Que fait la France pour les victimes de persécutions ethniques et religieuses au Moyen-Orient ? (mai 2017)

Dans le prolongement de la conférence du 8 septembre 2015 sur les victimes de violences ethniques et religieuses au Moyen-Orient, la France a engagé plusieurs actions coordonnées en soutien aux victimes de persécutions ethniques et religieuses au Moyen-Orient.

1/ Volet humanitaire

Le Fonds de soutien aux victimes de violences ethniques et religieuses au Moyen Orient, abondé par le Fonds d’action extérieure des collectivités territoriales (FACECO), a permis de financer en 2015-2016 un total de 36 projets pour un montant de 10,74 M€. Les quatre cinquièmes des crédits ont porté sur des actions humanitaires, le reste sur des actions de stabilisation. Tous les pays de la région ont été concernés, avec une forte concentration sur le nord de l’Irak.

Cinq secteurs d’intervention ont été identifiés comme prioritaires : amélioration des conditions de logement, aide aux retours, accès à la santé, soutien en matière d’éducation et de formation professionnelle, lutte contre l’impunité et appui aux médias.

Par ailleurs, l’Agence Française de Développement conduit plusieurs projets bénéficiant notamment aux personnes appartenant aux minorités ethniques et religieuses ; 5M€ en faveur d’actions au Liban, Jordanie et de Irak ont été octroyés en novembre 2015. Trois projets ont ainsi ont été financés : un premier projet régional (Liban, Jordanie et Irak) d’un montant de 3 M€ dans les domaines de la santé, de l’éducation et du soutien psychosocial. Deux autres projets d’1 M€ chacun, en faveur d’actions au Liban dans les domaines de la santé et de la formation professionnelle.

10 millions d’euros sont de nouveau alloués en 2017-2018 afin de poursuivre les actions entreprises dans les cinq secteurs identifiés comme prioritaires.

2/ Volet patrimonial

  • La Conférence d’Abou Dabi, co-organisée par la France et les Émirats arabes unis en décembre 2016, a permis de fédérer chefs d’État et de Gouvernement, organisations internationales et experts autour de la question de la protection du patrimoine en péril. Dans la continuité de la conférence a été créé le fonds ALIPH (Alliance internationale pour la protection du patrimoine dans les zones de conflit), pour lequel plus de 75 millions de dollars de contribution ont été annoncés, dont 30 millions de la part de la France.
  • Une autre concernait le recensement et la cartographie du patrimoine culturel immatériel des communautés ethniques et religieuses affectées par les retombées des conflits en Irak et en Syrie : une étude préalable destinée à identifier et à recenser ces pratiques, à les localiser au plan géographique, démographique et sociologique a été réalisée grâce au versement d’une subvention versée à l’IFPO (Institut français du Proche-Orient).

3/ Volet politique

  • La France apporte un soutien politique et diplomatique au Premier ministre irakien : une solution politique inclusive est la seule à même de restaurer la confiance entre l’ensemble des composantes de la société irakienne. La France soutient fermement la politique de réconciliation nationale portée par le Premier Ministre Abadi. Nous souhaitons que son gouvernement parvienne à réaliser les réformes nécessaires pour répondre aux aspirations des différentes composantes de la nation irakienne dans leur diversité.
  • La France mobilise la communauté internationale : une conférence ministérielle sur la stabilisation de Mossoul a été organisée à Paris le 20 octobre dernier, trois jours après le lancement des opérations de libération de la ville.
  • La France est l’un des principaux contributeurs à la Coalition internationale contre Daech (frappes, déploiement d’un groupe tactique d’artillerie, actions de formations, de conseil et d’assistance au bénéfice des forces irakiennes).

4/ Volet judiciaire / lutte contre l’impunité

  • Afin de promouvoir la lutte contre l’impunité en Syrie et en Irak, la France apporte son soutien à la documentation des violations massives des droits de l’Homme commises par Daech à l’encontre des minorités en Irak et en Syrie (450K€ en 2016).
  • Des poursuites judiciaires sont ouvertes au plan national, par le parquet de Paris pour les faits de crime contre l’humanité, crime et délits de guerre ou génocides commis à l’étranger.

Mise à jour : mai 2017

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