de prévention et de lutte contre les maladies infectieuses émergentes signé entre les gouvernements français et chinois en 2004. L’Institut Pasteur de Shanghai, lancé en collaboration avec l’Académie des Sciences de Chine, a été inauguré à cette occasion. Il constitue, avec le Laboratoire franco-chinois d’Informatique, d’Automatique et de Mathématiques Appliquées (LIAMA) situé à Pékin et fruit d’un partenariat entre l’Académie des Sciences de Chine et l’INRIA, des modèles d’excellence pour la recherche. Plus de 3000 chercheurs des deux pays issus de 600 unités de recherche coopèrent actuellement au sein d’une soixantaine de structures franco-chinoises de recherche.

Coopération culturelle et artistique

Dans le domaine des échanges artistiques et culturels, l’organisation de grands rendez-vous culturels annuels pluridisciplinaires à forte visibilité permet de développer la compréhension mutuelle et d’offrir d’une image renouvelée de la France, faite non seulement de culture et d’arts mais également de modernité et de technologie. Le festival « Croisements » est devenu le plus grand festival étranger en Chine. L’édition 2015, qui célébrait le 10e anniversaire du festival, a proposé 108 évènements dans 34 grandes villes de Chine et permis d’aller à la rencontre de 2,3 millions de spectateurs.

La visite d’Etat en Chine du Président de la République en novembre 2015 a été l’occasion d’annoncer l’ouverture prochaine d’un Centre Pompidou provisoire à Shanghai.

Coopération universitaire et linguistique

Dans le domaine universitaire, un programme conséquent de bourses du gouvernement français, comme le programme « France Excellence », l’ouverture de filières de formation d’excellence en partenariat, par exemple dans le cadre de l’École centrale de Pékin ou du collège aéronautique sino-européen de Tianjin, et la conclusion de nouveaux partenariats universitaires devraient être les moteurs de croissance des échanges éducatifs franco-chinois dans les prochaines années. En l’espace de dix ans, le nombre d’étudiants chinois en France a été multiplié par dix. 35 000 étudiants chinois sont aujourd’hui inscrits dans un établissement supérieur français. Ils constituent le deuxième contingent d’étudiants étrangers en France. Le réseau « Club France » rassemble les anciens étudiants chinois en France.

La coopération linguistique est marquée par une croissance du nombre d’élèves de français et de chinois qui reflète le désir partagé par nos deux pays d’apprendre la langue et la culture de l’autre. En 2015, près de 100 000 écoliers, collégiens et lycéens français apprennent le mandarin. Le chinois est la 5ème langue la plus enseignée en France. Réciproquement, on constate une forte croissance du nombre d’apprenants de français en Chine, en particulier dans les universités.

Coopération en matière d’environnement et de développement durable

Notre coopération en Chine est fondée sur trois priorités : la lutte contre le dérèglement climatique, développement urbain durable et questions de l’eau.

L’Agence française de développement (AFD) intervient en Chine depuis 2004, dans le cadre d’un partenariat avec le ministère chinois des Finances et la Commission nationale du développement et des réformes. Son action vise à accompagner la transition du pays vers une économie sobre en carbone et respectueuse de l’environnement et à valoriser l’expertise et le savoir-faire des acteurs français dans le cadre de partenariats. Depuis 2004, 24 projets ont été menés pour un montant brut d’engagements cumulés de près de 1,2 milliard d’euros (prêts souverains aux conditions du marché depuis 2011). De nouveaux projets sont actuellement mis en œuvre dans les provinces du Guangxi, du Heilongjiang et du Fujian.

Coopération décentralisée

La France et la Chine ont fait le choix, depuis les 1ères Rencontres de la coopération décentralisée franco-chinoise à Wuhan en 2005, d’approfondir les liens tissés entre leurs collectivités, notamment en ce qui concerne la mise en place de politiques urbaines propres et durables adaptées à de nouveaux modes de vies. Les 5e Rencontres se tiendront en octobre 2016.

Aujourd’hui, 70 collectivités territoriales françaises sont engagées en Chine, recouvrant plus de 150 projets menés avec 90 collectivités chinoises partenaires dans des secteurs clef du développement territorial (culture, université, recherche, économie…). 16 collectivités territoriales françaises ont ouvert un bureau de représentation en Chine. La coopération décentralisée avec la Chine monte progressivement en puissance, et contribue au développement économique de nos collectivités territoriales, mais également à la coopération culturelle et universitaire entre la France et la Chine. Les 4èmes rencontres de la coopération décentralisée franco-chinoise se sont tenues à Strasbourg en novembre 2014 où plus de 50 collectivités et près de 130 entreprises chinoises étaient représentées.

Mise à jour : 10.03.16

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