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Présentation

Données générales

Nom officiel : République argentine
Chef de l’Etat : Président de la Nation argentine, M. Mauricio Macri (depuis le 10 décembre 2015)

Données géographiques

Superficie : 2,7 millions km² (8ème rang mondial)
Capitale : Buenos Aires (3 millions d’habitants, 13 millions avec la grande banlieue)
Villes principales : Córdoba, La Matanza, Rosario, Mendoza, La Plata
Langue (s) officielle (s) : espagnol
Monnaie : peso argentin (1 euro= 15,7 pesos au mois de mai 2016)
Fête nationale : 25 mai (proclamation de l’indépendance le 25 mai 1810 lors de la « Révolution de Mai », définitivement acquise le 9 juillet 1816).

Données démographiques

Population : 41,09 millions
Espérance de vie : 76,1 ans
Taux d’alphabétisation : 97,4%
Religion (s) : catholique romaine 88%, protestante 7%, juive 2%, autres 3%
Indice de développement humain (PNUD 2014) : 40/ 187 (0,811) (premier rang continental)

Données économiques

PIB (2015) : 536 Mds USD (3ème d’Amérique latine)
PIB/hab (2014) : 12 509 USD
Taux de croissance PIB (2015) : 2,1% (Institut statistique), contre 0,2 en 2014 (estimations officielle)
Taux de chômage (2014) : 6,9 %
Taux officiel d’inflation (2015) : 30% (estimation officielle)
Balance commerciale (2014) : + 6,8 Mds USD
Solde budgétaire (2014) : -2,6% du PIB
Dette publique (2014) : 43% du PIB
Excédent commercial français : + 959,6 M€ (13è mondial)
Exportations françaises vers l’Argentine (2015) : 1,3 Mds€ (sur les 11 premiers mois de 2015)
Importations françaises d’Argentine (2015) : 367 M€ (sur les 11 premiers mois de 2015)

http://www.tresor.economie.gouv.fr/Pays/argentine

Communauté française : 14 548 inscrits au registre des Français établis hors de France (dont 67,5% de binationaux). 17 000 touristes français ont visité l’Argentine en 2013.

Mobilité étudiante : 803 étudiants argentins en France en 2015, plaçant la France qu 4ème rang des pays d’accueil (contre 618 en 2014, soit une augmentation de 30%)

Politique intérieure

Institutions

- Constitution : L’Argentine est une République fédérale. Son régime politique est un régime présidentiel. La Constitution date de 1853 et a été révisée en 1860, 1866, 1898, 1957 et 1994.

- Pouvoir exécutif : le Président est élu pour quatre ans au suffrage universel direct. Son mandat est renouvelable une fois. Le candidat qui obtient au premier tour plus de 40% des voix, avec une marge de plus de 10% sur son principal rival, ou 45 %, est déclaré élu, selon l’article 98 de la Constitution.

- Pouvoir législatif : le Congrès bicaméral est composé d’une Chambre des députés de 257 membres, renouvelée par moitié tous les deux ans, et d’un Sénat, renouvelé par tiers tous les 2 ans, de 72 membres élus dans chaque province (trois sièges dont un réservé au parti arrivé second à l’élection).

- Système fédéral : les 23 provinces et la capitale fédérale de Buenos Aires sont dirigées par un exécutif élu pour quatre ans au suffrage universel direct (le Gouverneur et le Vice-Gouverneur) et des assemblées régionales. La Constitution réserve au pouvoir central les compétences régaliennes (affaires extérieures, défense, monnaie, crédit). L’essentiel des impôts est recouvré par le pouvoir central et redistribué aux provinces et aux municipalités.

- La Cour suprême coiffe l’ensemble du système judiciaire. Ses membres, nommés par le chef de l’Etat, sont confirmés par un vote du Sénat aux deux tiers.

Principaux groupements et partis politiques

- Mouvement National Justicialiste, ou Péroniste. Principal mouvement de masse argentin, créé autour de Juan Perón en 1946. Il regroupe plusieurs tendances qui couvrent un large spectre politique allant de la droite conservatrice jusqu’à la gauche. La coalition de l’ex-présidente Cristina Fernandez de Kirchner, le « Front pour la victoire », est principalement armée par le péronisme, mais une partie de celui-ci est dans l’opposition. Ce parti détient aujourd’hui la majorité des sièges au Sénat et une minorité de blocage à la Chambre des députés. Il a perdu les élections présidentielles en novembre 2015.

- Propuesta Republicana (PRO) est une coalition de partis de centre droit, fondée en mai 2005 et principalement implantée dans la capitale. Le PRO est dirigé par Mauricio Macri, ancien maire de Buenos Aires et nouveau président élu en 2015.

- Parti Radical, ou Union Civique Radicale. Parti de centre gauche fondé en 1891, il regroupe des libéraux centristes et des sociaux-démocrates. Il a donné plusieurs présidents à la République argentine, dont Raúl Alfonsín (1983-1991) Le parti radical s’est allié avec le PRO de Mauricio Macri au sein de Cambiemos.

- Parti socialiste (PS) : il est traditionnellement faible à l’échelle nationale en raison de l’omniprésence historique des partis péroniste et radical.

Politique intérieure

Au sortir de la crise profondément traumatique des années 2001-2002, Nestor Kirchner (de 2003 à 2007) puis Cristina Kirchner (2007-2015) se sont attachés à redresser le pays. Le « modèle K », mis en place sous leurs présidences s’est caractérisé par un fort interventionnisme de l’Etat notamment dans le domaine économique (accroissement de l’investissement public, étatisation d’entreprises privées) et une politique d’inclusion sociale volontariste permise par les redistributions de la manne agricole. L’action gouvernementale a obtenu des résultats significatifs en matière de réduction de la pauvreté ou du chômage, passé de 17,3% en 2003 à 6,9% aujourd’hui.

Dans un pays marqué par la période de la dictature (1976-1983), les droits de l’homme et le travail de mémoire ont aussi été au cœur du projet de société promu par les époux Kirchner. L’implication personnelle de Nestor Kirchner a été décisive pour faire abroger les lois d’amnistie en 2003. Depuis la réouverture des procès en novembre 2009, plusieurs centaines de responsables de crimes commis pendant la dictature ont été condamnés.
Des lois en matière sociétale ont également été adoptées : fin de vie, identité de genre, mariage homosexuel.

Toutefois, les mesures protectionnistes (licences d’importation, limitation de l’accès aux dollars) et la dégradation de l’économie (chute de la croissance, forte inflation) ont cristallisé le mécontentement d’une partie de la population, notamment des classes moyennes urbaines.

Réélue en 2011 pour un second mandat dès le premier tour (53% des voix), Mme Kirchner ne pouvait se représenter aux élections présidentielles en 2015.

A l’issue d’un second tour le 22 novembre 2015, inédit dans l’histoire de l’Argentine, les Argentins se sont prononcés en faveur de Mauricio Macri. L’opposant de centre-droit au péronisme avec son alliance Cambiemos (regroupant son parti Propuesta republicana et les radicaux) a remporté les élections présidentielles avec 51,34% des suffrages contre 48,66% pour Daniel Scioli, candidat péroniste de centre-gauche soutenu par le parti Frente para la Victoria.

Le nouveau président élu a pris officiellement ses fonctions le 10 décembre 2015. Il gouvernere avec un Congrès, également renouvelé le 25 octobre pour moitié à la Chambre des Députés et pour un tiers au Sénat. Le Frente para la victoria conserve, avec ses alliés, la majorité au Sénat (42 sièges sur 72) et demeurera la première minorité à la Chambre (117 sièges sur 257).

Situation économique

Vingt-quatrième puissance économique mondiale et troisième d’Amérique latine (après le Brésil et le Mexique), le pays a bénéficié d’une croissance forte et stable (7,5% en moyenne par an de 2003 à 2011), soutenue par la demande interne et les exportations de produits agricoles. Après le net ralentissement de ces dernières années (1,5% en 2012 ; 3% en 2013), le pays serait rentré en récession en 2014 (-2% selon les instituts privés contre +0,5% selon les chiffres officiels). Le FMI prévoit une légère amélioration en 2016 (-0,1%) et une croissance de 2,8% en 2017 (WEO avril 2016).

Désireux de rendre à l’Argentine sa place sur les marchés financiers internationaux, le Président M. Macri a fait du règlement de contentieux avec les fonds spéculatifs dits « fonds vautours », une priorité. Ce litige, qui entravait le retour du pays dans le paysage financier international a été résolu en en quelques mois, grâce aux négociations que le nouveau gouvernement a engagées avec les créanciers, dès son arrivée au pouvoir. Un accord a été trouvé le 29 février 2016 avec les quatre principaux fonds, l’Argentine s’engageant à leur rembourser 4,6 Mds USD.

Dans le même temps, l’administration Macri a adopté de nombreuses mesures économiques afin de redresser le pays et de retrouver la confiance des investisseurs étrangers (levée du contrôle des capitaux, remplacement des déclarations préalables d’importations – pour lesquelles l’Argentine a été condamnée par l’OMC - par un système de licences, assouplissement des limitations aux importations).

L’Argentine reste toutefois confrontée à une inflation élevée (autour de 35% selon les analystes privés), favorisée par les émissions de monnaie de la Banque centrale et la dévaluation de 25% de janvier 2014. L’objectif affiché par la Casa Rosada est de ramener l’inflation à « un seul chiffre » d’ici la fin du mandat de M. Macri. Les premières mesures prises par la nouvelle administration argentine ont déjà permis de stabiliser la valeur du peso.

Politique extérieure

Historiquement tournée vers l’Europe, l’Argentine a fait depuis 2003 de son rôle en Amérique latine une priorité de politique étrangère. Elle se sent en particulier proche du Brésil, principal partenaire, même si les relations entre les deux grands du sous-continent peuvent parfois se tendre, notamment en matière commerciale. Mme Dilma Rousseff a réservé à Buenos Aires son premier déplacement à l’étranger en février 2011. M. Macri, qui place le renforcement de la relation bilatérale avec son voisin lusophone au rang de priorité, a également effectué sa première visite à l’étranger au Brésil. Les deux pays ont signé des accords de coopération et se sont engagés à maintenir l’Atlantique sud comme zone exempte d’armes nucléaires. Les relations avec l’Uruguay, bien qu’incontournables, ont connu des pics de tension (polémique autour des activités d’une usine de pâte à papier). L’Argentine de M. Macri accorde une attention particulière au Mercosur, dont elle est l’un des membres fondateurs avec le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay.

Membre du G20 où elle a défendu une conception sociale des relations économiques et promeut la lutte contre les paradis fiscaux, l’Argentine s’était rapprochée des pays émergents dont elle partage certaines préoccupations (meilleure représentation des émergents dans les institutions internationales). L’ex-pésidente C. Kirchner soignait les relations de son pays avec la Chine, son deuxième partenaire commercial, et avec la Russie (visites à Buenos Aires des Présidents Xi Jinping et Poutine en juillet 2014). Elle avait par ailleurs montré la volonté de consolider les relations bilatérales avec Washington (entretien avec le Président Obama en avril 2010) et des pays européens tels que l’Italie, l’Allemagne et la France. La question des Malouines rend plus complexe le rapprochement avec le Royaume-Uni.

L’arrivée au Pouvoir du Président Macri a marqué un tournant dans la politique extérieure argentine, désormais sous le signe de la « réouverture ». Au-delà de la résolution de l’affaire des « fonds vautours », le Chef d’Etat argentin a relancé le dialogue avec de nombreux dirigeants étrangers, et notamment européens. L’attitude constructive des argentins dans le cadre de la COP 21, la demande d’adhésion du pays à l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) -en tant que membre observateur-, et la candidature de l’Argentine à l’OCDE sont également les signes d’une normalisation progressive du pays avec la communauté internationale.

Mise à jour : 26.05.16


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