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Yemen

Yemen

Dernière mise à jour le: 27 octobre 2014 - Information toujours valide le: 22 décembre 2014

Dernière Minute

1. La précarité de la situation sécuritaire

Venus du nord du pays pour protester contre le régime en place à Sanaa, les combattants chiites d’Ansarallah, dits Houthis, ont mené au mois de septembre 2014 plusieurs offensives meurtrières contre les forces gouvernementales appuyées par les forces pro-Islah (frères musulmans), et se sont rendus maîtres des principales institutions le 21 septembre. La plupart des compagnies aériennes ont suspendu leurs vols au départ ou à destination de Sanaa.

Compte tenu de ces conditions sécuritaires très dégradées, un séjour dans la capitale yéménite est à proscrire formellement. Bien que les Occidentaux ne constituent pas des cibles particulières pour les combattants engagés dans cette lutte armée, le risque d’être pris dans les combats est élevé.

2. Risque d’assassinat et d’enlèvement

De nombreux membres d’Al Qaïda dans la Péninsule Arabique (AQPA) sont implantés au Yémen, en particulier dans sa partie sud et est (région de l’Hadramaout). L’organisation soutient Daesh et considère les Français comme des cibles. Pour parvenir à ses fins, AQPA recourt régulièrement à l’assassinat ou à l’enlèvement.

On se souviendra en particulier des événements suivants :

  • En août 2014, des menaces dirigées contre les ambassades occidentales avaient conduit ces dernières à fermer leurs portes au public pendant deux semaines. Les personnels de trois d’entre elles ont été évacués partiellement ou totalement. Au cours de l’année 2013, de nombreuses alertes d’enlèvement avaient été lancées dans plusieurs villes du pays.
  • Le 5 mai 2014, un Français a été tué et un second grièvement blessé par balles par un commando djihadiste à Sanaa. Cette attaque fait suite à celle, de même nature, menée contre deux Allemands quelques jours auparavant. L’un d’entre eux avait été sérieusement blessé.
  • Les 1er, 3 et 13 février 2014, un Allemand et deux Britanniques ont été successivement enlevés.
  • En décembre 2013, deux diplomates allemands ont été tués tandis qu’un diplomate japonais était blessé à coups de couteau. En novembre 2013, deux Biélorusses ont été assassinés devant leur hôtel. Le 6 octobre 2013, un Allemand a été tué à la sortie d’un supermarché et, dans la foulée, ses assassins ont enlevé sur la route de l’aéroport, un cadre des Nations Unies.

Actuellement, huit étrangers sont détenus, soit par des groupes armés affiliés à Al-Qaïda, soit par des tribus.

Cette recrudescence d’enlèvements demeure très préoccupante. Elle conduit à renouveler aux Français qui se trouveraient encore au Yémen la recommandation de quitter le pays et à ceux qui envisagent de s’y rendre de renoncer à leur projet. Ceux qui doivent malgré tout venir dans le strict cadre de leurs obligations professionnelles sont invités à contacter préalablement le consulat pour examiner les moyens d’assurer au mieux leur protection. Le recours à une société privée de sécurité est indispensable pour assurer un accompagnement en toute circonstance.

Il est par ailleurs vivement recommandé aux voyageurs d’éviter tout transit par Sanaa. En période de crise, la fermeture ponctuelle de l’aéroport ne permettrait pas d’assurer les correspondances immédiates. Dans cette hypothèse, l’ambassade ne serait pas en mesure de porter assistance aux passagers éventuellement bloqués.

Le Yémen ne saurait être, en l’état actuel de la situation, une destination touristique, que ce soit dans sa partie continentale, sur ses îles ou le long de ses côtes. L’île de Socotra et son littoral doivent également être évités en raison du risque d’enlèvement et d’actes de piraterie maritime.

3. Piraterie maritime
  • Le golfe d’Aden est régulièrement le théâtre d’actes de piraterie maritime à l’encontre de bateaux de commerce et de plaisance. Ces attaques, qui se soldent souvent par des prises d’otages, sont de plus en plus violentes. Il convient d’éviter impérativement la zone de l’Océan indien délimitée par le canal du Mozambique et des Seychelles au sud, Oman au nord et les Maldives à l’est. Il convient de privilégier le transport des navires par cargo pour traverser le secteur situé entre le méridien 72E et le parallèle 15S.
  • Cependant, en cas de présence dans cette zone, il est demandé de se signaler impérativement au MSCHOA (The Maritime Security Centre - Horn of Africa, contrôle naval volontaire mis en place dans le cadre de l’Opération Atalante) ainsi qu’à la cellule de permanence de l’autorité française compétente pour cette région maritime (Alindien : +971 265.74.122).
  • Les pirates utilisent des navires hauturiers (boutres, caboteurs), comme les bateaux-mères, pour utiliser au large des embarcations rapides et fortement armées («skiffs »). Les cibles sont diversifiées (cargos, bateaux de pêche, etc.), mais le risque est encore plus élevé pour les bateaux de plaisance, qui sont généralement plus lents et bas sur l’eau et constituent, par conséquent, des cibles faciles.

Voir également la fiche "Piraterie maritime" de ce site.

Sécurité

Risques spécifiques

Extrémisme religieux et risque terroriste : le groupe terroriste Al Al-Qaïda dans la Péninsule arabique (AQPA), affilié à la base centrale d’Al Al-Qaïda, a établi son siège au Yémen. Chassés des villes de Jaar, Zinjibar, Choukra et Azzan qu’ils occupaient, ses combattants se sont repliés depuis juin 2012 dans des zones montagneuses, difficiles d’accès, et conservent des capacités d’action collectives (opérations d’envergure) et individuelles (terrorisme).

Le risque d’attentat demeure réel. Après la reprise des villes qu’occupait Al-Qaïda dans le sud du pays, l’organisation privilégie actuellement les opérations à caractère terroriste en particulier à Sanaa. Les autorités ont fait état de la surveillance par l’organisation radicale des lieux susceptibles d’être fréquentés par les étrangers, en particulier les restaurants et les hôtels, et elles demandent que les étrangers ne circulent pas dans la capitale après 23 heures.

Le risque d’être pris en otage demeure très élevé. Plus de deux cents étrangers ont été enlevés durant les quinze dernières années. Les gouvernorats de Saada, Mareb, Shabwah, Abyan, Lahej, du Jawf et de l’Hadramaout sont particulièrement exposés au risque. Ces enlèvements étaient traditionnellement le fait de tribus en conflit avec l’Etat, cherchant à échanger les otages étrangers contre le règlement de différends qui les opposaient. Ils se déroulaient principalement dans les zones rurales. Depuis 2011, ils sont aussi le fait d’Al-Qaïda (qui sous-traite, à l’occasion, avec des groupes tribaux) afin d’obtenir des rançons et nourrir quelque publicité. Ils se produisent désormais en ville et en plein jour.

Pour mémoire, en 2012, dix-neuf étrangers ont été enlevés ; trois humanitaires français de l’ONG « Triangle » avaient été détenus par Al-Qaïda, pendant six mois de mai à novembre 2011. Ce fut également le cas d’un Français travaillant pour le CICR de mars à juillet 2012.

Durant la seule année 2013, huit enlèvements ont été perpétrés. Le bilan s’élève à 9 personnes toujours en détention : un diplomate saoudien enlevé à Aden en mars 2012, une Ukrainienne enlevée en mars, un couple de Sud-africains enlevé à Taëz en mai 2013, un couple de Néerlandais enlevés à Sanaa en juin 2013, un diplomate iranien, le 21 juillet, un étranger capturé à Sanaa le 17 septembre et un Sierra-Léonais enlevé le 6 octobre.

Déplacements professionnels

Les recommandations déjà exprimées sur les mesures de précaution à prendre pour les Français de passage ne s’appliquent pas aux Français salariés d’entreprises qui, pour maintenir leur activité sur place, ont arrêté des mesures spécifiques et vérifiées de protection sérieuse de leurs collaborateurs.

Transports

Les déplacements, sans escorte, par voie terrestre, sont formellement déconseillés.

Infrastructure routière
  • Il est déconseillé, pour des raisons de sécurité, de louer un véhicule sans chauffeur.
  • Entre les grandes villes, les routes sont asphaltées, à deux voies, parsemées de ralentisseurs, peu entretenues et sommairement balisées. Elles sont très dangereuses par temps de pluie (deux périodes de mousson dans l’année, en mars-avril et en juillet-août) et la nuit (les rues ne sont pas éclairées). Les voies secondaires sont des pistes non balisées, praticables uniquement en véhicule tout-terrain et dont l’état ne permet que des moyennes de 15 à 30 km/heure. Le carburant, dont l’approvisionnement est devenu aléatoire depuis le début de la crise politique, n’est disponible que sur les grands axes. En dehors de ceux-ci, il faut se munir d’un réservoir de secours. Le gasoil est quasiment introuvable.
  • En cas d’accident, s’adresser au poste de police le plus proche. Contracter une assurance est indispensable, car l’état général du parc automobile est très médiocre (aucun contrôle technique) et la pratique locale de la conduite souvent dangereuse.
  • Lors du recours à une voiture avec chauffeur, ne pas hésiter à vérifier l’état du véhicule et à rappeler au chauffeur toutes règles élémentaires de prudence.

Entrée / Séjour

Visa
  • Depuis le 5 février 2010, plus aucun visa touristique n’est délivré aux postes frontières. Il convient donc de prendre l’attache des autorités diplomatiques et consulaire yéménites avant le départ pour l’obtention d’un visa permettant l’entrée sur le territoire yéménite.
  • L’entrée au Yémen est refusée à toute personne dont le passeport comporte un visa israélien ou un tampon d’entrée ou de sortie d’Israël.
  • Pour de plus amples informations, il convient de prendre l’attache de la section consulaire de l’Ambassade du Yémen à Paris, adresses des missions étrangères en France (sur le site de la Maison des Français de l’étranger).

Santé

Il convient de signaler qu’il n’existe au Yémen aucune structure médicale de type SAMU et que seules Aden, Taiz et Sanaa offrent un service d’urgences chirurgicales qui ne répond pas aux standards européens ("Yemen German Hospital" mis à part).

  • Consulter, avant le départ, son médecin traitant et contracter une assurance complète et de qualité couvrant les frais médicaux et de rapatriement sanitaire (en cas d’accident une évacuation rapide est fortement conseillée).
  • Les personnes ayant des problèmes cardiaques doivent faire preuve de vigilance du fait de l’altitude, avec des montagnes de plus de 3 000 mètres au centre-ouest et présentant de très fortes amplitudes thermiques, et du climat tropical. Sur les côtes, le climat chaud et humide est pénible en été.
Coronavirus

Les zones géographiques identifiées à risque ou potentiellement à risque incluent, à présent, l’Arabie Saoudite, le Bahreïn, les Emirats arabes unis, l’Iran, l’Irak, Israël, la Jordanie, le Koweït, le Liban, Oman, le Qatar, les Territoires palestiniens, la Syrie et le Yémen.

Des investigations sont toujours menées par les autorités sanitaires locales en lien avec l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). A ce stade, l’OMS considère le risque de transmission interhumaine avéré mais limité. La source de transmission de ce nouveau Coronavirus est toujours à l’étude. Une surveillance particulière a été mise en place en France.

A ce jour, aucune mesure de restriction des voyages en direction ou en provenance de ces pays en raison du coronavirus n’est justifiée.

Les coronavirus sont une vaste famille de virus susceptibles de provoquer un large éventail de maladies chez l’homme, qui vont du rhume banal jusqu’à une atteinte respiratoire sévère. La présentation la plus fréquente associe de la fièvre et une infection pulmonaire.

Les mesures d’hygiène classiques sont recommandées pour limiter les risques de transmission de ce virus, en particulier le lavage régulier des mains à l’eau et au savon ou avec une solution hydro-alcoolique.

Eviter tout contact avec les animaux en particulier avec les chameaux et les dromadaires.

Il est fortement recommandé aux personnes âgées fragiles, aux personnes atteintes d’une pathologie chronique évolutive, entrainant notamment une baisse de l’immunité (diminution des défenses contre les infections) aux enfants et aux femmes enceintes de consulter leur médecin traitant avant d’envisager le voyage vers la Jordanie, l’Arabie Saoudite, les Emirats Arabes Unis, Oman et le Yémen.

Sur place, en cas de forte fièvre et de difficultés respiratoires, il convient de consulter un médecin sans délai.

En cas de fièvre ou de symptômes respiratoires dans les jours qui suivent le retour en France, il convient de consulter un médecin ou d’appeler le centre 15 (téléphone: 15) en signalant ce voyage.

Pour toute information complémentaire, consulter [le site internet du ministère français de la santé et celui de l’Organisation Mondiale de la Santé.

Poliomyélite
Compte tenu de l’épidémie de poliomyélite que connaît actuellement le Yémen, il convient de vérifier, avant tout séjour dans le pays, que la vaccination antipoliomyélitique est à jour, notamment pour les enfants.
Paludisme
Prévention du paludisme (malaria) : maladie parasitaire transmise par les piqûres de moustiques qui impose le recours à des mesures de protection individuelle (sprays, crèmes, diffuseurs électriques, moustiquaires…) A ces mesures, doit s’ajouter un traitement médicamenteux adapté à chaque individu : il convient de s’adresser à votre médecin habituel ou à un centre de conseils aux voyageurs. Le traitement devra être poursuivi après le retour en France durant une durée variable selon le produit utilisé. Classification : zone 3.
SIDA-VIH
Au-delà d’un mois de séjour, un certificat de non-séropositivité est exigé.
Vaccinations
  • La mise à jour de la vaccination diphtérie-tétanos-poliomyélite est recommandée.
  • Autres vaccinations conseillées (selon les conditions d’hygiène et la durée du séjour) : fièvre typhoïde, hépatites virales A et B.
  • Pour des séjours de longue durée, la vaccination contre la rage peut être recommandée.
Pour de plus amples renseignements, vous pouvez consulter les sites suivants :

Infos utiles

Us et coutumes
  • Religion musulmane dominante. Les femmes doivent se couvrir les bras et les jambes. En période de ramadan, respecter l’interdiction de fumer, de manger ou de boire en public toute la journée.
Législation locale
  • L’importation d’alcool est fortement déconseillée (deux bouteilles sont "théoriquement" autorisées par voyageur) mais il existe un risque de confiscation.
  • L’usage ou le trafic des autres drogues sont sévèrement réprimés par la loi (de 25 ans d’emprisonnement à la peine de mort).
  • Toute agression de type pédophile est sévèrement réprimée.
  • L’exportation d’antiquités est prohibée.
Divers
  • Les cartes bancaires ne sont pas acceptées, à l’exception de quelques grands hôtels et compagnies aériennes. Il conviendra donc de se munir de devises étrangères qui pourront être échangées sur place. A noter que les billets de 100 dollars US dont le millésime est antérieur à 1997 ne sont pas acceptés dans les bureaux de change.
  • Le qat, produit stupéfiant dont la consommation est courante au Yémen et dans la Corne de l’Afrique, est classé au tableau des produits stupéfiants en France et à ce titre interdit d’importation, de consommation et de vente (de la même manière que dans tous les pays de la Péninsule arabique et dans la plupart des pays du monde).

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