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Présentation

Des relations bilatérales reposant sur des structures de concertation intergouvernementales renforcées

Après les premières étapes de la réconciliation franco-allemande qu’ont été le discours de l’Horloge (1950), la création de la CECA (1951) et le traité de Rome (1957), le traité sur la coopération franco-allemande (dit traité de l’Élysée) signé le 22 janvier 1963 par le Chancelier Adenauer et le Général de Gaulle, devient le symbole des relations entre la France et l’Allemagne. Il répond à trois objectifs : sceller la réconciliation franco-allemande, créer entre les deux pays une véritable amitié, et favoriser ainsi la « construction de l’Europe unie, qui est le but des deux peuples ». Le traité met en place un calendrier contraignant de rencontres régulières à tous les niveaux (chefs d’Etats et de gouvernement, Ministres, hauts fonctionnaires), destinées à susciter entre les deux pays un réflexe de coopération. « Ciment » de relations permanentes et intenses, il a servi de cadre pour le dialogue à l’origine de chaque grande avancée de la construction européenne (Acte unique européen…).

Les dispositifs en place ont été, à l’occasion du 25e anniversaire du traité, précisés et prolongés par la mise en place de nouvelles structures de concertation : le Conseil Franco-allemand de Défense et de Sécurité (CFADS), la Brigade franco-allemande, le Conseil Economique et Financier franco-allemand (CEFFA), le Conseil franco-allemand de l’Environnement (CFAE) et le Haut Conseil culturel franco-allemand (HCCFA).

La coopération institutionnelle et politique des deux pays a été renforcée à l’occasion du 40e anniversaire du Traité de l’Elysée, le 22 janvier 2003, par la désignation, dans chaque pays, d’un Secrétaire général pour la coopération franco-allemande et par la création des Conseils des ministres franco-allemand (CMFA), qui se tiennent au moins une fois par an et ont permis de réelles avancées sur les sujets européens (énergie et climat, recherche et innovation, migrations…) ou sur des initiatives bilatérales touchant de près les citoyens (raccordement TGV-ICE, service de santé transfrontaliers, manuel commun d’histoire, régime matrimonial pour les couples binationaux, coopération des agences pour l’emploi). Les travaux du dernier CMFA, qui s’est tenu à Metz le 7 avril 2016, ont principalement porté sur la lutte contre le terrorisme, la politique migratoire, la défense, les investissements, l’énergie, le numérique et l’intégration sociale (remise aux deux chefs d’État d’un rapport sur l’intégration pour renforcer la coopération sur ces questions).

Une nouvelle dimension de la coopération transfrontalière et décentralisée

L’intensité de la coopération transfrontalière est une spécificité de la relation franco-allemande. Près de 2500 jumelages donnent aux contacts entre collectivité locales, associations, écoles, etc., une qualité unique. Ils sont renforcés par la coopération entre les Länder et les Académies en matière scolaire, par de nombreuses associations franco-allemandes privées, et par plusieurs instances régionales (Conseil rhénan, Conférence du Rhin supérieur, Commission intergouvernementale de la Moselle…)

La déclaration de Sarrebruck du 15 juillet 2013, renforcée par la conférence de Metz des 6 et 7 juillet 2015 et par de réguliers dialogues franco-allemands sur la coopération transfrontalière, donne un cadre général, qui a permis des avancées en matière de formation professionnelle (accords-cadres sur l’apprentissage transfrontalier dans le Rhin supérieur, en Lorraine-Sarre et dans la Grande Région), d’emploi (coopération entre la Bundesagentur für Arbeit et Pôle emploi), d’enseignement supérieur (Campus européen).

Relations économiques et commerciales

L’Allemagne est le principal partenaire commercial de la France : elle est son premier client (71,3 Mds€ d’exportations), devant la Belgique et l’Italie, et son premier fournisseur (86,5 Mds€ d’importations) devant la Chine et la Belgique. Le déficit commercial de la France avec l’Allemagne s’est légèrement creusé en 2015 par rapport à 2014, en raison notamment d’une baisse des exportations aérospatiales conjuguée à une hausse des importations dans le même secteur. La dépendance commerciale de l’Allemagne à l’égard de la France est plus limitée. En 2015, la France a reculé au rang de deuxième partenaire commercial de l’Allemagne (170 Mds€ d’échanges), juste derrière les États-Unis (173 Mds€). Elle est son troisième fournisseur (7,1%), derrière la Chine (9,7%) et les Pays-Bas (9,3%), et, après les États-Unis (9,1%, soit 10 milliards de plus que la France), son deuxième client (8,5%). L’accroissement important du volume des échanges de l’Allemagne avec les États-Unis s’explique tant par l’effet de change (faiblesse de l’euro par rapport au dollar) que par la bonne croissance américaine en 2015 (qui a accru la demande, notamment dans le secteur de l’équipement).

Les économies française et allemande sont extrêmement imbriquées et complémentaires. 2816 entreprises françaises sont implantées en Allemagne (soit 30% des filiales françaises implantées dans la zone euro), emploient 352.000 personnes et génèrent, selon l’INSEE, un chiffre d’affaires de 137 Mds€ (notamment dans le secteur de l’industrie manufacturière). En sens inverse, 3200 entreprises allemandes sont implantées en France, emploient 310 000 personnes et génèrent un chiffre d’affaires de 141 Mds€.

Les coopérations industrielles entre entreprises françaises et allemandes sont nombreuses, et particulièrement dynamiques dans les secteurs automobile, ferroviaire, aéronautique et des TIC ; elles évoluent rapidement dans le secteur de l’énergie. Bien qu’en général concurrentes, les grandes entreprises françaises et allemandes recherchent des partenariats entre elles pour améliorer leur compétitivité et leur présence sur certains marchés impliquant une masse critique.

En 1992, les chefs d’entreprise Edzard Reuter (Daimler-Benz), Antoine Riboud (Danone), Marcus Bierich (Bosch), ainsi que Jean François-Poncet (ancien ministre des Affaires étrangères français) ont pris l’initiative de créer les rencontres franco-allemandes d’Évian. L’objectif de ces rencontres, qui se tiennent tous les ans, est de prolonger au niveau des entreprises la coopération franco-allemande et d’établir des relations personnelles entre leurs dirigeants.

Coopération culturelle, scientifique et technique

Les relations franco-allemandes dans le domaine de la coopération culturelle et scientifique sont particulièrement intenses, et reposent sur un réseau dense d’institutions, parmi lesquelles :

  • l’Office franco-allemand pour la jeunesse (OFAJ), créé en 1963 dans le cadre du traité de l’Élysée, qui propose des activités et des échanges dans tous les domaines touchant à la jeunesse et aux programmes duquel participent 200.000 jeunes chaque année ;
  • l’Université franco-allemande (UFA), créée en 1997, constituée par un réseau d’établissements d’enseignement supérieur proposant (à 6.300 étudiants) des cursus intégrés débouchant sur des diplômes binationaux ;
  • le Centre Marc Bloch, centre de recherche en sciences sociales créé en décembre 1992 ;
  • la Fondation Genshagen, plateforme d’échanges entre les acteurs du monde politique, économique, scientifique et culturel français, allemand et européen ;
  • ARTE, chaîne franco-allemande culturelle à vocation européenne ;
  • le Haut Conseil culturel franco-allemand, créé en 1988, dont la mission est d’éclairer les décisions des gouvernements français et allemands sur les grands dossiers bilatéraux et européens en matière culturelle ;
  • le Secrétariat franco-allemand pour les échanges en formation professionnelle, créé en 1980.

Enfin, le Fonds culturel franco-allemand soutient depuis 2003 des initiatives de coopération conduites conjointement par les deux réseaux diplomatiques français et allemand en pays tiers.

Le réseau de coopération culturelle, scolaire, scientifique et technique en Allemagne est dense et multiforme :

  • 1 Institut français d’Allemagne comprenant 11 antennes en plus de Berlin ;
  • 5 bureaux spécialisés à Berlin (livre, cinéma, théâtre et danse, musique et arts plastiques) ;
  • 11 structures binationales (centres culturels et antennes franco-allemands) ;
  • un centre de recherche en histoire (Institut français d’histoire en Allemagne, à Francfort) ;
  • un service pour la science et la technologie (SST) basé à Berlin ;
  • un institut français de recherche à l’étranger (IFRE) ;
  • 15 établissements du réseau de l’AEFE (lycée et collège de Berlin, école de Bonn, lycée de Düsseldorf, lycée de Francfort, école et lycée de Fribourg, école d’Heidelberg, lycée de Hambourg, école, collège et lycée de Munich, école de Sarrebrück, écoles maternelle et primaire de Stuttgart) et deux lycées franco-allemands à Fribourg et Sarrebrück (outre celui de Buc en France).

De nombreuses initiatives bilatérales viennent compléter ce dispositif : entre autres, une « journée franco-allemande » le 22 janvier dans les établissements scolaires des deux pays, l’édition des manuels d’histoire franco-allemands à usage des classes de terminale et de première en France et en Allemagne et la stratégie de soutien à l’apprentissage de la langue du partenaire.

Cette coopération s’incarne également au travers des projets de co-localisations diplomatiques et consulaires (construction d’une ambassade franco-allemande à Dacca, au Bangladesh, depuis 2013), culturelles (centres culturels français ou Alliances françaises et Instituts Goethe ou associations culturelles allemandes) et scolaires (lycées franco-allemands et eurocampus franco-allemands à l’étranger).

Mise à jour : 21.09.16

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