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La France et le Chili

Brève

Chili - Entretien de Laurent Fabius avec son homologue (Paris, 18 mars 2015)

Les échanges ont permis d’examiner l’ensemble des volets de la relation bilatérale, dans la perspective de la visite officielle en France de la présidente Michèle Bachelet prévue les 8 et 9 juin.

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Présentation

Relations politiques

Après un gel des relations politiques pendant la dictature, les contacts sont rétablis à haut niveau dès 1989. Le Chili est notamment un partenaire historique de la France sur la question des financements innovants du développement dont la France assure le Secrétariat permanent.

Les visites officielles sont régulières : déplacement du Président Chirac à Santiago en mai 2006 ; visite de la Présidente Michelle Bachelet en France en mai 2009, puis du Président Piñera en octobre 2010. La Présidente Bachelet a de nouveau effectué une visite officielle en France les 8 et 9 juin 2015. Une déclaration conjointe pour le renforcement d’un partenariat privilégié a été signée à cette occasion par les deux Présidents ; plusieurs accords bilatéraux ont également été conclus (tourisme, « Programme Vacances-Travail », éducation, droits des femmes, projets économiques,…).

Les visites ministérielles entretiennent également la qualité de la relation bilatérale : le Premier Ministre Jean-Marc Ayrault, accompagné de quatre ministres (Mme Touraine, MM. Cazeneuve, Canfin et Hamon) s’est rendu en janvier 2013 à Santiago, à l’occasion du sommet UE-CELAC. Il s’est entretenu à cette occasion à titre bilatéral avec le Président Piñera. Mme Conway-Mouray, ministre déléguée aux Français de l’Etranger, a représenté la France lors de l’investiture de Michelle Bachelet, le 11 mars 2014. M. Peñailillo, Ministre de l’Intérieur chilien s’est entretenu avec M. Cazeneuve le 2 octobre 2014 à Paris afin de bénéficier de l’expérience française en matière de lutte contre le terrorisme. M. Eyzaguirre, Ministre de l’Education, s’est quant à lui rendu en France le 6 novembre 2014, alors que la loi sur l’Education était en discussion au Sénat chilien, afin de rencontrer son homologue, et d’étudier le système éducatif français ; Mme Najat Vallaud-Belkacem s’est rendue au Chili du 23 au 26 avril 2015 sur ces mêmes thèmes ; enfin, M. Burgos, Ministre de la Défense, a fait une visite en France en novembre 2014, témoignant ainsi de l’intérêt chilien pour la France en matière de Défense.

Le site de l’ambassade de France au Chili

Relations économiques et commerciales

La France joue un rôle économique au Chili conforme à son poids en Europe. Les trois quarts des entreprises du CAC 40 ont une présence significative au Chili. Le quart d’entre elles occupent une position de leader sur leur marché. Certaines jouent
dans l’économie chilienne un rôle clef : deux filiales de GDF Suez sont cotées à Santiago, et Sodexo est l’un des cinq premiers employeurs privés chiliens. La France était en 2014 le troisième fournisseur européen du Chili et le premier exportateur européen d’automobiles en volume. En raison du poids du Chili dans l’offre mondiale de cuivre (près d’un tiers de la production et plus d’un tiers des exportations mondiales), le déficit commercial français présente un caractère structurel. Le retournement du cycle du cuivre a induit une chute prononcée des investissements et de la demande de biens de consommation durables qui a fortement affecté les exportations françaises en 2014 (667 M€ contre 760,4 M€ en 2013, soit – 12,3%).

En revanche, la France occupe une place très importante dans les secteurs stratégiques de l’énergie et des infrastructures. Les opérateurs français couvrent l’éventail des sources d’énergie dont le développement est jugé prioritaire par l’agenda énergétique chilien rendu public en mai 2014 : GNL (terminal de Mejillones opéré par GDF Suez et projet El Campesino d’EDF) comme énergies renouvelables (parc éolien de GDF Suez, portefeuille de projets de Solaire direct, parc El Salvador de Total EN inauguré en début d’année, centre de recherche DCNS sur les énergies marines remporté en fin d’année dernière, projets d’EDF). A la fin 2014, GDF Suez et EDF se sont adjugés 60 % de la capacité du réseau régulé mise aux enchères.

En matière d’infrastructures, l’ingénierie française continue de jouer une part active dans le développement du métro de Santiago (Colas Rail, Systra), dont le financement est principalement structuré par BNP Paribas. Le 4 février dernier, le consortium ADPi – Vinci Airport a remporté la concession de l’aéroport de Santiago et la construction d’un second terminal.

Le stock d’investissements chiliens en France représente 616 MUSD. La participation, à travers Invexans du groupe Luksic dans Nexans, représente toutefois à elle seule presque 400 M USD. En 2015, un conglomérat chilien, Sigdo Koppers, a annoncé le rachat du groupe dijonnais Davey Bickford, leader mondial des détonateurs.

Coopération universitaire, culturelle et scientifique

La France est présente au Chili à travers son Institut français à Santiago et 9 Alliances françaises (Antofagasta, La Serena, Viña del Mar, Chillán, Concepción, Valdivia, Osorno, Puerto Montt, - et l’Ile de Pâques).

C’est dans les domaines culturel, scientifique et universitaire que la relation avec le Chili est la plus dynamique et diversifiée.

Dans le domaine universitaire, on recense aujourd’hui 12 accords spécifiques pour l’enseignement supérieur et la recherche qui ont permis le lancement de plusieurs programmes bilatéraux et le développement d’une coopération institutionnelle entre les ministères de l’éducation et de l’enseignement supérieur des deux pays. Près de 350 accords ont été signés entre universités françaises et chiliennes. La France est le 3ème pays d’accueil des étudiants chiliens (910 étudiants dans les établissements français en 2014/2015) avec une augmentation d’effectifs de près de 25% au cours des six dernières années. L’Université Technologique de Compiègne a inauguré en mars 2014 un campus au sein du lycée français de Viña del Mar, qui accueille un tronc commun d’ingénierie à destination des étudiants latino-américains et français. Un accord de reconnaissance mutuelle des études et des diplômes pour la poursuite d’études supérieures dans le pays partenaire a été signé en juin 2015, à l’occasion de la visite officielle de Mme Bachelet en France.

Dans le domaine de la recherche, le Chili met l’accent sur la création de centres d’excellence et la valorisation industrielle, les universités en étant les principaux acteurs. L’objectif du gouvernement est de porter d’ici 2018 les ressources consacrées à la recherche et à l’innovation à 1,2% du PIB. La richesse de la coopération scientifique franco-chilienne repose sur des liens anciens et un investissement important des grands organismes de recherche français, tels que le CNRS et l’INRIA. Cette coopération est structurée autour du programme « Evaluation Orientation de la Coopération Scientifique » (ECOS) qui permet de financer chaque année une cinquantaine de projets de recherche. Depuis 1992, plus de 400 projets ont été sélectionnés.

La coopération scientifique entre le Chili et la France comprend plusieurs unités partagées de recherche : une unité mixte internationale (UMI) ouverte en septembre 2011 par le CNRS dans le domaine de l’astronomie, venant s’ajouter au centre de modélisation mathématique ; quatre laboratoires internationaux associés (LIA) au CNRS et deux LIA associés à l’IRD. En août 2011, la CORFO, qui relève du ministère de l’Économie chilien, a retenu le projet de l´INRIA de création d´un centre d’excellence en informatique, le CIRIC, doté d’un budget de 30 millions d’euros sur dix ans et orienté vers la recherche et le transfert de technologie. L’INRIA a également signé un accord avec l´Observatoire submillimétrique d’Atacama (Alma) qui prolonge pour deux ans leur coopération existante en matière d’innovation. En 2015, la CORFO a de nouveau retenu un projet dirigé par DCNS pour la création d’un centre d’excellence sur les énergies marines renouvelables.

Le débat d’idées, qui mobilise l’expertise française et les intellectuels (chaire Foucault, fonds d’Alembert, Puerto de ideas…) constitue un volet essentiel de notre rayonnement au Chili.

Enfin, de nombreuses collectivités territoriales (Île-de-France, Bourgogne, Dordogne, Finistère, Hérault et Paris) développent des projets de coopération décentralisée. Un accord bilatéral signé en mars 2014 a donné un cadre juridique et une impulsion à ce type de coopération.

- http://www.ambafrance-cl.org/Alliances-francaises-et-Institut,

Mise à jour : 04.12.15

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