Relations bilatérales

Présentation

Relations politiques et dernière visites

Le voisinage géographique, les facteurs historiques et culturels (40% des Belges sont francophones), la forte imbrication des deux économies et des analyses souvent convergentes rendent les relations franco-belges particulièrement étroites et sereines. Une concertation régulière a été instaurée sur les questions européennes, les dossiers politico-stratégiques, ainsi que sur les dossiers africains.

Les contacts à caractère spécifiquement bilatéral sont fréquents, notamment en marge des réunions européennes et depuis les attentats de Paris du 13 novembre 2015 et du 22 mars 2016 à Bruxelles : sommet bilatéral à Bruxelles le 1er février 2016 sur la coopération en matière de sécurité et de lutte contre le terrorisme en présence du Premier ministre, et déplacement de celui-ci le 23 mars 2016, mission à Bruxelles de la Commission parlementaire française d’enquête sur les attentats de Paris les 7 et 8 avril 2016 ; . Le président a reçu le Premier ministre Charles Michel à Paris le 13 novembre 2014, quelques semaines seulement après son entrée en fonctions, et s’est entretenu avec Paul Magnette, Ministre-Président de la Wallonie le 14 octobre 2016. Le ministre des affaires étrangères et du développement international, Jean-Marc Ayrault, s’est également rendu à Bruxelles le 15 novembre 2016 pour s’entretenir avec son homologue Didier Reynders. Les souverains belges ont effectué des visites d’Etat en France en 1961, 1992 et 2003. Le roi Philippe et la reine Mathilde se sont en outre rendus en visite à Paris le 6 février 2014, à l’occasion de leur première visite en dehors des pays du Benelux. Les dernières visites officielles bilatérales d’un président français en Belgique datent respectivement de 1983 (M. Mitterrand) et 1997 (M. Chirac).

Relations économiques

Du fait de la proximité géographique entre la France et la Belgique, nos relations commerciales sont denses et la Belgique est notre troisième partenaire commercial après l’Allemagne et l’Italie, mais avant la Chine. La Belgique est le sixième client de la France (6,8% de nos exportations), tandis que le Royaume est notre quatrième fournisseur (7,2% de nos importations). La France est le deuxième client (15,3% des exportations belges) et le troisième fournisseur de la Belgique (9,5% des importations). Hors hydrocarbures, qui sont essentiellement des réexportations de gaz de la mer du Nord transitant par le port de Zeebrugge, notre balance bilatérale est ainsi positive de 2 Mrds euros.

Le montant exporté vers la Belgique, en légère baisse par rapport à 2013, est équivalent à près du double des exportations vers la Chine et dépasse le total de nos exportations vers les BRIC. Le nombre d’entreprises françaises exportant vers la Belgique est supérieur à celui des d’entreprises exportant vers l’Allemagne. Cependant, malgré ces bons résultats, notre part de marché (9,5% en 2015, 10 % en 2014 contre 10,6% en 2013 et 10,5% en 2012) décline de manière continue depuis dix ans alors que celles de l’Allemagne et des Pays-Bas se stabilisent à la hausse.

Extrêmement présentes en Belgique, les entreprises françaises détiennent des positions avantageuses dans les domaines de l’énergie, du matériel de transport, de la finance, de la distribution et des télécommunications et des marges de progression existent pour nos entreprises, notamment dans le secteur agro-alimentaire (la Belgique est un des pays cibles de l’opération "mieux se nourrir" avec l’appui d’Ubifrance). Plus de 2 200 entreprises françaises sont actuellement implantées en Belgique, employant 143 000 personnes.

Coopération culturelle, scientifique et technique

La coopération culturelle scientifique et technique franco-belge est particulièrement dense en raison de la proximité entre les deux pays.

La dévolution aux communautés de l’essentiel des compétences culturelles, linguistiques, scientifiques et universitaires a conduit à réactualiser le dispositif de coopération franco-belge par des accords avec les entités fédérées (accords entre la France et, respectivement, la Communauté francophone de Belgique, la Communauté flamande et la Communauté germanophone en 1999 et 2000). Dans la pratique les acteurs de la coopération des deux pays se rencontrent aussi souvent que possible dans un esprit de pragmatisme et d’efficacité.

Le renforcement de la francophonie et de la langue française est un axe important de notre coopération, en particulier en Flandre et en communauté germanophone (actions pédagogiques et formation des enseignants, soutien au renforcement des effectifs du lycée français d’Anvers à travers le projet de mise en place d’une filière bilingue). À Bruxelles, l’enseignement du français est dispensé par l’Alliance Française de Bruxelles Europe, avec un accent particulier donné à la formation des fonctionnaires européens et des diplomates en poste dans la capitale européenne.

Autres types de coopération

Avec 620 kms de frontière commune, 25.000 résidents en France qui se rendent quotidiennement en Belgique pour travailler et 5.000 résidents en Belgique qui viennent travailler en France, la coopération transfrontalière entre les régions françaises et belges est ancienne et dense. Elle reste néanmoins peu visible du fait notamment de l’absence de véritable lieu d’échange institutionnel portant sur la coopération transfrontalière ou les questions frontalières au niveau intergouvernemental, comme cela est le cas par exemple avec le Luxembourg.

L’Union européenne, via la politique de cohésion, joue un rôle essentiel dans le développement d’une coopération transfrontalière entre les trois versants français, flamand et wallon. Pour la période 2014-2020, le programme Interreg V prévoit 170 millions d’euros et s’articule autour de quatre thématiques : recherche et innovation, compétitivité des PME, environnement et développement durable, cohésion sociale-santé-formation-emploi.

La coopération décentralisée est très dynamique avec l’existence de plusieurs groupements européens de coopération territoriale (GECT), notamment le premier GECT en Europe, l’Eurométropole Lille/Courtrai/Tournai, créé le 28 janvier 2008 et le GECT Flandre-Côte d’Opale créé en 2009. La coopération est également dense entre la Wallonie et la Champagne-Ardenne (signature en 2012 d’une déclaration de coopération renforcée dans les domaines du développement économique, de la compétitivité et de l’innovation, de la santé, du tourisme, de la culture et de la coopération avec les pays tiers).

La coopération policière et douanière franco-belge se développe de façon régulière. Elle repose sur un accord signé le 5 mars 2001, qui a débouché sur l’inauguration d’un centre de coopération policière et douanière à Tournai, au début du mois de septembre 2002. Un nouvel accord a été signé par les ministres belge et français de l’Intérieur le 18 mars 2013, afin de doter les patrouilles de police mixtes franco-belges de pouvoirs accrus (patrouilles mixtes et pouvoir d’arrestation sur le territoire de l’autre partie). Cet accord, ratifié par la Belgique, a été approuvé par le Parlement français en juillet 2015.

Dans le domaine hospitalier, à la suite de l’accord cadre de 2005, signé à Mouscron, un parcours d’accès transfrontalier aux centres hospitaliers de la région a été mis en place. La France et la Wallonie ont en outre signé le 21 décembre 2011 un accord-cadre portant sur l’accueil des personnes handicapées françaises dans les établissements spécialisés de la région wallonne qui est entré en vigueur le 1er mars 2014.

Canal Seine-Escaut : Le projet de liaison Seine-Escaut constitue un sujet majeur de coopération. Il vise à relier le bassin de la Seine avec le bassin de l’Escaut ainsi que le delta Rhin-Escaut et le bassin rhénan (le tronçon central de ce projet consiste en la construction du canal Seine-Nord Europe de 106 kilomètres sur le territoire français). Des aménagements connexes sont prévus en Flandre, en Wallonie et en France. Les pays concernés par ce projet sont la France, la Belgique, les Pays-Bas et l’Allemagne. La Conférence intergouvernementale (CIG), créée le 24 septembre 2009 est chargée de mener à bien la réalisation de ce projet. Le 17 octobre 2013, lors des journées RTE-T à Tallinn, les ministres français, wallon et flamand des transports ont signé une déclaration d’engagement concernant la réalisation du Canal. Le 26 septembre 2014, le Premier ministre M. Valls a apporté son soutien au projet et a fixé pour objectif le lancement des travaux en 2017 et leur achèvement en 2023. Le coût estimé du projet est de 4,5 à 4,8 milliards d’euros. Ce projet est éligible à d’importants financements européens dans le cadre du mécanisme d’interconnexion (MIE) 2014-2020. Un dossier de réponse commun à l’appel à projets multiannuel lancé par la Commission le 11 septembre 2014 a été déposé par la France, la Wallonie et la Flandre le 26 février 2015, et a reçu une réponse positive de la Commission européenne en juillet 2015 pour un financement à hauteur de 1 Md€.

Mise à jour : 02.05.17

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