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L’Union européenne et l’Allemagne

Présentation

1- L’Allemagne n’a cessé d’affirmer son profond ancrage européen depuis les débuts de la crise de la zone euro. L’Allemagne est le plus grand contributeur net de l’UE (19,7% du budget européen en 2014 ; France : 16,7%). Elle est le 1er contributeur (27%), juste devant la France (20%) au Mécanisme européen de stabilité (MES), entré en vigueur en 2012. L’Allemagne a soutenu, en juin 2012, l’adoption du « Pacte pour la croissance et l’emploi », qui prévoit une série de mesures visant à aider l’Europe à sortir de la crise économique et financière. L’Allemagne et la France ont en outre été à l’initiative de la « garantie jeunesse » visant à faire en sorte que chaque jeune âgé de moins de 25 ans se voie proposer une offre de qualité en matière d’emploi, de formation, d’apprentissage ou de stage. Une conférence sur l’emploi des jeunes a été organisée à Berlin en juillet 2013 par la Chancelière, puis une deuxième à Paris en novembre 2013 à l’initiative du Président de la République, avant le sommet de Milan en octobre. Ces conférences ont permis de mobiliser 6 Mds€ de crédits européens.

2- L’Allemagne occupe une place centrale dans les nouvelles institutions européennes. Premier pays de l’UE par son économie mais également sa population (le solde migratoire compensant le déclin démographique amorcé), l’Allemagne compte, avec 96 députés, la première délégation au Parlement européen. Elle y jouit d’une influence sans égale fondée sur sa tradition parlementaire, le faible taux de renouvellement de ses députés et l’importance des délégations allemandes au sein des groupes parlementaires. L’Allemagne bénéficie en outre d’une assise politique tout à fait singulière en Europe, les élections du 22 septembre 2013 ayant marqué un large soutien populaire à la gestion de la crise de la zone euro par Mme Merkel et son ministre des Finances, M. Schäuble. La Chancelière doit toutefois composer avec la participation du SPD à son gouvernement qui plaide pour certaines inflexions (ajustement de l’équilibre entre dépense publique, investissements et consolidation budgétaire, dimension sociale de l’UEM).

3- L’Allemagne est confrontée, dans certaines franges de son opinion, à une remise en question de la doctrine fermement intégratrice portée par la génération politique marquée par le souvenir de la Seconde guerre mondiale. Les débats sur « l’union des transferts », la subsidiarité et le « tourisme social » (accès aux prestations sociales et les fraudes, réelles ou alléguées, aux prestations sociales commises par des ressortissants européens en Allemagne), témoignent de ces interrogations. Le succès du nouveau parti eurosceptique, Alternative für Deutschland, aux élections européennes ainsi qu’aux élections locales de l’automne 2014 sont un signe de l’essoufflement de l’élan européen dans l’opinion allemande.

4- La jurisprudence de Karlsruhe, en s’attachant à défendre depuis 2009 les prérogatives du Bundestag, conteste, en creux, le fonctionnement démocratique de l’UE. Avec le rejet des plaintes contre le MES, le Tribunal constitutionnel de Karlsruhe a renforcé la marge de manœuvre politique du Bundestag, y compris pour ce qui est des mesures de sauvetages de l’euro.

5- L’Allemagne entretient des relations bilatérales fortes avec ses voisins, tout en soignant son image vis-à-vis des pays de l’Europe du Sud. Comme le précise le contrat de coalition, l’Allemagne entretient un lien privilégié avec la France. Elle affirme aussi vouloir promouvoir les intérêts de ses voisins, en particulier de la Pologne (au sein du Triangle de Weimar, avec la France) dans l’UE. Elle partage avec le Royaume-Uni une traditionnelle connivence sur les questions budgétaires et le souci de la compétitivité de son économie. Le contrat de coalition du gouvernement Merkel III fait par ailleurs une priorité de la revitalisation des relations avec Athènes et prévoit en particulier la création d’un office germano-grec pour la jeunesse (lancé à Berlin le 12 septembre). La Chancelière s’est rendue en Grèce à deux reprises (le 9 octobre 2012 et le 11 avril 2014), tandis que le ministre délégué chargé des Affaires européennes a effectué en octobre son cinquième déplacement en onze mois en Grèce. Le gouvernement de Mme Merkel entretient par ailleurs d’excellentes relations avec le gouvernement de M. Rajoy en Espagne.

6- Concernant la politique européenne de voisinage, Berlin souhaite lui donner un rôle d’encouragement des valeurs démocratiques. L’Allemagne se montre également soucieuse du respect de l’équilibre entre les voisinages Est et Sud.

7- L’Allemagne a obtenu le portefeuille du numérique dans la nouvelle Commission (commissaire Günther Öttinger). Particulièrement sensible outre-Rhin, le débat sur les libertés publiques a conduit l’Allemagne à réagir avec détermination aux révélations d’Edward Snowden sur les programmes de surveillance massive de la NSA.

8- Enfin, l’Allemagne participe à la construction de l’Europe de la défense, en liaison étroite avec la France, comme en témoigne la lettre adressée à Mme Ashton le 25 juillet 2013 par les ministres de la Défense et des Affaires étrangères français et allemands présentant les points de consensus entre les deux Etats sur les volets opérationnels, capacitaires et industriels en vue du Conseil européen de décembre 2013. La nouvelle impulsion donnée à la coopération dans le domaine de la politique extérieure et de défense entre la France et l’Allemagne, lors du 16ème Conseil des ministres franco-allemand, s’inscrit dans cette logique.

Mise à jour : 24.11.14

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