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Piraterie maritime

Piraterie maritime

La piraterie maritime moderne prend indifféremment pour cibles des navires de commerce et de pêche ou des bateaux de plaisance, dont des voiliers, particulièrement lents et vulnérables, sans attention particulière pour le pavillon (la nationalité) du navire attaqué. Ces actions sont généralement violentes, les pirates n’hésitent pas à se servir de fusils d’assaut ou de lance-roquettes et à exercer des pressions sur les équipages pour obtenir gain de cause. Elles se produisent d’abord en pleine mer mais également dans les ports, aux points de mouillage et le long des côtes. Le but des pirates est de prendre le contrôle du navire attaqué pour ensuite s’approprier tout ou partie des cargaisons et surtout négocier une rançon pour le navire et son équipage.

En cas d’attaques réussies, les prises d’otages sont systématiques dans l’Océan Indien et de plus en plus fréquentes dans le golfe de Guinée. Les périodes de captivité durent plusieurs semaines, voire plusieurs mois, et sont très éprouvantes. Plusieurs décès de membres d’équipage leur sont attribuables tant en Océan Indien que dans le golfe de Guinée. S’agissant de la piraterie dans l’Océan Indien, la durée moyenne de détention est supérieure à six mois. A la mi-juin 2013, 2 navires et 54 marins étaient encore otages dans cette région. Le dernier incident concernant un concitoyen remonte à septembre 2011 : il a donné lieu à la mort de l’un des plaisanciers et au sauvetage in extremis, par la force « Atalante », de son épouse.

Si la piraterie connaît une accalmie apparente dans l’Océan Indien, des groupes pirates y demeurent actifs et à l’affût des moindres occasions. La piraterie tend, en outre, à s’aggraver dans le golfe de Guinée et connaît un regain dans le Détroit de Malacca et dans le Sud de la Mer de Chine. Au total et toutes zones géographiques confondues, 120 attaques ont été recensées depuis le début de l’année 2013 par le Bureau Maritime International (BMI)

En Océan Indien, les zones à très fort risque sont : le sud de la Mer Rouge au sud de la ligne s’étendant de la frontière nord du Yémen- à celle du Nord de l’Erythrée ; le Golfe d’Aden dans son ensemble (y compris les eaux territoriales du Yémen et d’Oman), le bassin somalien jusqu’à environ 500 nq au large des côtes somaliennes, et enfin la mer d’Arabie au Sud du détroit d’Ormuz au parallèle 5N. Les zone à risque sont : la Mer Rouge, le reste de l’Océan Indien jusqu’au canal du Mozambique, et la zone comprise entre les Seychelles, les Maldives et les Laquedives.

Dans le golfe de Guinée, les zones à risque sont : le fond du golfe de Guinée entre la frontière Ghana-Togo et le frontière Gabon-Congo, les eaux territoriales et le large (100nq) de la Côte d’Ivoire et du Ghana.

CONSEILS GENERAUX

Les navigateurs doivent :

  • s’informer auprès des ambassades et consulats français et des autorités portuaires ou maritimes compétentes avant d’entreprendre une navigation ou une traversée ;
  • s’inscrire au contrôle naval volontaire en Océan Indien (Etat-major de l’amiral commandant la zone maritime de l’océan Indien (ALINDIEN-COMFOR EAU)
    Téléphone : 00 971 265 74 122 / 102
    Courriel : alindien-comforeau [at] imfeau.ae ; alindien [at] free.fr ;
  • s’assurer que leurs moyens de communications (valises satellites, radio hf…) et que les moyens électroniques du bord (GPS, balise d’alerte, radar…) fonctionnent de façon optimale ;
  • informer une personne restant à terre de la route qu’ils comptent emprunter, lui laisser un document qui présente le voyage initialement prévu, la composition de l’équipage, les caractéristiques du navire et ses moyens de communication ; tenir régulièrement informée cette personne restée à terre de la position et convenir des jours et heures des contacts téléphoniques ou par courriel ; laisser une consigne claire visant à prévenir la gendarmerie ou la police nationale ;
  • maintenir une veille permanente anti-piraterie 24h sur 24 ;
  • ne pas mouiller trop près des côtes dans les zones sensibles ;
  • eviter le cabotage de nuit et la navigation isolée ;
  • rester discret lors des escales sur le programme (dates, parcours) ;
  • assurer des tours de garde dans les ports les plus sensibles.
GEOGRAPHIE DES INCIDENTS
ET CONSEILS SPECIFIQUES

Extrême Orient, Asie du sud-est, sous-continent indien

En 2012, 130 attaques se sont produites dans cette zone. 38 attaques sont recensées depuis le début 2013. Elles affectent principalement :
- Indonésie : Balongan (Java), Balikpapan (Kalimantan) et Belawan (Sumatra) sont les ports les plus risqués. Beaucoup d’attaques dans la zone ne sont pas rapportées.
- Détroits de Singapour et Malacca : le nombre d’attaques a chuté dans la zone suite à la mise en place depuis 2005 de patrouilles régulières par les états bordant le détroit. Il est cependant recommandé aux navires de maintenir une vigilance constante lors de leur passage.
- Bangladesh : La plupart des attaques se concentre sur les points de mouillages autour de Chittagong. Bien que le nombre des attaques ait chuté récemment, la zone reste à haut risque.

Afrique et Péninsule arabique

- Golfe de Guinée et Côtes du Nigeria : depuis le début de l’année 2013, le nombre d’attaques est estimé à 80. Le Nigéria concentre la moitié des attaques mais la menace se disperse actuellement d’Est en Ouest. Elle s’éloigne également des côtes. Les zones portuaires (Lagos, Port-Harcourt et plus récemment Abidjan, Lomé) sont vulnérables. Les attaques peuvent également se produire le long des côtes ou en remontant les fleuves. Les attaques sont particulièrement violentes et ont pour but de piller les navires ou leur cargaison mais aussi de kidnapper certains membres d’équipage.

- Golfe d’Aden - Somalie - Ouest et Nord Seychelles

7 attaques ont été enregistrées depuis le début de l’année 2013, selon le BMI.

Trafic maritime commercial
Les armateurs et commandants de navires doivent s’inscrire au Contrôle Naval Volontaire français en océan Indien, impérativement déclarer leurs mouvements auprès de l’opération de l’Union européenne Atalanta, en s’enregistrant auprès du MS-CHoA, et transiter par le corridor internationalement reconnu. Dans la perspective d’une traversée dans la zone à risque, ils sont invités à prendre connaissance des bonnes pratiques (appelées BMP 4 http://www.mschoa.org/bmp3/Pages/Be…) et à les respecter)

Navigation de voiliers : elle reste formellement déconseillée dans la zone.
Au cours de l’année 2012, 45 attaques de pirates ont été recensées et 6 navires ont été capturés, dont des voiliers. Les navires bas et lents sur l’eau sont les plus vulnérables à des actions d’abordage hostiles.

- Somalie - Golfe d’Aden : Les attaques sont violentes (mitraillage et tirs de roquettes) et les prises d’otage sont systématiques. Une attaque sur 4 qui n’est pas interrompue par les forces navales alliées est menée avec succès. 100% des attaques menées contre les voiliers qui ne sont pas protégés réussissent.

- Océan Indien et Seychelles : depuis le mois de février 2009, les pirates somaliens se sont montrés capables de menacer et de capturer des navires jusqu’au nord du canal du Mozambique et vers l’Est, jusqu’aux abords de l’archipel des Seychelles.

Les pirates peuvent opérer jusqu’à plus de 500nq de leurs camps sur la côte somalienne grâce au support de « bateaux-mères » (boutres traditionnels et petits caboteurs, dont certains contraints par la force de les aider). Ces navires sont capables de naviguer plusieurs semaines en haute mer et de se camoufler dans le trafic maritime régional, avant de déployer des "skiffs" armés et rapides pour attaquer.

Tout transit entre le cap Guardafui et Socotra est par ailleurs à proscrire.

  • Il est impératif de répondre à toute interrogation sur VHF émanant d’un bâtiment ou d’un aéronef militaire et de suivre les éventuelles consignes de cinématique, celles-ci tiennent compte des dernières attaques recensées ;
  • à bord des grands voiliers, les mesures préventives (lance à incendie, dispositif sonore, entraves pour l’accès à bord…) doivent être activées, en veillant à ne pas exposer le personnel à portée de tir des pirates ;
  • l’alerte doit être donnée par tous les moyens de transmission disponibles. Outre l’appel sur la VHF 16 ou l’activation d’une balise de détresse, le navigateur doit chercher à contacter ses correspondants par téléphone cellulaire ou satellite ou encore par courriel.

_ Compte tenu des risques considérables d’attaque dans ces zones, la principale recommandation émise est une ferme incitation à ne pas naviguer en voilier dans ce secteur (Golfe d’Aden, Est-Somalie).

L’acheminement par navire de transport de commerce spécialisé reste le mode le plus sûr pour le transit de voiliers dans le golfe d’Aden et le long des côtes orientales de la Somalie. La navigation en groupe ne réduit pas le risque d’attaque et peut parfois attirer les pirates. Les escales dans les pays de la zone sont parfois utilisées pour informer les pirates.

Contacts "urgence" pour la navigation dans le golfe d’Aden et l’est de la Somalie : Etat-major de l’amiral commandant la zone maritime de l’océan Indien (ALINDIEN) Téléphone : 00 971 265 74 122 / 102 - responsable du contrôle naval national en océan Indien
Courriel : alindien-comforeau [at] imfeau.ae ; alindien [at] free.fr
Opération Atalanta : +39 06368 08643
Union européenne : +44 19239 58520 postmaster [at] mschoa.org / www.mschoa.org ou www.mschoa.eu

- Golfe persique : Couramment, des signaux et appels sont émis par de petites embarcations. Certains navires ont été poursuivis sur de courtes distances.

Amérique du sud et centrale, mer des Caraïbes

Les 16 attaques répertoriées en Amérique du Sud en 2013 affectent ses deux façades océaniques ainsi que les Caraïbes.

- Brésil  : Le nombre d’attaques a décru dans la région de Santos. La vigilance doit cependant être maintenue.

- Pérou : Des attaques peuvent avoir lieu, essentiellement contre des navires de fret faisant escale au port de Callao.

- Mer des Caraïbes : les bateaux de plaisance sont des cibles privilégiées. Des actes de piraterie, parfois violents, ont été enregistrés ces dernières années. Leur diminution en 2009 est due à la prise en compte du risque élevé encouru par les navigateurs dans les eaux vénézuéliennes dans lesquelles la navigation de plaisance est déconseillée.

Carte de la répartition des actes de piraterie maritime

Pour plus d’informations, vous pouvez consulter les fiches "conseils aux voyageurs" de ce site des pays qui vous intéressent, le site de la Chambre de Commerce Internationale ou le site de l’Organisation Maritime Internationale

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