Présentation de l’Arménie

Présentation

Données générales

Nom officiel : République d’Arménie
Président de la République : Serge SARKISSIAN
Premier ministre : Karen KARAPETIAN

Données géographiques

Superficie : 29 800 km²
Capitale : Erevan
Villes principales : Gumri, Vanadzor, Kapan
Langue (s) officielle (s) : Arménien
Monnaie : Dram
Fête nationale : 21 septembre

Données démographiques

Population : 2,987 millions d’habitants (statistiques officielles 2016)
Croissance démographique : 0%
Espérance de vie : 74,4 ans
Taux d’alphabétisation : 99,4%
Religion (s) : Arméniens orthodoxes (94%)
Indice de développement humain (classement ONU 2015) : 0,733 (85ème)

Données économiques

PIB (2016) : 10,56 Md USD
PIB par habitant (2016) : 3.5 USD
Taux de croissance (2016) : 0,2%
Taux de chômage (2015) : 18,5%
Taux d’inflation (2015) : 3,7%
Déficit budgétaire (2016) : 5,9%
Principaux clients (2015) : Russie (16,5%), Chine (11,47%), Allemagne (10,63%)
Principaux fournisseurs (2015) : Russie (29,1%), Chine (11,1%), Allemagne (9,4%)
Exportations de la France vers le pays (2016) : 35,6 M€
Importations françaises en provenance du pays (2016) : 6,9 M€
Consulat(s) de France : Erevan
Communauté française en Arménie (01.01.2016) : 536 personnes inscrites au registre
Communauté arménienne en France (2014) : 14 000 ressortissants arméniens, 400 à 600 000 Français d’origine arménienne

Politique intérieure

La vie politique arménienne depuis l’indépendance a longtemps été caractérisée par l’absence de parti politique dominant et la violence extrême des affrontements politiques (cf. la tuerie au Parlement en octobre 1999).

Plusieurs réformes appelées à consolider la démocratie et l’Etat de droit ont été menées depuis 2003 : abolition de la peine de mort, adoption de lois sur le service alternatif et les médias, indépendance de la Justice, autonomie locale, médiateur et protection des droits et libertés, équilibre des pouvoirs législatif et exécutif. L’élection présidentielle de 2008 a pourtant marqué un revers dans la transition démocratique, quand des manifestations de l’opposition ont dégénéré après l’intervention des forces de l’ordre le 1er mars, faisant huit tués et plus d’une centaine de blessés.

A la suite de ces évènements, le gouvernement arménien a annoncé un nouveau cycle de réformes visant à la modernisation de l’Etat (lutte contre la corruption ; réforme du système judiciaire ; modernisation de l’administration fiscale ; lutte contre l’arbitraire des forces de l’ordre ; amélioration du climat des affaires), qui donne des résultats encourageants. Les élections législatives du 6 mai 2012 ont été marquées par des progrès, notamment dans le déroulement de la campagne médiatique, malgré des problèmes persistants (allégations d’achat de votes). Ces élections ont consacré la suprématie du « Parti républicain » qui a obtenu la majorité absolue, tout en permettant au « Congrès national arménien », jusque-là dans l’opposition extra-parlementaire, de faire son entrée au parlement. Le président Sarkissian a été réélu le 18 février 2013 dès le premier tour de l’élection présidentielle avec 58% des voix. Le Parti républicain a également remporté les élections municipales à Erevan début mai 2013, asseyant ainsi sa domination sur la vie politique arménienne, malgré les tentatives de contestation régulièrement lancées par l’opposition.

En septembre 2015, M. Sarkissian a nommé un nouveau gouvernement dirigé par l’ancien maire de Erevan, Karen Karapétian, qui s’est fixé une feuille de route réformatrice (lutte contre la corruption, renforcement de l’attractivité économique du pays). Le 2 avril 2017, les élections législatives ont vu la victoire du Parti républicain, dirigé par M. Sarkissian, suivi, en deuxième position, par le parti « Arménie prospère » dirigé par l’homme d’affaires Gagik Tsaroukian.

En vertu d’une réforme constitutionnelle approuvée par référendum le 6 décembre 2015, l’Arménie deviendra en 2018 une république parlementaire dans laquelle l’essentiel du pouvoir exécutif sera transféré au Premier ministre, tandis que le président de la République aura un rôle largement honorifique.

Situation économique

Alors que ses frontières sont fermées avec la Turquie et l’Azerbaïdjan, l’approvisionnement de l’Arménie se fait essentiellement à travers la Géorgie. Par ailleurs, le pays continue à être très dépendant de ses relations avec la Russie, que ce soit pour ses approvisionnements en énergie (gaz surtout) ou les investissements russes dans des secteurs stratégiques de l’économie arménienne (transports, télécommunications). L’Arménie a subi une forte récession en 2009 (-14,4%), qui l’a conduite à l’époque à recourir à l’aide du FMI. Bien que son système bancaire soit relativement isolé des chocs extérieurs, l’Arménie a subi le contrecoup des crises dans les pays voisins. Elle a connu une reprise de la croissance depuis 2010, avec un fort taux de croissance en 2012 (7%). En 2013, le taux de croissance est toutefois retombé à 3,5%, à la suite d’une forte baisse au 2ème trimestre, puis s’est stabilisé à 3,4% en 2014 et 2,5% en 2015. Le début de l’année 2015 a été marqué par le contrecoup des difficultés économiques de la Russie, avec une forte chute du dram arménien qui a perdu près de 40% de sa valeur en quelques jours. Cette situation difficile se prolonge en 2016. Sous l’impulsion des négociations avec l’Union européenne pour conclure un accord d’association, l’Arménie a lancé un certain nombre de réformes pour améliorer la compétitivité et l’environnement des affaires du pays (programme de lutte contre la corruption, facilitation de l’enregistrement des entreprises, réforme de la justice, etc.), indispensables pour enrayer les problèmes internes comme les lourdeurs administratives, la corruption et le manque d’indépendance de la justice.

Politique extérieure

La politique étrangère arménienne est profondément marquée par le conflit du Haut-Karabagh, territoire majoritairement peuplé d’Arméniens mais faisant juridiquement partie de l’Azerbaïdjan. De 1988 à 1994, ce conflit a entraîné une guerre qui a fait plusieurs dizaines de milliers de victimes et plus d’un million de déplacés. Les Arméniens contrôlent le Haut-Karabagh (qui s’est autoproclamé en Etat indépendant, non reconnu par la communauté internationale) et occupent les sept districts adjacents qui représentent 15% du territoire azerbaïdjanais. Aujourd’hui, le conflit du Haut-Karabagh n’est toujours pas réglé, malgré une médiation assurée depuis 1997 par la coprésidence tripartite du « Groupe de Minsk » de l’OSCE (France, Etats-Unis, Russie). Sous leur médiation, les présidents arménien et azerbaïdjanais se sont rencontrés à plusieurs reprises pour chercher un accord sur les principes de base à appliquer à la résolution du conflit, résumés en six propositions dans la déclaration des Présidents Obama, Medvedev et Sarkozy à Muskoka en juillet 2010 : le retour sous contrôle azerbaïdjanais des territoires entourant le Haut-Karabagh ; un statut intérimaire pour le Haut-Karabagh prévoyant des garanties en matière de sécurité et d’administration autonome ; un corridor reliant l’Arménie au Haut-Karabagh ; la définition future du statut juridique final du Haut-Karabagh dans le cadre d’un processus d’expression de la volonté juridiquement contraignant ; le droit de toutes les personnes déplacées et des réfugiés à retourner dans leurs anciens lieux de résidence ; des garanties de sécurité internationales qui incluraient une opération de maintien de la paix.

De violents affrontements armés survenus entre le 2 et le 5 avril 2016 (connus sous le nom de « guerre des quatre jours ») ont constitué un tournant dans l’histoire du conflit, l’Azerbaïdjan ayant, pour la première fois depuis 1994, réussi à faire reculer la ligne de contact à son avantage. A la suite de ces affrontements, les présidents Aliev et Sarkissian se sont retrouvés à Vienne le 16 mai pour une réunion en format 3+2 (co-présidents du Groupe de Minsk et parties au conflit), puis le 20 juin à Saint-Pétersbourg pour un sommet organisé par le président russe. Au terme de ces réunions, les deux présidents ont réitéré leur attachement au respect du cessez-le-feu et accepté la mise en place de mesures de confiance (renforcement de la mission du représentant personnel de la présidence en exercice de l’OSCE sur le terrain), ainsi que la reprise des négociations sur le règlement pacifique du conflit du Haut-Karabagh. Aucun progrès n’a cependant été enregistré depuis l’été 2016, des incidents armés meurtriers continuant par ailleurs à survenir régulièrement entre les troupes arméniennes et azerbaïdjanaises.

L’Arménie et la Turquie n’entretiennent toujours pas de relations diplomatiques et la frontière turco-arménienne est fermée depuis 1993, en raison de la guerre au Haut-Karabagh. Le processus de rapprochement lancé en 2008/2009, qui a abouti à la signature à Zürich en octobre 2009 de protocoles sur le rétablissement de relations diplomatiques et l’ouverture de la frontière, est aujourd’hui au point mort à la suite de l’annonce par la partie turque de sa volonté de lier la ratification des protocoles à des progrès sur le Haut-Karabagh. En l’absence de progrès côté turc, l’Arménie a retiré les protocoles de Zurich de l’ordre de jour de son Assemblée nationale en février 2015.

La Russie demeure le partenaire économique et stratégique incontournable. Premier investisseur en Arménie qui dépend d’elle pour ses approvisionnements en énergie (gaz et électricité), la Russie a considérablement renforcé son emprise sur ce pays dont elle contrôle aujourd’hui la plupart des secteurs économiques stratégiques. Erevan entretient un partenariat stratégique avec Moscou, qui y dispose de sa seule base militaire dans le Caucase du sud avec la base de Gumri (1000 hommes), dont le bail a été prolongé jusqu’en 2044. Les frontières de l’Arménie avec la Turquie et l’Iran sont protégées par des gardes-frontières russes (entre 3000 et 4500 hommes). L’Arménie est membre de l’Organisation du traité de sécurité collective et de sa composante de réaction rapide, la force collective de réaction opérationnelle (KSOR). Elle a adhéré à l’Union économique eurasiatique le 2 janvier 2015.

L’Iran est un allié très ancien de l’Arménie. Les relations économiques, pourtant modestes, sont vitales pour Erevan, avec une coopération forte en matière énergétique et d’infrastructures de transport. L’Arménie a accueilli très favorablement l’accord de juillet 2015 sur le nucléaire entre l’Iran et la communauté internationale, une plus grande ouverture vers l’Iran pouvant alléger sa dépendance à l’égard de sa frontière avec la Géorgie par laquelle transite 75% de son commerce extérieur.

L’Arménie entretient une relation de bon voisinage ambivalente avec la Géorgie dont elle est très dépendante pour ses approvisionnements et ses exportations. La Géorgie accueille en outre une importante minorité arménienne (250 000 personnes). Les visites régulières entre les deux pays répondent au souci d’entretenir des liens étroits pour se garantir de tout contrecoup d’une soudaine détérioration du fragile équilibre régional.

Mise à jour : 03.04.17

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