Présentation du Cambodge
Présentation du pays

Données générales
Nom officiel : Royaume du Cambodge
Nature du régime : Monarchie constitutionnelle
Chef de l’Etat : Norodom Sihamoni, règne depuis le 14 octobre 2004
Chef du Gouvernement : Hun Manet, en fonction depuis août 2023
Données géographiques
Superficie : 181 035 km²
Capitale : Phnom Penh (2,3 millions d’habitants)
Villes principales : Battambang (250 000 habitants), Siem Reap (245 000), Sihanoukville (200 000)
Langue officielle : khmer
Monnaie : riel
Fête nationale : 9 novembre (anniversaire de l’indépendance)
Données démographiques
Population : 17,7 millions d’habitants (2024, Banque mondiale)
Densité : 98,7 habitants/km2 (2023)
Croissance démographique : 1,2% (2024, Banque mondiale)
Espérance de vie : 71 ans (2023, Banque mondiale)
Taux d’alphabétisation : 84% (2024, Banque mondiale)
Religions : bouddhisme (plus de 90%), islam (moins de 5%)
Indice de développement humain : 0,6 (2023, PNUD)
Éléments d’actualité
Politique intérieure
Le Cambodge accède à l’indépendance en 1953 après de longues négociations avec la France. La chute du régime des Khmers rouges (1975-1979), à la suite d’une offensive de l’armée vietnamienne, est suivie d’une période de guerre civile jusqu’en 1989, année marquant la date du retrait vietnamien du Cambodge. La conclusion des Accords de Paris en 1991, qui entérinent l’objectif de reconstruction et de réconciliation nationales entre les différentes factions impliquées (le Front uni national pour un Cambodge indépendant, neutre, pacifique et coopératif ou FUNCINPEC, le Parti du peuple cambodgien ou PPC, Khmers rouges), permet également la mise en place d’un processus de paix soutenu par l’Organisation des Nations unies (ONU). Norodom Sihanouk redevient Roi à l’issue des premières élections libres organisées en 1993 qui aboutissent à l’adoption de la Constitution du pays la même année. L’ONU se retire à l’issue du processus qui voit la coexistence de deux Premiers ministres Norodom Ranariddh (royaliste du FUNCINPEC) et Hun Sen (PPC). En 1997, Norodom Ranariddh est destitué. Le PPC, dirigé par Hun Sen, remporte les élections législatives organisées en 1998, 2003 et 2008. Suite à l’abdication du Roi Sihanouk, son fils, Norodom Sihamoni, est devenu Roi du Cambodge en 2004.
Les élections législatives de juillet 2013 ont vu une nouvelle victoire du PPC, toutefois contestée par l’opposition conduite par le Parti du salut national (PSN). Après plusieurs mois de boycott de l’Assemblée nationale par les 55 députés élus du PSN, un accord prévoyant notamment la répartition de certains postes au sein du Parlement ainsi qu’une réforme électorale a été conclu en juillet 2014. En 2017, le dirigeant du PSN, KEM Sokha, a été arrêté et son parti dissous.
KEM Sokha a été condamné à 27 ans de prison en mars 2023 et assigné à résidence. Par ailleurs, dans le cadre de plusieurs procès collectifs, 70 opposants, dont le leader historique SAM Rainsy, ont été condamnés, la plupart par contumace, à des peines de prison allant de 20 ans de détention à la perpétuité, ainsi qu’à la privation de leur droit de vote et d’éligibilité.
Les élections législatives du 23 juillet 2023 ont été remportées par le parti du Premier ministre Hun Sen, sans opposition crédible alors que la principale force d’opposition, le parti de la Bougie (Candlelight party), a été exclue du scrutin en mai 2023. Le PPC obtient 120 des 125 sièges de l’Assemblée nationale, dans un climat ne permettant pas à l’opposition, aux médias et à la société civile de fonctionner librement. Hun Manet, fils de Hun Sen, est élu pour la première fois à l’Assemblée nationale. Hun Sen annonce trois jours après le scrutin qu’il mettra fin à ses fonctions de Premier ministre et son fils aîné, Hun Manet, accède à la primature.
Politique étrangère
La diplomatie cambodgienne est centrée sur le dialogue régional. Le Cambodge est membre de l’ASEAN depuis 1999 et en a notamment assuré la présidence tournante en 2022.
L’actualité récente a été marquée par le conflit frontalier avec la Thaïlande (pourtant partenaire commercial et touristique essentiel du Cambodge, dont il accueillait encore jusqu’à l’été 2025 plus d’un million de travailleurs migrants). Le différend frontalier est ancien (accord entre la France et le Royaume de Siam de 1907) et a fait l’objet de plusieurs arrêts en interprétation de la CIJ autour de la zone du temple de Preah Vihear favorables à Phnom Penh. La situation s’est progressivement tendue en 2025 (chute du gouvernement thaïlandais à la suite d’une conversation fuitée entre la Première ministre thaïlandaise et son homologue cambodgien, échanges de tirs) jusqu’à dégénérer en conflit armé à partir du 24 juillet 2025. Un premier cessez-le-feu fin juillet avait permis de maintenir une accalmie relative jusqu’à une reprise des affrontements à partir du 8 décembre 2025. Un nouveau cessez-le-feu a été conclu entre les deux parties le 27 décembre 2025. Bien que fragile, il demeure en vigueur et a notamment permis la libération de 18 soldats cambodgiens, le retour des civils déplacés (près d’un million) ou encore des travaux conjoints sur le déminage et contre la prolifération des centres d’escroqueries en ligne (scam centers) qui se multiplient au Cambodge. Les Etats-Unis et la Chine valorisent tous les deux leur rôle dans la désescalade des tensions, et ont annoncé une aide humanitaire aux populations côté cambodgien. Le bilan des affrontements de juillet et décembre fait état de 56 soldats et 16 civils côté thaïlandais, pour 39 civils côté cambodgien. Le Cambodge ne communique pas ses pertes militaires, estimé à au moins une centaine selon des sources indépendantes.
Le Cambodge intensifie ses relations avec la Chine, premier investisseur (50% du stock d’IDE en 2024) et partenaire commercial du Cambodge (30% des importations du Cambodge en 2024, principal fournisseur). Les deux pays entretiennent un dialogue politique régulier et sont liés par un partenariat stratégique global depuis 2010, renforcé en avril 2025 lors de la visite de Xi Jinping dans le Royaume. Le Premier ministre Hun Manet s’est rendu en Chine en septembre 2023 pour son premier déplacement à l’étranger. Le Cambodge et la Chine ont signé en 2020 un accord de libre-échange, qui est entré en vigueur le 1er janvier 2022.
Les Etats-Unis, 2e partenaire commercial, ont renforcé leur engagement au Cambodge sous l’angle de la lutte contre la criminalité organisée et des scam centers (levée de l’embargo sur les armes et reprise des exercices militaires conjoints annoncés en octobre 2025 en échange d’une coopération dans ce domaine, soutenue par un programme de 10M USD). L’engagement inégal du président Trump dans le processus de paix (après avoir obtenu au forceps une « déclaration de paix » lors du Sommet de Kuala Lumpur fin octobre qui a rapidement été suspendue par la Thaïlande) et les pressions commerciales (droits de douane maintenus à 19% pour les principales exportations cambodgiennes contre une absence de tarifs pour l’ensemble des produits américains) compliquent cependant la relation.
La Corée du Sud occupe une place importante en termes d’’investissement (2e rang derrière la Chine) et d’aide au développement (2e récipiendaire de l’aide coréenne). Le dialogue politique s’est renforcé, avec la visite à Séoul en mai 2024 du Premier ministre Hun Manet et la signature d’un partenariat stratégique, qui vient compléter la conclusion d’un accord bilatéral de libre-échange entré en vigueur en décembre 2022. A l’automne 2025, des centaines de Sud-Coréens ont cependant été retrouvés enfermés dans un scam center (dont un décès), et la Corée du Sud a interdit à ses ressortissants de se déplacer dans certaines régions du pays.
Le Vietnam est également un partenaire important du Cambodge. Les relations avec le Vietnam sont normalisées au plan politique (fréquents échanges de visites de haut niveau) et se développent sur le plan commercial, mais doivent composer avec un fort sentiment antivietnamien au sein de la population entretenu par l’opposition en exil.
Le Cambodge participe aux opérations de maintien de la paix de l’ONU (OMP) depuis 2006 et a envoyé des contingents de casques bleus sur de nombreux terrains (Liban, Mali, République centrafricaine, Tchad, Soudan et Soudan du Sud, Chypre, Syrie, Yémen). Depuis la création en 2009 du Centre national de gestion des forces de maintien de la paix, de déminage et d’élimination des déchets de guerre (NPMEC), et avec le soutien de la coopération française, le Cambodge a formé et envoyé plus de 10 000 casques bleus sur les théâtres des OMP, faisant du pays le 3e contributeur de casques bleus de l’ASEAN (derrière l’Indonésie et la Malaisie).
Situation économique
PIB : 47 Mds USD (2024, Banque mondiale)
PIB par habitant : 1875,1 USD (2023, Banque mondiale)
Taux de croissance : 6 % (2024, Banque mondiale)
Taux de chômage : 0,3% (2024, Banque mondiale)
Taux d’inflation : 2,4% (2024, Banque mondiale)
Le Cambodge a connu depuis plus de 20 ans une croissance soutenue (plus de 7 % en moyenne depuis 2000 jusqu’à la crise liée à la pandémie de Covid-19). Si la population reste à plus de 70% rurale, une urbanisation rapide est en cours et l’agriculture représente aujourd’hui plus que le quart du PIB, porté par les services (tourisme notamment), le textile et la construction.
Membre de l’ASEAN depuis 1999 et de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) depuis 2004, le Cambodge a profité du dynamisme de la région, qui s’est traduit par un afflux d’investissements internationaux (9-10% de son PIB), essentiellement asiatiques (Chine, Japon, Corée), majoritairement réalisés dans le secteur manufacturier. Son commerce extérieur reste très asymétrique, l’essentiel des importations du Cambodge provenant d’Asie alors que près des deux tiers de ses exportations sont destinées aux marchés développés d’Amérique du Nord et d’Europe.
Le Cambodge bénéficie d’un important soutien des bailleurs multilatéraux et bilatéraux (plus d’un milliard de dollars en dons et prêts concessionnels chaque année), ainsi que d’avantages commerciaux (accès préférentiel aux marchés européen et américain) liés à son statut de PMA (pays les moins avancés, classification CNUCED) duquel il sortira en 2029 (recommandation approuvée par l’ECOSOC en 2024). La politique d’ouverture économique menée au Cambodge ces 20 dernières années a permis d’offrir un climat favorable aux investisseurs étrangers. Des efforts de facilitation et de diversification des investissements étrangers continuent d’être mis en œuvre par le gouvernement, une loi sur l’investissement en vigueur depuis 2021 ayant simplifié les procédures et élargi les incitations fiscales.
Le pays reste cependant vulnérable aux aléas internationaux du fait de sa forte intégration dans les chaînes de valeurs mondiales, de la faible diversification de sa production et de sa dépendance aux importations et aux IDE. Si l’inflation est maîtrisée grâce à la dollarisation de son économie et que les exportations (textile et produits agricoles) tirent la croissance, le tourisme n’a pas retrouvé son niveau d’avant la pandémie. Le pays est peu endetté (26 % du PIB), mais ses recettes fiscales restent faibles et les politiques sociales ne sont pas bien financées (formation, santé, retraites).
Mise à jour : 14.01.26
Informations complémentaires
- Instantanés diplomatiques
- Documents de référence