Présentation

Données générales

CAMBODGE

Présentation du pays

Nom officiel : Royaume du Cambodge
Nature du régime : Monarchie constitutionnelle
Chef de l’Etat : Norodom Sihamoni, règne depuis 2004
Premier ministre : M. HUN Sen, en fonctions depuis novembre 1998 et reconduit en juillet 2013.

Données géographiques

Superficie : 181 035 km²
Capitale : Phnom Penh (1,5M) ; villes principales : Sihanoukville (200 000), Siem Reap (180 000)
Langue officielle : khmer
Monnaie : Riel (KHR) et dollar (économie fortement dollarisée)
Fête nationale : 9 novembre (anniversaire de l’indépendance en 1953)

Données démographiques

Population : 15,5 millions d’habitants (2015, Banque mondiale)
Densité : 85 habitants/km2 (2014, DG Trésor)
Croissance démographique : 1,6 % (2015, Banque mondiale)
Espérance de vie : 68.5 ans (2015, Banque mondiale)
Taux d’alphabétisation : 74 % (2014, Banque mondiale)
Religions : bouddhisme (plus de 90%), islam (moins de 5%)
Indice de développement humain : 136e rang (2014, PNUD)

Données économiques

PIB : 17.8 Mds USD ; PIB par habitant : 1140 USD (DG Trésor, 2016)
Taux de croissance : 7.1 % (2015) ; prévisions 2017 : 6.9% (Banque mondiale)
Taux de chômage : 0,3 % (2014, Banque mondiale)
Taux d’inflation : 3,3 % (2015, CNUCED)
Taux de pauvreté : 14% (2016, Banque Mondiale)
Déficit public : 2,8 % (2014, DG Trésor)

Balance commerciale : - 2 Mds USD (2014, DG Trésor)
Principaux clients (2016) : Etats-Unis (24,1%), Royaume-Uni (8,7%), Allemagne (8,1%)
Principaux fournisseurs (2016) : Vietnam (28,1%), Chine (20,6%), Thaïlande (16,8%)
Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB (2016) : - agriculture : 32 %
- industrie : 24 %
- services : 38 %
Exportations de la France vers le Cambodge : 140,3 millions € (2016, DG Trésor)
Importations françaises depuis le Cambodge : 800,6 millions € (2016, DG Trésor)
Solde commercial : -660 millions € (2016, DG Trésor)

Présence française

Site internet de l’Ambassade
Section consulaire à Phnom Penh, consuls honoraires à Siem Reap et Sihanoukville
Communauté française au Cambodge : 4 661 inscrits au registre consulaire (2015)
Communauté cambodgienne en France : environ 300 000 personnes d’origine cambodgienne

Eléments d’actualité

Politique intérieure

Aux termes de la constitution de 1993, le Cambodge est une monarchie parlementaire. Elément essentiel de la stabilité du pays depuis les Accords de Paris en 1991, l’institution monarchique perdure en la personne de Norodom Sihamoni qui a accédé au trône en 2004, après l’abdication de son père, Norodom Sihanouk. Selon la Constitution, « le Roi règne et ne gouverne pas ».

La vie politique cambodgienne est dominée par le Parti du Peuple Cambodgien de HUN Sen, homme fort du pays depuis 1985 et Premier ministre sans interruption depuis 1998. La victoire du PPC aux élections municipales de 2017, qui s’impose dans 70% des communes, a permis de consolider la base électorale du Premier Ministre, notamment dans la perspective des élections législatives prévues en juillet 2018.

Après les élections législatives de juillet 2013 remportées par le PPC mais dont le résultat a été contesté par l’opposition (Parti du Salut National), le gouvernement et l’opposition cambodgienne ont conclu, le 22 juillet 2014, un accord portant sur la réforme du Comité national électoral et la répartition à parts égales de poste clés à l’Assemblée nationale et au Sénat.

Cet accord a été progressivement vidé de son contenu depuis l’été 2015 et les tensions entre le PPC et l’opposition ont rejailli à la faveur de plusieurs incidents (condamnation à 7 ans de prison du sénateur de l’opposition Hong Sok Hour pour avoir publié sur Facebook un traité frontalier « falsifié », mandat d’arrêt à l’encontre de Sam Rainsy, contraint à l’exil en France pour la 3e fois en 20 ans, arrestations de plusieurs responsables locaux d’ONG de droits de l’Homme). L’ONU, le Conseil des Droits de l’Homme, le Parlement européen et plusieurs ambassades de pays membres de l’UE dont la France ainsi que les Etats-Unis, ont dénoncé à plusieurs reprises l’escalade des tensions et appellent le gouvernement à la reprise d’un dialogue pacifique et constructif. Par ailleurs, KEM Ley, commentateur indépendant bien connu des médias, a été assassiné en juillet 2016 dans des conditions qui restent à élucider. .

Les « Chambres extraordinaires au sein des tribunaux cambodgiens » (ou « Tribunal Khmers Rouges »), mises en place et soutenues par les Nations Unies en 2003, sont chargées de juger les dirigeants supérieurs du Kampuchéa Démocratique ainsi que les principaux responsables des crimes commis entre le 17 avril 1975 et le 6 janvier 1979, période durant laquelle les Khmers rouges ont dirigé le Cambodge. Le premier procès, celui de Duch (directeur du centre pénitentiaire S21 à Phnom Penh), a pris fin en février 2012, par la condamnation en appel de l’accusé à la prison à perpétuité. En août 2014, le Tribunal a reconnu les plus hauts dignitaires du régime de Pol Pot, Khieu Samphan, ancien chef d’Etat, et Nuon Chea, ancien n°2, coupables de crimes contre l’humanité. Le Tribunal a confirmé fin novembre 2016 leur condamnation à la réclusion criminelle à perpétuité.

Situation économique

L’économie du Cambodge affiche une croissance estimée par la Banque mondiale à près de 7 % en 2016 et repose sur quatre piliers : la construction, l’agriculture, le tourisme et l’industrie textile. Le Cambodge bénéficie du programme « Tout sauf les armes » de l’UE. La croissance est en partie tirée par les exportations, qui dépendent néanmoins d’entreprises souvent étrangères (chinoises pour le textile, japonaises pour la production industrielle).

Le secteur du textile et des chaussures constitue le principal poste d’exportation du pays (80% de ses exportations sont destinées à l’Union européenne (40%) et aux Etats-Unis (37%). L’agriculture constitue le 2ème poste d’exportation du pays mais reste dépendante des aléas climatiques. L’activité touristique (qui représente 15% du PIB et plus de 620 000 emplois) a engrangé des recettes de 2 Mds USD (près de 5 millions de touristes en 2015, dont près de 200 000 Français), à destination principalement de Siem Reap (site d’Angkor) et de Phnom Penh.

Politique étrangère

Après les décennies 1970 et 1980, marquées par la guerre (coup d’Etat du général Lon Nol, régime Khmer rouge, puis occupation vietnamienne), suivies d’une quinzaine d’années de reconstruction, le Cambodge aspire à son plein retour au sein de la communauté internationale. Centrée sur le dialogue régional, la diplomatie cambodgienne s’efforce de maintenir de bonnes relations avec les pays voisins en écartant les sujets irritants et densifie encore la relation avec Pékin. Le dialogue politique avec les Occidentaux demeure encore limité, alors que les Etats-Unis et l’UE absorbent l’essentiel des exportations du secteur de la confection, principal moteur de la croissance cambodgienne.

La relation avec Pékin est un élément important de la politique étrangère cambodgienne. Le Cambodge est un des pays d’Asie du Sud-Est le plus proche de la Chine. Les deux Etats ont conclu un « partenariat global » lors de la visite à Phnom Penh du Premier ministre chinois Wen Jiabao en avril 2006 et entretiennent un dialogue politique régulier avec deux déplacements du Premier ministre en Chine, en avril et en octobre 2015. La Chine est le second partenaire commercial du Cambodge, avec une part de marché de 32,6 % en 2014, en augmentation constante depuis 2004 (+15% en 10 ans). La Chine est également, depuis 2004, le premier investisseur au Cambodge et un bailleur de fonds de plus en plus important (plus de 10Mds US$ cumulés sur la période 1994-2015). Le gouvernement cambodgien défend les thèses chinoises au sein de l’ASEAN en ce qui concerne le contentieux de la mer de Chine du Sud.

La relation avec Washington connait une embellie avec la visite du secrétaire d’Etat Kerry à Phnom Penh en février 2016 et celle du Premier ministre Hun Sen aux Etats-Unis pour le sommet ASEAN de Sunnylands, en dépit de divergences sur la question des droits de l’Homme sur laquelle les Américains demeurent critiques. L’accès préférentiel des produits de l’industrie textile cambodgienne au marché américain est toutefois menacé par la concurrence vietnamienne, dynamisée par l’accession de Hanoï au Partenariat Trans Pacifique.

Depuis 2008, des tensions existent entre le Cambodge et la Thaïlande autour d’une zone frontalière contestée de 4,6 km2, située aux abords du temple de Preah Vihear. Des affrontements meurtriers ont même eu lieu en 2011. Après une intervention du ministre des Affaires étrangères indonésien, les deux pays sont parvenus à un accord de principe prévoyant l’arrêt des hostilités et le déploiement d’observateurs indonésiens chargés de surveiller le cessez-le-feu. Le Cambodge a demandé à la Cour Internationale de Justice une interprétation de l’arrêt du 15 juin 1962 relatif au temple de Preah Vihear. Cet arrêt en interprétation en date du 11 novembre 2013 confirme la souveraineté du Cambodge sur le temple lui-même, ainsi que sur tout l’éperon rocheux sur lequel il se trouve. En revanche, il ne délimite pas la frontière. La décision a été acceptée par les deux pays, qui doivent désormais procéder à la délimitation de la frontière. Les flux économiques entre la Thaïlande et le Cambodge sont conséquents (plus d’un milliard de dollars en 2013). La Thaïlande est le 3e fournisseur du royaume (16% des importations, principalement des matériaux de construction, des produits pétroliers et des véhicules). De nombreux travailleurs migrants cambodgiens sont par ailleurs installés en Thaïlande.

Avec le Vietnam, la relation entre gouvernements est historiquement bonne et les visites bilatérales de haut niveau sont fréquentes. La relation privilégiée entre les deux pays est cependant régulièrement mise à l’épreuve par un certain nombre de sujets sensibles pour l’opinion publique cambodgienne, tels que la présence de nombreux ressortissants vietnamiens clandestins au Cambodge, les litiges frontaliers, et la question des Khmers Krom (environ un million) qui vivent au Vietnam dans le delta du Mékong. En matière économique, le Vietnam est le cinquième investisseur au Cambodge, avec 2,5 milliards de dollars en volume en 2013, soit quatre fois plus qu’en 2009. Le montant des échanges entre les deux pays était de 3,5 milliards de dollars en 2013 (part de marché de 13,5%). Les Vietnamiens représentent également le plus important contingent de touristes étrangers dans le royaume. Le Premier ministre Hun Sen a effectué fin décembre 2016 un visite au Vietnam, destinée à promouvoir la coopération et les échanges économiques et universitaires. Le Cambodge et le Vietnam célébreront en juin 2017 le 50ème anniversaire de l’établissement de leurs relations diplomatiques.

Le Cambodge cherche à jouer un rôle plus actif sur la scène internationale. Il a ainsi envoyé des soldats participer pour la première fois à une opération de maintien de la paix de l’ONU en 2006, et plus récemment des contingents de casques bleus au Mali et en République centrafricaine. Le Cambodge a organisé fin 2011 la Réunion des Etats Parties à la Convention d’Ottawa sur l’interdiction de l’emploi, du stockage, de la production et du transfert des mines antipersonnel. Il a également assuré la présidence tournante de l’ASEAN en 2012.

Mise à jour : 10.08.17

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