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Présentation

Un dialogue politique renforcé

Relancé en 2008/2011 (déplacement du Président Sarkozy puis visite du Président Zuma), le partenariat stratégique franco-sud-africain comporte plusieurs enceintes consacrées notamment aux enjeux globaux (climat, questions financières internationales) et aux crises africaines.

La visite du Président Hollande (14 – 15 octobre 2013) a marqué le resserrement de ces liens. L’Afrique du Sud était le dernier Etat membre des BRICS où se rendait le chef de l’Etat. Ce déplacement a été marqué par la signature de deux contrats (livraison d’une centrale thermique par GDF Suez et surtout livraison par Alstom à la société de transport public PRASA de wagons de banlieue (3,6 Mds euros), et d’un accord sur l’enseignement agricole. Le Président de la République et le Ministre des affaires étrangères ont également assisté aux obsèques de Nelson Mandela le 10 décembre 2013.

Le nombre de visites ministérielles françaises est resté modeste. Alain Juppé s’est rendu en Afrique du Sud en novembre 2011. Ce déplacement était destiné à restaurer des liens mis à mal par les initiatives militaires françaises en Côte d’ivoire et en Libye, Pretoria estimant que nous avions outrepassé le mandat du Conseil de sécurité qu’elle avait soutenu (résolution 1973). L’Afrique du Sud a toutefois officiellement soutenu nos interventions en Centrafrique et au Mali en 2013.

Mme Maïte Nkoana-Mashabane, Ministre des relations internationales et de la coopération, première chef de la diplomatie d’un pays africain à être reçue par le Ministre des affaires étrangères et du développement international (29 mai 2012), a également vu M. Fabius en décembre 2013. Le Ministre a également reçu le Vice-Président Ramaphosa le 5 juillet 2014. Le Président de la République et le Président Zuma se sont rencontrés à quatre reprises en marge du sommet du G20 (19 juin 2012), de l’Assemblée générale des Nations Unies (25 septembre 2012), puis du cinquantenaire de l’OUA (25 mai 2013), puis du sommet du G20 de Brisbane (novembre 2014). Le Ministre de l’agriculture sud-africain s’est rendu au salon de l’agriculture le 20 février 2015 et s’est entretenu avec Stéphane Le Foll.

Le déplacement du Secrétaire d’Etat chargé du commerce extérieur les 7 et 8 avril constitue la première visite d’un membre du gouvernement français en Afrique du Sud depuis juillet 2012 (déplacement de la Ministre déléguée aux Français de l’étranger pour le lancement de la saison de la France en Afrique du Sud ; participation de la Ministre déléguée à la francophonie au premier congrès en Afrique de la fédération internationale des professeurs de français à Durban du 22 au 25 juillet 2012.

Une coopération en voie de redéfinition

Le réseau de coopération français en Afrique du Sud couvre tous les secteurs-clef de notre influence en matière culturelle, scientifique, recherche, santé, universitaire ou linguistique. L’appui à la construction des capacités demeure un axe structurant pour la coopération française, compte tenu des besoins immenses en formation auxquels continue de faire face l’Afrique du Sud.

Rappel sur le dispositif du réseau de coopération et d’action culturelle en Afrique du Sud

Hors AFD, le réseau de coopération français en Afrique du Sud est animé par une trentaine d’agents expatriés du MAEDI (et une quinzaine d’agents de droit local rattachés à l’EAF) et dispose d’une enveloppe d’environ 1,7 million d’euros sur le programme 185 pour l’année 2015. Structuré autour du SCAC à l’ambassade (Pretoria) et de l’Institut français d’Afrique du Sud (IFAS) à Johannesburg, ce réseau est composé de :

  • 6 Attachés de coopération couvrant les secteurs de la culture, de la science et de la technologie, de la langue française, du livre, de l’audiovisuel et de la santé (conseiller), ces deux derniers ayant une compétence étendue aux pays de la région d’Afrique australe.
  • 14 Alliances françaises dont les principales, situées dans les 6 plus grandes villes d’Afrique du Sud (Pretoria, Johannesburg, Le Cap, Durban, Port-Elisabeth) et du Lesotho (Maseru) disposent d’un directeur mis à disposition par le MAEDI et bénéficient de subventions régulières du SCAC. Le directeur de l’Alliance française de Johannesburg est également Délégué général de l’Alliance (DGAF) pour la région Afrique australe ;
  • 6 experts techniques internationaux (ETI) mis à disposition par le MAEDI au sein du NEPAD (x2), d’universités et centres de recherche sud-africains (x3 dont un en charge de la coopération technologique et de l’innovation) et au Ministère des affaires étrangères (DIRCO) pour la diffusion du français aux diplomates sud-africains. Le réseau français comptait également un ETI pour la coopération policière jusqu’à la clôture du FSP Police Enhlangano fin 2013 ;
  • l’IFAS-recherche, Institut français de recherche à l’étranger (IFRE) pour l’Afrique du Sud et la sous-région, mène ses propres programmes de recherche et anime la relation bilatérale dans le domaine des sciences humaines et sociales ;
  • Une présence importante des organismes publics de recherche français, comptant un bureau de représentation commune IRD/CNRS/CIRAD à Pretoria et la présence d’une vingtaine de chercheurs de ces organismes en affectation ou en mission longue durée ;
  • un Fonds d’appui à la société civile (FASCS) : enveloppe de 500 000 € attribuée par le MAEDI en 2014 pour une période de trois ans, en soutien à des ONG spécialisées dans les secteurs de la bonne gouvernance locale, des droits de l’Homme, de genre et LGBT. Le réseau compte également 2 lycées français en gestion directe AEFE totalisant près de 1500 élèves sur 3 sites à Johannesburg, Pretoria et le Cap.

Par ailleurs, l’AFD dispose d’un bureau régional à Johannesburg couvrant 7 pays de la SADC. Dans le cadre du Document Cadre de Partenariat 2011-2014, l’AFD a ciblé trois secteurs d’intervention prioritaires : le développement des infrastructures (eau, transport, énergie), la promotion d’un développement urbain durable et intégré, et la promotion des biens publics mondiaux (efficacité énergétique, développement des énergies renouvelables) et a engagé 415 millions euros en prêt non-souverain. L’Agence travaille à présent sur sa stratégie pays 2015-2018 dont les finalités resteront l’appui à une croissance verte et la réduction des inégalités. En 2015, ses opérations pourraient atteindre 300 M EUR dont la moitié garantie par l’Etat sud-Africain.

Relations culturelles, universitaires et scientifiques entre la France et l’Afrique du Sud

  • Dans le domaine culturel, l’IFAS demeure un partenaire privilégié et reconnu des principaux festivals sud-africains (danse, arts plastiques, musique, livre, cinéma, etc…). Conjointement avec les Alliances françaises, sa programmation jalonne l’année d’événements culturels divers qui ont impact sensible dans le pays. L’IFAS organise annuellement un événement culturel phare en partenariat avec un réseau d’entreprises partenaires (Total, Standard bank, etc.), comme le ballet Preljocaj en 2014. En 2016, une ambitieuse exposition Matisse en Afrique du Sud est ainsi prévue. Les Saisons croisées France/Afrique du Sud en 2012 et 2013, temps fort de la relation bilatérale (et premier exercice du genre, pour la France, avec un Etat africain), ont permis d’organiser près de 30 expositions, 75 ateliers pour des créations artistiques, 50 projections de films, 100 concerts, 250 représentations de théâtre et de danse. La clôture de la Saison sud-africaine en France fin 2013 a été l’occasion pour la France de rendre hommage à Nelson Mandela, dont le décès était intervenu quelques jours auparavant.
  • Dans le domaine scientifique, la France est devenue le 4ème partenaire de l’Afrique du Sud, avec plus de 650 articles co-signés en 2013 par des scientifiques des deux pays. Ce chiffre, en croissance annuelle moyenne de 20%, illustre le dynamisme de cette collaboration qui couvre tous les domaines scientifiques. Les projets en collaboration ont une dimension régionale croissante, tant en Europe qu’en Afrique, sous l’impulsion notamment des financements de l’Union Européenne. Cette collaboration est cadrée par un accord inter-gouvernement signé le 28 Février 2008. En revanche, la France ne se classe encore qu’au 9ème rang pour l’accueil d’étudiants sud-africains. De manière générale, la mobilité étudiante sud-africaine à l’étranger reste très faible par rapport à d’autres pays émergents ou africains (moins de 6500 par an, dont 140 en France).
  • L’appui à la formation et au développement des capacités sud-africaines demeure un axe structurant de la coopération française, répondant à la fois aux besoins sud-africains (qui sont immenses) et aux priorités de notre politique d’attractivité. Elle s’articule autour de trois centres de formations et de recherche dans le domaine des sciences de l’ingénieur, notamment l’institut franco-sud-africain pour la technologie (F’SATI, avec deux antennes au Cap et à Pretoria). Ces centres bénéficient de la présence permanente d’experts français et sont implantées dans des universités technologiques anciennement défavorisées. Deux de ces centres sont en partenariat avec des entreprises françaises, Schneider Electric et Dassault Systèmes, et bénéficient de l’appui du Ministère français de l’Éducation nationale.

Priorités de l’année 2015 pour la coopération française en Afrique du Sud

COP21

Plusieurs initiatives de sensibilisation sont prévues par le SCAC en amont de la CoP21. Dans le domaine scientifique, deux événements sont prévus en juin 2015, une conférence sur le thème de l’eau à Durban (avec l’IRD) et un atelier de travail sur l’utilisation de l’observation de la terre depuis l’espace (avec CNES et IRD). Ces événements alimenteront l’appui du réseau à la conférence de l’UNESCO (Our Common Future under Climate Change, Paris, juillet 2015). En novembre, un évènement associant l’IFRE, l’AFD, Business France et les alliances françaises, sera organisé à Johannesburg sur le thème « architecture et ville durables ».

Formation et renforcement des capacités

  • En 2015, le F’SAGRI, nouveau centre de formation et de recherche franco-sud-africain dans le domaine de l’agronomie, devrait ouvrir ses portes à l’université de Fort Hare (où a étudié Nelson Mandela) dans la province du Cap Oriental et en partenariat avec les deux ministères français et sud-africains de l’agriculture.
  • Le soutien à la formation professionnelle, clef pour l’influence française, se développe également. En 2015, un accent est ainsi mis sur la promotion du français professionnel au sein des lycées professionnels et universités de technologie. Un Forum sur le "Français langue de l’emploi" sera organisé dans trois villes sud-africaines du 15 au 17 avril à destination des entreprises, centres de formation et décideurs sud-africains, et un premier accord de coopération entre lycées professionnels de Durban et de la Réunion doit être signé dans les mois à venir. D’autres partenariats sont en cours de montage dans les domaines des écoles hôtelières, du film d’animation, de la préservation du patrimoine. Enfin dans le domaine nucléaire, un projet de formation de dizaines de milliers de sud-africains, artisans, techniciens, ingénieurs et chercheurs, est en cours de préparation afin d’alimenter l’offre française, en prévision du projet local de construction de nouvelles centrales.

Nouveaux projets d’accords bilatéraux pour l’année 2015

Le secteur spatial sur lequel un accord devrait être signé le 8 avril par le Secrétaire d’Etat Matthias Fekl est traité dans une ND séparée.

Plusieurs autres accords de coopération sont en cours de préparation en vue d’une signature à l’occasion d’une visite d’Etat du Président Jacob Zuma en France (prévue début octobre 2015) :

  • Renouvellement du Document Cadre de Partenariat (DCP), qui couvrira trois priorités : soutenir un développement intégré, durable et digne ; promouvoir un environnement durable et résilient et préserver les Biens Publics Mondiaux ; renforcer les capacités sud-africaines et soutenir la création d’emplois.
  • Accord pour la mise en place du F’SAGRI : le nouveau centre franco-sud-africain de l’agriculture, pour lequel le Département mettra à disposition un expert technique international, sera encadré par un accord bilatéral en cours de préparation.
  • Accord dans le domaine culturel : quatre secteurs de coopération culturelle sont visés : arts visuels et du spectacle (activité traditionnelle de l’IFAS), appui aux industries culturelles créatives (en pleine croissance et structuration en Afrique du Sud avec une forte dimension économique), patrimoine et sciences humaines (dont archéologie, études urbaines), diversité culturelle et linguistique, agenda "culture et développement" post-2015.
  • Lettre d’intention dans le domaine de l’enseignement supérieur : l’objectif premier est de stimuler la mobilité étudiante, notamment au niveau doctoral –via des thèses en co-tutelle- pour lequel on peut s’appuyer sur le dynamisme de la relation scientifique bilatérale. Cette lettre d’intention est une première étape vers un accord de reconnaissance mutuel des diplômes d’enseignement supérieur. Un autre objectif est d’aboutir à un cofinancement de la mobilité -aujourd’hui principalement soutenue par un ambitieux programme de bourses de l’ambassade et des financements européens- par le gouvernement sud-africain.

Au plan multilatéral, la France contribue à hauteur de 12 % (55,7 millions de dollars sur 2014 - 2016) aux crédits du fonds mondial de lutte contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme consacrés à l’Afrique du Sud (464,8 millions de dollars)

Une relation économique bilatérale satisfaisante fondée sur un partenariat « équilibré »

Avec un excédent commercial supérieur à 1 Md € en faveur de la France en 2014 (soit le 11ème au plan mondial), l’Afrique du Sud constitue un partenaire de premier rang avec lequel la relation bilatérale est de plus en plus étroite, comme l’attestent la visite du Président français en Afrique du Sud en octobre 2013 et le déplacement attendu du Président sud-africain en France d’ici la fin de l’année. Si la part de marché de la France se réduit tendanciellement, elle reste significative, à 2,2 % du marché, le pays restant le 4ème fournisseur européen de l’Afrique du Sud. La relation bilatérale tire en outre profit de l’implantation de plus de 300 entreprises françaises, dont 29 sociétés du CAC40, couvrant la quasi-totalité des secteurs industriels et de services et respectant pleinement les règles locales imposées par les autorités en matière de contenu local (65 % à titre illustratif dans le secteur des transports) et de discrimination positive (emploi, formation). A ce titre, les entreprises contribuent activement à l’industrialisation du pays, permettant à l’Afrique du Sud de monter progressivement en gamme en dépit de ses contraintes structurelles toujours fortes (à commencer par la faiblesse du système éducatif). La France est le 13ème investisseur étranger en Afrique du Sud avec un stock légèrement inférieur à 1 Md €, mais qui devrait croître à moyen terme en lien notamment au contrat historique signé en automne 2013 entre Alstom et PRASA (agence publique de transport de passagers) pour un montant de 4 Mds € (dont 400 M € de part française) pour la fourniture de 3600 wagons à horizon 2025.

Avec une aide de 301 M USD de versements en 2013, la France fait partie des principaux bailleurs bilatéraux derrière les Etats-Unis (479 M USD). Avec des engagements cumulés de l’ordre de 1,2 Md € sur les 5 dernières années, l’Afrique du Sud est l’un des premiers pays d’intervention de l’AFD. La perspective d’ouverture d’une succursale « africaine » de la future banque de développement des BRICS pourrait s’accompagner de nouvelles opportunités de financements croisés en particulier en ciblant l’Afrique sub-saharienne. A noter que l’Afrique du Sud est membre du BASIC sur les sujets climatiques, ce qui en fait un interlocuteur naturel de la France dans le cadre de la préparation de la COP21. Enfin, l’Afrique du Sud représentait fin septembre 2014 un encours Coface en assurance-crédit de moyen et long terme de 1499,2 M €.

Mise à jour : 31.03.15

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