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L’Union européenne et l’Allemagne

Présentation

L’Allemagne occupe une place centrale dans les institutions européennes. Premier pays de l’UE par son économie mais également sa population, l’Allemagne compte, avec 96 députés, la première délégation au Parlement européen. Elle y jouit d’une influence sans égale fondée sur sa tradition parlementaire, le faible taux de renouvellement de ses députés et l’importance des délégations allemandes au sein des groupes parlementaires les plus actifs au Parlement européen. L’Allemagne a obtenu le portefeuille du numérique dans la Commission Juncker (commissaire Günther Öttinger).

L’Allemagne n’a cessé d’affirmer son profond ancrage européen depuis les débuts de la crise de la zone euro. « L’intégration européenne est l’enseignement primordial tiré de l’histoire allemande et le fondement de la politique extérieure allemande », peut-on lire dans les conclusions de la « Review 2014 » de politique étrangère réalisée par l’Auswärtiges Amt. L’Allemagne est le plus grand contributeur net de l’UE (19,7% du budget européen en 2014 ; France : 16,7%). Elle est le 1er contributeur (27%), juste devant la France (20%) au Mécanisme européen de stabilité (MES), entré en vigueur en 2012. La Chancelière et Wolfgang Schäuble ont défendu le troisième plan d’aide à la Grèce devant le Bundestag le 19 août 2015 et ont pu le faire approuver confortablement. Soucieuse de l’avenir de l’Union économique et monétaire, l’Allemagne a rédigé avec la France le 22 mai 2015 une contribution proposant une architecture en deux étapes : une phase de court terme, servant à consolider l’acquis dans le cadre des traités actuels, et une phase de plus long terme avec des évolutions institutionnelles. La contribution franco-allemande a influencé le « rapport des cinq présidents » de l’UE publié le 22 juin suivant. Après le référendum britannique sur la sortie de l’Union européenne (23 juin 2016), les ministres français et allemand des Affaires étrangères ont par ailleurs publié une contribution commune (« Une Europe forte dans un monde incertain ») formulant des propositions pour la relance du projet européen.

L’Allemagne est cependant confrontée, dans certaines franges de son opinion, à une remise en question de la doctrine fermement intégratrice portée par la génération politique marquée par le souvenir de la Seconde guerre mondiale. Les débats sur « l’union des transferts », la subsidiarité et le « tourisme social » (accès aux prestations sociales et les fraudes, réelles ou alléguées, aux prestations sociales commises par des ressortissants européens en Allemagne), mais aussi les actes de malveillance contre des centres de réfugiés témoignent de ces réticences.

La jurisprudence de Karlsruhe, en s’attachant à défendre depuis 2009 les prérogatives du Bundestag, conteste, en creux, le fonctionnement démocratique de l’UE. Avec le rejet des plaintes contre le MES, le Tribunal constitutionnel de Karlsruhe a renforcé la marge de manœuvre politique du Bundestag, y compris pour ce qui est des mesures de sauvetage de l’euro.

L’Allemagne entretient des relations bilatérales fortes avec ses voisins et soigne son image vis-à-vis des pays de l’Europe du Sud. Comme le précise le contrat de coalition, l’Allemagne entretient un lien privilégié avec la France. Elle affirme aussi vouloir promouvoir les intérêts de ses voisins, en particulier de la Pologne (au sein du Triangle de Weimar, avec la France) dans l’UE. Elle cherche à maintenir des liens étroits avec le Royaume-Uni malgré le vote en faveur de la sortie de l’UE du 24 juin 2016. Le contrat de coalition du gouvernement Merkel III fait par ailleurs une priorité de la revitalisation des relations avec Athènes et prévoit en particulier la création d’un office germano-grec pour la jeunesse (lancé à Berlin le 12 septembre 2014). La Chancelière s’est rendue en Grèce à deux reprises (le 9 octobre 2012 et le 11 avril 2014), et apporte un soutien tout particulier au pays dans le contexte de la crise des réfugiés.

Enfin, l’Allemagne participe à la construction de l’Europe de la défense, en liaison étroite avec la France, mais aussi la Pologne, comme en témoigne la lettre adressée à Mme Mogherini le 7 avril 2015 par les ministres de la Défense et des Affaires étrangères français, allemand et polonais présentant les points de consensus entre les trois Etats du triangle de Weimar en vue du Conseil européen de juin 2015. L’Allemagne est particulièrement attachée au renforcement à long terme des capacités des États tiers (initiative « CBSD » - Capacity building for security and development).

Mise à jour : 21.09.16

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