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Présentation

L’Algérie est un des plus grands États d’Afrique. Elle est également l’une des puissances les plus influentes du continent, ayant développé une diplomatie multilatérale active depuis 1962 en jouant notamment un rôle primordial dans le mouvement des non-alignés. Après l’ouverture politique marquée par les élections de 1991 dont le FIS est sorti vainqueur, l’Algérie a sombré dans plusieurs années de violences (1992-1998) qui ont causé selon certaines estimations près de 150 000 morts. Au sortir de cette « décennie noire » un processus de réconciliation nationale a été entamé par le Président Bouteflika dès son arrivée au pouvoir en 1999. La réduction progressive du niveau de violence dans le pays a ensuite permis à l’Algérie de revenir sur la scène internationale au début des années 2000, avec notamment la signature des accords d’Alger en 2006 qui mettent fin à la rébellion touarègue du Nord Mali. La diplomatie algérienne est aujourd’hui conduite par le ministre des Affaires étrangères Ramtane Lamamra, qui s’est notamment illustré à travers une médiation qui a permis l’obtention en juin 2015, au Nord-Mali toujours, d’un nouvel accord de paix.

L’Algérie continue de faire face à des défis importants, tant du point de vue intérieur que sur le plan extérieur. La menace sécuritaire qui concerne l’ensemble de la zone saharo-sahélienne et la crise libyenne constituent pour les autorités algériennes des enjeux de première importance. L’Algérie soutient le processus de paix mené par les Nations unies en Libye.
Depuis 2014, la faiblesse des cours du pétrole (94% des revenus du pays) exerce par ailleurs une forte pression sur les finances publiques algériennes et sur l’ensemble du modèle économique du pays. Le budget pour l’année 2017 prévoit ainsi un déficit de 6,7% du PIB et un baril de pétrole à 50$. Cette conjoncture est conjuguée à un déclin des exportations d’hydrocarbures du fait d’une forte hausse de la consommation interne et un manque d’investissements.

Les relations entre la France et l’Algérie sont depuis 2012 dans une phase d’embellie historique. La déclaration d’Alger sur l’amitié et la coopération entre la France et l’Algérie, signée par les deux chefs d’Etats lors de la visite de François Hollande en décembre 2012 a été suivie de la mise en place d’un Comité intergouvernemental de haut niveau (CIHN), réuni trois fois (en 2013, 2014 et 2016) et d’un Comité mixte économique franco-algérien (COMEFA), réuni également trois fois (en 2013, 2014 et 2015) qui permettent le renforcement de notre coopération avec l’Algérie dans tous les domaines.

Site de l’ambassade de France en Algérie

Relations politiques

La relation bilatérale se fonde en particulier sur des liens humains et historiques sans équivalent pour les deux pays. Au sortir de la décennie des années 1990, l’élection du président Bouteflika a permis une relance des relations bilatérales et un retour de l’Algérie sur la scène internationale. Les visites d’État des Présidents Chirac puis Sarkozy en 2003 et 2007 et celle du Président Hollande, les 19-20 décembre 2012 ont permis de réaffirmer les liens d’amitié qui unissent l’Algérie et la France.

Depuis 2012, cinquante ans après l’indépendance algérienne, la relation bilatérale a connu un renouveau historique, concrétisée par la signature de la déclaration d’Alger sur l’amitié et la coopération entre la France et l’Algérie, par les deux présidents le 19 décembre 2012. La mise en place du comité intergouvernemental de haut niveau réunissant les deux gouvernements à l’occasion de sommets franco-algérien réguliers est désormais la clef de voûte de notre coopération avec l’Algérie et permet la concrétisation de nombreux projets partagés par nos deux pays.

Ce rapprochement politique se poursuit. La visite du président de la République à Alger, le 15 juin 2015, a conforté la dynamique lancée lors de sa visite d’État de 2012. Pour la première fois dans la relation bilatérale, le secrétaire d’État aux anciens combattants M. Todeschini, s’est rendu à Sétif en mai 2015 pour commémorer les massacres du 8 mai 1945. Son homologue algérien a effectué une visite en France en janvier 2016. Le 3e comité mixte économique bilatéral (COMEFA) s’est quant à lui tenu à Paris le 26 octobre 2015 à Paris, parallèlement à une succession de visites françaises en Algérie. La tenue de la 3e session du comité intergouvernemental de haut-niveau (CIHN) à Alger le 10 avril 2016 en présence du Premier ministre Manuel Valls avec dix ministres et secrétaires d’État a permis la signature d’une douzaine d’accords institutionnels et d’une quinzaine d’accords économiques. Cette rencontre a confirmé notre partenariat d’exception et a démontré le niveau élevé de confiance qui caractérise la relation bilatérale.

Un quatrième COMEFA (Comité mixte économique franco-algérien) devrait se tenir à Alger au premier trimestre 2017.

Les visites bilatérales sont fréquentes. Signature à Paris par MM. Louh et Urvoas d’une convention d’entraide judiciaire intégrant le protocole additionnel signé lors du CIHN (10 octobre) et l’inauguration du nouveau consulat à Marseille en présence des ministres (28 octobre). La coopération décentralisée se renforce avec la visite de M. Bedoui à Paris (prévue le 10 novembre). Les échanges parlementaires sont suivis comme en témoigne la visite à Paris de M. Bensalah les 19-20 septembre, à l’invitation de M. Larcher. Enfin, la France et l’Algérie coprésideront le prochain dialogue 5+5 (fin 2017).

Visites

­­2016
18 décembre : M. Jean-Louis Bianco, Représentant spécial du ministre des Affaires étrangères et du développement international pour les relations franco-algériennes
21 novembre : M. Christian Masset, Secrétaire général
9-10 novembre : M. Noureddine Bedoui, ministre de l’Intérieur et des collectivités locales
4-5 octobre : M. Tayeb Louh, Garde des Sceaux, ministre de la Justice
26-27 : septembre Mme Ségolène Royal, ministre de l’Environnement, de l’Energie et de la Mer
19-20 : septembre M. Abdelkader Bensalah, président du Conseil de la Nation
25-26 mai : M. Jean-Marc Baylet, Ministre de l’Aménagement du territoire, de la Ruralité et des Collectivités territoriales
10 avril : Tenue de la 3ème session du CIHN à Alger en présence du Premier Ministre ainsi que 10 Ministres et Secrétaires d’Etat
29 mars : M. Jean-Marc Ayrault, ministre des Affaires étrangères
24 mars : M. Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture
24 mars : M. Mohamed El Ghazi, ministre du Travail et des Affaires sociales
20 mars : M. Jean-Louis Bianco, représentant spécial pour les relations économiques franco-algériennes
26-28 janvier : M. Tayeb Zitouni, ministre des Moudjahid
19 janvier : M. Azzedine Mihoubi, ministre de la Culture

2015
20-22 décembre : Mme Christiane Taubira, Garde des Sceaux, ministre de la Justice
15-16 décembre : M. Nourredine Bedoui, ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales
09 décembre : M. Jean-Louis Debré, Président du Conseil constitutionnel
28 octobre : Mme Fleur Pellerin, ministre de la Culture et de la Communication
26 octobre : M. Ramtane Lamamra, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale ; M. Abdeslam Bouchouareb, ministre de l’Industrie et des Mines
24- 25 octobre : Mme Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche
2-3 octobre : Mme Ségolène Royal, ministre de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie
12 septembre : M. Jean-Louis Bianco, représentant spécial pour les relations économiques franco-algériennes
10-14 septembre : M. Gérard Larcher, Président du Sénat
6 septembre : M. Lamamra, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale
15 juin : M. François Hollande, Président de la République
12 mai : M. Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères et du Développement international
19-20 avril : M. Jean-Marc Todeschini, secrétaire d’Etat aux Anciens combattants
7 avril : M. Ramtane Lamamra, Ministre des Affaires étrangères
1er mars : M. Jean-Louis Bianco, représentant spécial pour les relations économiques franco-algériennes
24 février  : M. Abdelkader Khomri, ministre de la Jeunesse
21 février  : M. Abdelwahab Nouri, ministre de l’Agriculture
13 février  : Mme Nouria Benghebrit, ministre de l’Education nationale
6 février : M. Abdelkader Messahel, ministre délégué aux Affaires maghrébines et africaines
5 février : M. Mohamed Aïssa, ministre des Affaires religieuses

Relations économiques

Les relations économiques et commerciales ont progressé rapidement depuis 1999 et sont particulièrement denses. Nos échanges ont effectivement triplé entre 1999 et 2013. En 2014, la France est devenue le 2nd partenaire de l’Algérie avec 10,9% de part de marché (12,08% en 2012) derrière la Chine (12,4%) et devant l’Italie (10,3%). Néanmoins, notre part de marché subit une érosion constante depuis 2000, en raison d’une concurrence accrue (Italie, Espagne, Allemagne, Turquie mais surtout Chine). La France semble proportionnellement avoir moins profité que ces concurrents de l’ouverture relative de l’économie algérienne.

La France est cependant toujours le premier investisseur hors hydrocarbures et premier employeur étranger en Algérie : nos entreprises emploient près de 40.000 salariés (100.000 si l’on inclut les indirects), pour environ 500 entreprises implantées (une trentaine du CAC 40 sont actives ou présentes sur le marché algérien). Le principal secteur porteur d’emplois et d’activité est celui des services : les services financiers grâce à la présence de Société Générale et BNP Paribas, les transports (avec notamment la présence d’Air France). Dans le domaine maritime, CMA-CGM, avec un effectif de 400 personnes, est leader sur le marché algérien, l’hôtellerie-restauration (groupes Accor, Sodexo, Newrest), la distribution automobile à travers Renault et Renault Trucks, le secteur de l’environnement avec Suez Environnement.

Les exportations françaises, 6,9 Mds EUR en 2014, ont progressé, mais la Chine est devenue le premier fournisseur de l’Algérie avec 8,4 Mds EUR de produits exportés. La progression des exportations française est portée par la dynamique des ventes de céréales alors que nos exportations de véhicules se réduisent. Dans le même temps nos importations ont atteint 4,2 Mds EUR enregistrent une forte hausse (+49,7 %) à 2,4 Mds EUR (1,6 Mds€ sur la même période 2012). Cette évolution est imputable au pétrole qui représente près de la moitié de nos importations sur la période (1,1 Mds EUR).

M. Jean-Louis Levet a été mandaté en mai 2013 comme Haut responsable à la coopération industrielle et technologique franco-algérienne, dans le sillage de la visite d’Etat du Président de la République en Algérie en 2012. Il contribue à donner un nouvel élan aux relations bilatérales dans ces deux domaines, par la réalisation de partenariats d’exemplarité fondés sur la concertation et l’entente durable. Jusqu’à présent, la Mission Levet est parvenue à établir un authentique climat de confiance avec l’ensemble des interlocuteurs algériens (autorités, entreprises, chercheurs, etc.) et, en concertation étroite avec ses correspondants algériens, a identifié des projets de partenariats prometteurs. Certains de ceux-ci pourront et ont fait l’objet d’accords lors d’événements bilatéraux de référence tels que le Comité mixte économique franco-algérien (dont la prochaine édition aura lieu à l’automne 2016 à Alger) ou le Comité intergouvernemental de haut niveau (qui s’est tenu en avril 2016). La Mission est un outil original d’animation de notre coopération bilatérale et ses résultats sont encourageants.

Fin 2014, M. Jean-Louis Bianco a été nommé Représentant spécial du ministre des Affaires étrangères pour les relations économiques de la France avec l’Algérie, succédant ainsi à M. Raffarin et renouvelant cette fructueuse formule d’accompagnement politique de projets économiques. Sa mission doit faciliter les activités des entreprises françaises opérant en Algérie. Il s’agit donc de les accompagner dans le traitement au cas par cas des éventuelles difficultés qu’elles y rencontrent. Mais la Mission Bianco a aussi vocation à préparer l’avenir de ces entreprises françaises : à cet égard elle contribue, avec les différents partenaires algériens, à prévenir l’apparition de nouvelles difficultés, à sécuriser l’entrée et le développement des PME-ETI françaises sur le marché algérien ou à étudier la mise en place de mécanismes permettant d’améliorer certains aspects décisifs (délais de paiement, de dédouanement, transferts de recettes, etc.). M. Bianco s’est rendu à Alger le 18 décembre.

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Coopération culturelle, scientifique et technique

Notre coopération culturelle, scientifique et technique s’inscrit dans le cadre du document cadre de partenariat (DCP), renouvelé lors du CIHN d’avril 2016, dont les objectifs sont : le renforcement du capital humain ; le développement économique et durable et le secteur productif ; la bonne gouvernance, la modernisation du secteur public et le renforcement de la coopération décentralisée. Ce DCP a été renouvelé pour une période de 5 ans (2013-2017) à l’occasion de la visite du Président de la République en juin 2015 avec, pour priorité, la formation des jeunes Algériens. L’Algérie est l’un des principaux bénéficiaires des crédits de coopération français.

Notre coopération universitaire s’attache à accompagner la réforme LMD (Licence, Master, Doctorat), la formation des enseignants-chercheurs ; mettre en place des pôles d’excellence (Ecole supérieure algérienne des Affaires ; Ecole Supérieure de Technologie ; classes préparatoires ; création d’un réseau d’Instituts d’Enseignement Supérieur de Technologie) ; contribuer à l’amélioration du système éducatif et de la formation professionnelle. La troisième conférence franco-algérienne de l’enseignement supérieur et de la recherche s’est tenue en Algérie en janvier 2013. L’enseignement du et en français est également au cœur de notre action : aide à l’amélioration de la formation initiale et continue des enseignants de français tant dans le secondaire que dans le supérieur ; appui aux doctorants de français ; soutien à la mise en place de centres d’enseignement intensif des langues dans les 35 universités du pays.

Notre coopération s’appuie sur un réseau culturel français redéployé depuis 2000 (cinq instituts français à Alger, Annaba, Oran, Constantine et Tlemcen). La réouverture de l’institut français de Tizi Ouzou est à l’étude. Le lycée-collège international Alexandre Dumas à Alger, rouvert en 2002 scolarise plus de 1000 élèves, une autre école primaire à Alger en scolarisant 500. Il est prévu d’ouvrir deux écoles françaises à Oran et Annaba.

La coopération institutionnelle vise notamment à appuyer les efforts de modernisation de la Justice, de l’administration, des transports, de l’aménagement du territoire et de la protection civile. Elle encourage la coopération décentralisée et le soutien à la société civile.

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Autres types de coopération

La coopération franco-algérienne se caractérise par l’extrême diversité de ses champs et la multiplicité de ses acteurs (administrations, collectivités locales, associations, ONG, etc.), qui reflètent la vitalité d’une relation enracinée dans l’histoire et les liens humains et familiaux. L’éventail de ces coopérations peut être trouvé sur le site de l’ambassade de France à Alger.

Dans le domaine de la défense, notre action s’articule autour des axes suivants : expertise auprès des armées, formation des élites et enseignement du français en milieu militaire. L’enseignement du français demeure une priorité pour les stagiaires algériens se rendant dans nos écoles de formation. Durant la deuxième session du CIHN de décembre 2014, la France et l’Algérie ont marqué leur détermination à poursuivre leur dialogue et à approfondir leur coopération en matière de lutte contre le terrorisme.

Chaque année, une Commission mixte (Commixte) de coopération dans le domaine de la défense se tient alternativement en France et en Algérie. La 7éme Commixte s’est tenue les 17 et 18 novembre 2014 et a permis d’ouvrir de nouvelles perspectives de coopération pour l’année 2015. Des propositions concrètes ont été formulées à cette occasion pour dynamiser les échanges d’analyses sécuritaires et stratégiques, accroître l’échange d’expertise, renforcer la coordination opérationnelle dans le cadre de la lutte contre le terrorisme dans la sous-région du Sahel et œuvrer pour le tarissement des sources de financement des groupes terroristes à travers le paiement des rançons, le crime organisé et le trafic de drogue.

Dans le domaine de la sécurité intérieure, notre coopération se concentre principalement sur les domaines de la lutte contre le terrorisme, contre la criminalité organisée, contre l’immigration clandestine et la fraude documentaire ainsi que sur un vaste programme d’appui à la modernisation des services de protection civile algériens.

Mise à jour : 05.01.17

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