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Signature d’une déclaration d’intention entre la France et le Québec : discours de Y. Benguigui (Angoulême, 24 août 2013)

Angoulême, le 24 août 2013

Monsieur le Ministre, cher Maka Kotto,
Mesdames et Messieurs les parlementaires,
Monsieur le Délégué général du Québec en France,
Monsieur le Préfet,
Monsieur le Maire d’Angoulême,
Mesdames et Messieurs les élus,
Chers Marie-France, Dominique et Patrick,
Mesdames, Messieurs,
Chers amis,

C’est un honneur et un grand plaisir de vous retrouver cher Maka Kotto pour célébrer a Angoulême le cinéma québécois au sein du seul Festival du Film francophone en France.

Marie France, Dominique, Patrick, inlassables militants du cinéma, vous avez fait le choix d’ancrer ce festival à Angoulême, ville de l’image par excellence, avec son Pôle Image Magélis qui est un instrument de développement économique majeur en France. On compte 1000 emplois dans 80 entreprises de la région liées à l’image. On forme à Angoulême plus de 850 étudiants tous les ans aux métiers de l’image.
Monsieur le Maire, cher Philippe, je sais que c’est votre priorité.

Chers Marie-France, Dominique, Patrick,
En favorisant l’expression cinématographique francophone, vous défendez une francophonie vivante, dynamique, égalitaire.

Vous contribuez à l’émergence de jeunes talents, permettez la diffusion d’œuvres issues de pays francophones, la promotion de celles-ci, et la mobilité des cinéastes et des acteurs.

Ce festival est à la fois rigoureux quant à la sélection des œuvres, et résolument tourné vers l’autre et vers le public.

Ce sont toutes ces valeurs que nous partageons avec le Québec, et qui encadrent cette signature qui va renforcer la coopération culturelle franco-québécoise.

Mon cher Maka, je voudrais dire le plaisir mêlé d’émotion que j’ai aujourd’hui de signer avec toi cet accord. Tu fais partie de ma mémoire. Nous avons partagé les mêmes rêves, toi comme acteur, moi comme réalisatrice, dans une France qui découvrait les balbutiements identitaires de sa composante issue de l’immigration. Nous n’avions pas de ressentiment, juste le désir de voir s’ouvrir les portes d’un monde plus égalitaire, d’un univers cinématographique, sans discrimination.

Je n’aurais jamais imaginé qu’un jour nous nous retrouverions, toi Ministre de la culture de ce Québec où tout est possible, et moi Ministre de la Francophonie d’un pays où le rêve est une exigence politique.

Cher Maka Kotto, tout nous unit, Français et Québécois.

De nos profondes racines communes émerge un lien dont la force n’a pas d’équivalent dans le monde.

Il est au cœur d’une une coopération qui nous unit depuis 1965 et que mettent en œuvre les Ministères de la Culture, des Affaires étrangères, l’Institut français, le Conseil des Arts et Lettres du Québec (le CALC), ou encore la Société de Développement des entreprises culturelles du Québec (la SODEC), et qui unit des centaines d’acteurs de la culture dans tous ses domaines.


Aujourd’hui, nous allons signer un texte qui va renforcer la circulation des informations, améliorer le partage des connaissances, développer les partenariats ainsi que les instruments de coopération.

Ce texte va multiplier les initiatives communes sur le développement durable ou la diplomatie culturelle.

Nous allons conduire nos actions communes franco-québécoises dans l’espace francophone, et en particulier en Afrique.

Le mécénat sera renforcé par les échanges, les mécanismes de soutien entre artistes, et la coopération entre les organismes de soutien à la production comme la SODEC et le CNC.

Les initiatives autour du numérique seront développées, qu’il s’agisse de l’écriture avec la plate-forme numérique « IF Verso » de l’Institut français, qui va être élargie aux auteurs du Québec, du cinéma avec la plate-forme « IF Cinéma » qui va s’ouvrir au cinéma du Québec, ou des nombreux projets d’innovation technologique comme :

  • la traduction simultanée pour le spectacle vivant ;
  • les résidences croisées de création numérique ;
  • la coproduction d’événements numériques en langue française ;
  • ou encore les initiatives autour du jeu vidéo créatif.

    Aujourd’hui, la Francophonie est l’espace privilégié au sein duquel le lien entre la France et le Québec peut s’exprimer – TV5Monde en est le symbole le plus visible.


    Aujourd’hui, l’Union européenne et le Canada négocient un accord de libre-échange. Cet accord préservera la diversité culturelle contre l’uniformisation et la marchandisation de la culture, car les biens culturels ne sont pas négociables.
    C’est le sens de l’exception qui a été consacrée en 1995 dans l’accord de Marrakech puis en 2005 dans la convention de l’UNESCO pour la diversité culturelle.

    La France et le Québec doivent renforcer leur réflexion stratégique commune, dans cette période de grand bouleversements technologiques, où le numérique transforme complètement la diffusion mais aussi la création artistique et culturelle.

    La signature de notre accord à Angoulême, en présence de professionnels réunis sur place, originaires de pays francophones et francophiles, tout en rendant hommage au cinéma québécois, renforce le potentiel et l’enjeu économique de nos ententes au sein de l’espace francophone.

    Les organisateurs de festival, Marie-France, Patrick, Dominique, ont toujours fait une place importante au cinéma québécois. Lors du dernier festival de Cannes, Dominique Besnehard a réitéré son souhait de voir "un ou deux films québécois" inscrits dans la compétition officielle. Ce souhait est largement réalisé, puisque la sélection en comporte dix.

    Je voudrais rendre hommage à ces inlassables militants d’un cinéma ouvert, anticonformiste, car c’est bien grâce à eux que des réalisateurs et acteurs issus de la diversité, ont pu sortir visibles d’un parcours semé d’embûches et de préjugés.

    Je voudrais aujourd’hui leur exprimer toute ma reconnaissance pour continuer à faire du Festival du film francophone Angoulême une agora ouverte à tous, pour que la francophonie soit cet espace riche de la différence de l’autre et qui transmettre des valeurs culturelles universelles.


    Je souhaite longue vie au cinéma francophone et beaucoup de force à la coopération artistique et culturelle entre la France et le Québec.


    Je vous remercie

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