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Présentation

Données générales

Nom officiel : Royaume d’Arabie saoudite
Superficie : 2 253 000 km2
Population : 29, 3 millions selon l’OCDE en 2015 ; 29,2 millions (dont 9,4 millions d’étrangers) selon le Recensement saoudien 2010)
Capitale : Riyad
Villes principales : Djeddah, La Mecque, Médine, Dammam, Al Khobar, Dahran, Taïf, Tabouk.
Langue officielle : arabe
Monnaie : riyal saoudien - 1 SAR = 0,27 $ (mai 2016)
Journée nationale : 23 septembre (N.B : on parle de « journée nationale », le terme de fête étant réservé aux événements religieux de l’Aïd al Fitr et de l’Aïd el Adha – la journée nationale est officiellement fêtée depuis 2005)

Croissance démographique annuelle : 2,6% en 2015 (source : Saudi Central Department of Statistics & Information, CDSI)
Taux d’urbanisation : 82 % - Densité : 146h/km2 en 2015 (source : CDSI)
Taux d’alphabétisation : 87% (source : UNICEF 2015)
Religion : Islam (85% de sunnites, 15% de chiites)
Indice de développement humain (Classement ONU) : 0,782 (57e sur 186 en 2015).

PIB : 753 Mds USD en 2015
PIB par habitant : 25 084,6 USD en 2014- 23 599,1 USD en 2015 (source : FMI)
Taux de croissance : 6,8 % en 2015 Taux de chômage (2015) : 5,5% (global) ; 12,1% (population saoudienne) (source : CDSI, repris par le FMI)
Taux d’inflation : : 2,86 % en 2015 Commerce extérieur (2015) : importations : 141,8 Mds USD / exportations : 388,4 Mds USD (source : OPEP)
Solde courant / PIB : 24,4 % en 2015 Dette publique : 3,6 % en 2015
Pétrole / réserves : 265,9 Mds barils, soit 15,9% des réserves mondiales (2ème rang derrière le Venezuela) (source : FMI)
Pétrole : production de 11,5 Mb/j en 2015, soit 13, 3% de la production mondiale (NB : Quota pour l’ensemble de l’OPEP : 30 Mb/j)
Revenus pétroliers : 41% du PIB en 2015, 87% du revenu des exportations et 91% des recettes budgétaires
Clients pétroliers : Asie (45%), Amérique du Nord (18%), Europe de l’Ouest (15%)

Situation politique intérieure

L’Arabie est une puissance financière et pétrolière incontournable qui doit cependant faire face à plusieurs défis internes :

- L’emploi de la jeunesse saoudienne. 75% des Saoudiens ont moins de trente ans (sur 29,2 millions d’habitants), un tiers des jeunes est au chômage et la plupart sont mal formés pour occuper des emplois qualifiés, surtout tenus par les expatriés. Le gouvernement devra créer plusieurs millions d’emplois durant les prochaines années pour offrir un travail aux 300 000 jeunes saoudiens qui arrivent chaque année sur le marché du travail.

- Des réformes difficiles à mener : le Roi Abdallah avait engagé des réformes dès le début de son règne en 2005. Il a rencontré de fortes résistances dans les milieux conservateurs et religieux, dans un pays où la contestation ne s’est pas développée lors des Printemps arabes et où le wahhabisme, conservateur et rigoriste, est un facteur de légitimation du pouvoir central. Il a cependant poursuivi avec détermination le processus de réforme, en témoigne l’entrée de trente femmes au Majlis (janvier 2013), l’élargissement des catégories d’emplois auxquelles elles peuvent prétendre et la modernisation du système éducatif. En décembre 2015, le troisième scrutin municipal organisé par le Royaume a été ouvert aux femmes, qui pouvaient voter mais aussi déposer leur candidature. Pour donner une ligne directrice à leur volonté de réformer le pays, les autorités saoudiennes ont lancé en avril 2015 le plan « Vision 2030 », qui vise dans son volet social à développer le tourisme, la culture et la pratique du sport dans le pays. (cf. également « situation économique »)

- La menace terroriste reste forte : en 2016, plusieurs attentats ont été revendiqués par Daech, le dernier en date étant la vague d’attaques à Jeddah, Qatif et Médine le 4 juillet dernier. Daech a aujourd’hui largement supplanté AQPA, très active dans les années 2000 dans le Royaume.

- Depuis le décret d’avril 2015 du roi Salman qui a désigné Mohamed bin Nayef (MBN), Prince héritier, ministre de l’Intérieur et président du conseil des affaires politiques et de sécurité et Mohamed bin Salman (MBS), vice Prince-héritier, ministre de la Défense, président du conseil économique, il n’y a plus désormais que deux prétendants crédibles au trône (treize des fils d’Ibn Saoud sont toujours en vie, mais ne sont pas réputés éligibles au trône). Cette nouvelle donne conduit également au rajeunissement des responsables saoudiens et prépare le passage du pouvoir à la troisième génération de la famille régnante, celle des petits-fils du fondateur.

- Parmi les moins favorisés figure la minorité chiite, (qui représente 15% de la population saoudienne, installée dans la province orientale, où se trouvent 80% des ressources pétrolières du pays) pour l’instant maintenue sous contrôle.

Situation économique

Doté d’un PIB de 753 milliards de dollars et jouissant d’un niveau de vie par habitant relativement élevé (26 000$/h, 30ème rang mondial juste derrière la Corée du Sud), le pays possède 22,1% des réserves mondiales de pétrole (2ème rang mondial) et 4,4 % des réserves de gaz (6ème rang mondial). Leader historique de l’OPEP, le Royaume est le premier producteur mondial de pétrole et le premier exportateur. Le secteur des hydrocarbures représente près de 50% du PIB, 85 % des recettes d’exportation et 90% des revenus du budget de l’Etat. Conscients de la forte dépendance des hydrocarbures de l’économie saoudienne, les dirigeants se sont efforcés de diversifier les ressources du pays, sans succès jusqu’à présent.

La situation économique du Royaume s’est tendue depuis la chute des prix du pétrole, qui sont passés de 110 dollars en juin 2015 à près de 51 dollars aujourd’hui. Cela a pour effet de creuser le déficit budgétaire, qui s’élevait à 19,5% du PIB en 2015.

L’Arabie saoudite se situe au 82ème rang du classement Doing business de la Banque mondiale, facteur favorable aux investissements directs à l’étranger (IDE). Selon le Rapport sur les investissements mondiaux 2015 publié par la CNUCED, le pays n’est plus que le troisième receveur d’IDE de la région « Asie occidentale » après la Turquie et les Emirats Arabes Unis. En 2014, les flux d’IDE ont baissé de 9,6% par rapport à 2013, s’élevant à 8 milliards de dollars. La taille du marché intérieur (29,2 millions de personnes, dont 19,4 millions de Saoudiens) représente un atout, mais les investissements demeurent concentrés dans le secteur de l’énergie. Pour réussir la diversification, le pays devra alléger les contraintes pesant sur le marché du travail et sur le secteur privé qui ne représente que 30% du PIB.

Dans ce contexte, L’Arabie Saoudite a lancé un grand plan de modernisation de son économie, intitulé Vision 2030, porté par le vice-prince héritier Mohammed Ben Salman. Ce plan vise à promouvoir la bonne gouvernance (grâce à des indicateurs de performance de l’action publique), assainir les comptes publics (baisse des subventions, instauration de nouvelles taxes) et diversifier l’économie en stimulant le secteur privé et les investissements nationaux et étrangers, dans le but de réduire la dépendance aux hydrocarbures (le pétrole génère 90% du budget et 50% du PIB). Vision 2030 s’appuie sur trois plans d’actions quinquennaux dont le premier volet Programme de transformation nationale 2020, d’un montant de 63 milliards d’euros, prévoit de permettre au Royaume de vivre sans pétrole à partir de 2020 en diversifiant son économie à travers la montée en puissance de divers secteurs-clés prioritaires nécessitant des investissements structurels importants en formation et transfert d’expertise.

Politique extérieure

Face aux désordres régionaux, en particulier au Yémen, et à l’enjeu du nucléaire iranien, Riyad se pose en acteur régional incontournable. Trois dossiers constituent la priorité de la politique étrangère du Royaume, active et pragmatique : le Yémen, le nucléaire iranien et la lutte contre Daech.

L’Iran et le dossier nucléaire, points de vigilance pour l’Arabie saoudite

L’exécution du haut dignitaire religieux chiite Baker al Nimr par l’Arabie saoudite le 2 janvier 2016 a provoqué une grave crise entre le Royaume et l’Iran, dont la portée dépasse le cadre bilatéral, alimente les tensions régionales et fragilise un peu plus le Moyen-Orient, en accentuant la division confessionnelle entre sunnites et chiites. L’Arabie saoudite, suivie de Bahreïn et du Soudan, a rompu ses relations diplomatiques avec l’Iran, à la suite des attaques commises par des manifestants contre l’ambassade d’Arabie saoudite à Téhéran. Le Conseil de coopération des Etats arabes du Golfe (CCEAG) et la Ligue arabe (à l’exception du Liban) ont exprimé leur solidarité avec l’Arabie saoudite.

L’accord trouvé à Vienne le 14 juillet 2015 est une mauvaise nouvelle pour le Royaume. Riyad avait exprimé ses craintes que l’accord ne soit interprété par Téhéran comme un blanc-seing donné à la poursuite de son interventionnisme régional. On craint à Riyad un Iran toujours aussi peu coopératif, mais libéré des sanctions et désormais doté d’une immense manne financière.
Le respect de l’accord de Vienne sera observé à la loupe par le Royaume, qui considère par ailleurs que toute la politique iranienne dans la région revient à une politique de « pompier pyromane », qui ne peut en aucun cas contribuer à résoudre les conflits.

Les tensions entre les deux pays se sont ravivées en septembre 2016, à la suite des déclarations du guide suprême iranien et du président Rohani au sujet de la famille royale saoudienne, dénonçant les graves manquements dont s’était rendu coupable le Royaume lors du mouvement de foule du pèlerinage de 2015, qui avait causé la mort de deux cents Iraniens.

Le Royaume tente de trouver une solution politique à la crise yéménite, au moment où son intervention militaire semble s’enliser

A la suite de la prise de Sanaa en septembre 2014 par les rebelles houthis et de l’appel à l’aide du président Hadi en mars 2015, l’Arabie saoudite a décidé d’intervenir militairement le 26 mars 2015, à la tête d’une coalition de dix pays, dans le cadre de l’opération « Tempête décisive ». L’opération s’est poursuivie jusqu’à l’annonce le 21 avril du début d’une nouvelle phase, comprenant un volet politique, à travers l’opération « Restaurer l’espoir ». Un an et demi après le début de l’intervention de la coalition, les lignes de front sont désormais quasi-stabilisées. A la suite de l’échec de la session de négociations inter-yéménites à Koweït sous la houlette de l’envoyé spécial du secrétaire général des Nations unies, un nouveau plan, dit « plan Kerry », a été présenté aux parties en août 2016. Ce dernier est pour l’instant rejeté par le président Hadi et l’alliance Houthis/Saleh, les deux camps ne parvenant pas à s’entendre sur le séquençage des volets politique et militaire de l’accord.

La lutte contre Daech continue à mobiliser la diplomatie saoudienne

Membre de la coalition internationale contre Daech depuis sa formation en août 2014, l’Arabie saoudite participe dans ce cadre, très ponctuellement, aux campagnes de frappes aériennes en Syrie. Par ailleurs, l’Arabie saoudite a annoncé le 15 décembre dernier la création d’une coalition islamique de 34 pays destinée à combattre toute organisation terroriste par des opérations militaire, qui comprend notamment l’Egypte, la Turquie et le Pakistan.

Sur le plan intérieur, l’action des autorités saoudiennes en matière de lutte antiterroriste repose principalement sur : (i) une politique sécuritaire centrée sur le démantèlement des cellules terroristes et la surveillance des milieux radicaux ; (ii) le renforcement de l’arsenal juridique (adoption en février 2014 d’une nouvelle législation durcissant les peines encourues par les individus qui apportent un concours à une organisation terroriste) ; (iii) la sécurisation des frontières (au Nord, avec l’Irak, et au Sud, avec le Yémen) ; (iv) la prévention de la radicalisation et de l’extrémisme violent, notamment via la mobilisation des écoles, des médias et des autorités religieuses (le grand Mufti d’Arabie saoudite a qualifié Daech d’ennemi numéro un de l’Islam et condamné tous les actes de terrorisme commis au nom de l’Islam) ; (v) des programmes de dé-radicalisation (création en 2007 d’un programme de réhabilitation des prisonniers condamnés pour faits de terrorisme à l’étranger).

Un engagement fort au Levant

Le Royaume continue à soutenir l’opposition modérée pour garder un équilibre sur le terrain. Il considère que Bachar Al Assad devra être écarté du pouvoir mais pourrait se montrer pragmatique sur les modalités. Auparavant très porté sur la solution militaire, le Royaume a fait évoluer sa position sur le dossier et considère désormais le soutien à l’opposition modérée comme une priorité, pour éviter la radicalisation de toute la Syrie. L’Arabie saoudite mène son action diplomatique sur le dossier en lien avec les affinitaires régionaux (Turquie, Emirats arabes unis, Qatar).

La relation entre le Liban et l’Arabie saoudite, portée par des intérêts croisés et une importante diaspora libanaise dans la région, a connu une dégradation notable dans les premiers mois de l’année 2016, sous le coup de la crise syrienne et de l’exacerbation des tensions irano-saoudiennes : arrêt de la mise en œuvre du contrat d’armement DONAS (4 milliards de dollars) ; déclaration du Hezbollah comme organisation terroriste. L’élection du président Aoun à la tête du Liban le 31 octobre 2016 pourrait toutefois permettre un redémarrage de la relation bilatérale.

Une dégradation de la relation avec l’Egypte

L’arrivée au pouvoir de Sissi avait donné le signal d’un rapprochement stratégique de l’Arabie saoudite avec l’Egypte, Riyad ayant pour objectif de stabiliser le pays le plus peuplé de la région et d’affaiblir durablement les Frères musulmans. Dès l’été 2013, l’Arabie s’est engagée à apporter un soutien financier conséquent à l’Egypte, formalisé lors de la visite au Caire du roi Salman en avril 2016, en contrepartie notamment d’un soutien naval égyptien au Yémen à son intervention. Les relations entre les deux pays se sont toutefois rapidement détériorées en octobre dernier, lorsque l’Arabie Saoudite a suspendu ses livraisons de pétrole à l’Egypte, décision renouvelée pour le mois de novembre.

Une diplomatie religieuse influente

La présence des deux Lieux saints de l’Islam, véritable rente de situation, représente une grande responsabilité pour le Royaume. Les pèlerinages sont l’occasion d’attirer un nombre croissant de pèlerins et, parmi eux, de hautes personnalités musulmanes qui fréquentent ainsi régulièrement la terre saoudienne. L’Organisation de la conférence islamique, basée à Djeddah, constituée de 57 pays, et dont le secrétaire général est saoudien, est un relais utile pour la diplomatie saoudienne.

Une nouvelle affirmation au sein du Conseil de coopération des Etats Arabes du Golfe (CCEAG)

Riyad s’est engagé dans une consolidation du CCEAG pour tenter d’en faire un instrument de cohésion régionale. L’Arabie en est le pivot et la principale puissance. L’organisation tente d’approfondir les liens politiques et économiques entre ses membres et d’établir un rapprochement sur le plan militaire. Un temps paralysée la crise récente entre le Qatar d’une part (accusé de soutenir l’islam politique), et l’Arabie, les Emirats Arabes Unis et Bahreïn, d’autre part, l’organisation régionale renoue aujourd’hui avec ses ambitions initiales et retrouve des perspectives d’intégration, portées principalement par une Arabie saoudite qui a retrouvé sa centralité régionale. La tournée du roi Salman dans les pays du CCEAG en décembre 2016 a permis de relancer la dynamique de coopération entre les pays concernés.

Mise à jour : 13.12.16


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