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Présentation

Données générales

Nom provisoire (sous lequel le pays a été admis dans l’ONU) : Ancienne République yougoslave de Macédoine (ARYM)
Nom constitutionnel : Република Македонија (République de Macédoine)

Données géographiques

Superficie : 25.713 km2
Population : 2.022.547 habitants, dont 66 % de Slaves et 25 % d’Albanais (selon le dernier recensement effectué en 2002) (estimation PNUD 2014 : 2.110.000 hab.)
Capitale : Skopje (506.926 habitants pour l’agglomération, selon le recensement de 2002)
Villes principales : Bitola, Kumanovo, Prilep, Tetovo, Veles, Stip, Ohrid
Langue (s) officielle (s) : macédonien (et albanais dans les régions où cette langue est parlée par au moins 20 % de la population)
Monnaie : le denar (1 € = 61,5 denar)
Fête nationale : le 8 septembre

Données démographiques

Croissance démographique : 0,24 %
Espérance de vie : 75,4 ans
Taux d’alphabétisation : 97,4 %
Religions : orthodoxe, musulmane, catholique
Indice de développement humain (2014) : 0,747 (81ème rang mondial)

Données économiques

PIB (2015) : 9 Md EUR
PIB par habitant (2015) : 4 286 EUR
Taux de croissance (2015) : 3,3%
Taux de chômage (2015) : 27,3 %
Taux d’inflation (annuel 2015) : -0,3 %
Solde budgétaire (2015) : - 3,5 % du PIB
Dette publique (2015) : 40 % du PIB
Balance commerciale (2015) : - 1,7 Md EUR
Principaux clients : Allemagne (35,9 %), Bulgarie (7,6 %), Italie (6,5 %), Serbie (6,3 %), Grèce (5 %)
Principaux fournisseurs : Grande Bretagne (11 %), Grèce (10,6 %), Allemagne (10,5 %), Serbie (7,9 %), Italie (6,5 %)

Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB

  • agriculture : 10,4 %
  • industrie :26,1 %
  • services : 63,5 %

Exportations de la France vers l’ARYM (2015) : 70,8 M €
Importations françaises de l’ARYM (2015) : 43,8 M €

Consulats de France : Section consulaire près l’Ambassade de France à Skopje et agence consulaire de Bitola
Communauté française en ARYM (2015) : 231 inscrits au registre des Français établis hors de France
Communauté macédonienne en France (2011) : 2.721 personnes

Politique intérieure

L’ARYM a proclamé son indépendance après l’organisation d’un référendum le 8 septembre 1991 dans le contexte de la désintégration de l’ancienne Fédération yougoslave. En raison du différend sur le nom constitutionnel du nouveau pays, la reconnaissance internationale n’intervient qu’en 1993 : l’ARYM est admise à l’ONU (résolution 817/93) en avril 1993, sous le nom provisoire d’ "ancienne République yougoslave de Macédoine". Seul pays issu de l’ex-Yougoslavie, avec le Monténégro, à avoir accédé à l’indépendance sans violence, l’ARYM a failli basculer à son tour dans la guerre civile en 2001, lorsqu’un conflit a éclaté entre Slaves et Albanais. L’Accord-cadre d’Ohrid, signé le 13 août 2001 sous l’égide de la communauté internationale, a mis un terme à six mois de crise. Il a permis de désarmer les belligérants, de relancer le dialogue politique, de jeter les bases d’une nouvelle constitution et de lancer une série de réformes visant à renforcer l’Etat de droit et garantir une représentation équitable des citoyens.

Au plan politique, l’alliance entre le VMRO-DPMNE (droite conservatrice), parti du Premier ministre et le DUI (Union démocratique pour l’intégration), plus important parti albanophone, se maintient depuis 2008.

Le premier semestre 2014 a été marqué par la tenue de l’élection présidentielle (13 et 27 avril 2014) et celle des élections législatives anticipées (d’un an) qui se sont tenues également le 27 avril 2014. Les résultats ont donné une double victoire au parti macédonien au pouvoir : le Président sortant G. Ivanov est réélu avec 55,27% des voix et, pour les législatives, le VMRO-DPMNE atteint presque la majorité absolue au parlement, avec 61 députés sur 123. Son allié albanais, le DUI, en obtient 19. L’opposition SDSM (parti social-démocrate) obtient 34 élus. Le DPA (parti albanais) a 7 députés.

L’opposition sociale-démocrate dénonçant des carences dans l’organisation des élections a annoncé qu’elle ne reconnaissait pas le résultat du scrutin. Les députés élus le 27 avril 2014 faisant partie de la coalition conduite par le SDSM avaient entamé un boycott du parlement auquel ils ont mis fin le 1er septembre 2015 à la suite des accords des 2 juin et 15 juillet (cf infra)

Le parlement s’est constitué le 10 mai 2014. Le président de la République Gjorge Ivanov a prêté serment devant le parlement, en présence des seuls députés du VMRO et de quatre députés du DPA.

Nikola Gruevski, reconduit dans les fonctions de premier ministre (qu’il exerçait depuis 2006), avait formé le 9 juin 2014 un nouveau gouvernement (sans changement important de titulaires). Les priorités affichées par le premier ministre étaient les investissements étrangers, la lutte contre le chômage et l’intégration euro-atlantique. Elles s’inscrivaient dans la lignée de ce qui avait été annoncé lors de la campagne électorale.

La coexistence entre les deux principales communautés, slave et albanaise, se maintient depuis 2001, malgré quelques incidents isolés.

Le processus de réformes avance lentement et des efforts complémentaires sont nécessaires en particulier dans le domaine essentiel de l’Etat de droit, de la liberté des media et de la réforme de l’administration publique. Le rapport de la Commission européenne de novembre 2015 sur l’élargissement fait part de « ses vives inquiétudes » concernant « l’ingérence politique dans le système judiciaire et les médias, la politisation croissante des institutions publiques et l’organisation des élections ».

La situation politique s’est dégradée depuis fin janvier 2015 avec « l’affaire des écoutes » : à la suite de l’annonce, par l’ancien premier ministre Nikola Gruevski (VMRO), de l’inculpation du chef de l’opposition sociale-démocrate (SDSM) Zoran Zaev pour espionnage et menaces contre l’ordre institutionnel, celui-ci a divulgué à intervalles réguliers des « bombes » (plus d’une trentaine à ce jour) constituées d’enregistrement téléphoniques exposant, selon l’opposition, les pratiques illégales du gouvernement et la mainmise de celui-ci sur les médias et la justice.

Le Commissaire chargé du voisinage et des négociations d’élargissement, M. Hahn, a lancé une médiation permettant aux leaders des quatre principaux partis politiques macédoniens (slaves - SDSM, VMRO et albanais - DUI et DPA) de parvenir à un accord de principe le 2 juin 2015. Celui-ci n’a pu être finalisé à Skopje que dans la nuit du 14 au 15 juillet 2015 grâce à une nouvelle intervention du Commissaire Johannes Hahn. Le dernier arrangement obtenu (« accord de Przino ») prend la forme d’un protocole à l’accord du 2 juin et fixait le calendrier et les modalités de la transition politique jusqu’aux élections législatives anticipées du 24 avril 2016. Il prévoyait, entre autres :

  • Le départ du premier ministre Nikola Gruevski le 15 janvier 2016. Celui-ci a annoncé sa démission et son remplacement par le secrétaire général de son parti (VMRO), M. Emil Dimitriev.
  • Le retour de l’opposition au parlement le 1er septembre 2015. Il a effectivement eu lieu.
  • De nommer de nouveaux ministres de l’Intérieur et du Travail issus du SDSM, et des vice-ministres.
  • De nommer un procureur spécial afin d’enquêter sur les malversations dévoilées par les écoutes.
  • La réforme de la loi électorale.

Une évaluation de l’état de la préparation de ce scrutin anticipé a été publiée par les ambassadeurs des Etats-Unis et de l’UE à Skopje le 21 février 2016. Ils y constataient que « les conditions nécessaires à l’organisation d’élections crédibles le 24 avril n’étaient pas en place ». A la suite de cette évaluation, le parlement macédonien a décidé de reporter les élections législatives anticipées au 5 juin 2016. Ce scrutin a lui-même été annulé le 18 mai 2016 et reporté sine die.

À la lumière des progrès réalisés jusqu’à présent dans la mise en œuvre de l’accord politique de juin/juillet, la Commission européenne s’est déclarée, dans son rapport publié le 10 novembre 2015, « disposée à renouveler sa recommandation d’ouvrir des négociations d’adhésion avec l’ancienne République yougoslave de Macédoine ». Elle a toutefois subordonné ce renouvellement « à la poursuite de la mise en œuvre de l’accord politique de juin/juillet et à la réalisation de progrès importants dans la mise en œuvre des réformes prioritaires à opérer d’urgence ».

Situation économique

L’Ancienne République yougoslave de Macédoine enregistre un rythme de croissance soutenu depuis 2013. L’activité progressant de 2,9 % en 2014, 3,5% en 2014 et 3,3% en 2015. Au cours de ces dernières années, l’activité a été tirée par la hausse des dépenses d’infrastructure du gouvernement et par la consommation domestique qui reste le principal moteur de la croissance avec une progression de 3 % en 2015. Contrairement aux années précédentes, le commerce extérieur a contribué en 2015 à la croissance du PIB. Les organisations internationales prévoient un taux de croissance élevé pour 2016 : 3,4 % pour la Banque mondiale, 3,3 % pour la Commission Européenne et 3,2 % pour le FMI. La dégradation de la situation politique est le principal risque qui pourrait peser sur la croissance en 2016.

Le chômage reste très important dans le pays –notamment pour les jeunes – malgré une baisse continue du taux depuis dix ans. Il ressort à 27 % en 2015 contre 37 % en 2005, la réduction de ce taux devrait se poursuivre en 2016.
Depuis avril 2014, l’Ancienne République yougoslave de Macédoine est en situation de déflation en raison de la baisse des prix agricoles et des matières premières et des prix des produits importés. En 2015, l’indice des prix a enregistré une baisse de 0,3 %. Selon les projections de la Commission européenne, l’inflation devrait toutefois retrouver des valeurs positives courant 2016 avec une prévision de + 0,7 % et + 1,5 % en 2017.

Les flux nets des investissements directs étrangers représentent 3 % du PIB et constituent la seconde source de financement extérieur. Ces investissements, qui ont été effectués dans des secteurs tournés vers l’exportation, permettent de moderniser l’appareil de production du pays via le développement du secteur manufacturier, une diversification et une montée en gamme des exportations.

En termes d’attractivité, les autorités macédoniennes ont engagé, aux cours de ces dernières années, une politique très active pour attirer les investissements étrangers en améliorant l’environnement des affaires et en créant des zones franches, proposant des exonérations d’impôts sur dix ans et des subventions, notamment pour la construction d’infrastructures. Cette politique s’est traduite par des résultats positifs : les flux nets d’IDE ont fortement augmenté depuis 2012, passant de 1,5 % du PIB à 3,1 % du PIB en 2015, suite à l’implantation de grands groupes internationaux en ARYM (notamment l’américain Johnson Matthey, l’allemand Draexlmaier et le belge Van Hool (automobiles et autobus) et le groupe pharmaceutique russe Protek Group). Le rapport Doing Business 2016 de la Banque mondiale classe l’ARYM en 12ème position sur 189 pays, soulignant les nombreuses mesures mises en place pour encourager l’activité entrepreneuriale qui est fondamentale et critique pour réduire le déficit commercial du pays et créer des emplois. La Banque mondiale estime que le pays est particulièrement performant au regard de la création d’entreprises et du paiement des taxes et des impôts. Parmi ces mesures et outre la fiscalité attractive pour les entreprises, il convient de mentionner la création des zones de développement technologiques et industrielles (zones franches).

Les finances publiques sont encore sous contrôle, malgré la charge des lourds investissements publics engagés ces cinq dernières années et des exemptions fiscales dont bénéficient les investissements étrangers Le déficit en 2015 serait égal à 3,5 % du PIB contre 3,3 % initialement prévu dans la loi de finances. Les recettes, représentant moins d’un tiers du PIB, sont obérées par le niveau élevé de l’économie informelle et un taux d’imposition unique des revenus et des bénéfices de 10%. De plus, afin d’attirer et de retenir les investissements étrangers, ces derniers bénéficient d’une exonération fiscale pendant dix ans et d’un accès gratuit aux services publics.

Un Accord de Stabilisation et d’Association a été signé avec l’UE en 2001, qui comprend un Accord Commercial Intérimaire exonérant de droits les produits industriels exportés vers l’UE, autorisant des quotas élevés pour les exportations macédoniennes de produits agricoles et alimentaires, et réduisant progressivement les droits sur les produits importés de l’UE. Membre de l’Organisation mondiale du Commerce (OMC) depuis avril 2003, elle est également membre, depuis 2006, de l’Accord de libre-échange en Europe centrale et de l’Est (CEFTA).

Politique extérieure

Union européenne et Otan

L’ARYM fait de son intégration à l’UE et à l’OTAN sa priorité stratégique. Premier pays à avoir signé un Accord de stabilisation et d’association (ASA) avec l’Union européenne en 2001, elle a vu ses progrès sur la voie de la normalisation reconnus par l’octroi du statut de candidat par le Conseil européen de décembre 2005. La Commission européenne a engagé en février 2008 avec l’ARYM comme avec les autres Etats des Balkans un dialogue qui a conduit à la suppression de l’obligation de visas de court séjour en 2009. En octobre 2009, au vu des avancées constatées, la Commission a jugé dans son rapport annuel d’évaluation que les conditions étaient réunies pour recommander l’ouverture des négociations d’adhésion. Mais en raison de l’absence de solution au problème du nom avec la Grèce,, aucune décision de fixation d’une date n’a pu été prise lors du conseil européen de décembre 2009. Depuis lors la situation est restée identique : dans ses rapports de progrès annuels, la Commission a renouvelé sa recommandation pour une ouverture des négociations d’adhésion (devenue toutefois conditionnelle en 2015) mais une décision unanime des Etats membres est nécessaire pour en décider.

En 2007, l’ARYM est devenue éligible au nouvel instrument de pré-adhésion IPA : 623M€ avaient été progtammés sur la période 2007-2013. Le nouvel instrument IPA II (2014-2020) prévoit une aide accrue pour le pays, 664 M€ pour les sept prochaines années. L’un des principaux problèmes des fond est leur faible absorption par l’Etat macédonien.

Membre du Partenariat pour la Paix depuis 1995, l’ARYM est engagée dans le processus d’adhésion à l’OTAN à travers le Plan d’action pour l’adhésion (MAP - Membership Action Plan) adopté en 1999. Lors du sommet de Bucarest (avril 2008), malgré la reconnaissance des efforts qu’elle avait accomplis, l’ARYM n’a pas été invitée à rejoindre l’Alliance, les pays membres de l’organisation estimant que l’entrée de ce pays dans l’OTAN ne pourra avoir lieu qu’une fois réglé le différend avec la Grèce sur la question du nom du pays.

Situation régionale

L’ARYM entretient de bonnes relations avec ses voisins, sauf – politiquement - avec la Grèce qui est pourtant l’un de ses principaux partenaires économiques. Elle participe à l’ensemble des initiatives de coopération régionale, garantes de la stabilité de la région et qui favorisent le développement des échanges économiques. L’ARYM n’a pas mis en œuvre les sanctions décidées par l’UE contre la Russie en 2014.

Les relations politiques avec la Grèce sont compliquées : . la question du nom officiel du pays n’est pas réglée et continue d’être un problème politique majeur. Des négociations sous l’égide des Nations Unies sont toujours en cours pour résoudre ce différend.

Mise à jour : 30.06.16


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