Dernière Minute
Plusieurs incidents graves (assassinats, enlèvements ou tentatives d’enlèvements) dont ont été victimes des étrangers, y compris des compatriotes, conduisent l’ambassade à recommander de faire preuve d’une vigilance toute particulière le jour et de se déplacer avec une protection, indispensable la nuit.
La recrudescence d’enlèvements ou d’assassinats est très préoccupante. Elle conduit à renouveler aux Français qui se trouveraient encore au Yémen, la recommandation de quitter le pays et à ceux qui se proposent de s’y rendre, quel que soit l’objet de leur déplacement, de renoncer à leur projet ou de le différer.
Le risque d’attentat demeure réel. Après la reprise des villes qu’occupait Al-Qaïda dans le sud du pays, l’organisation privilégie actuellement les opérations à caractère terroriste en particulier à Sanaa. Le ministère de l’intérieur considère que les ressortissants occidentaux constituent des cibles privilégiées et fait état de la surveillance par l’organisation des lieux fréquentés par les étrangers, en particulier les restaurants.
En outre, les autorités locales peinent à endiguer la vague d’attentats ciblés, attribués à Al-Qaeda, qui sont commis de façon quasi quotidienne contre des personnels gouvernementaux.
Il est par ailleurs vivement recommandé aux voyageurs d’éviter tout transit par Sanaa. Il est en effet fréquent, en période de crise, que la fermeture ponctuelle de l’aéroport ne permette pas les correspondances immédiates. Dans cette hypothèse, l’ambassade ne serait pas en mesure de porter assistance aux passagers éventuellement bloqués.
Le Yémen ne saurait être, en l’état actuel, une destination touristique, que ce soit dans sa partie continentale comme dans ses îles ou le long de ses côtes (voir infra, risque spécifique de piraterie), y compris dans l’île même de Socotra et autour du littoral de cette dernière où le risque d’enlèvement, du fait de la piraterie prévalant dans l’océan Indien, est réel et sérieux.
Un cas d’infection respiratoire aiguë lié au nouveau coronavirus (NCoV) a été signalé en France le 7 mai 2013 aux autorités sanitaires. Le patient concerné a contracté le virus lors d’un voyage à l’étranger.
Les zones géographiques identifiées à risque ou potentiellement à risque incluent, à présent, la Jordanie, l’Arabie Saoudite, le Qatar, les Emirats arabes unis, Bahreïn, l’Iraq, l’Iran, Israël, le Koweït, le Liban, Oman, les Territoires palestiniens, la Syrie et le Yémen.
Des investigations sont toujours en cours par les autorités sanitaires locales en lien avec l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). A ce stade, l’OMS considère le risque de transmission interhumaine comme limité. Une surveillance particulière a été mise en place en France (voir rubrique santé).
Le golfe d’Aden est régulièrement le théâtre d’actes de piraterie maritime sur des bateaux de commerce et de plaisance. Ces attaques avec prises d’otages sont de plus en plus violentes. Il convient d’éviter impérativement la zone de l’océan Indien qui s’étend du canal du Mozambique et des Seychelles, au sud, à Oman au nord et aux Maldives à l’est, et de privilégier jusqu’à nouvel ordre le transport des navires par cargo pour traverser la zone s’étendant jusqu’au méridien 72E et au parallèle 15S.
En cas de présence dans la zone, il est recommandé de se signaler impérativement au MSCHOA (The Maritime Security Centre - Horn of Africa, contrôle naval volontaire mis en place dans le cadre de l’Opération Atalante) et à la cellule de permanence de l’autorité française sur cette zone maritime (Alindien : +971 265.74.122).
Les pirates utilisent des navires hauturiers (boutres, caboteurs), véritables bateaux-mères, pour déployer au large des embarcations rapides et fortement armées (« skiffs »). Les cibles sont diversifiées (cargos, bateaux de pêche, etc.) mais le risque est encore plus élevé pour les bateaux de plaisance, qui sont généralement plus lents et bas sur l’eau et constituent par conséquent des proies faciles.
Voir également la fiche "Piraterie maritime" de ce site.
Sécurité
Les incertitudes sur l’évolution de la situation sécuritaire depuis le mois de septembre 2011 ont conduit à recommander aux Français qui se trouvent encore au Yémen de quitter le pays et à ceux qui se proposent de s’y rendre de renoncer à leur projet ou de le différer. Le Yémen est entré dans une phase de transition qui a commencé avec l’élection présidentielle du 21 février 2012. Cette transition va se poursuivre avec la «Conférence du Dialogue national», prévue au début de l’année 2013 et elle connaîtra son terme avec de nouvelles élections présidentielles en février 2014. Cette situation transitoire est fragile, elle reste marquée par des incertitudes nécessitant une grande prudence.
Ces dispositions ne s’appliquent pas aux Français salariés d’entreprises qui ont maintenu leur activité sur place et qui ont arrêté des mesures spécifiques et vérifiées de protection sérieuse de leurs collaborateurs.
En tout état de cause, le Yémen ne saurait être, en l’état actuel, une destination touristique, que ce soit dans le pays lui-même ou au large de ses côtes (voir infra, risque spécifique de piraterie). L’île de Socotra est susceptible d’être exposée à la même insécurité que celle qui prévaut dans le reste du pays, à laquelle il convient d’ajouter les risques liés à la possible présence de pirates somaliens, sur son sol ou évoluant autour de son littoral.
L’absence de structure médicale fiable sur place, conjuguée à des liaisons aériennes très aléatoires avec la partie continentale, ne permet pas la prise en charge d’un patient en cas d’accident, pas plus que son évacuation dans des délais raisonnables. Par ailleurs, l’île ne dispose pas de relais de téléphonie mobile.
En matière d’assistance de la part de l’Etat à des ressortissants français qui se mettraient sciemment en danger, il convient de rappeler les dispositions de l’article 22 de la loi n° 2010-873 du 27 juillet 2010 relative à l’action extérieure de l’Etat : "l’Etat peut exiger le remboursement de tout ou partie des dépenses qu’il a engagées ou dont il serait redevable à l’égard de tiers à l’occasion d’opérations de secours à l’étranger au bénéfice de personnes s’étant délibérément exposées, sauf motif légitime tiré notamment de leur activité professionnelle ou d’une situation d’urgence, à des risques qu’elles ne pouvaient ignorer […]"
Les ressortissants français qui, néanmoins, séjourneraient ponctuellement ou demeureraient encore au Yémen doivent faire preuve d’une vigilance et d’une prudence accrues, notamment lors de leurs déplacements, en circulant uniquement en voiture, portières verrouillées et vitres fermées, se montrer discrets, et adopter, s’agissant des femmes en particulier, une tenue vestimentaire en accord avec les traditions locales. La circulation de nuit doit être exceptionnelle, en sachant que la route menant vers l’aéroport est la voie la plus exposée aux risques d’attaques ou d’enlèvements.
Il leur est vivement recommandé, dans tous les cas, de se signaler à la section consulaire de l’ambassade.
Permanence téléphonique 24/24 et 7j/7 :
lignes fixes
- standard : depuis le Yemen : 01 268 888 (depuis l’étranger : +967 1 268 888)
- ligne dédiée aux Français : 01 514 614 (depuis l’étranger : +967 1 514 614)
ligne mobile (uniquement en cas d’urgence), depuis le Yémen : 733.745.174 (depuis l’étranger : +967 733 745 174)
- Adresse électronique dédiée aux Français : francais.sanaa-amba@diplomatie.gouv.fr
- Messages SMS : depuis le Yémen : 733.745.174 (depuis l’étranger : +967 733 745 174)
L’ambassade indiquera les dispositions à prendre en cas de difficulté.
Extrémisme religieux et risque terroriste : le groupe terroriste Al Qaïda dans la Péninsule arabique (AQPA), affilié à la base centrale d’Al QaÏda, a établi son siège au Yémen; il est combattu militairement par les autorités yéménites. Chassés des villes de Jaar, Zinjibar, Choukra et Azzan qu’ils occupaient ont été reprises mais les islamistes se sont repliés dans des zones montagneuses, difficiles d’accès, et conservent des capacités d’action collectives (opérations d’envergure) et individuelles (terrorisme).
Le risque d’être pris en otage demeure très élevé. Plus de deux cents étrangers ont été enlevés durant les quinze dernières années. Les gouvernorats de Saada, Mareb, Shabwah, Abyan, Lahej, du Jawf et de l’Hadramaout sont particulièrement exposés au risque. Ces enlèvements ont été le fait de tribus en conflit avec l’Etat, cherchant à échanger les otages étrangers contre le règlement du différend qui les opposait. Aujourd’hui, ils sont aussi le fait d’Al-Qaïda (qui sous-traite, à l’occasion, avec les tribus).
En 2012, dix-neuf étrangers ont été enlevés. Ils ont été presque tous libérés au bout de quelques jours mais parfois de plusieurs mois (c’est le cas d’un Français travaillant pour le CICR qui a été relâché par Al-Qaïda en juillet après trois mois de détention).Cinq d’entre eux sont toujours détenus : une ressortissante suisse résidant à Hodeida et un diplomate saoudien en poste à Aden qui sont retenus en otage par Al-Qaïda depuis mars (trois humanitaires français de l’ONG « Triangle » avaient été retenus pendant six mois de mai à novembre 2011) ainsi que trois Européens (deux Finlandais et un Autrichien) qui ont été enlevés en décembre à Sanaa.
La contestation politique se traduit encore occasionnellement par des manifestations qui peuvent encore réunir plusieurs dizaines de milliers de personnes, tout particulièrement dans les rues de Sanaa. La dernière manifestation de cette nature, intervenue le 26 décembre 2012, a bien failli dégénérer en émeute violente. Ces marches ne sont plus dispersées de façon violente depuis l’élection du président Hadi. Des dérapages sont néanmoins encore possible, y compris du fait d’affrontements sanglants entre manifestants de sensibilité différente (30 blessés, le 3 février 2012 à Aden).
Il ne faut jamais exclure les éventuelles oppositions armées qui pourraient se former contre le gouvernement, de la part de forces militaires dissidentes, de factions et de tribus. La réorganisation de l’armée yéménite, décrétée par le président Hadi le 19 décembre 2012 et mettant fin de fait au commandement de chefs militaires opposés les uns aux autres pourrait être de nature à raviver les tensions entre les deux clans.
Les affrontements à l’arme lourde sont toujours possibles, elles peuvent intervenir à tout moment. En période de combats, des mesures de prudence individuelles doivent être prises par les Français résidant encore dans la capitale. Il est fréquent que les liaisons aériennes soient alors interrompues, interdisant les départs éventuels.
Avertissement : des ressortissants étrangers ont été détenus au Yémen pendant plusieurs mois puis expulsés du pays pour avoir fréquenté des écoles yéménites. Ces écoles sont interdites aux étrangers.
De nombreux bateaux de diverses nationalités ont fait récemment l’objet d’attaques violentes avec prises d’otages. Ces actions sont le fait de pirates majoritairement venus des côtes somaliennes. Les procédures adoptées par les pirates ont récemment évolué ; ils utilisent désormais des bateaux à fort tonnage qui, une fois au large, déploient des petites vedettes rapides et fortement armées. La violence et la brutalité des attaques sont de plus en plus marquées. On constate une recrudescence des actes de piraterie maritime le long des côtes somaliennes et dans le golfe d’Aden jusqu’à l’embouchure de la mer Rouge. Ce danger s’est étendu à l’océan Indien Il est donc formellement déconseillé de naviguer le long des côtes somaliennes et il est recommandé d’observer la plus grande prudence dans tout le nord-ouest de l’océan Indien, au large de la Corne de l’Afrique, dans le détroit de Bab el Mandeb et dans le Golfe d’Aden.
Voir également les fiches Piraterie maritime et Dernière minute de ce site.
A Sanaa, il convient de noter que le contexte de tension dans la capitale (contestation politique et affrontements militaires entre factions) favorise le développement d’une petite délinquance.
La situation prévalant dans les trois gouvernorats du Sud est en permanence tendue. A Aden, il est constaté une augmentation des manifestations violentes (indépendantistes), et des attentats terroriste. Al Qaida et les groupes qui lui sont affiliés ont lancé de multiples assauts meurtriers contre les forces armées qui sécurisent les principales villes du sud. Les assassinats ciblés à Aden et Mukalla sont fréquents.
Aujourd’hui, après le départ des islamistes, un risque important demeure du fait des mines qu’ils ont laissé derrière eux (une centaine de tués et de nombreux civils blessés depuis la mi-juin 2012). L’île touristique de Socotra n’offre plus les mêmes garanties de sécurité qu’il y a quelques années du fait du développement jusqu’autour de ses côtes de la piraterie endémique qui frappe le Golfe d’Aden. Il est en tout état de cause exclu de pratiquer la navigation de plaisance le long de ses côtes.
Au nord du pays, les accrochages entre Salafistes et Houthistes interdisent les déplacements.

Transports
Les déplacements, sans escorte, par voie terrestre, sont formellement déconseillés.
Il est déconseillé, pour des raisons de sécurité, de louer un véhicule sans chauffeur.
Entre les grandes villes, les routes sont asphaltées, à deux voies, parsemées de ralentisseurs, peu entretenues et sommairement balisées. Elles sont très dangereuses par temps de pluie (deux périodes de mousson dans l’année, en mars-avril et en juillet-août) et la nuit (les rues ne sont pas éclairées). Les voies secondaires sont des pistes non balisées, praticables uniquement en véhicule tout-terrain et dont l’état ne permet que des moyennes de 15 à 30 km/heure. Le carburant, dont l’approvisionnement est devenu aléatoire depuis le début de la crise politique, n’est disponible que sur les grands axes. En dehors de ceux-ci, il faut se munir d’un réservoir de secours. Le gasoil est quasiment introuvable.
En cas d’accident, s’adresser au poste de police le plus proche. Contracter une assurance est indispensable, car l’état général du parc automobile est très médiocre (aucun contrôle technique) et la pratique locale de la conduite souvent dangereuse.
Lors du recours à une voiture avec chauffeur, ne pas hésiter à vérifier l’état du véhicule et à rappeler au chauffeur toutes règles élémentaires de prudence.
Entrée / Séjour
Depuis le 5 février 2010, plus aucun visa touristique n’est délivré aux postes frontières. Il convient donc de prendre l’attache des autorités diplomatiques et consulaire yéménites avant le départ pour l’obtention d’un visa permettant l’entrée sur le territoire yéménite.
L’entrée au Yémen est refusée à toute personne dont le passeport comporte un visa israélien ou un tampon d’entrée ou de sortie d’Israël.
Pour de plus amples informations, il convient de prendre l’attache de la section consulaire de l’Ambassade du Yémen à Paris, adresses des missions étrangères en France (sur le site de la Maison des Français de l’étranger).
Santé
Plusieurs cas d’infection virale à Coronavirus ont été constatés ces derniers mois dans les pays de la Péninsule arabique ou dans les pays limitrophes. A ce jour, l’Organisation mondiale de la santé recense une trentaine de cas depuis septembre 2012, dont 19 sont décédés. La source de transmission de ce nouveau Coronavirus est toujours à l’étude.
Les coronavirus sont une vaste famille de virus susceptibles de provoquer un large éventail de maladies chez l’homme, qui vont du rhume banal jusqu’à une atteinte respiratoire sévère. La présentation la plus fréquente associe de la fièvre et une infection pulmonaire.
Les mesures d’hygiène classiques sont recommandées pour limiter les risques de transmission de ce virus, en particulier le lavage régulier des mains à l’eau et au savon ou avec une solution hydro-alcoolique.
Eviter tout contact avec les animaux.
Sur place, en cas de forte fièvre et de difficultés respiratoires, il convient de consulter un médecin sans délai.
En cas de fièvre ou de symptômes respiratoires dans les jours qui suivent le retour en France, il convient de consulter un médecin ou d’appeler le centre 15 (téléphone: 15) en signalant ce voyage.
Pour toute information complémentaire, consulter le site internet du ministère français de la santé. http://www.sante.gouv.fr/premier-cas-confirme-de-coronavirus-en-france,13048.html
Il convient de signaler qu’il n’existe au Yémen aucune structure médicale de type SAMU et que seules Aden, Taiz et Sana’a offrent un service d’urgences chirurgicales qui ne répond pas aux standards européens ("Yemen German Hospital" mis à part).
Consulter, avant le départ, le médecin traitant et contracter une assurance complète et de qualité couvrant les frais médicaux et de rapatriement sanitaire (en cas d’accident une évacuation rapide est fortement conseillée).
Les personnes ayant des problèmes cardiaques doivent faire preuve de vigilance du fait de l’altitude, avec des montagnes de plus de 3 000 mètres au centre-ouest et présentant de très fortes amplitudes thermiques, et du climat tropical. Sur les côtes, le climat chaud et humide est pénible en été.
Compléments
Religion musulmane dominante. Les femmes doivent se couvrir les bras et les jambes. En période de ramadan, respecter l’interdiction de fumer, de manger ou de boire en public toute la journée.
L’importation d’alcool est fortement déconseillée (deux bouteilles sont "théoriquement" autorisées par voyageur) mais il existe un risque de confiscation.
L’usage ou le trafic des autres drogues sont sévèrement réprimés par la loi (de 25 ans d’emprisonnement à la peine de mort).
Toute agression de type pédophile est sévèrement réprimée.
L’exportation d’antiquités est prohibée.
Les cartes bancaires ne sont pas acceptées, à l’exception de quelques grands hôtels et compagnies aériennes. Il conviendra donc de se munir de devises étrangères qui pourront être échangées sur place. A noter que les billets de 100 dollars US dont le millésime est antérieur à 1997 ne sont pas acceptés dans les bureaux de change.
Le qat, produit stupéfiant dont la consommation est courante au Yémen et dans la Corne de l’Afrique, est classé au tableau des produits stupéfiants en France et à ce titre interdit d’importation, de consommation et de vente (de la même manière que dans tous les pays de la Péninsule arabique et dans la plupart des pays du monde).
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