Présentation
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Sommaire
Relations politques
Les relations diplomatiques entre la France et l’Afghanistan sont établies dès 1922, avec la, création, la même année, de la délégation archéologique française en Afghanistan (DAFA). Les fondements de la coopération franco-afghane apparaissent, en plus de l’archéologie, dans les domaines de l’éducation : création du lycée francophone pour garçons en 1923 (baptisé Esteqlal en 1929) et du lycée francophone pour filles Malalaï en 1942. L’Université de Lyon 1 et la faculté de droit de l’Université de Paris ont débuté leur coopération avec l’Université de Kaboul dès les années 1960. Des accords de coopération ont été signés dans le domaine de la santé (1963), de la coopération culturelle et technique (1966) et de l’agriculture (1969). Un centre culturel français a été fondé à Kaboul en 1970. Après avoir été entièrement rénové, il est devenu le 1er janvier 2011 l’Institut français d’Afghanistan.
Après l’invasion soviétique de 1979, l’effort de la France s’est concentré dans le domaine humanitaire. L’action des ONG françaises, présentes en Afghanistan mêmes aux heures les plus sombres, a contribué au capital de sympathie dont continue de jouir aujourd’hui la France dans ce pays. La fin du régime des Taliban a permis la réouverture de l’ambassade de France à Kaboul en février 2002. Les visites officielles dans les deux sens ont repris à un rythme soutenu, témoignant du caractère privilégié de la relation franco-afghane.
Les présidents Sarkozy et Karzaï ont signé le 27 janvier 2012 un traité d’amitié et de coopération entre la France et l’Afghanistan. Conclu pour 20 ans, ce traité – respectivement ratifié par la France et l’Afghanistan en juillet et octobre 2012 - inscrit l’engagement français dans la durée et marque son évolution d’une dominante militaire à une dominante civile. Il est complété par un programme de coopération présentant de manière plus détaillée les projets qui seront menés dans le cadre du traité sur une première période de cinq ans (2012-2016) dans les domaines de la sécurité (formation militaire, formation de la police, et création d’une gendarmerie afghane), de la coopération scientifique, culturelle et technique (agriculture, recherche, éducation, santé, archéologie, gouvernance), des infrastructures (irrigation, rail, mines), de l’économie et du commerce.
Comme l’a annoncé le ministre des Affaires étrangères à la Conférence de Tokyo sur l’Afghanistan du 8 juillet dernier, l’aide française en faveur de projets de coopération avec l’Afghanistan sera augmentée de 50% pour les cinq prochaines années, soit un total de 308 M€ sur la période 2012-2016.
Visites
Principales visites de personnalités françaises en Afghanistan :
25 mai 2012 : visite du Président de la République ;
31 décembre 2011-1er janvier 2012 : visite du ministre de la Défense et des Anciens combattants ;
12 juillet 2011 : visite du Président de la République ;
17-19 avril 2011 : visite du ministre de la Défense ;
25-26 décembre 2010 : visite du Ministre d’Etat, ministre de la Défense ;
12-14 novembre 2010 : visite du Ministre des Affaires étrangères ;
17-20 juillet 2010 : visite du ministre des Affaires étrangères (Conférence de Kaboul, visite de terrain) ;
6 mai 2010 : déplacement à Kaboul du ministre de l’Intérieur, de l’Outre-Mer et des Collectivités territoriales ;
11 février 2010 : déplacement à Kaboul et en Kapisa du Premier ministre ;
30-31 décembre 2009 : visite du ministre de la Défense ;
18-20 novembre 2009 : déplacement à Kaboul du ministre des Affaires étrangères (cérémonie d’investiture du Président Karzaï, visite de terrain en Kapisa) ;
27-29 octobre 2009 : déplacement à Kaboul et en Kapisa du Président du Sénat ;
17-18 octobre 2009 : déplacement à Kaboul du ministre des Affaires étrangères ;
14-16 mai 2009 : déplacement à Kaboul et en Kapisa du ministre des Affaires étrangères, accompagné du représentant spécial pour l’Afghanistan et le Pakistan ;
10-12 octobre 2008 : déplacement à Kaboul et Mazar-é Charif du secrétaire d’Etat à la Coopération et à la Francophonie ;
14-15 septembre 2008 : déplacement à Kaboul et Bamiyan de la secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères et aux Droits de l’Homme ;
20 août 2008déplacement à Kaboul du Président de la République, accompagné du ministre des Affaires étrangères et du ministre de la Défense (décès de 10 soldats français) ;
12-13 avril 2008 : déplacement du ministre des Affaires étrangères (Kaboul, Kandahar) ;
22 décembre 2007:visite à Kaboul du Président de la République,
mai 1968 : visite du Premier Ministre Georges Pompidou.
Principales visites de personnalités afghanes en France :
27 janvier 2012 : visite du président Karzaï ;
28 février-4 mars 2011 : visite de MM. Zakhelwal et Shahrani, ministres des finances et des mines
1er et 2 juillet 2010 : visite de M. Mohammad Daoudzaï, secrétaire général de la présidence ;
23 juin-1er juillet 2010 : visite de M. Mohammad Asif Rahimi, ministre de l’agriculture ;
17-24 février 2010 : déplacement à Paris du Dr Abdoullah Abdoullah, ancien ministre des Affaires étrangères et candidat à l’élection présidentielle de 2009 ;
12-14 mai 2009 : déplacement à Paris du ministre de l’aménagement et du développement ruraux, M. Ehsan Zia ;
13-14 décembre 2008 : déplacement à Paris, à l’occasion de la réunion de l’Afghanistan et de ses voisins à La Celle Saint-Cloud, du ministre des Affaires étrangères, M. Rangin Dadfar Spanta ;
8 décembre 2008 : déplacement à Paris du ministre de l’Intérieur, M. Hanif Atmar ;
11-13 juin 2008 : déplacement à Paris, à l’occasion de la conférence internationale de soutien à l’Afghanistan, du Président Karzaï, accompagné du ministre des Affaires étrangères, M. Spanta, du ministre des Finances, M. Ul Haq Ahadi, du conseiller national à la sécurité, M. Rassoul ;
24 mai 2008 : visite à Paris du ministre de l’aménagement et du développement ruraux, M. Ehsan Zia, et de la présidente de la commission indépendante des droits de l’Homme, Mme Sima Samar ;
31 mars-6 avril 2007 : visite de M.Abdul Salam Azimi, Président de la Cour Suprême ;
19 mars 2007 : visite du Président Karzaï à Paris, à l’occasion de l’inauguration au musée Guimet de l’exposition « Afghanistan, les Trésors retrouvés » ;
13-14 décembre 2006 : visite du ministre des Affaires étrangères, M.Rangin Dadfar Spanta ;
14-22 novembre 2006 : visite du Président du Sénat, le Pr Sebghatollah Modjadeddi ;
15-22 octobre 2006 : visite du ministre de l’Agriculture, M.Obeidollah Ramin ;
18-22 septembre 2006 : visite du Président de l’Assemblée Nationale, M.Younous Qanouni ;
3-4 octobre 2005 : première visite officielle à Paris du Président Karzaï.
Relations économiques
Malgré un potentiel important, le commerce bilatéral franco-afghan demeure très faible en raison principalement des conditions de sécurité et d’un cadre législatif afghan encore incertain. Les exportations françaises à destination de l’Afghanistan ont atteint 45,7 millions d’euros en 2010. Elles ont enregistré une contraction de 10,5 % par rapport à 2009 en raison de la baisse des ventes de produits électroniques, informatiques et agricoles. Ces exportations ont à nouveau reculé en 2011 pour s’élever à 43,7 millions d’euros.. Elles représentent moins de 2% des exportations françaises en Asie du Sud (même si de nombreuses marchandises françaises sont réexportées depuis le Pakistan ou Dubaï). Les importations, quant à elles, ont représenté en 2010 un volume financier très limité de 1,5 million d’euros.
Cependant, plusieurs entreprises françaises commencent à s’intéresser aux perspectives qu’offre l’Afghanistan dans les secteurs des mines (ressources considérables), des matières premières et énergétiques (raffinerie de pétrole), de la construction (ciment), de l’eau (réseaux d’adduction et d’assainissement particulièrement dans les zones urbaines), les infrastructures de transport ou encore l’agriculture et l’agroalimentaire.
Parmi les grands groupes français présents en Afghanistan peuvent être cités Airbus (2 avions de ligne et 2 cargos), Thales (réseau de télécommunication sécurisé de l’OTAN) et Sagem (équipement électronique de défense). On compte également quelques PME, comme par exemple Feljas Masson pour l’adduction d’eau à Kaboul.
L’aide française à la reconstruction
En 2002, la France a mis en place un programme d’actions pour la reconstruction de l’Afghanistan. Les premiers objectifs de cette coopération étaient alors de répondre à l’urgence humanitaire et de relancer les coopérations traditionnelles : aide aux lycées francophones Esteqlal et Malalaï de Kaboul, coopération dans les domaines de la santé, de l’agriculture et de la culture. Une coopération en matière de gouvernance et d’Etat de droit a été également initiée, en raison des forts besoins de l’Afghanistan dans ce domaine. Cet effort a progressivement augmenté depuis 2002.
La décision, prise en 2004, d’inclure l’Afghanistan dans la Zone de Solidarité Prioritaire (ZSP) permet à ce pays de bénéficier de financements plus importants, grâce aux subventions de l’Agence Française de Développement (AFD) et à l’accès au Fonds de Solidarité Prioritaire (FSP). Un projet de relance de la culture du coton (subvention de l’AFD de 10 millions d’euros) a été lancé en 2004 dans les provinces de Koundouz et de Balkh, tout comme un projet de réhabilitation du système national de transfusion sanguine (don de l’AFD de 8 millions d’euros).
Le Président de la République a annoncé lors de la conférence de Paris de juin 2008 que l’aide civile française à l’Afghanistan serait, en étant portée à 106 millions d’euros sur trois ans, plus que doublée par rapport à la période précédente (13,57 millions d’euros de décaissements annuels entre 2005 et 2007). Cette aide est consacrée en priorité à des actions de coopération en matière de santé et d’agriculture, deux domaines essentiels pour améliorer de manière rapide, tangible et durable les conditions de vie de la population afghane.
Cet objectif a été confirmé et amplifié par la décision prise en 2009 d’augmenter encore notre aide civile, portée à 40 millions d’euros par an, et axée plus particulièrement sur la mise en œuvre de projets de développement rural et agricole dans la province de Kapisa et dans le district de Surobi. Une équipe civile de 9 experts français en gouvernance et développement (le Pôle de Stabilité) a été déployée dans cette zone à l’été 2010.
La France a coordonné les efforts internationaux pour appuyer la mise en place du Parlement afghan, en étroite collaboration avec le Programme des Nations unies pour le Développement (PNUD) et ses partenaires, en particulier européens. Le ministère des Affaires étrangères y a consacré 2,5 millions d’euros et la Commission européenne 3,5 millions d’euros. Ce projet a consisté à former une administration parlementaire efficace pour accompagner le travail des élus. L’expertise du Sénat et de l’Assemblée nationale français a joué un rôle majeur dans le succès de cette entreprise. De manière complémentaire, un projet franco-allemand de formation de juges et de magistrats de la Cour suprême afghane a été lancé.
En matière de santé, il convient de relever, hors projets de l’AFD, l’inauguration, le 7 avril 2006, de l’Institut médical français pour l’enfant (IMFE) de Kaboul, en présence du Président Karzaï, de Mme Bernadette Chirac, qui en avait posé la première pierre en mai 2003, du ministre des Affaires étrangères, M. Douste-Blazy, et du Prince Karim Aga Khan. Cet établissement a été créé avec l’aide de fonds privés mobilisés par les ONG françaises Enfants Afghans et La Chaîne de l’espoir, ainsi qu’avec le soutien du ministère des Affaires étrangères. La première opération à cœur ouvert de l’histoire afghane y a été pratiquée, sur un enfant, en avril 2006. Un prêt concessionnel de l’AFD de 9 millions d’euros doit financer le projet d’extension de l’hôpital.
Dans le domaine éducatif, outre l’aide aux lycées francophones déjà mentionnée, la France soutient la réhabilitation de plusieurs instituts de formation d’enseignants, ainsi que la rénovation des programmes scientifiques scolaires. Dans le secteur de l’enseignement supérieur, des coopérations ont été engagées avec l’université de Kaboul (faculté de droit, département de français).
Enfin, la coopération française est également engagée dans la relance du secteur privé (prêts de 5 millions d’euros pour le développement du microcrédit et de 10 millions d’euros pour le développement de la téléphonie mobile) et la sauvegarde du patrimoine millénaire de l’Afghanistan. La DAFA a redémarré en 2002 ses activités de protection, de restauration et de mise en valeur des richesses archéologiques du pays, et la reconstruction de l’Institut National pour l’Archéologie a fait l’objet d’un financement français en 2010
L’UE et l’Afghanistan
L’Afghanistan est le pays en Asie qui bénéficie de la plus importante aide de l’Union européenne. Le budget alloué pour la période 2007-2013 s’élève à 1,03 milliards d’euros (gouvernance, développement rural et police principalement). L’UE, qui a adopté en octobre 2009 un plan d’action pour l’Afghanistan, prépare actuellement un « accord de coopération en matière de partenariat et de développement » entre l’UE et l’Afghanistan.
L’UE déploie, depuis juin 2007, la mission de PSDC civile EUPOL-Afghanistan pour appuyer l’encadrement et la formation de la police afghane. Ces actions sont complétées par le déploiement, proposé par la France en 2009, de la Force de gendarmerie européenne (FGE) dans le cadre de la mission de formation de l’OTAN en Afghanistan (NTM-A). Une large partie des 150 gendarmes français présents en Afghanistan est déployée au sein de la FGE. Les conclusions du Conseil Affaires Etrangères de novembre 2011 ont amené à prolonger la mission de l’Union Européenne (EUPOL) jusque fin 2014 et à confirmer, au-delà de cette date, l’engagement de l’UE pour des actions en matière de police et de soutien à l’Etat de droit.
L’UE dispose depuis avril 2010 d’un représentant unique en Afghanistan, l’ambassadeur Vygaudas Usackas, ancien ministre des Affaires étrangères de Lituanie.
Les Nations Unies et l’Afghanistan
Le Conseil de Sécurité des Nations unies, par sa résolution 1401 du 28 mars 2002, a établi la Mission d’Assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA), dirigée depuis le 17 janvier 2012 par l’ancien ministre des affaires étrangères de Slovaquie et ancien secrétaire général de l’OSCE, M. Jan Kubis, qui a remplacé Staffan de Mistura comme représentant spécial du Secrétaire Général des Nations unies (RSSGNU). Ce dernier co-préside, avec le gouvernement afghan, les travaux de l’instance de coordination des autorités afghanes et de la communauté internationale en Afghanistan, le JCMB (Joint Coordination and Monitoring Board), créé à la conférence de Londres de 2006 pour suivre la mise en œuvre des réformes.
Le CSNU a, par sa résolution 1917 du 22 mars 2010, recentré l’action de la MANUA sur les priorités politiques : mission de bons offices, suivi des élections et du processus de paix, promotion de la coopération régionale. Ces axes ont été confirmés par la résolution 2041 du 22 mars 2012 renouvelant pour un an le mandat de la MANUA.
L’aide internationale à la reconstruction
L’aide civile internationale engagée en faveur de l’Afghanistan s’élève à 40 milliards d’euros depuis 2001. Plusieurs conférences internationales se sont succédées pour encourager cet effort : à Tokyo en janvier 2002 (6,3 milliards de dollars d’aide annoncés), à Berlin en mars 2004 (8,2 milliards de dollars promis jusqu’en 2006), à Londres en janvier 2006 (10,5 milliards de dollars mobilisés sur 5 ans).
La France a organisé le 12 juin 2008 à Paris une conférence internationale de soutien à l’Afghanistan qui a réuni 68 pays et 17 organisations internationales. Elle a permis aux autorités afghanes de présenter la Stratégie nationale de développement de l’Afghanistan (ANDS) qui couvre la période 2008-2013 et qui constitue l’un des principaux vecteurs d’une appropriation progressive des responsabilités par les Afghans. Environ vingt milliards de dollars ont été promis lors de cette conférence, pour la mise en œuvre de l’ANDS.
Première réunion internationale de cette importance organisée en Afghanistan, la Conférence de Kaboul du 20 juillet 2010 a eu pour objet de réaffirmer et d’approfondir les engagements pris par le gouvernement afghan et la communauté internationale lors de la Conférence de Londres du 28 janvier 2010. Dans le prolongement direct de cette dernière, elle a été l’occasion de valider des programmes nationaux de réformes en matière de gouvernance, de développement économique et social, de paix et de réconciliation, de sécurité et de coopération régionale. Ces programmes détaillés mettront en œuvre, de manière concrète, la transition en vue d’une appropriation accrue des responsabilités par les autorités afghanes.
Lors de la conférence de Bonn du 5 décembre 2011, la communauté internationale s’est engagée à soutenir l’Afghanistan jusqu’en 2024. En contrepartie, le gouvernement afghan a réaffirmé ses engagements pris lors des Conférences de Londres et de Kaboul en 2010, notamment en matière de gouvernance, d’Etat de droit et de lutte contre la corruption.
Le 8 juillet 2012 s’est tenue la conférence internationale de Tokyo sur « Le Partenariat pour l’autonomie de l’Afghanistan – De la Transition à la Transformation » coprésidée par le Japon et l’Afghanistan. Cette conférence, conçue comme le pendant civil du sommet de l’OTAN de Chicago, a permis de manifester le soutien de long terme de la communauté internationale en faveur du développement de l’Afghanistan, pour lui permettre de l’assumer par ses propres ressources à l’issue des dix années qui suivront la fin de la Transition en 2014.
La communauté internationale s’est engagée à Tokyo à soutenir le développement afghan à hauteur de 16Mds$ jusqu’en 2015 et à maintenir un soutien durable d’ici à 2017, à un niveau comparable à celui des 10 dernières années. Tokyo marque cependant un renouvellement de l’approche de l’aide à l’Afghanistan : aux promesses de dons unilatérales accompagnées de déclaration de bonnes intentions afghanes se substitue une démarche partenariale, faite d’engagements mutuels, mesurés par des indicateurs sur quelques résultats clés attendus par la communauté internationale en matière de bonne gouvernance, d’élections, de droits de l’Homme et de condition des femmes.
La présence militaire internationale et française en Afghanistan
Les alliés ont adopté au Sommet de Bucarest (2-4 avril 2008) une stratégie qui reflète fidèlement les critères de succès définis par le Président de la République : commune détermination des alliés à rester engagés dans la durée, effort militaire inscrit dans le cadre d’une politique globale d’aide à la reconstruction, perspective claire de transfert progressif des responsabilités aux Afghans et stratégie politique impliquant le Pakistan voisin.
Dans le prolongement des conférences de Londres (28 janvier 2010) et de Kaboul (20 juillet), le Sommet de l’OTAN, à Lisbonne les 19 et 20 novembre 2010, a annoncé le lancement, au premier semestre 2011, du processus de transition vers un plein exercice des responsabilités par les autorités afghanes. L’objectif est de transférer progressivement à ces dernières, en cinq tranches, le commandement des opérations de sécurité dans tout le pays d’ici la fin 2014. Deux tranches de transfert ont déjà été engagées ; elles couvrent des villes, districts et provinces représentant la moitié de la population afghane. Avec la mise en œuvre de la troisième tranche annoncée le 13 mai 2012, les trois-quarts de la population seront couverts par le processus de transition.
Le sommet de l’OTAN de Chicago (20 et 21 mai 2012) a arrêté les principales orientations relatives au rôle de l’OTAN en Afghanistan après 2014. La présence de l’OTAN après la transition ne consistera plus dans une mission de combat, mais dans un dispositif de formation des forces afghanes de sécurité.
Dispositif militaire international
Le dispositif militaire international actuellement déployé en Afghanistan s’élève désormais à 100 000 militaires (dont 68 000 Américains), originaires de 48 pays et membres de la Force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS). Cette force est composée pour plus des deux tiers de soldats américains. 24 Etats de l’UE sur 27 y participent. Couvrant l’ensemble du territoire afghan, le déploiement de la FIAS en province s’appuie sur des bases militaires et des « Provincial Reconstruction Teams » (PRT), équipes civilo-militaires de reconstruction, souvent multinationales.
La FIAS a été créée par le Conseil de Sécurité des Nations unies en décembre 2001 (résolution 1386). Elle dispose d’un mandat renouvelé annuellement par résolution du CSNU. Le Conseil de sécurité a adopté à l’unanimité le 9 octobre 2012 la résolution 2069 (2012) qui renouvelle pour un an l’autorisation d’action de la FIAS. Le rôle de la FIAS est d’aider le gouvernement afghan à assurer un environnement de sécurité pour permette le succès des efforts civils destinés à la reconstruction et au développement du pays. L’OTAN assure depuis août 2003 le commandement de la FIAS. Le président Barack Obama a nommé à sa tête le 10 octobre 2012 le général américain Joseph F. Dunford, en remplacement du général John Allen qui occupe ce poste depuis le 18 juillet 2011. Sa nomination doit encore être confirmée par le Sénat américain.
Parallèlement à la FIAS, les opérations de la coalition antiterroriste « Liberté immuable » (environ 17 000 hommes, essentiellement américains) se poursuivent sur la base de l’article 51 de la Charte des Nations unies (droit de légitime défense).
Dispositif militaire français
Le dispositif militaire français engagé dans le cadre des opérations en Afghanistan regroupe 3600 militaires qui opèrent sur le territoire afghan, mais aussi depuis Douchanbé (avions de transport) et la mer d’Oman (ravitaillement).
Opérationnelle depuis le 1er novembre 2009, la Task Force La Fayette (TFLF) constitue l’une des cinq brigades (Brigade Combat Team) du Commandement régional Est. Elle a pour zone d’opération le district de Surobi et la province de Kapisa, à l’est et au nord-est de Kaboul. Déployée principalement sur quatre bases ou postes avancés, elle conduit des missions de sécurisation et de contrôle de zone, des opérations au profit de la population, ainsi que des opérations conjointes avec les forces de sécurité afghanes conseillées par des militaires français. Dans la zone de la TFLF, cinq équipes d’encadrement opérationnel de l’armée afghane (Operational Mentoring and Liaison Teams françaises, ou OMLT) sont également déployées auprès des bataillons de la 3ème brigade du 201ème corps de l’Armée nationale afghane (ANA). Ce dispositif militaire s’inscrit dans le cadre d’une approche globale incluant la mise en place auprès de la police afghane de Police operational mentoring and liaison teams (POMLT), armées par la gendarmerie, ainsi que la mise en œuvre d’actions d’aide au développement.
Le Parlement avait approuvé la prolongation de l’engagement des troupes françaises en Afghanistan le 22 septembre 2008.
Comme annoncé par le nouveau Président de la République, la totalité des forces combattantes françaises sera retirée d’Afghanistan d’ici à la fin de l’année 2012. En accord avec le président Karzaï et nos alliés, ce retrait est rendu possible par les progrès du processus de transition et le transfert des responsabilités de sécurité aux forces afghanes. Après le district de Surobi le 12 avril 2012, le transfert définitif des responsabilités de sécurité de la province de Kapisa aux forces de sécurité afghanes a été réalisé le 4 juillet, conformément à la promesse faite par le président Karzaï au président de la République, et a marqué ainsi le lancement de la troisième « tranche » de transition (sur cinq). Après le retrait de ses forces combattantes, la France restera engagée dans la formation de soldats afghans et poursuivra son désengagement logistique.
Mise à jour : 08.11.12
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