Relations bilatérales

Relations politiques

Ambassadeur de France au Brésil : M. Laurent Bili (depuis septembre 2015)
Ambassadeur du Brésil en France : M. Paulo César de Oliveira Campos (depuis juillet 2015)

Relations politiques

La France et le Brésil entretiennent une relation d’amitié ancienne qui a changé d’échelle avec la construction d’un partenariat stratégique ambitieux, lancé en mai 2006 par les présidents Lula et Chirac. Il reconnait le Brésil comme un acteur global et un candidat légitime à un siège de membre permanent au CSNU. Il engage un partage de savoir-faire et d’expertise par des initiatives conjointes, s’appuyant sur la mise en commun de ressources matérielles, technologiques, humaines ou naturelles. Il touche tous les domaines : militaire, spatial, énergétique, économique, éducatif, transfrontalier, aide au développement en pays tiers, coopération transfrontalière entre la Guyane française et l’Etat de l’Amapa.

Visites

Le partenariat stratégique avec le Brésil a été lancé en mai 2006 lors de la visite d’Etat au Brésil du président Chirac, puis confirmé lors de la rencontre des présidents Lula et Sarkozy à Saint-Georges de l’Oyapock (Guyane) le 12 février 2008, sur notre frontière commune. Il s’est traduit par l’adoption d’un plan d’action et la signature de nombreux accords lors du sommet bilatéral de Rio le 23 décembre 2008 (organisé avec le sommet UE-Brésil). La visite du président Sarkozy le 7 septembre 2009, premier chef d’Etat non latino-américain invité d’honneur à la fête nationale brésilienne, a permis de dresser un bilan de la mise en œuvre des projets mis en route. L’Année de la France au Brésil, du 21 avril au 15 novembre 2009, a permis d’intensifier tous ces échanges et de présenter aux Brésiliens une France moderne, ouverte sur le monde, à la société diverse.

Parmi les dernières rencontres, il convient de retenir :

  • la visite d’Etat en France de la Présidente Dilma Rousseff, les 11 et 12 décembre 2012.
  • la visite d’Etat du Président Hollande au Brésil, les 12-13 décembre 2013.
  • la venue à Paris de Luiz Alberto Figueiredo, Ministre des Relations extérieures, en mars 2014.
  • la venue à Paris de Mauro Vieira, Ministre des Relations extérieures, en juin 2015.
  • le déplacement de Matthias Fekl, Secrétaire d’État chargé du Commerce extérieur, de la Promotion du tourisme et des Français de l’étranger à Sao Paulo et à Rio de Janeiro, en octobre 2015.
  • le déplacement de Laurent Fabius à Brasilia, en novembre 2015
  • le passage à Paris de José Serra en juin 2016
  • le déplacement du Président Hollande à Rio de Janeiro pour l’ouverture des Jeux Olympiques en août 2016.
  • la venue à Paris de M. Pereira, ministre de l’Industrie, du Commerce et des Services en novembre 2016.
  • le déplacement de Michel Sapin, Ministre de l’Economie et des Finances, en mars 2017.

Relations économiques

La dynamique des relations économiques est fondée à la fois sur le commerce et l’investissement dans un pays qui, pour les entreprises françaises, n’est plus un simple marché mais un élément de leur stratégie globale de développement. En dépit de la conjoncture, le Brésil reste très attractif pour les entreprises françaises, et les opportunités sont réelles :

  • Le commerce bilatéral est dynamique sur longue période (doublement entre 2003 et 2013, croissance annuelle moyenne depuis 2006 de 5,6% par an) et génère de forts excédents pour la France. 850 filiales d’entreprises françaises sont implantées au Brésil (tout le CAC40 hors BTP), où elles génèrent 500 000 emplois.. La récession a toutefois un impact très direct sur le nombre d’entreprises françaises exportatrices au Brésil : de 5 000 par an sur la période 2011-2013, ce nombre a chuté à 4 200 en 2016 soit une baisse de 16%.
  • Les échanges commerciaux bilatéraux franco-brésiliens se sont élevés à 7 Mds EUR en 2016 soit, un fléchissement de 9% par rapport à 2015, en raison d’une chute de nos exportations (-10%, à 4,3 Mds EUR) résultante de la contraction de la demande interne au Brésil ; dans le même temps, les importations en provenance du Brésil ont diminué de 8% (2,7 Mds EUR contre 2,9 Mds EUR en 2015). Les exportations françaises font preuve d’une certaine résilience alors que les importations totales du Brésil ont chuté de -20% entre 2015 et 2016. Le Brésil demeure ainsi le 17e client de la France qui devient son 7e fournisseur (9e en 2015).
  • La France se trouve dans le peloton de tête des pays qui investissent le plus au Brésil, (5e rang par le stock avec 37 Mds USD d’IDE)) pour des investissements de conquête de marché (dans les services, avec Accor, ou la grande distribution, avec Casino) et non des délocalisations. Selon une étude du cabinet PwC, la France était même le 2e pays étranger en termes de nombres de décisions d’investissements en 2016. Les flux d’IDE français ont toutefois suivi le mouvement général de désinvestissement observé en 2015 (-3,5%, à 2,8Mds USD)
    - Le Brésil constitue le principal marché de la France en Amérique latine, en absorbant les deux tiers de nos exportations vers la zone, devançant le Mexique (19%), l’Argentine (11%), la Colombie et le Chili (8%). La position du Brésil dans notre commerce extérieur se maintient (moins de 1 % de nos flux commerciaux totaux). La France achète traditionnellement au Brésil des produits agro-alimentaires (soja notamment) et du pétrole, et, de manière croissante, des biens industriels. Elle exporte principalement vers le Brésil des biens d’équipement et des produits industriels (aéronautique, équipements pour l’automobile et automobiles, produits pharmaceutiques notamment).

Coopération culturelle, scientifique et technique

La montée en puissance de notre relation s’appuie sur un socle de coopération particulièrement solide et diversifié, avec un pays où la francophilie est vivace et où la diversité culturelle est une composante de l’identité nationale :

  • le Brésil est le premier partenaire de la France en Amérique latine pour la coopération scientifique, avec une attention particulière à la recherche et à l’innovation technologique (la France est le deuxième partenaire scientifique du Brésil après les Etats-Unis). La coopération scientifique est structurée autour de formations d’excellence entre universités et par des partenariats de haut niveau entre les organismes de recherche des deux pays. Ils portent notamment sur les mathématiques fondamentales et appliquées, les changements climatiques, les sciences sociales et humaines. Les programmes de technologies innovantes connaissent un important développement. Soulignons en particulier le programme CAPES-COFECUB, partenariat équilibré et de très grande qualité scientifique qui a permis de former près de 2000 docteurs brésiliens depuis son lancement en 1978 ;
  • la France demeure le premier partenaire européen du Brésil en matière universitaire. Dès les années 1930, Fernand Braudel, Claude Lévi-Strauss et Roger Bastide ont, par exemple, œuvré à tisser les liens universitaires forts qui existent entre la France et le Brésil en participant à la fondation de l’Université de Sao Paulo, aujourd’hui première université d’Amérique latine.
  • l’ENA entretient un partenariat historique avec l’ENAP (l’école nationale d’administration publique brésilienne), sur la formation des hauts fonctionnaires, qui a été conforté et enrichi de nouveaux volets d’échange en mai 2016.
  • l’action en faveur du français et des échanges culturels occupe également une place importante de notre coopération. Trois lycées français (São Paulo, Rio, Brasilia) totalisent plus de 2000 élèves dont environ 1 500 Français. Les Alliances françaises du Brésil constituent le réseau le plus ancien et le plus dense du monde (40 implantations), accueillant 30.000 élèves. Dans le domaine du livre, les relations entre éditeurs et écrivains des deux pays sont étroites (le Brésil est le premier marché pour le livre français en Amérique du Sud).

Autres types de coopération

La coopération décentralisée, officialisée dans par le protocole signé en Guyane le 12 février 2008, connaît un développement soutenu : outre des Assises bilatérales régulières, le « comité mixte de suivi de la coopération décentralisée franco-brésilienne », créé par le protocole de 2008, s’est réuni pour la 1ère fois en avril 2009 à Rio de Janeiro. Il réunit, notamment, la Région Nord-Pas-de-Calais avec le Minas Gerais et les villes de Paris et de Rio de Janeiro.

La coopération transfrontalière est une singularité de notre relation, la France partageant plus de 700 km de frontière avec le Brésil. La construction du pont sur l’Oyapock, qui en est une illustration, s’accompagne d’une coopération croissante dans les domaines de la santé, de l’éducation, du développement durable, en lien avec l’AFD, partenaire essentiel de cette coopération régionale. Cette coopération permet d’apporter des réponses aux préoccupations de chaque partie liées aux différents risques transfrontaliers (immigration clandestine, sécurité, orpaillage illégal, pêche illicite, enjeux sanitaires et phytosanitaires), d’encourager les échanges humains et commerciaux (éducation, circulation) et de développer l’économie de la région amazonienne dans le respect des populations locales et d’un environnement exceptionnel.

Mise à jour : 25.08.17

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