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Communiqué conjoint franco-saoudien à l’occasion de la visite officielle du Prince Salman à Paris (4 septembre 2014)

Considérant les liens d’amitié et de coopération étroite qui unissent le Royaume d’Arabie saoudite et la République française, et en réponse à l’invitation généreuse de Son Excellence M. François Hollande, Président de la République française, Son Altesse royale le Prince Salman Bin Abdulaziz Al-Saoud, Prince héritier, Vice-premier Ministre et Ministre de la Défense du Royaume d’Arabie saoudite, a effectué une visite officielle en République française du 6 au 9 zhou al-qaada 1435, soit du 1er au 4 septembre 2014. Lors de sa visite, Son Altesse royale a rencontré le Président François Hollande, le Premier Ministre Manuel Valls, le Ministre des Affaires étrangères et du Développement international Laurent Fabius et le Ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian. Ces entretiens ont été l’occasion de discussions officielles entre les deux parties, dans l’esprit d’estime et de solide amitié qui lie les deux pays. Ils ont permis d’examiner et d’étudier les perspectives de la coopération bilatérale dans tous les domaines et les moyens de l’approfondir et de la renforcer dans l’intérêt des deux pays et de leurs deux peuples amis. Les deux parties ont évoqué la visite historique que le Serviteur des Deux Lieux saints, Sa Majesté le Roi Abdallah Bin Abdulaziz, a effectuée en République française en 2007, ainsi que la visite que le Président François Hollande a effectuée au Royaume d’Arabie saoudite l’année dernière, visites qui ont permis de consolider le partenariat stratégique entre les deux pays.

Les deux parties se sont déclarées satisfaites de la solidité des excellentes relations franco-saoudiennes et de leur développement dans tous les domaines : politique, sécurité, économie, finances, commerce, industrie, enseignement, culture. Elles ont pris note dans ce contexte de la coopération entre les deux pays en matière de défense et souligné l’importance du renforcement de leur partenariat stratégique, dans l’intérêt des deux pays et des deux peuples.

Les deux parties ont réaffirmé la nécessité de continuer à mettre en œuvre ce partenariat dans tous les aspects de la coopération économique et notamment dans les domaines des finances, de l’économie, du commerce et des investissements conjoints. Le Ministre saoudien des finances et le Ministre français des Affaires étrangères et du Développement international se rencontreront pour finaliser ce dossier.

Le Royaume d’Arabie saoudite et la France se sont félicités de la qualité de la coopération qui existe entre les deux pays en matière de défense. Ils ont insisté sur la nécessité de continuer à développer cette coopération notamment au travers d’une coopération plus dense entre les forces armées des deux pays.

Ils ont exprimé leur volonté d’intensifier leur coopération opérationnelle et capacitaire en particulier dans le domaine naval. Dans ce contexte, la France s’est déclarée prête à soutenir le projet de la Marine saoudienne d’acquérir des patrouilleurs rapides pour le renforcement de ses capacités navales et à travailler pour équiper l’Armée de l’Air du Royaume d’Arabie saoudite avec des avions de ravitaillement en vol et de transport MRTT.

Les deux pays sont convenus de poursuivre leur coopération fructueuse dans le domaine de la défense aérienne ainsi que développer de nouvelles capacités en particulier dans le domaine satellitaire.

Les deux pays se sont félicités du succès de l’exposition sur le Hajj à l’Institut du Monde arabe que Son Excellence M. François Hollande, Président de la République française, avait inaugurée le 21 Joumada II, correspondant au 22 avril 2014. Ils sont convenus de renforcer leur coopération dans le domaine culturel et artistique, notamment en organisant des événements culturels dans les deux pays.

Par ailleurs, ils ont passé en revue l’évolution de la situation au Moyen-Orient et dans le monde, qui intéresse les deux pays amis, ainsi que la position de chacun d’entre eux à cet égard. Compte tenu de l’importance du rôle qu’elles jouent et des efforts qu’elles déploient pour préserver la sécurité, la stabilité et la paix dans le monde et au Moyen-Orient en particulier, les deux parties ont exprimé leur vive préoccupation face aux événements actuels dans la région, en particulier l’aggravation du danger que représente le phénomène du terrorisme et de l’extrémisme, et elles ont pris note à cet égard de l’appel que le Serviteur des Deux Lieux saints, le Roi Abdallah Bin Abdulaziz, a adressé récemment aux dirigeants du monde pour qu’ils luttent au plus vite contre le terrorisme avant que celui-ci ne se répande encore plus. Elles ont également souligné combien il importe de soutenir le Centre des Nations Unies pour la lutte contre le terrorisme et réaffirmé que le terrorisme est un phénomène mondial qui menace l’ensemble des sociétés, indépendamment de l’ethnie ou des croyances religieuses. Dans ce contexte, elles sont convenues de renforcer leur coopération dans le domaine de la sécurité.

En ce qui concerne la question palestinienne et la crise à Gaza, les deux parties ont fermement condamné les actes de violence dont les populations civiles ont été les premières victimes, ainsi que leur impact sur les différentes propriétés et infrastructures de première nécessité à Gaza. Elles ont apporté leur soutien à l’accord obtenu sous l’égide de l’Égypte. Considérant leur volonté de préserver la sécurité et la stabilité régionales et internationales, les deux parties ont exprimé l’espoir de la réalisation d’une paix juste, globale et durable, conformément à l’initiative de paix arabe et aux principes de la légalité internationale.

Les deux parties ont exprimé leur vive préoccupation face au danger que représente la situation en Syrie et au fait que le sang d’innocents continue d’être versé. Elles ont déclaré que le régime syrien qui a perdu sa légitimité porte la responsabilité de cette situation et souligné la nécessité de rechercher un règlement politique et pacifique de toute urgence à la crise syrienne dans le cadre de l’application intégrale du Communiqué de Genève en date du 3 juin 2012, qui prévoyait la constitution d’une instance exécutive transitoire possédant toutes les compétences exécutives. Elles ont également insisté sur la nécessité de redoubler d’efforts au plan international pour répondre aux aspirations du peuple syrien, notamment l’arrêt des bains de sang et la stabilisation du pays. Elles ont souligné combien il importe de poursuivre l’aide humanitaire et les opérations de secours aux réfugiés syriens, ainsi que d’encourager la communauté internationale à accroître son aide aux Syriens à l’intérieur ou à l’extérieur du pays.

En ce qui concerne le Yémen, les deux parties ont apporté leur soutien au communiqué émanant du Conseil de sécurité qui reflète une très vive préoccupation face à la dégradation de la situation sécuritaire au Yémen, suite aux actes commis par les houthistes et leurs partisans pour torpiller le processus de transition politique et de sécurité au Yémen, et à l’escalade de la campagne de ces houthistes qui exercent une pression intolérable sur les autorités yéménites et menace le processus de transition politique engagé par le Président Hadi, avec l’installation de camps à Sanaa et aux alentours. Les houthistes tentent également de s’emparer de l’autorité de l’État en instaurant des points de contrôle sur les routes stratégiques menant à Sanaa, toutes actions venant s’ajouter aux combats qu’ils mènent dans le Jof et dans d’autres régions du Yémen. Les deux parties ont fermement dénoncé ces actes et réaffirmé leur refus de toute ingérence étrangère visant à exacerber les conflits et à déstabiliser le pays, et elles ont souligné la nécessité de respecter la légalité internationale et de s’en tenir à l’initiative du Conseil de coopération du Golfe et au processus politique en cours dans le pays.

Les deux parties ont également réaffirmé leur soutien à l’unité, à la sécurité et à la stabilité du Liban à travers ses institutions officielles, notamment les forces armées, et elles ont souligné la nécessité que puisse être élu rapidement un Président qui réunisse l’ensemble des parties afin que le Liban surmonte la crise actuelle.

Les deux parties ont accueilli favorablement le consensus irakien ayant permis d’aboutir à la désignation d’un premier ministre et à l’entrée en fonctions d’un nouveau président de la république et d’un nouveau président du parlement et ont appelé de leurs vœux la formation rapide d’un gouvernement d’unité nationale qui représente toutes les composantes de la société irakienne, précisant qu’il s’agit là de la seule voie qui permettra au pays de sortir de la crise actuelle et de se redresser durablement. Les deux parties ont insisté sur l’importance de préserver l’unité, la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Irak. La partie saoudienne s’est félicitée de l’initiative française d’une conférence sur la sécurité de l’Irak, étant entendu que des consultations à ce sujet se tiendront ultérieurement avec les parties concernées et avec la Ligue des États arabes.

Les deux parties ont demandé à l’Iran de coopérer pleinement avec le groupe 5+1 au sujet du dossier nucléaire , dont la résolution, dans le cadre d’un accord de long terme assurant la nature exclusivement pacifique du programme nucléaire iranien, représenterait une contribution significative aux efforts internationaux en cours en vue de faire du Moyen-Orient une zone exempte d’armes de destruction massive, ce qui serait dans l’intérêt suprême de tous les habitants de la région et du monde.

Son Altesse royale le Prince Salman Bin Abdulaziz Al-Saoud a exprimé ses remerciements et sa considération au Président François Hollande, au Premier Ministre, au Gouvernement et au peuple français amis pour le chaleureux accueil et la généreuse hospitalité qu’il a pu recevoir, ainsi que la délégation qui l’accompagnait, lors de cette visite.


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